15/10/2012

La France (combat ?) le terrorisme

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Jeudi dernier, devant trois journalistes de l’Hexagone, le Président Français déclarait, je cite, « vouloir combattre le terrorisme, en l’occurrence islamique, où il se trouve : en France comme au Mali ». Il n’est pas allé plus loin. C’est au cours du même entretien qu’il a déclaré que la cellule « terroriste hautement dangereuse » qui vient d’être découverte en France, avait, entre autres, planifié d’aller faire le Jihad en…Syrie.

Le lendemain, vendredi 12 octobre, on apprend que 7 membres de cette cellule auraient été mis en examen pour « tentative d’assassinat en lien avec l’appartenance à une religion et en relation avec une entreprise terroriste ». Aucun doute quant à la signification des termes n’est permis.

Faisons l’hypothèse, confirmée par le Président Français lui-même, suivante. Supposons que certains membres de cette cellule, si ce n’est déjà fait, soient effectivement partis en Syrie. Ceux-ci se trouveraient parmi tous les autres combattants qui, le président Français l’a de nouveau très clairement confirmé jeudi, reçoivent de l’aide, entre autres matérielle, de la France. La France se trouverait en position d’aider des personnes qui, chez elle, sont mises en examen pour…terrorisme.

La France met en examen, chez elle, des terroristes qui, rendus en Syrie, deviennent des combattants de la démocratie aidés par cette même France.

Vous avez dit que les voies du Seigneur étaient impénétrables ?

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, gowrié, opposition, terrorisme, islam, fabius, suisse, france, didier burkhalter

07/04/2012

Syrie : les opposants et les loyalistes

J'étais très jeune, 11 ans, quand j'ai perdu mon père, mon exemple. Des quelques années qu'il me fut donné de passer avec lui, il me reste très peu de souvenirs, forcément ceux en relation avec des événements heureux, tristes ou saillants.

Je me rappelle notamment de quelques mots qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Très croyant, mon père a eu ces paroles, définitives : au-dessus de vous, il y a Dieu. Au dessus de Dieu, il y a votre honneur, votre fierté.

Cela fait 30 ans que j'ai quitté le pays où j'étais né et avec lequel il me reste très peu de relations. Et pourtant.

Comme il est bizarre de constater que ceux, comme moi, ayant pratiquement coupé tout lien, réel, avec leur pays de naissance le défendent aujourd'hui, envers et contre tout, prenant sur leur temps et celui de leurs familles et leurs enfants, alors que ceux, prétendument du pays, le détruisent et font tout pour le ramener au moyen âge, d'où ils viennent.

Voici la traduction d'un magnifique article, écrit par Hussam Yazgi.

Mon cher opposant,

« Laisse-moi tout d'abord corriger une expression qui a circulé dernièrement pour distinguer deux catégories du peuple syrien : les loyalistes et les opposants. Nous sommes en réalité tous loyalistes et tous opposants.

Nous nous opposons à l'incurie, à la corruption, aux passe-droits et aux mafias qui ont amené la Syrie là où elle est aujourd'hui. Mais nous sommes loyalistes lorsqu'il s'agit de justice, de liberté et de suprématie de la loi sur tous.

Vous ne trouverez pas parmi nous des gens qui approuvent la corruption ni qui demandent de limiter les libertés ou de sceller les bouches. En fait, pour catégoriser correctement les tendances, disons qu'il y a deux courants : les aveugles et les voyants.

Les voyants sont ceux qui comprennent clairement qu'il y a une conspiration visant le pays, non pas le régime. Et malgré tout le mal qu'ils peuvent penser du régime, des erreurs de la période passée et leur refus total de cet état de faits, ils considèrent que leur devoir national leur dicte de mettre tout cela de côté et protéger leur pays par tous les moyens. Les aveugles, eux, ne voient pas ce danger et croient que le Qatar et l'Arabie Saoudite se soucient vraiment du sort des Syriens et de l'état de la démocratie et de la liberté. L'aveugle ne se demande pas pourquoi ne les donnent-ils pas à leurs propres peuples d'abord.

Les aveugles croient que les Américains, qui ne se sont jamais préoccupés du sort tragique du peuple palestinien, se font réellement du souci pour le peuple syrien, innocemment.

Ils croient que le colonisateur français qui a colonisé le pays et en a tué l'élite  est devenu aujourd'hui l'ami du peuple. Comme si le sang de Youssef Al Azmeh (héro de la révolution syrienne) a définitivement séché sur leurs mains.

Ils croient que les Ottomans, qui ont colonisé le pays, l'ont pillé, avili son peuple et commis les pires atrocités pendant 400 ans, en sont maintenant devenus les amis et les protecteurs.

Malheur à ceux qui ne se souviennent pas de l'histoire et n'en apprennent pas.

Je suis un simple citoyen syrien, je n'ai jamais profité de quoi que ce soit ni de qui que ce soit et la politique n'a jamais rien signifié pour moi. Je me suis trouvé malgré moi pris dans la tragédie qui secoue mon pays. Je hais les abus et la corruption, je hais les passe-droits, je hais la répression mais j'ai un sentiment et une conscience plus forts que tout cela : mon amour pour mon pays.

Permet-moi, cher opposant (aveugle) d'avoir peur et effroi lorsque je vois les USA et les Occidentaux, amenés par les monarchies de la traitrise, de la perfidie et de la bassesse, prêter main forte à cette soi-disant révolution. Ma crainte et mon effroi sont légitimes. Car les révolutions sont comme les taureaux : vous pouvez les monter mais vous ne pouvez ni les maitriser ni prédire leur direction. Je crois que, indépendamment des motivations des « révolutionnaires », pour autant qu'il s'agisse de cela, ils ne sont que des poupées aux mains de puissances qui ont leurs propres agendas.

La première révolution arabe, celle de 1916, a été appuyée par l'Occident dans un seul but : mettre à genou et chasser les Ottomans. Ces mêmes Occidentaux n'ont même pas attendu le lendemain de la victoire pour dépecer le Moyen Orient et tuer les héros de la révolution. La suite ne fut pas meilleure : Irak, Afghanistan, Libye. Ils veulent maintenant « monter » sur la vague des protestations dans mon cher pays pour le détruire aussi. Ils n'ont amené que destruction, désolation et malheurs.

J'ai lu, mon cher opposant, les plus grandes révolutions de l'histoire : la Française, la Russe, l'Américaine même. Aucune, je dis bien aucune, n'a eu recours à des puissances extérieures pour se réaliser. Pourquoi ? Parce qu'elles étaient des révolutions « populaires ».

