03/03/2014

Ukraine : ce que la Russie devrait faire

Les événements semblent s'accélérer en Ukraine. Comme prévu, les pantins de Kiev, à l'image de leur prédécesseur géorgien, l'homme aux manches trop courtes, ont, sous l’impulsion (ordre ?) de leurs commanditaires occidentaux, pratiquement déclaré la guerre à la Russie. Ils croient manifestement que leurs "amis" de l'Ouest courront à leur secours.

L'OTAN, par la voix de son secrétaire général, vient par ailleurs de déclarer que la Russie "menace la paix et la sécurité en Europe". Logiquement, cela signifie que les Occidentaux et l'OTAN la garantissent. Curieux mais habituel jeu double des "Occidentaux" : la démocratie et la liberté sont des valeurs "suprêmes". Voyons cela.

Le président ukrainien, aussi corrompu soit-il, est élu démocratiquement. Cela n'empêche pas les "démocrates" occidentaux de courir à Kiev, haranguer les foules et demander à la Russie de "respecter" la volonté du Peuple.Quel Peuple ? Celui qui manifeste à Maidan ? C'est la nouvelle mode maintenant. Dès qu'un Peuple manifeste, il faut respecter sa volonté et déguerpir. A une seule condition : que ce peuple soit "non occidental". Comme par hasard, le peuple (et non pas Peuple) qui manifeste à l'est de l'Ukraine n'a pas le droit de faire. Sa volonté, elle, n'est pas vraiment...démocratique.

A partir de là, les Occidentaux "montent" le ton et...menacent même la Russie. Rasmussen, le secrétaire général de l'OTAN, a, préalablement à la réunion "urgente" de son organisation, nommé directement La Russie et Poutine les accusant de "menacer la paix et la sécurité" en Europe. Avec son maître d'outre Atlantique, ils sont allé jusqu'à menacer la Russie.

Pour l'instant, les Russes, contrairement à leurs "partenaires" Occidentaux, ne font pas beaucoup de commentaires Ils se contentent de...faire. Il n'aura échappé à personne que, jusqu'à l'heure où ces lignes sont écrites et alors même que la Crimée est entièrement sous contrôle russe, pas une balle ne fut tirée. On parie que les Russes attendent et rêvent d'une petite folie, même individuelle, de la part de l'Ukraine.

Voyons maintenant ce que les Occidentaux déclarent vouloir "infliger" aux Russes : sanctions économiques, isolement sur la "scène internationale", ainsi que la panoplie habituelle de leur part en de pareilles circonstances. Les Américains poussent la folie jusqu'à déclarer vouloir geler les avoirs russes. Et c'est ici que, je l'avoue, j'en veux aux dirigeants russes. Car, contrairement aux Américains, les Russes ne sont pas encore "habitués" à leur force réelle. C'est probablement la raison essentielle de leurs hésitations et réactions quelque peu timides. Le problème des Russes est qu'ils ne se posent pas réellement la question de savoir comment les Occidentaux réagiront si, par mesure de rétorsion :

  1. Ils commencent par couper toutes les livraisons de gaz à l'Ukraine, du jour au lendemain.
  2. Ils exigent le remboursement des 20 milliards d'Euros que l'Ukraine leur doit.
  3. Ils coupent, du jour au lendemain, les livraisons de gaz à destination de l'Europe tout en gênant, pour ne pas dire plus, militairement, toute sortie d'hydrocarbures du Golfe persique
  4. Ils considèrent toute déclaration de la part des Occidentaux comme hostile et appelle une réaction violente.

Science fiction ? Folie ? Pas vraiment.

Encore une fois la question : que peuvent faire les Occidentaux ?

Rien, absolument rien. Sauf, peut-être, revenir à la raison, trop tard comme à leur habitude pour aller quémander de l'Ours.

