28/08/2012

Hollande exécute le scénario libyen. La Turquie n’accueille plus de Syriens

 

Dans le rôle de chef de fil des pays hostiles, que le nôtre lui dispute âprement, le président français vient de franchir un nouveau pas en déclarant vouloir reconnaître un hypothétique gouvernement syrien de transition, incitant au passage l’opposition syrienne à le former au plus vite. Dans la foulée, le Président « normal » a pour la énième fois parlé de l’institution d'une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

 

Pour ce qui est du gouvernement, on peut supposer que la France sera suivie par d’autres pays dont le nôtre, bien évidemment. Reste juste à savoir où va siéger ce gouvernement, sur quel territoire, quelle population représentera-il, qui acceptera qu’il soit représenté par lui ? De plus, contrairement à l’époque de l’ivrogne russe, Eltsine, nul besoin d’être devin pour être certain que Russes, Chinois, ainsi que des dizaines d’autres pays ne reconnaitront jamais ce gouvernement fantoche. On est bien en présence d’une nouvelle guerre froide. Il y aura donc un gagnant et un perdant. Nous verrons.

 

Pour ce qui est de la zone d’exclusion aérienne, force est de constater que les rêves du Français sont un peu étranges. Il en parle en effet comme s’il pouvait en décider. Sachant que l’ONU, grâce aux actions combinées des Russes et des Chinois, ne prendra jamais cette décision, sachant aussi que les amis « maîtres ? » de Hollande ne veulent pas en entendre parler, on se demande en effet comment compte-il s’y prendre, à moins que ce ne soit de nouveau une énième figure de style, voire un constat d’impuissance totale. On se demande aussi comment, techniquement, il va s’y prendre ? Peut-être exigera-il des Syriens que ceux-ci ne tirent pas sur ses avions ? On ne sait pas.

 

La Turquie, elle, a, pour la énième fois aussi, menacé la Syrie d’intervenir directement si la situation, selon elle, devait s’empirer. Traduction : lorsque le seuil fatidique des 100'000 réfugiés syriens aura été atteint. Le plus cocasse dans l’affaire est que, 48 heures après cette annonce fracassante, les autorités turques ont décidé de ne plus accueillir de nouveaux réfugiés. Traduction (2) : les Turcs interviendront sans doute à 100'000, mais arrêteront les comptes à 76'000.

 

Décidément, la crise syrien nous aura fait voir de toutes les couleurs.

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : syrie, gowrié, france, terroisme, suisse, hollande