Mon cher opposant, nous sommes les enfants d'un magnifique pays et même pendant la « période précédente », celle que vous reprochez au régime, et malgré tous les défauts qu'on peut lui reprocher, notre pays est resté uni, libre, debout et...fier. Nous n'avons jamais été prisonniers dans notre pays. On ne nous tuait pas et nous ne subissions pas d'exactions. Cette idée fut inventée et commercialisée par vos patrons et les médias de ceux-ci. L'idée que nous sommes un peuple soumis, prisonnier et torturé depuis 40 ans. Est-ce vraiment la vérité ? Te rappelle-tu ta vie il y a de cela un peu plus d'un an ?

Mon cher opposant, les régimes vont et viennent. Mais si la patrie s'en va, où trouverons-nous en une autre ?

Cher opposant, avec tout le respect et la compréhension que je dois à ta cause, tu m'excuseras, ma patrie est infiniment plus importante ».

Magnifiques paroles d'un patriote, un vrai. Je souscris entièrement, sauf lorsqu'il parle d'aveugles. Ils ne le sont pas. Ils le font en conscience, ce qui est encore pire.

En effet, que penser de quelqu'un qui est d'accord « à 500% » qu'on vienne bombarder son propre pays. Qu'il réfléchisse simplement à ce que ceux qui le bombarderont vont penser de lui.

Je crois que cela lui est égal. L'exemple des « Libyens Libres » est là pour nous le rappeler.

Les traitres, d'où qu'ils proviennent (je ne dis pas quelle que soit leur patrie car ils n'en ont pas) n'ont jamais eu honte. Ne pas avoir honte est même une condition préalable à leur situation de traitres.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, gowrié, opposition, usa, france, qatar, arabie saoudite

31/03/2012

Mon Dieu : Rumsfeld avait finalement raison

Lors de l'invasion de l'Irak par les Américains, venus d'abord le libérer et démocratiser et ensuite pour chercher les armes de destruction massive, Rumsfeld, alors Secrétaire d'Etat Américain à la défense, très irrité de la position française à l'époque (la France avait encore quelques restes de dignité) a déclaré, en le montrant avec ses mains, qu'il utilisait beaucoup pour illustrer ses propos, que le centre de décision et le poids de l'Europe n'est plus tellement à l'Ouest mais « Europe's centre of gravity is shifting East », traduisez : il se déplace vers l'Est.

Je crois que ce vieux criminel avait raison. Il aura juste fallu attendre la crise en Syrie pour le découvrir.

Erdogan l'Ottoman, Sarkozy le Français (peut-on dire d'origine hongroise ou pas ?), qui vient de créer une nouvelle expression, "les musulmans d'apparence", et, surtout, Juppé l'arrogant, vont devoir manger leurs chapeaux. Je ne parle pas des Bédouins car ceux-là, encore plus que les Français, feront ce qu'on leur dictera.

Il y a de cela à peine une semaine, Juppé rejetait encore « catégoriquement » la possibilité de mettre « sur un même plan oppresseurs et oppressés ».

C'est l'Ouest qui a finalement « totalement » cédé, Juppé en tête.

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Pourquoi ? Simplement parce que les Américains et les Britanniques s'y étaient déjà préparés depuis un moment, seul Juppé (sous les ordres de Hariri fils et des bédouins) faisait encore de la résistance. Ceci n'a rendu la chose qu'encore plus savoureuse. Daniel Vernet, dans un article qu'il a fait paraître mercredi sur Slate.fr, et qu'il a intitulé : « tout est dans les mains d'Assad. Et des Russes », l'a bien reconnu : « la Russie a bien réussi à déplacer le centre du jeu dans une région où son influence était déclinante bien avant la disparition de l'URSS ».

Les USA, la France, la GB et, dans une moindre mesure, les bédouins et les agences internationales nuisibles, du genre Navy Pillay, n'y pourront plus grand-chose : le jeu se passe ailleurs. Le combat d'arrière garde assigné à cette dernière, Navy Pillay, par ses patrons et le ton extrêmement dur qu'elle vient d'utiliser pour qualifier le Président Syrien ne feront qu'affaiblir encore plus la position des Occidentaux. Kofi Annan, de même que les Russes et les Chinois, savent parfaitement que ces déclarations, au moment même où Annan conduit sa mission, n'ont pour but que de saper celle-ci. Cela les renforcerait dans leur détermination à s'opposer aux Occidentaux. Pour ceux qui comprennent « un peu » le langage diplomatique, voire le langage tout court, les Russes viennent de demander à l'opposition syrienne de « suivre l'exemple du gouvernement ». Les joueurs de foot seront certainement plus à même de comprendre la signification de cette demande que Madame Pillay.

Comme si elle n'en avait pas assez, la France, plus précisément le Quai d'Orsay, vient de recevoir une énième gifle de la part des...Russes. Lavrov étant "fatigué" de répondre aux idioties à répétition de Juppé, a chargé son porte-parole, Alexandre Loukachevitch, de le faire. Ce dernier vient de déclarer :

"Le droit d'estimer les progrès de la mise en œuvre du plan de Kofi Annan appartient avant tout à l'émissaire spécial pour la Syrie, ainsi qu'au Conseil de sécurité de l'ONU dont le rôle ne peut pas être joué par un groupe autoproclamé d'amis de la Syrie. L'intention de faire autrement annoncée par un pays membre permanent du Conseil de sécurité, est pour le moins inquiétante", a indiqué M.Loukachevitch.

"Nous voudrions rappeler que le plan en six points, baptisé "le plan de Kofi Annan", a été approuvé unanimement par le Conseil de sécurité de l'Onu, selon la déclaration de son président, publié le 21 mars. Le Conseil a clairement indiqué que l'envoyé spécial (Annan) était chargé de l'informer des progrès de sa mission", a-t-il ajouté.

"Amis de la Syrie" : Mouscou préoccupé par les déclarations de Paris

Pour finir, en beauté, au sommet des BRICS, à New Delhi, la Chine et la Russie ont publié, d'une manière très officielle donc, un communiqué commun dans lequel on pouvait lire : "Nous rejetons toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie. Nous appuyons aussi la mission de Kofi Annan pour régler la crise". Le même communiqué ajoute : " il faut mettre un terme au terrorisme des groupes armés en Syrie". Pour "pimenter" le tout, Medvedev, le Président Russe déclarait : " le départ de Bachar, réclamé par les opposants radicaux et leurs parrains internationaux, était "une idée à courte vue".