Et le Peuple, dans tout cela ? Et bien, cette question, il faut la poser à Obama, Hollande et le sinistre Fabius. A moins que BHL ne s'en charge lui-même

 

 

 

09:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ukraine, russie, bhl, hollande, obama, poutine, crimée

02/03/2014

Géorgie, Sotchi...Ukraine

Ainsi, le scénario que j'avais envisagé trois jours avant la fin des jeux d'hivers de Sotchi semble se réaliser. A vrai dire, il n'était pas trop difficile à prévoir, sauf, bien sûr, pour les indécrottables de ce côté du Vieux Continent, qui croient encore qu'ils ont un réel rôle à jouer. Ils se remémorent encore leur "succès" en Serbie. Ils oublient juste qu'à l'époque, au Kremlin, il y avait l'ivrogne.

En 2008, les Russes ont mis à peine plus de 48 heures pour mettre l'armée géorgienne en pièces. A l'époque, aussi, les Occidentaux avaient essayé : une tête de pont, au cœur de "l'empire" avec un pantin minable, un certain Saakachvili à qui, à l'instar de tous ses semblables dans l'histoire, les Occidentaux ont promis soutien sans faille en cas "d'agression" russe.

On voit ce qu'il en était.

Indécrottables, disais-je. Ils essaient le même scénario, strictement, aujourd'hui. Le pantin  promu chef du gouvernement à Kiev, vient même de déclarer que toute intervention russe mènera à la guerre.

Voici comment les choses se passeront.

Après les gesticulations habituelles des Américains, Britanniques et Français, les pantins de Kiev seront "convoqués" à Moscou. Et ils s'exécuteront. On leur signifiera le rôle exact qu'ils doivent jouer et ils s'exécuteront. Probablement pas tous. certains iront se réfugier chez leur commanditaires, de ce côté de l'Oural.

La moindre entorse à ce scénario aura pour conséquence la réalisation des vœux de Tourchinov, le Saakachvili ukrainien : la guerre. Elle durera à peine plus longtemps que celle qui a fait taire définitivement le Géorgien.

A moins...

Que les Américains, c'est tout le mal qu'on pourrait leur souhaiter, croient qu'une intervention de leur part est possible.

 

10:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : russie, sotchi, géorgie, ukraine, poutine, saakachvili, obama, usa, france

09/09/2013

ATS, France-Info, 20 minutes, etc. : des torchons et des plumitifs

Les torchons et les plumitifs étant déjà désignés et connus, appliquons-nous plutôt à relater leur dernier exploit : les déclarations "supposées" du maitre du Kremlin, un certain Valdimir Poutine.

Un tout petit préambule d'abord, tout de même.

J'ai, il y a de cela quelques mois, adressé une lettre à la "rédaction" de 20 minutes, demandant la correction du contenu d'un article. Un faux grossier dans son entier. Le rédacteur "en chef" du t... en question, dont j'ai oublié le nom, me rétorqua que l'essentiel de l'article en question provenait de deux sources : ATS et Le Temps. Sources connus pour le sérieux de leurs démarches (ce sont ses propos).

Une fois cela dit, revenons à notre sujet du jour : les déclarations de Poutine. ATS, source extrêmement sérieuse, mais aussi France-info, France 24 et d'autres, nous disent que ce dernier aurait déclaré que la Russie "interviendrait en Syrie d'une manière résolue si des preuves sont apportées quant à l'utilisation, par le régime de Damas, d'armes chimiques. Cette information a été relayée par la plupart des torchons, lus, entendus ou visualisés "neutres et sérieux".

L'exploit ultime revient à la version arabe de la BBC (mais bon, ce sont des arabes) qui, au moment même où elle montrait le chef du Kremlin faire sa déclaration, n'a pas hésité à lui pr^ter des propos n'ayant même pas figuré dans celle-ci.

Ainsi, non seulement Poutine n'a pas fait cette déclaration, mais il en a sorti une totalement inverse :

1. Obama ment (ce sont les propos exacts de Poutine) au monde.

2. Kerry ment (ce sont les propos exacts de Poutine) aux membres du Congrès américain.

3. Les Américains et les Français n'ont pas produit la moindre preuve quant à l'utilisation d'armes chimiques par le régime. Elles n'ont même pas pu les fabriquer.

