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tdg - Page 2

  • Printemps arabe : la grande victoire de la démocratie

    Bravo...et félicitations. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit.

    Ainsi, tout le monde, les grands professionnels des médias en tête, ont applaudi à tout rompre l'avènement de la démocratie et de la liberté dans les pays « arabes ». Ils étaient « sûrs », absolument « sûrs », 100% « sûrs », 1000% « sûrs » que la conscience « révolutionnaire » des « peuples » saura barrer la route aux velléités islamisantes des salafistes et autres frères musulmans.

    C'est fait.

    Leurs ardeurs furent d'abord un peu refroidies par les résultats des « élections » en Tunisie. Indécrottables, ils inventent une nouvelle expression : islamistes « modérés ». Malheureusement pour eux, leurs islamistes modérés viennent de déclarer vouloir séparer les étudiants des étudiantes à l'université. Tant qu'à faire, ils rendent aussi possible (pour l'instant, car ce sera bientôt obligatoire) le port du Niquab intégral.

    Ils reçoivent une deuxième gifle lors de la première sortie du président du CNT, au lendemain de la « libération » de la Libye par ses maîtres. Celui-ci n'a rien trouvé de plus important, pour l'avenir de son pays qui vient de sortir de 40 années de persécution khaddafienne, que de déclarer que la Charia sera la loi du pays et que la polygamie, soi-disant interdite sous Khaddafi, sera remise à l'ordre du jour.

    Décidément, les choses allaient crescendo.

    Allez, courage, tout espoir n'est pas encore perdu. Vive l'Egypte et sa démocratie retrouvée. Les premiers résultats viennent de tomber : les islamistes obtiendraient plus de...65% des voix. Mais dans ce cas, on touche carrément au sublime. On a même trouvé pire que les frères musulmans, devenus extrêmement modérés aux yeux des professionnels d'ici : les salafistes récolteraient entre 20 et 30% des suffrages. Et voilà la TDG, dans sa version électronique, qui titre : L'Egypte, nouvel Afghanistan ?

    TDG du 3 décembre. L'Egypte : le nouvel Afghanistan ?

    Une conscience soudainement retrouvée ?La nouvelle famille présidentielle en Egypte.JPG

    Après la victoire écrasante des salafistes en Egypte, les spécialistes se sont trouvé une nouvelle expression : victoire "surprise". Vraiment ? Je le dis en toute modestie : non, ce n'est en aucun cas une surprise. Je l'ai, quant à moi, annoncé dès le premier jour. Il y a de cela quelques semaines, le responsable des blogs, M. J.F. Mabut, écrivait, dans son introduction : Jean-Souhel Gowrié voit les islamistes derrière les mouvements du printemps arabe, vraiment ? Et bien, oui, Cher Monsieur Mabut, oui, vraiment.

    Où peut-on trouver des islamistes « modérés » amoureux, comme nos chers spécialistes de la « région », de la démocratie et de la liberté ?

    Et si on essayait en Syrie ?

    J'ai, à propos de la Syrie, une petite question, ce n'est pas la première fois que je la pose mais personne, spécialiste ou pas, ne m'a encore répondu : il «  semblerait », selon les agences diverses et variées appartenant à cette institution totalement indépendante qu'est l'ONU, que le nombre de victimes (remarquez bien que, désormais, on généralise et on ne parle plus de victimes « civiles ») ait atteint 4'000. Pour autant que je m'en souvienne, l'OTAN, et ses traitres locaux, ont détruit la Libye pour moins de cela ! Alors, on n'installe plus la démocratie et la liberté par la force ? Ah, pardon, j'ai oublié. On a peut-être...peur ? Mais alors, les principes, la démocratie et la liberté, ne méritent-ils pas quelques sacrifices ? Et puis BHL, il ne parle plus à Sarkosy ? Sarkosy lui-même et ce cher guignol de Juppé, on ne les entends plus ! Leur Maître de Washington non plus ? Ils ont, semble-il, confié la tâche aux bédouins qui, silencieux à en rompre les tympans pendant plus de cinquante ans sur ce qu'ils considèrent eux-mêmes comme l'infamie suprême, l'Etat d'Israël, se réveillent comme un seul homme et menacent, sanctionnent...

    Oh, une toute dernière chose avant la suite de demain : la Syrie vient d'envoyer tout le monde se balader. Elle vient aussi de suspendre le traité de libre échange avec la Turquie et...de recevoir quelques missiles longue portée capables de faire très mal. Au cas où certains voudraient malgré tout installer la démocratie par la force.