On espère juste que le chapeau de Madame Pillay, personne très influente dans le monde, aura meilleur goût que ceux d'Erdogan, Sarkozy, Juppé et Obama. Je ne cite pas Cameron parce que, lui, il ne dit plus rien, ni les bédouins parce que, ehhh, parce que rien du tout.

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gowrié, syrie, rumsfeld, france, usa, pillay, opposition, terrorisme

20/03/2012

Les idiots et l'ours

L'ours, c'est la Russie. Les idiots : je vous laisse deviner.

S'il est vrai que l'une des vertus essentielles de notre civilisation, celle que nous essayons d'inculquer à nos enfants, est la persévérance, les idiots semblent avoir tendance à la confondre avec acharnement.

Les idiots essaient de nous vendre à longueur de journée « leur » monde qui change mais semblent ne pas comprendre qu'il a vraiment changé.

Les idiots croient toujours vivre en 1989, mais nous nous trouvons en 2012.

Les idiots sont endettés à hauteur de plusieurs fois leur production nationale, sont en faillite et se font achetés par les bédouins mais ne réalisent même pas que, à la différence de 1989, l'Ours est en excédent, et dispose de réserves monétaires de plus de 500 milliards de dollars.

Une des vertus essentielles des idiots est leur insensibilité. D'aucuns appellent cela : avoir honte, de temps à autre. Les idiots n'ont jamais honte.

Lors de sa récente visite en France, Madame Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération (la haute chambre russe) a fait savoir, d'une manière on ne peut plus claire que la Russie ne changera jamais d'un iota sa position sur la Syrie. Ses déclarations font suite à celles du Nouveau Président de son pays, M. Poutine ainsi qu'à celles du ministre des affaires étrangères, M. Lavrov. N'essaJuppe_senat_russe_cle0bc439.jpgyez pas. Pour peu, les Russes auraient dit : même un âne aurait compris le message. Pas les idiots.

Pour la première fois depuis l'occupation de l'Irak par les Américains et leurs « alliés » et à l'éternelle, et stupide, question de savoir si ceux qui la regrettent auraient préféré que Saddam reste, une personnalité d'un aussi haut rang que Madame Matvienko répond, en des termes très peu diplomatiques, à propos de la même question stupide mais concernant cette fois-ci Kadhafi; « oui, on aurait préféré qu'il reste ». "Quoi qu'on pense de Kadhafi, c'était tout de même le chef de l'Etat. Les images de violences et d'acharnement contre lui étaient insupportables, moyenâgeuses". Elle a ajouté : « cela ne ressemble pas à un processus de paix mais à une guerre civile ». La seule chose qu'elle n'a pas dite ouvertement, mais l'a fait très bien comprendre, ...et vous en êtes les responsables directs. Juppé a dû apprécier.

De son côté, le Président syrien, sans aucune légitimité et à qui on « ordonnait » hier de partir, fait encore plus fort : il invite « toutes les organisations qui luttent contre le terrorisme à faire pression sur toutes les parties « connues » pour qu'elles cessent de soutenir le terrorisme ». Qu'entend-t-il par là ? La France, USA, GB, Turquie et autres, seraient-ils des... soutiens aux terroristes ? Comme je l'ai déjà prévu il y a de cela quelques semaines, la Syrie négociera, mais à partir d'une situation de force et...elle dictera SES conditions : les terroristes ne doivent pas seulement être désarmés mais doivent répondre de leurs actes devant la justice...SYRIENNE.

La Syrie négociera

Quant aux amis et protégés, très provisoires, de Juppé, les membres du Conseil d'Istanbul, ils ont oublié la chose la plus importante de l'équation : l'histoire. Celle-ci ne pardonne pas. Ses poubelles accueillent surtout et avant tout les traitres. Ils iront sous peu y rejoindre leurs camarades. Les Français, dont certains ancêtres récents ont une grande expérience en le domaine, doivent en savoir quelque chose.

Ouvrir de ses propres mains la porte aux bandits et leur indiquer le chemin de la chambre à coucher. C'est la devise commune à tous les traitres, où qu'ils se trouvent et d'où qu'il proviennent.

Voyez-vous, nous vivons dans un monde où, submergés d'informations dont la plupart ne vaut rien, cellles-ci passent sans même qu'on ne l'y prête attention. Ainsi, y compris sur ce blogosphère, certains "analystes" parlent des monarchies pétrolières en les qualifiant de pays arabes "modérés". L'expression fut, me semble-il, inventé par les USA et repris par la totalité des pays du "monde libre". En 2012, un pays comme l'Arabie Saoudite se trouve qualifié de "modéré".

La plupart des terroristes qui ont commis les attentats du 11 septembre sont Saoudiens.

L'Arabie Saoudite a financé les Talibans, créé et financé Al Qaeda.

De même, elle a financé les terroristes Tchéchènes.

Ainsi que tous les mouvements jihadistes possibles et imaginables de par le monde.

Elle interdit la construction des églises sur son territoire.

Elle appelle à détruire les églises déjà construites ailleurs sur la péninsule arabique.

On y coupe les mains des voleurs, coupe la tête des adultérins, lapide les femmes adultères jusqu'à ce que mort s'ensuive, etc.

On y interdit même aux femmes de conduire une voiture.

Mais c'est un pays...modéré

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : russie, france, juppé, gowrié, syrie, opposition, collaboration, islamisme, médias

17/03/2012

Entretien avec Fouad et Talal, de retour de Syrie

Fouad (prénom réel) et Talal (nom d'emprunt), citoyens suisses ordinaires d'origine syrienne, viennent de rentrer de Syrie. Le premier y est resté plus de cinq mois de suite, à Alep, et compte y revenir dès le mois prochain, alors que Talal, originaire de Homs, en rentrait après une dizaine de jours passés auprès de la famille et des amis. Le premier est chrétien alors que l'autre est musulman...sunnite.

C'est sous un soleil printanier, autour d'un verre sur une terrasse genevoise, que cet entretien eut lieu.

Je pose la première question aux deux : alors, que se passe-t-il...réellement ?

Fouad : en dehors de quelques points périphériques, assez bien connus même ici, il ne se passe rien. La vie à Alep est normale, les gens sortent, vont aux restaurants, sortent même la nuit. On y vit « presque » normalement. Je dis presque car on ne peut ne pas entendre et discuter de ce qui se passe dans le pays.