4. Au contraire, nos analyses concluent à l'utilisation de ces armes par les insurgés/terroristes.

J'oubliai, les torchons précités avaient même ajouté que Poutine a décidé de "suspendre" la livraison des missiles S300 à la Syrie. Là aussi, il se trouve que la Russie a grandement haussé le ton et a décidé d'envoyer deux énormes pièces navales sur place. Mieux, la Russie, on se doute bien qu'il s'agit là d'un message d'une extrême importance, a déclaré, dans les secondes qui ont suivi la chose, que ses systèmes, déjà présents en Syrie, ont détecté le lancement de deux missiles au large des côtes syriennes, que cela n'est pas acceptable.

Sur France Info, il y a de cela deux ou trois jours, on accueillait Florence Aubenas, ancienne otage elle-même, pour nous parler des deux "journalistes" français enlevés au nord de la Syrie près des frontières turques. A la question de la journaliste qui lui faisait remarquer que la zone est contrôlée par les "rebelles", Aubenas a poussé l'abjection jusqu'à répondre en disant : "oui, mais, vous savez, il y a parfois des agents du régime infiltrés". Si quelqu'un pouvait m'expliquer comment, matériellement, des agents infiltrés, ce qui signifie qu'ils sont parmi les insurgés, peuvent enlever des journalistes, je lui serais très reconnaissant.

Samedi, rentrés de l'émission "on n'est pas couché", l'invité "politique" est le ministre responsable des relation avec le Parlement. Celui-ci est sensé expliquer les raisons de l'agression programmée de la France contre la Syrie : aucun contradicteur, on était entre soi. Madame Polony, venant de donner naissance à son deuxième bébé, a même fait cette sortie : "oui, on est à peu près sûr que c'est le régime qui a commis l'attaque chimique...". On bombarde donc un pays en étant "à peu près"...sûr. C'est combien "à peu près" ? 60, 75, ou 90% ?

Je ne crois plus à la possibilité pour la Russie de lâcher la Syrie. Les Américains et leur laquais (Flamby le gros) sont allés trop loin. Cameron, à ma grande surprise, semble avoir été bien plus prévoyant. Il s'en est trouvé une porte de sortie magistrale en se cachant derrière la légitimité "démocratique" d'un vote parlementaire. TANT MIEUX POUR LUI.

Comme le ridicule ne tue pas, les USA justifient maintenant leur éventuelle agression (lisez bien cela) par ...de la légitime "défense". C'est, mot pour mot, le contenu de la dernière déclaration de Kerry. Je ne savais pas que la Syrie avait attaqué l'Amérique.

Les Américains vont donc intervenir. Cela me fend le cœur pour mon pays d'origine mais l'éventualité d'une défaite, annoncée et mémorable, infligée, indirectement, par les Russes, me remplit d'espoir. Les Russes, au contraire des Yankees et leur caniche flasque, n'ont déclaré que ce qui est nécessaire en envoyant les messages qui conviennent.

Allons-nous jusqu'à une troisième guerre mondiale ? PEUT-ÊTRE. Il faut juste espérer que Damas sera, pour Hussein Obama et le flasque de l’Élysée, ce que fut Stalingrad pour le Maréchal Von Paulus. Avec, je le souhaite encore plus, des résultats encore plus désastreux, pour les deux sinistres.

La Syrie gagnera. J'en prends les paris.

21/06/2012

Hé Barak : au pied

1720873_3_970b_les-presidents-poutine-et-obama-le-18-juin_7a56d8d15608589b45f374df2b4a4b65.jpg

Après le larbin, Hollande, c'est autour du maître, Obama, de mettre de l'eau, beaucoup d'eau, dans son vin. Plus de deux heures d'entretien n'ont pas fait bougé Poutine d'un millimètre sur sa position concernant la Syrie. Si le Russe peut à ce point se le permettre, c'est qu'il est absolument certain qu'il en a les moyens.

Tant mieux.

Je dois vous l'avouer, ce que je trouve de plus jouissif dans cette affaire est ce constat d'impuissance totale et absolue des Occidentaux, Américains en tête. A voir la tête de mort que Barak Obama affichait à la fin de la conférence de presse et le refus des deux dirigeants de se regarder, on peut imaginer les gifles que le Russe a dû infliger deux heures durant au Yankee.

Pas la moindre allusion au départ nécessaire du Président Syrien

Pas d'intervention étrangère, sous quelque forme que ce soit

Pas de chapitre VII, ni aucun autre chapitre, de la charte de l'ONU

Rien du tout, nada, peanuts, zéro.