    Une petite réunion autour d'une table, sans menaces, sans sanctions (qui ne serviront à strictement rien car personne ne les appliquera), ne voudrait-elle pas mieux ?

    Quelqu'un croit-il encore qu'on peut s'adresser aux Syriens en disant : vous ferez ça, sinon ?

     

  • Syrie : encore un petit effort

    Ils ont de la peine à le dire franchement, alors ils le distillent à coup de petites annonces par ci par là et du bout des lèvres.

    Eux, c'est qui ? Vous ne l'avez pas encore deviné ? Mais alors ? Les grands démocrates et leurs succursales médiatiques, gardiens et commerçants de libertés diverses et variées, de droits de l'homme et de l'épanouissement des peuples dans un monde « libéré » de ses geôliers dictateurs.

    Je vous la fais courte : depuis quelques jours, on ne parle plus tellement de liberté, de démocratie et de manifestations « pacifiques » en Syrie. On parle carrément de plans pour « armer » l'insurrection. Je le dis en toute modestie : ils vous le font découvrir maintenant, je l'ai, quant à moi, annoncé dès le premier jour.

    Ils se sont trompés depuis le début, ils se trompent encore aujourd'hui et se tromperont demain aussi.

    Un article publié dans la TDG du 25.11.2011 le dit bien : il n'est point question de manifestations pacifiques, de démocratie ou de liberté, mais d'armer ce qu'ils appellent la « rébellion » syrienne. Cela commence à me convenir parfaitement.

    Article de la TDG du 25.11.2011.pdf

    Les plans et scénarios, je le précise encore une fois, en rien spontanés mais planifiés dans les moindres détails dès le premier jour, et même bien avant, ayant échoué les uns après les autres, il fallait bien essayer autre chose. Comme il ne restait précisément plus grand-chose à essayer, ils, les démocrates et les gardiens des libertés mondiales, ne pouvaient plus faire autrement que de sortir leurs vrais plans, petit à petit, au grand jour. Comme ils n'osent, et n'oseront jamais, refaire le coup de la Libye (car ils savent très bien qu'ils s'en mordront les doigts), ils poussent vers la solution ultime : la guerre civile et ils y prennent ouvertement parti.

    Je le répéterais jusqu'à saturation : la démocratie et la liberté n'y sont pour rien. C'est la même vieille histoire colonialiste habituelle qui se répète.

    On a aussi appris, il y a de cela quelques jours et l'article de la TDG semble le confirmer, que des bâtiments de guerre russes se sont dirigés et stationnent désormais dans le port de Tartous. J'en ai déjà parlé la semaine passé mais je ne pouvais le confirmer, Syrie : la nouvelle offensive, voilà qui est fait. Je ne me mettrais bien évidemment pas à répéter les analyses et interprétations des uns et des autres. Je dirais simplement que l'époque maudite de Eltsine est révolue, Dieu merci. Elle est révolue l'époque où LE navire de guerre envoyé par la Russie post gorbatchévienne pour soutenir la Serbie tombe en panne au milieu de la route. Non, ce n'est un avertissement ni pour les Ottomans, ni pour les croisés. C'est peut-être un retour franc vers la guerre froide, voire tiède. Vive la guerre froide, si c'est vraiment le cas.

    Dans une guerre, une vraie, il y a des gagnants et des perdants. Brennus disait : malheur aux vaincus. Dans cette guerre qui s'annonce, une guerre déclarée, planifiée, dirigée par les puissances occidentales et financée par leurs banquiers bédouins, il y aura forcément des vainqueurs et des vaincus. Les vainqueurs, aux bookmakers du malheur et de la bêtise de les deviner, ne passeront jamais l'éponge.

    Surtout, la France, en reconaissant et en appelant à reconnaître cet assemblée de traîtres collaborateurs qui n'ont ni pays ni territoire, a virtuellement, mais officiellement, déclaré la guerre à la Syrie. Ne pouvant me résoudre à m'en prendre à ce pays, que j'aime profondément et où j'ai des amis, c'est de l'Etat que je parlerai. Cet Etat est en guerre contre la Syrie. Il est dès lors un ennemi qu'il faut combattre, et vaincre, par tous les moyens.