Talal : la situation à Homs est un peu plus compliquée. Les autorités, par souci d'épargner le maximum de vies innocentes, a, malheureusement, laissé les insurgés, pour la plupart des bandes armées dont l'activité principale est de kidnapper et rançonner, prendre le contrôle, réel, de certains quartiers de la ville. On y a assisté à des déplacements, sous la menace, de dizaines de familles, alaouites et chrétiennes.

Que pensent réellement les gens ?

Fouad : A Alep, les choses sont simples. La majorité écrasante des gens est totalement hostile à cette soi-disant révolution. Les gens disent que c'est une véritable calamité. De fait, on n'entend que des nouvelles du genre : on a kidnappé une tel et demandé rançon à sa famille. On a découvert à Sarakeb (banlieue assez malfamée) plus de 200 véhicules volés dont les propriétaires ont aussi reçu des demandes de rançon. On a kidnappé le fils des voisins de ma mère et menacé la famille de le lui rendre en plusieurs morceaux si celle-ci ne payait pas 5 millions de livres (CHF. 62'000). On se déplace la plupart du temps en taxi à Alep (note : c'est vrai. La plupart des chauffeurs ne sont pas les propriétaires des véhicules mais sont salariés auprès de ces derniers et viennent majoritairement des régions périphériques de l'agglomération). Je n'ai pas rencontré un seul qui ne m'ait dit avoir ras le bol de ces bandits qui mettent le pays à feu et à sang et veulent le détruire. Certains m'ont raconté avoir crû au début à un vrai mouvement populaire de mécontentement mais ont dû très vite déchanter.

Talal : A Homs, mais aussi, d'après ce que j'entends, ailleurs, les insurgés procèdent toujours de la même manière. Quelques individus, 4 ou 5 au maximum, attaquent à la mitraillette un point de contrôle ou un bâtiment officiel puis ils s'enfuient et se cachent de préférence dans des quartiers très peuplés et notamment les quartiers chrétiens.

Fouad : quelques familles, ayant fui Homas, nous ont dit que des bandes armés marquaient les maisons disant qu'il s'agissait de « butins » et que leurs occupants doivent partir, ou mourir.

Il s'agissait essentiellement de qui ?

Talal : de familles chrétiennes.

Que regardiez-vous essentiellement pendant votre séjour en syrie ?

Fouad . tout. On regarde tout. Comme tu le sais, tout le monde est équipé de paraboles et reçoit les chaînes satellitaires. J'ai moi-même participé à plusieurs émissions en direct sur la BBC Arabe (note . j'ai effectivement entendu Fouad intervenir en direct à au moins deux reprises alors qu'il se trouvait à Alep). Mon activité préféré était que, lorsqu'une télé diffusait « en direct » des manifestations, des affrontements, etc. je courrais, avec quelques amis, voir sur place se qui se passait. Dans 90% des cas, on tombait sur...rien. Je te le jure sur la tête des mes enfants.

Comment as-tu pu intervenir sur la BBC ?

Fouad : J'ai fait comme en Suisse. Je me présentais parfois comme quelqu'un de l'opposition pour qu'ils me permettent d'intervenir. Parfois je disais aussi que je ne suis ni d'un bord ni de l'autre mais que je me souciais de la situation dans le pays et aimerais dès lors donner mon avis et, surtout, un témoignage oculaire.

Talal : on a découvert à Homs, à Baba Amr, des locaux équipés de matériel électronique  et de communication assez sophistiqué. Tout ce qui est nécessaire pour « réaliser » des « sujets » à fournir à ces chaînes. (note : j'en ai envoyé plusieurs à nos médias. Aucun n'a été diffusé. Voici, pour rappel, le dernier, avec la traduction complète)

CNN et Danny fabriquent des massacres à Homs

Comment réagissent les gens à la vue des sujets diffusés sur Al Jazeera, Al Arabiya, BBC, CNN, etc. ?

Fouad : je ne me trouvais pas en Syrie au début des événements en mars 2011. Les gens m'ont dit qu'ils étaient très perturbés lorsqu'ils voyaient les images diffusées sur ces chaînes. Avec le temps, surtout après la démission spectaculaire du journaliste vedette d'Al Jazeera, Ghassan Ben Jeddo, ils ont commencé à réaliser que quelque chose n'allait pas. Certains m'ont raconté avoir eu la même réaction que moi : aller près des endroits montrés sur ces chaînes pour voir. Ils n'y voyaient rien. J'ai des amis de Damas qui, alors qu'ils circulaient à bord de leurs voitures à la place d'Al Abbasiyeen, ont entendu une radio étrangère dire que des manifestations anti régime monstres s'y déroulaient.

Talal : Le pire c'était Homs. On a découvert que les choses se préparaient depuis des mois, voire des années. Homs était préparée pour devenir le centre des opérations militaires. Une véritable petite ville souterraine était creusée et je ne puis m'empêcher de le reprocher aux autorités qui ont laissé faire je ne sais pour quelle raison. Ce n'est pas par hasard si, dès le début, des émirats ont été déclarés par ci par là autour de Homs et tout près des frontières avec le Liban. Les gens ont commencé à réaliser la réalité des choses lorsqu'ils ont vus leurs propres enfants montrés, morts, alors qu'ils étaient vivants.

Fouad : On entendait partout sur ces chaînes dire que l'armée tire sur des manifestants pacifiques. Je ne peux pas exclure que certaines bavures aient été commises mais qui parle des horribles bavures des armées américaines ou anglaises en Irak ? Je ne peux exclure ces bavures mais j'ai eu la certitude que, dans l'écrasante majorité des cas, ce sont ces gangs armés qui semaient la terreur obligeant l'armée, c'est son rôle, à réagir. J'ai souvent posé cette question lors de mes interventions sur BBC : il y a des manifestations à Hassaké (nord-est de la Syrie), à Kameshli, à Rakka et même quelques fois à Alep, pourquoi l'armée ne tire pas et pourquoi n'y a-t-il pas de morts ? Je n'ai jamais eu de réponse.

Que disent les gens en général lorsque vous leur parliez de ce qu'on voit sur les médias ici ?