Loin de consentir la moindre concession, la Russie durcit au contraire sa position. Lavrov vient en effet d'exiger l'arrêt immédiat de toute livraison d'armes aux terroristes ainsi que l'arrêt, immédiat, aussi, de la guerre médiatique contre la Syrie. Vous pariez qu'il va les obtenir ? Au fait, préalablement à cela, la Russie avait, le 7 juin, procédé a deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux. Vous savez ce que cela signifie ?

Pauvre Barak, pauvres larbins, pauvres journaleux, clandestins ou pas, de la RTS, du Temps ou d'ailleurs. Que vont-ils maintenant faire de leurs torchons ? Tous ces chapeaux à avaler ! Remarquez, ils ont bien essayé de nous faire avaler leurs conneries.

Erdogan l'Othoman l'a définitivement fermé, de même que les bédouins du Qatar et de l'Arabie Saoudite. Restent Al Jazeera et Al Arabiya, avec quelques unes de leurs succursales ici : RTS, France Info, France 24, Libération, Le Temps, La Liberté, Le Courrier et l'Hebdo. Je me réjouis déjà de voir comment vont-elles procéder pour changer de veste. Mais je ne me fais pas trop de soucis. Ils trouveront certainement le moyen de s'excuser, exactement comme ils l'ont fait après l'invention de Timisoara, des armes de destruction massive en Irak, des avions imaginaires de Kadhafi bombardant des civils, du massacre de Houla perpétré par leurs amis islamistes et attribué à l'armée syrienne, du journaliste Gilles Jacquier assassiné par les amis de Haammmouche (c'est, paraît-il, un journaliste travaillant pour un journal fribourgeois) sous les yeux de ce dernier, ce qui ne l'a pas empêché d'en attribuer la responsabilité à l'armée syrienne, des Palestiniens dansant et sautant de joie à l'annonce de l'attaque des tours du WTC (alors que les images provenaient en réalité de la deuxième Intifada), etc.

La vague médiatico-terroriste qui se brise sur le mur de la Syrie. Reste à éradiquer définitivement les terroristes eux-mêmes, à l'intérieur du pays. Ce sera pour très bientôt.

 

01/06/2012

La Syrie doit défier l’Occident

C'est la seule manière de l'obliger à changer de ton et de...manière. Ce n'est pas l'entêtement qui me pousse à le dire mais l'enseignement de l'histoire, celle qui est encore là, en Irak, en Libye et ailleurs. Ce d'autant que ces derniers n'avaient pas les moyens de le faire alors que la Syrie oui. Il est absolument indéniable que l'Occident se fiche éperdument de la démocratie, de la liberté et du bonheur du peuple syrien comme il se fiche de ces valeurs partout ailleurs dans le monde.

En Irak, l'histoire en devient lassante, cela a commencé par l'introduction des barbouzes, appelés pour l'occasion « observateurs », de l'ONU, bien évidemment, qui, pendant deux ans, ont rassemblé toutes les informations nécessaires à l'invasion américaine, avec les conséquences que l'on sait. C'est pour cette raison, mais pas seulement, que la Syrie doit se dépêcher de mettre à la porte dans les plus brefs délais ces mêmes barbouzes, avec leur chef. Elle doit défier l'Occident et répondre à chaque provocation de celui-ci, jusqu'à le provoquer, à son tour. C'est le seul langage qu'il comprend. Cela fait 14 mois que « toutes les options sont sur la table », selon une expression devenue lassante et insupportable. Eh bien, puisque toutes les options, moins une, ont déjà été mises en œuvre, qu'on en finisse et que la dernière soit lancée. Je crois que, contrairement à ce que la plupart des pseudos analystes pensent, les Syriens ont tort de jouer sur le temps. Ils ont déjà eu grand tort d'attendre 14 mois. Ils devaient les défier dès le premier jour. Dès l'instant où ceux-ci, grisés par leur « victoire » en Libye et par leur stupidité historique, ont déclaré que le président Syrien a perdu toute légitimité et qu'il devaient partir. Je rappelle à ce propos que feu Juppé lui avait donné deux semaines pour le faire. Les Syriens devaient comprendre dès ce jour là que les Occidentaux ne pouvaient pas revenir en arrière et qu'ils feraient tout, comme à leur habitude, pour ne pas perdre la face et le peu de respectabilité qu'il leur reste dans le monde. Faire tout ? Oui, y compris le pire, détruire la Syrie pour arriver à leurs fins.