    Pour mémoire, ceux qui courent maintenant pour reconnaître toutes les assemblées possibles et imaginables qui, par ailleurs, n'ont ni territoire ni qui représenter, refusent depuis plus de soixante ans de reconnaître l'existance même d'un peuple légalement représenté, ayant un territoire reconnu. Je laisse aux amoureux fous de la démocratie et de la liberté le soin d'imaginer de qui il s'agit. Alors, Mesdames et Messieurs les représentants de nos médias "libres, bien sûr", encore une comparaison malheureuse de ma part ?

    Au fait, quelqu'un a des nouvelles du mandat d'arrêt international à l'encontre du Président soudanais, accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide ?

    Au fait (bis), quelqu'un a des nouvelles de cette malheureuse journaliste de FR3 au Caire et des dizaines de milliers de femmes qui ont disparu des manifestations "pour la démocratie et la liberté" en Egypte ?

     

  • Une Fatwa contre Maître Bonnant ?

    J'aurais tout aussi bien pu intituler cet article : hommage à Maître Bonnant. Je le lui dédie, s'il a la délicatesse de l'accepter, ainsi qu'à toutes celles et tous ceux dont l'esprit n'a pas encore été pourri par la mollesse ambiante qui règne dans nos contrées, autrefois chrétiennes.

    Alors oui : la résistance, est un droit et...peut-être même, un devoir. Le devoir de défendre une identité, une culture et une manière de vivre héritées de plus de deux mille ans d'histoire « commune ».

    Article de Me Bonnant.jpgArticle de Me Bonnant.jpg

    Dans une langue, on le savait déjà, parfaitement maitrisée, Me Bonnant nous parle « d'idéalistes croyant pouvoir modifier la réalité en la niant ». Non, Cher Maître. Les Sarkosy, Juppé, Cameron et autre Obama ne sont pas des idéalistes même s'ils se trompent complètement, par ignorance historique et myopie cynique. Les idéalistes sont celles et ceux qui regardent le journal télévisé et consultent les autres médias qui se sont donnés pour mission de nous « vendre » ces coups d'état respectifs en les présentant comme des mouvements populaires aspirant à la démocratie et à la liberté.

    Vous nous parlez ensuite de « peuples qui ne sont pas faits pour la liberté ». Nous demandez-vous de lire entre les lignes ? Je le crois. Permettez-moi alors de détailler cela à ma manière.

    On nous dit que c'est la pauvreté et la misère qui engendrent le fanatisme et  le repli sur soi. Je réponds que l'Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe sont les pays les plus riches du monde, et pourtant. Je réponds aussi que les pays de l'Amérique du Sud étaient il n'y a pas si longtemps parmi les plus pauvres du monde. Ils sortaient au surplus de plus de cent cinquante ans de dictatures diverses et variées. Ceci ne les a pas empêchés de devenir des pays totalement démocratiques.

    Je vous demande de chercher ce qui différencie les premiers des seconds.

    Mieux, l'Inde n'est pas connue pour être le pays le plus riche du monde. Elle est cependant connue pour être la plus grande démocratie du monde.

    Encore mieux, C'est le même peuple (lisez bien : le même peuple) qui accède à l'indépendance le 15 août 1947. L'Inde se scinde alors en deux pays : l'Inde actuelle et le Pakistan. Regardez juste où se trouvent les uns et les autres maintenant. Là aussi, je vous demande de chercher ce qui différencie les deux.

    Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de parcourir comme cela la carte du monde. Ce ne serait que répétition des exemples précédents.

    Alain Juppé avait déclaré qu'avec la mort de Khaddafi, « c'est une phase de construction d'un état de droit » qui commence. C'est bien. M. Juppé sait sans doute que c'est le même droit (je crois que l'utilisation même du terme est abusive) qui règne en Arabie Saoudite et...en Afghanistan.

    Alors, une Fatwa à l'encontre de Me Bonnant ?

    Haine, aveuglement, terreur et peur. Quel fondement pour des sociétés libres et démocratiques. Certains me diront que je ne déborde pas d'amour non plus pour tout le monde. Peut-être. Seulement moi, je ne penserais jamais à lancer des Fatwas, des cocktails Molotov, des appels au meurtre, etc. Lorsque cela s'avère absolument nécessaire, je fais appel à la justice « civile » de mon pays pour obtenir réparation. Ce, quelles que soient mes croyances personnelles.

    Alors, Me Bonnant : merci, vraiment.