Fouad : la plupart des gens sont surpris et ne comprennent pas. Ils sont en majorité très en colère notamment après les épisodes de ces soi-disant journalistes entrés clandestinement en Syrie. Alors que, je le sais, ils étaient très majoritairement favorables à une ouverture complète du pays aux journalistes et médias « pour qu'ils viennent constater de leurs propres yeux », ils disent maintenant comprendre parfaitement la position du gouvernement. Ils ont vu des militants dont les sujets ont été écrits à l'avance. C'est aussi ce que j'ai souvent dis lors de mes diverses interventions.

Et qu'elle est le sentiment des gens vis-à-vis des Occidentaux, de la Russie, de la Chine, des autres pays arabes, etc. ?

Talal : Là, les choses sont extrêmement claires. Je dois dire que j'ai constaté une véritable haine chez la plupart des gens que j'ai rencontrés. Curieusement, ou peut-être pas, cette haine est surtout ressentie vis-à-vis de la Turquie et...des pays arabes, surtout ceux du Golfe.

Fouad : Dis-toi bien que ces pays appellent ouvertement à armer les terroristes. Ce n'est pas surprenant. Ils ont armé tous les terroristes (islamistes) de la terre. Là où la surprise des gens était la plus grande, c'est de voir à quel point la haine de ces pays était grande. Même les vrais ennemis de la Syrie n'ont pas été aussi loin. Quelqu'un m'dit : tu vois, ils nous attaquent 24 heures sur 24, ils veulent armer les terroristes, mais on ne les entend même pas pour ce qui est des Ghazzaouis. On ne les a pas entendus dire qu'ils veulent les armer !

Talal : Oui, c'est tout à fait ça. Les gens sont sincèrement très reconnaissants à la Russie et à la Chine. Ils ne le sont pas aveuglément. Ils savent que le soutien de ces deux pays n'est pas entièrement dû à leur amour pour la Syrie mais cela leur importe peu. L'essentiel est le résultat et la non répétition du scénario, en 100 fois pire, à la libyenne. Les gens sont persuadés  que les Occidentaux veulent la destruction du pays et instrumentalisent leurs laquais de la région à cette fin.

Fouad : Ils ne sont pas idiots. Ils voient que la terre entière n'a plus qu'un seul souci, la Syrie et ça les surprend un peu. Tu sais, tout le monde le dit : quel que soit la main mise du « régime » sur le pays et quelle que soit sa force militaire, si, de nos jours, le peuple voulait vraiment la chute d'un régime, n'importe lequel, ce dernier tomberait. Mais la majorité de peuple ne le veut pas, peut-être pas pour le régime en soi, mais parce que les gens, toute confession et toute appartenance confondues, savent que l'arrivée de cette soi-disant opposition au pouvoir est synonyme de chao, guerre civile, morts et désolation. Les indices en sont innombrables. Les gens les plus simples disent : on n'a qu'à voir qui les soutient (les terroristes) pour savoir que ce n'est pas bon. En effet : l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Turquie, les USA, la France, la GB, ça promet. Mais pas l'Irak, alors même que celui-ci est dominé par les Américains. C'est tout dire.

P. S. Cet entretien est authentique et les personnes concernées, réelles, sont prêtes à le confirmer. Notamment à des journalistes « avides » de vérité. Moi, je suis persuadé que cela n'intéresse pas ces derniers, lesquels  préfèrent se rabattre sur les opposants  uniquement (histoire de faire honneur à leur réputation de militants et de simple exécutants d'ordres) même si les histoires de ceux-ci, les opposants, sont fausses et fabriquées, y compris par les journalistes eux-mêmes. Nous attendons en effet toujours la suite de l'enquête concernant les attaques dont furent l'objet certains « opposants » de la part des services secrets syriens ici, à Genève.

Je crois que nous devrions attendre encore très longtemps.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, gowrié, opposition, france, usa, qatar, arabie saoudite, islamisme

13/01/2012

France Info, et certains autres : honte à vous

Il y a de cela quelques mois, l'attaque, probablement montée de toutes pièces, d'un opposant syrien à Genève par des membres des services de renseignements syriens spécialement envoyés pour lui, avait mobilisé la totalité des médias romands, dont les journalistes sont confortablement installés dans leurs bureaux. Mercredi, un journaliste de France 2, envoyé avec l'autorisation des autorités syriennes couvrir les événements à Homs pour le compte de l'émission « Envoyé Spécial » trouvait la mort dans des circonstances tragiques. Ce matin, alors même qu'il s'agit d'un des leurs, seuls quelques uns en parlent, reléguant l'information à la 7ème ou 8ème page. Les confrères du journaliste décédé sont certainement gênés d'admettre la réalité. Dès avant hier déjà, il semblait acquis que le groupe de journalistes a été visé par des tirs de roquettes d'insurgés armés. Ceci n'a pas empêché les journaux, TDG d'hier, entre autres, de titrer : un journaliste tué par une explosion. Cela n'a pas non plus empêché France Info de passer l'information toute la journée en parlant d'obus. Ceci n'a pas d'importance ? Au contraire, toute l'importance est là.

France Info a donc passé toute la journée à parler d'un « journaliste français tué par l'explosion d'un obus alors qu'il couvrait une manifestation à Homs (on ne précise pas qui manifeste) ville qui subit la répression du régime, ont déclaré des activistes pro-démocratie ». Je vous laisse imaginer les conclusions de ceux qui écoutent ça. Pas un mot, bien sûr, sur le rapport d'un témoins "oculaire", un des leurs aussi puisqu'il s'agit d'un journaliste de la...BBC , qui, dès mercredi, parlait de roquettes « sans nul doute » tirées par des insurgés armés.

En soi, cela ne me gêne pas autrement. Un peu plus de discrédit jeté sur ces pratiques journalistiques douteuses. Là où je me sens attristé, c'est qu'au service de la guerre qu'ils mènent consciemment contre la Syrie depuis plus de onze mois, ils sont prêts à marcher sur la dépouille d'un des leurs.

Un peu plus près de chez nous, le portail internet de Swisscom consacrait pratiquement un sujet par jour à la Syrie. Rien sur Gilles Jacquier. Quant à la TSR, la nouvelle fut transmise à la manière de France Info avec, en prime, la phrase du présentateur qui précise que le régime organise une répression féroce. Le but est atteint. Vive le professionalisme et l'hônneteté journalistique.

Il y a de cela onze mois, précisément, même moi pouvais avoir un petit doute. Plus maintenant.