Ceux, y compris les syriens, qui croient que la Russie protège la Syrie et qu'elle est son dernier rempart ont aussi tort. C'est probablement l'inverse qui est vrai et les Russes l'ont très bien compris. C'est un atout majeur que les Syriens devraient savoir utiliser. C'est effectivement la Syrie qui est le dernier rempart sur les frontières russes. La survie, sur le plan international et stratégique, de la Russie, passe par la Syrie. Non seulement les occidentaux ne feront aucune concession pour amadouer les russes et leur faire changer de position, mais il est illusoire de croire qu'ils respecteront le moindre engagement, la moindre parole donnée. Ce n'est ni dans leurs habitudes, ni dans leur mœurs.  A supposer même qu'un tel marchandage soit possible, les Occidentaux, une fois l'affaire terminée, entendez le départ, sous une forme ou une autre, du Président Syrien, se retourneront contre les Russes, les isoleront totalement et les mettront à genoux. Ceci aussi les Russe, du moins je l'espère, l'ont très bien compris. Ce n'est pas pour rien non plus que le président Russe, M. Poutine, a déjà mis les points sur les i avant même qu'il ne se rende à Paris, en ironisant même sur les propos de son « homologue » Français, lequel vient, lui aussi, de faire allusion à « toutes les options mises sur la table ».

Quoi qu'il en soit, tout cela ne changera rien pour les Syriens. On sait tous que si les Occidentaux voulaient et pouvaient intervenir militairement en Syrie, ils l'auraient fait et ils le feraient, avec l'aval russe ou pas. Je rappelle, là aussi, qu'ils n'ont pas attendu les Russes pour intervenir en Serbie. Ils ne les ont pas attendu non plus pour ravager et saccager l'Irak et tuer un million de ses habitants. Cette histoire de « légitimité » légale n'est donc qu'une boutade, une mascarade que même la fameuse opinion publique commence à trouver très peu amusante. Ce ne sont donc pas les Russes qui empêchent les Occidentaux de faire quoi que ce soit. Ce sont plutôt les Occidentaux qui trouvent cette situation extrêmement commode. Cela leur donne l'occasion de mettre la responsabilité du blocage de la situation sur le dos des Russes et des Chinois.

J'irais encore plus loin. A supposer même que non seulement les Russes acceptent de lâcher leur soi-disant allié syrien, mais se joignent même aux Occidentaux. Qu'est-ce que cela changerait-il ? Quelques avions ennemis de plus ou moins dans le ciel syrien !

Ils ont eu tort de s'en prendre immédiatement aux autorités syriennes. Ils ont eu tort de s'acharner ensuite. Ils ont eu tort de financer, armer et envoyer les terroristes en Syrie. Ils ont eu tout aussi tort d'expulser les diplomates syriens. La Syrie doit, enfin, en profiter, faire ce qu'elle a à faire et frapper fort, très fort.

Pour finir, je reviens, petit à petit, sur "le massacre" de Houla. Dernier épisode dans la besace des Occidentaux. Comme pour Baba Amr qui nous a livré ses trésors "médiatiques" après l'assaut des forces de l'armée syriennes (vidéos fabriquées, morts inventés, etc.) il semblerait, c'est même certain, que les autorités syriennes s'apprêtent à sortir au grand jour toute la vérité concernant ce dernier massacre et toutes les manipulations, notamment médiatiques, autour de celui-ci. Je m'en réjouis et attends de voire la tête des employés de nos journaux.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie.occident, russie, france, hollande, poutine, gowrié, chine, terrorisme, terroristes

29/02/2012

29 février 2012 : deuxième bilan mensuel

Fin du deuxième mois de l'année. Qu'en est-il des prévisions des spécialistes, vous savez : les spécialistes du Moyen orient, les experts en géopolitique, les spécialistes des mouvements fondamentalistes, les spécialistes de l'islam, les spécialistes de ceci et de cela.