Honte à vous.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : syrie, suisse, gowrié, journaliste, journalisme, tsr, tdg, opposition, terrorisme, islam

11/01/2012

Qatar, Turquie, Tunisie et les autres : plus dure fut la chute

J'avoue ne pas savoir comment commencer ni où me donner la tête. Je voulais écrire un billet sur l'affaire de la BNS, suite à celui que j'ai publié lundi et voilà que le Président Syrien prononce un discours assez important, que l'Emir du Qatar se fait proprement mettre à la porte alors que sa visite, avec une suite imposante, en Mauritanie venait à peine de commencer et qu'en Tunisie, les islamistes « soft » d'Ennahda (grande fierté des gouvernements et, surtout, médias occidentaux) n'ont même pas pu attendre les 12 mois réglementaires pour annoncer, à leur tour après les frères musulmans d'Egypte et les démocrates libyens commandés par un chef d'Al Qaïda, qu'à « long terme », le Califat est le but ultime de la « révolution ».

1.       Commençons avec ceux-là, justement. Il est presque minuit, Arte diffuse un reportage consacré à la Tunisie « d'après Ben Ali ». A un moment donné, un des enfants chéris de nos médias d'ici, le premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, accompagné de deux représentants du Hamas, lance : c'est ici que commence, inchalla, la libération de Jérusalem, c'est d'ici que se déclarera, inchalla, le 6e Califat. On a plutôt l'habitude d'entendre cela dans la bouche de feu Oussama ben Laden. Bien évidemment, ce ne fut qu'une facette de la partie émergée de l'iceberg car, presque au même moment, l'Imam de la Grande Mosquée de Kairouan déclarait « textuellement » qu'Islam et laïcité sont incompatibles.

Il n'y a effectivement que chez nous que des « spécialistes » de la région et de l'islam, ainsi que "l'excellent Juppé" considèrent que cette compatibilité est parfaitement possible.

2.       Pour ce qui est du Qatar, il semble bien que de Nouakchott à Bagdad et Beirut, en passant par Alger, Le Caire et même, peut-être, Riyad, on  commence à en avoir assez. Le Bédouin a déjà mangé son pain blanc.

Voici un joli commentaire d'avant la visite de Hamad, l'Emir, en Mauritanie

http://www.slateafrique.com/80511/mauritanie-visite-de-le...

Et en voici un autre, après.

http://lavoixdesmartyrsdelaplume.over-blog.com/article-ma...

...et un autre

http://lecalame.info/contenu_news.php?id=2610

Ainsi, tous ces dizaines de milliards de dollars n'auraient servi à rien. Bientôt, l'Emir et sa chaîne Al Jazeera, peut-être même quelques succursales de celle-ci ici, apprendront que la Réal Politique prendra le pas, qu'il a eu sa petite heure de gloire, qui aura tout de même duré un an et qu'il devra dorénavant se contenter de dépenser ses milliards dans des loisirs plus « conformes » à son histoire : immeubles, voitures luxueuses, harem, balades sur les bords du Léman, etc. Il est fort à parier que le grand partisan de cet échec soit le Président syrien, je veux dire la résistance de ce dernier, qui commence à porter ses fruits.

3.       Avant de parler du discours du Président syrien, signalons seulement les réactions, étrangement mollassonnes, de l'Ottoman Erdogan et du Gaullois Juppé. Il y a de cela quelques semaines seulement, ils ne tarissaient pas de commentaires quotidiens sur la nécessité, que dis-je, obligation, pour le Président Syrien de quitter le pouvoir...sinon.

Cela semble avoir fait pschitt. Dès lors :

4.       Contrairement à ce que beaucoup de pseudo analystes croient ou prévoient, le dernier discours du Président Assad ne démontre nullement une déconnexion de la réalité mais, tout au contraire, une parfaite connaissance de se qui se passe. Les Syriens savent ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire. Ils savent exactement sur qui compter. La semaine dernière, les « mini » manœuvres militaires, consistant uniquement au lancement de missiles « longue portée », n'étaient destinées qu'à être repérées par les satellites espions américaines. Ces missiles ont atterri dans le désert...iranien.  Assad, malgré des pressions immenses, a promis de frapper les terroristes avec une main de fer. Entre nous, c'est bien le souci principal des Américains, non ? Je me trompe ? Oh, ces derniers disent que les opposants en Syrie sont « pacifiques ». Il y a quelque chose, encore un, que je ne comprends pas : Il y a de cela quelques semaines, le Président syrien a appelé les insurgés à remettre leurs armes aux autorités, tous les insurgés. Quelques minutes après seulement, le département d'état des USA, affaires étrangères, a conseillé à ses opposants de ne pas le faire. Serait-ce un aveu claire que ceux-ci sont armés ?

Pour ce qui de l'Ottoman, il semblerait que les forces de sécurité syriennes aient capturé une bonne quarantaine d'officiers turques sur le territoire syrien, ce qui expliquerait le silence soudain d'Erdogan. Le bédouin qatari semble aussi très en retrait en ce moment. Je mettrai tout cela au conditionnel mais il semblerait que certains, en Syrie, ont en leur possession des enregistrements très compromettants concernant le bouillant premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar. On a par ailleurs déjà entendu un de ces enregistrements circuler sur le net. Dans celui-ci, le premier ministre du bédouin parle de tout, sauf d'éloges, à l'encontre du souverain saoudien. Ambiance.

La Syrie semble être sur le bon chemin pour gagner la partie. C'est tant mieux. Aaprès les mésaventures islamistes et islamisantes de la Tunisie, Libye et Egypte, la Syrie est, comme d'habitude, le dernier rempart contre les fondamentalistes.

Je vous le dis comme je le pense : entre un gouvernement autoritaire quelconque et les salafistes/talibans, je n'hésite pas une seconde.

P. S. Je sors un peu du sujet mais aux nouvelles de ce matin, il semblerait que les Américains veulent se débarrasser de certains de leurs « invités » à Guantamo et cherchent des pays pour les accueillir. La France déclare être favorable pour en accueillir quelques uns. Ceux qui ont été emprisonnés à tort et dont les aveux leur ont été arrachés par la torture. Ah bon ? Les Américains pratiquent la torture ? Et le fameux rapport annuel sur l'état des droits de l'homme dans le monde, est-ce le Saint Esprit qui le publie ?

 

12:11 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, suisse, tsr, média, médias, qatar, france, juppé, erdogan, usa, opposition, printemps arabe, assad

13/12/2011

On aimerait bien une bonne guerre civile, mais comment y arriver ?