1.  La Russie ne se fissure pas, pas encore. Le mouvement de contestation, parfaitement légitime au demeurant, semble cependant s'essouffler. Poutine n'est pas sur le départ et on peut même être certain de sa réélection. Les Russes, contrairement aux prévisions des spécialistes, semblent avoir acquis une étonnante maturité durant, précisément, l'ère Poutine. Ils semblent même apprécier et approuver très majoritairement la politique volontaire de leurs dirigeants. Les agitateurs extérieurs n'ont pas réussi leur coup. Loin d'être sur la défensive, Poutine vient, à la manière des USA, il faut le reconnaître, de déclarer vouloir armer la Russie d'une manière sans précédent, 700 milliards d'Euros sur 10 ans. La signification de tout cela est on ne peut plus claire : le retour définitif de la Russie au premier plan, y compris et surtout sur le plan de la force militaire pure. Le hasard, certainement, a voulu que le moment choisi soit la crise syrienne.

2.  J'aurais dû commencer par là : DSK n'est, malheureusement, toujours pas l'homme de l'année 2012. Je crois qu'il faille attendre très longtemps avant que cela n'arrive. Il vient même de passer, repasser, quelques jours en prison, en garde à vue, dans le cadre d'une, énième, affaire de mœurs. Proxénétisme, plus précisément.

3.  L'Iran, qui devait être bombardé le 15 janvier, ne l'est toujours pas.

4.  Les USA et leurs laquais ne dictent plus rien à personne. Les premiers, ayant dès le premier jour de la crise syrienne exigé, que dis-je, ordonné le départ du président syrien, demandent maintenant une solution « politique » à la crise. Ils appuient l'idée d'une « fenêtre humanitaire » de deux heures par jour dans les endroits « sinistrés ». Avaient-ils procédé pareillement lorsqu'ils ont assiégé Fallujah, coupée du monde, massacré hommes, femmes et enfants, utilisé des armes chimiques et bombes incendiaires, projectiles avec têtes en Uranium appauvri, etc. Lisons à ce propos ceci Wikipedia, Fallujah : le massacre caché

Et cela Reuters : Fallujah

Et cela aussi International News : les effets dévastateurs des armes américaines sur Fallujah

5.  Syrie toujours, Zabadani, espoir éphémère des « amis de la Syrie » pendant quelques semaines, sous le contrôle total de l'ASL, appuyée, dit-on, par des officiers français, est complètement nettoyée des gangs armés.

6.  Le congrès des amis de la Syrie s'est réuni à Tunis. Surprise, il n'y a que des ennemis.

7.  La Grande Bretagne, dont le courage des soldats, circulant à pied et sans casque de protection à Bassorah, n'est plus à démontrer, n'a pas non plus mis l'Iran à genou. Cela fut aussi prévu par certains suite à l'attaque, par de jeunes manifestants iraniens, des locaux de l'Ambassade de GB, suivie de sa fermeture.

8.  L'OSDH est toujours le fournisseur exclusif des médias d'ici. Lesquels, très offensifs et extrêmement professionnels, n'ont jamais eu l'idée d'aller fouiller un peu dans les caisse du personnage. Oh, vous ne le saviez pas ! Il s'agit d'une personne, Rami Abdul Rahmane. Comme l'affirme La croix (je ne voulais pas prendre des sources « pro-régime ») il semble être l'unique source d'information des médias occidentaux. Il affirme lui-même être à la tête de deux cents « informateurs ». On le croit bien sûr sur parole. Mais au fait, autant de précision « chirurgicale » sur les « statistiques » des « victimes pacifiques » avec seulement 200 informateurs, se trouvant eux-mêmes au cœur (on ne sait pas comment) des combats ! Hmmmm. La Croix : Rami Abdel Rahmane

Essayez  juste de taper OSDH ou Observatoire Syrien des Droits de l'Homme sur n'importe quel moteur de recherche. Vous n'en reviendrez pas. Savez-vous que ce...je ne sais même pas comment l'appeler, a un site...en arabe...seulement ! Pour un observatoire, basé à Londres (même pas sur place) fournissant la totalité de nos médias professionnels, c'est plus que singulier, non ?

Allez, rendez-vous au 31 mars, si le ciel, ou quelques bombes, ne nous tombent pas sur la tête d'ici là.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gowrié, syrie, hayoun, bilan, russie, poutine

28/02/2012

Attentat contre Poutine déjoué : un traitement médiatique exemplaire

C'est en me rasant hier vers 6H45 du matin que j'appris, sur France Info, la nouvelle sur la tentative d'assassinat déjouée contre Poutine.

Vous l'auriez compris, la seule chose intéressante dans l'affaire est la manière dont ce grand véhicule médiatique français a traité l'information. Le sujet commence comme suit : « l'information est à prendre avec beaucoup de précautions, un attentat contre Poutine aurait été déjouée... ». J'aurais bien aimé saluer ce grand retour au professionnalisme journalistique. Le problème est que, quelques instants après, la même personne sur l'antenne introduit son sujet sur la Syrie en parlant du Référendum sur la Nouvelle Constitution Syrienne, qualifié de mascarade, et en insistant sur le fait que le Président syrien garde l'essentiel de ses prérogatives. Elle a aussi parlé des « bombardements » à Homs sauf que, dans ce cas, aucune précaution ne fut observée et l'usage du conditionnel fut, bien sûr, bannie. Elle a, là aussi, dû oublier de lire la Constitution de son propre pays et y examiner les prérogatives de son Président.

Lire à ce sujet le billet :

Les Amis de la Syrie et la Nouvelle Constitution syrienne

Le summum fut ensuite atteint lorsque la présentatrice se permit de qualifier le travail de ses « confrères » des médias russes, « lesquels ne sont pas connus pour leur talents de journalistes d'investigation et d'enquête ». Cela présuppose, bien évidemment, que ce soit un professionnel, talentueux et rompu aux techniques d'enquête et d'investigation, qui en parle. Pour un média, comme la plupart des autres ici par ailleurs, dont la « presque » unique source d'information est l'OSDH, basé à Londres et dont personne, je dis bien personne, ne sait rien, c'est effectivement du tout grand professionnalisme.

La vie est "vraiment" injuste. Nous, on aurait été plusieurs fois déjà licenciés pour faute professionnelle pour le dixième d'âneries qu'ils se permettent.

Rendez-vous demain, 29 février et dernier jour du mois, où je publierais, comme convenu, le deuxième bulletin mensuel de l'année, consacré, comme celui de janvier,  essentiellement aux prévisions ratées.

D'ici là, prions pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

 

12/12/2011

Et maintenant la Russie (2)

Selon des informations, pour l'instant confidentielles, la Syrie disposerait d'informations extrêmement gênantes concernant le rôle actif et direct joué par les Américains et leurs « alliés » régionaux, Turquie et Qatar en tête, et s'apprêterait à les sortir au grand jour si les dernières négociations, visant à mettre fin à l'instabilité dans le pays, n'aboutissaient pas. Il semblerait même que les services secrets syriens aient fait prisonniers des officiers de l'armée turque qui se trouvaient dans les régions de Deraa et de Homs.

Est-ce que cela explique le silence inhabituel de l'Ottoman ? Probablement. Il est par ailleurs curieux de constater que la Turquie, pouvant plaisanter avec tout sauf lorsqu'il s'agit de son prestige militaire, n'ait pas réagi aux mouvements de troupes syriennes à ses frontières, à la déclaration de l'armée syrienne qu'elle détruirait toute zone tampon entre les deux pays. Les autorités turques cherchaient même à temporiser hier niant les informations selon lesquelles l'armée syrienne aurait tiré sur des éléments armés qui essayaient d'entrer en territoire syrien.

Nous verrons.

Revenons à la Russie. A l'instar des manifestations « pacifiques », je ne m'en lasse pas, pour la liberté et la démocratie dans les pays arabes et suite à la mise dans les roues des USA de quelques bâtons russes, empêchant la mise en œuvre du plan américain global pour le Moyen Orient, l'Oncle Sam a actionné ses pions dans la capitale russe : effondrement du tandem Medvedev-Poutine de plus de 15% en l'espace de quelques semaines, manifestations géantes pour dénoncer les manipulations des élections...Rappelons une fois encore que, il n'y a de cela que quelques semaines, les deux hommes étaient crédités de plus de 65% d'avis favorables.