Voici la question que les exterminateurs des indiens d'Amérique et les tueurs de plus d'un million d'Algériens se posent. Ils ne savent plus où se donner la tête, ni par quel bout prendre le « régime » syrien. Rien n'y fait. Ils résistent, ces maudits Syriens. Cela fait même des années que ça dure, y en a marre.

Les loyalistes, que j'appelle ainsi par opposition aux traitres et aux collaborateurs, ont, dès le début des troubles, inventé une expression que je trouve délicieuse : « la Syrie, c'est Dieu qui la protège ».

Je n'en ai plus le moindre doute : c'est vrai.

En 2003, les tueurs de plus d'un million et demi de Vietnamiens auraient bien voulu continuer l'aventure irakienne en Syrie. Il leur a manqué un peu de temps. La Syrie fut sauvée une première fois au prix, malheureusement, de plus d'un demi million de morts irakiens innocents. Il y eut ensuite plusieurs tentatives, la dernière étant celle de la Libye qui, malheureusement pour les libyens aussi, se solda par le deuxième sauvetage de la Syrie.

Je fais une petite parenthèse, histoire de ne pas perdre le fil de mes idées. Les défenseurs de la « démocratie » et de la « liberté », épaulés par des ONG sans reproche et par des remplisseurs de colonnes de journaux qui ne savent plus reconnaître la dignité d'un homme, encore moins la leur, prétendent, depuis longtemps déjà, que le Président Assad a perdu sa légitimité. Ah bon ? C'est décidé où, comment et par qui ? A la place, ils sortent de leurs chapeaux un clown, dont personne ne connaissait même l'existence, un certain Ghalioun, président d'un Conseil National encore plus clownesque et décrètent que ce cirque EST le représentant légitime du « peuple » syrien.

Revenons à « l'impuissance » des puissances occidentales. Leur pari initial, une chute rapide du régime, ayant été perdu, ils se sont rabattu sur une succession d'inventions pitoyables :

-          pauvres manifestants « pacifiques », payés et un peu armés, tout de même. Résultats peu probants, on passe aux :

-          Blindés, chars, qui tirent sur les manifestants « pacifiques ». Problème, les trous, béants, causés par les obus sont imaginaires et les fumées des explosions sont causés par des pneus brûlés par les « révolutionnaires ».

-          Viennent alors les colonnes de réfugiés syriens fuyant la « répression ». Problème : aucune image, aucune, ne nous parvient de ces camps pleins de milliers de réfugiés, en dehors, bien entendu, de celles d'Angelina Jolie visitant des réfugiés que l'on ne voit pas.

-          On passe ensuite à l'étape des défections dans l'armée. Financée à coup de millions de dollars, l'armée fantoche ne compte guère plus que quelques centaines d'éléments faisant plutôt penser à une association de malfaiteurs.

-          Cela ne fonctionne pas non plus. Que faire ?

Une bonne guerre civile, dont on commence déjà à faire la...publicité.

Autant le dire tout de suite : cela ne marchera pas non plus. Les Yankees, qu'ils le veuillent ou non, vont devoir y aller eux-mêmes. A la bonheur.

Comme le présente le Dr. Amin Hoteit, expert en stratégie militaire, pour qu'une guerre civile ait lieu, il faut réunir trois conditions :

1.       Un pouvoir faible et incohérent. On voit ce qu'il en est

2.       Un peuple divisé et des peurs réciproques en son sein. Non seulement c'est loin d'être le cas, mais au-delà du triangle Deraa, Homs, Idleb, où le pouvoir syrien a réussi à isoler les insurgés et les terroristes, il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose ailleurs.

3.       Le facteur externe, on passera rapidement là-dessus. Des puissances étrangères empêchent le dialogue entre les parties et fournissent  armes, argent et médiatisation à certains, créant un climat favorable à l'émergence de haines réciproques.

On voit bien qu'on dehors de ce troisième facteur, les deux autres sont totalement insignifiants. Et si les Français nient le fait qu'ils financent et entrainent militairement les insurgés, sur les terres turques, c'est simplement pour éviter la défaite en cas d'échec. Techniquement parlant, la Syrie dispose d'unités d'intervention rapide très entrainées et extrêmement mobiles capables de briser toute tentative visant à allumer l'étincelle conduisant à une guerre civile. C'est tant mieux.

Je reviens aux Yankees. Je lis, dans la TDG électronique d'hier, que les USA quittent l'Irak la tête haute : Ha...ha...ha. Non, qu'ils le veuillent ou non, ils quittent l'Irak la queue entre les jambes, comme ils quitteront l'Afghanistan bientôt et comme ils quittèrent le Vietnam avant.

Quant aux soldats qui quittent l'Irak maintenant, vous croyez qu'ils partent chez les bédouins du Golfe ? Non, quelques unités se sont secrètement dirigées vers la...Jordanie. La Jordanie ? C'est tout près de...Deraa, non ?

Leurs tentatives s'étant toutes soldées par des échecs, il ne leur reste que la dernière.

L'Histoire est faite pour nous donner des leçons. Ils n'apprendront jamais, ou peut-être si, à leur dépens. C'est tout le mal que je leur souhaite.

 

06/12/2011

Printemps arabe : la grande victoire de la démocratie

Bravo...et félicitations. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit.

Ainsi, tout le monde, les grands professionnels des médias en tête, ont applaudi à tout rompre l'avènement de la démocratie et de la liberté dans les pays « arabes ». Ils étaient « sûrs », absolument « sûrs », 100% « sûrs », 1000% « sûrs » que la conscience « révolutionnaire » des « peuples » saura barrer la route aux velléités islamisantes des salafistes et autres frères musulmans.

C'est fait.

Leurs ardeurs furent d'abord un peu refroidies par les résultats des « élections » en Tunisie. Indécrottables, ils inventent une nouvelle expression : islamistes « modérés ». Malheureusement pour eux, leurs islamistes modérés viennent de déclarer vouloir séparer les étudiants des étudiantes à l'université. Tant qu'à faire, ils rendent aussi possible (pour l'instant, car ce sera bientôt obligatoire) le port du Niquab intégral.

Ils reçoivent une deuxième gifle lors de la première sortie du président du CNT, au lendemain de la « libération » de la Libye par ses maîtres. Celui-ci n'a rien trouvé de plus important, pour l'avenir de son pays qui vient de sortir de 40 années de persécution khaddafienne, que de déclarer que la Charia sera la loi du pays et que la polygamie, soi-disant interdite sous Khaddafi, sera remise à l'ordre du jour.