Le prix du retour à la stabilité en Russie serait-il que celle-ci « lâche » la Syrie ? Tout dépendra de la manière dont Poutine règlera, plus ou moins rapidement, le problème « interne ». Le pari américain n'est pas pour autant gagné, car parmi les opposants russes on trouve notamment...les communistes, pas forcément amoureux fous de l'Oncle Sam.

Tout va donc dans le même sens : empêcher les Russes d'étendre leurs zones d'influence dans la région. Ces derniers viennent de s'octroyer une grande victoire à travers le gazoduc qui alimente maintenant l'Europe, augmentant la dépendance de celle-ci vis-à-vis de la Russie et la diminuant face aux Américains (par le truchement du gaz qatari qui ne peut plus rivaliser car nécessitant des opérations de liquéfaction avant son acheminement vers les pays consommateurs). Ce n'est pas non plus par hasard si le grand projet du Gazoduc Nabucco a pris autant de retard, on parle maintenant de 2017 au plus tôt. Nabucco, quèsaco ?  Sans aller dans les détails, il s'agit d'un projet américain rassemblant les gaz produits dans toute la région, y compris dans l'est de la Méditerranée, pour l'acheminer vers l'Europe à travers la Turquie, en évitant même la Grèce. Isoler la Russie, y compris et surtout pour ce qui est de ses possibilités d'écouler ses ressources naturelles, en la contournant.

Révolution orange en Ukraine, où passait le gaz russe vers l'Europe, des pressions sur la Biélorussie, où passe aussi une partie du gaz russe. La guerre, du gaz, arriva à son paroxysme lorsque les Russes ont coupé le gaz acheminé via l'Ukraine. Pressions américaines sur les Européens pour accepter leur projet, les Russes soulignent la fragilité des projets américains et leur vulnérabilité face aux attaques « terroristes » et sabotages. L'Ukraine est finalement lâchée et les « Orangistes » sont écartés avec la bénédiction des Européens. Leur cheffe de file ira bientôt même en prison. Les projets américains semblent par ailleurs compromis par leurs échecs successives et retentissants :Afghanistan, Iraq (seul pays arabe, avec la Jordanie, à refuser d'appliquer une quelconque sanction contre la Syrie alors qu'il est encore sous « occupation » américaine, c'est dire), défaite de la guerre de 2006 au Liban, etc.

Les Américains essaient maintenant d'aller frapper au cœur. Certains médias, TSR ce dimanche, commencent même à en parler : même méthodologie qu'en Egypte. Moubarak est tombé, est-ce que Poutine tombera ?

Pas sûr. Pas sûr du tout. Ils ont essentiellement parié sur des régimes qui leur doivent beaucoup, ou d'autres qu'ils ont fait tomber par la force. Dans le cas présent, ni la Syrie, ni la Russie ne leur doivent un centime, quant à l'usage de la force...on vous attend.

Comme d'habitude, une petite question, destinée notamment aux remplisseurs de colonnes de journaux : pourquoi tant d'acharnement de la part des Américains et, accessoirement, Français (on entend déjà moins les Anglais et plus du tout les autres, Qatar mis à part) ? Attention, ceux qui répondront que le motif est la défense de la démocratie et la liberté recevront un...bonnet d'âne.

N'en déplaise aussi aux remplisseurs de colonnes de journaux, près de 10 mois après le début des troubles en Syrie, aucun diplomate, lisez bien : aucun, même pas un concierge d'ambassade, n'a fait défection (analysez). Ne leur en déplaise aussi, ABC, grande chaîne d'information américaine, vient de se confondre d'excuses à n'en plus finir pour avoir déformé l'interview qu'une de leurs journalistes vient de faire avec le Président Syrien. Ils viennent de diffuser l'interview dans son intégralité en ajoutant ces commentaires : Assad n'est pas Khaddafi, il n'est pas non plus Moubarak, ni Ben Ali.