Décidément, les choses allaient crescendo.

Allez, courage, tout espoir n'est pas encore perdu. Vive l'Egypte et sa démocratie retrouvée. Les premiers résultats viennent de tomber : les islamistes obtiendraient plus de...65% des voix. Mais dans ce cas, on touche carrément au sublime. On a même trouvé pire que les frères musulmans, devenus extrêmement modérés aux yeux des professionnels d'ici : les salafistes récolteraient entre 20 et 30% des suffrages. Et voilà la TDG, dans sa version électronique, qui titre : L'Egypte, nouvel Afghanistan ?

TDG du 3 décembre. L'Egypte : le nouvel Afghanistan ?

Une conscience soudainement retrouvée ?La nouvelle famille présidentielle en Egypte.JPG

Après la victoire écrasante des salafistes en Egypte, les spécialistes se sont trouvé une nouvelle expression : victoire "surprise". Vraiment ? Je le dis en toute modestie : non, ce n'est en aucun cas une surprise. Je l'ai, quant à moi, annoncé dès le premier jour. Il y a de cela quelques semaines, le responsable des blogs, M. J.F. Mabut, écrivait, dans son introduction : Jean-Souhel Gowrié voit les islamistes derrière les mouvements du printemps arabe, vraiment ? Et bien, oui, Cher Monsieur Mabut, oui, vraiment.

Où peut-on trouver des islamistes « modérés » amoureux, comme nos chers spécialistes de la « région », de la démocratie et de la liberté ?

Et si on essayait en Syrie ?

J'ai, à propos de la Syrie, une petite question, ce n'est pas la première fois que je la pose mais personne, spécialiste ou pas, ne m'a encore répondu : il «  semblerait », selon les agences diverses et variées appartenant à cette institution totalement indépendante qu'est l'ONU, que le nombre de victimes (remarquez bien que, désormais, on généralise et on ne parle plus de victimes « civiles ») ait atteint 4'000. Pour autant que je m'en souvienne, l'OTAN, et ses traitres locaux, ont détruit la Libye pour moins de cela ! Alors, on n'installe plus la démocratie et la liberté par la force ? Ah, pardon, j'ai oublié. On a peut-être...peur ? Mais alors, les principes, la démocratie et la liberté, ne méritent-ils pas quelques sacrifices ? Et puis BHL, il ne parle plus à Sarkosy ? Sarkosy lui-même et ce cher guignol de Juppé, on ne les entends plus ! Leur Maître de Washington non plus ? Ils ont, semble-il, confié la tâche aux bédouins qui, silencieux à en rompre les tympans pendant plus de cinquante ans sur ce qu'ils considèrent eux-mêmes comme l'infamie suprême, l'Etat d'Israël, se réveillent comme un seul homme et menacent, sanctionnent...

Oh, une toute dernière chose avant la suite de demain : la Syrie vient d'envoyer tout le monde se balader. Elle vient aussi de suspendre le traité de libre échange avec la Turquie et...de recevoir quelques missiles longue portée capables de faire très mal. Au cas où certains voudraient malgré tout installer la démocratie par la force.

Une petite réunion autour d'une table, sans menaces, sans sanctions (qui ne serviront à strictement rien car personne ne les appliquera), ne voudrait-elle pas mieux ?

Quelqu'un croit-il encore qu'on peut s'adresser aux Syriens en disant : vous ferez ça, sinon ?

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, suisse, opposition, gowrié, média, médias, tsr, tdg, démocratie, liberté, turquie, france, usa

28/11/2011

Syrie : encore un petit effort

Ils ont de la peine à le dire franchement, alors ils le distillent à coup de petites annonces par ci par là et du bout des lèvres.

Eux, c'est qui ? Vous ne l'avez pas encore deviné ? Mais alors ? Les grands démocrates et leurs succursales médiatiques, gardiens et commerçants de libertés diverses et variées, de droits de l'homme et de l'épanouissement des peuples dans un monde « libéré » de ses geôliers dictateurs.

Je vous la fais courte : depuis quelques jours, on ne parle plus tellement de liberté, de démocratie et de manifestations « pacifiques » en Syrie. On parle carrément de plans pour « armer » l'insurrection. Je le dis en toute modestie : ils vous le font découvrir maintenant, je l'ai, quant à moi, annoncé dès le premier jour.

Ils se sont trompés depuis le début, ils se trompent encore aujourd'hui et se tromperont demain aussi.

Un article publié dans la TDG du 25.11.2011 le dit bien : il n'est point question de manifestations pacifiques, de démocratie ou de liberté, mais d'armer ce qu'ils appellent la « rébellion » syrienne. Cela commence à me convenir parfaitement.

Article de la TDG du 25.11.2011.pdf

Les plans et scénarios, je le précise encore une fois, en rien spontanés mais planifiés dans les moindres détails dès le premier jour, et même bien avant, ayant échoué les uns après les autres, il fallait bien essayer autre chose. Comme il ne restait précisément plus grand-chose à essayer, ils, les démocrates et les gardiens des libertés mondiales, ne pouvaient plus faire autrement que de sortir leurs vrais plans, petit à petit, au grand jour. Comme ils n'osent, et n'oseront jamais, refaire le coup de la Libye (car ils savent très bien qu'ils s'en mordront les doigts), ils poussent vers la solution ultime : la guerre civile et ils y prennent ouvertement parti.

Je le répéterais jusqu'à saturation : la démocratie et la liberté n'y sont pour rien. C'est la même vieille histoire colonialiste habituelle qui se répète.

On a aussi appris, il y a de cela quelques jours et l'article de la TDG semble le confirmer, que des bâtiments de guerre russes se sont dirigés et stationnent désormais dans le port de Tartous. J'en ai déjà parlé la semaine passé mais je ne pouvais le confirmer, Syrie : la nouvelle offensive, voilà qui est fait. Je ne me mettrais bien évidemment pas à répéter les analyses et interprétations des uns et des autres. Je dirais simplement que l'époque maudite de Eltsine est révolue, Dieu merci. Elle est révolue l'époque où LE navire de guerre envoyé par la Russie post gorbatchévienne pour soutenir la Serbie tombe en panne au milieu de la route. Non, ce n'est un avertissement ni pour les Ottomans, ni pour les croisés. C'est peut-être un retour franc vers la guerre froide, voire tiède. Vive la guerre froide, si c'est vraiment le cas.

Dans une guerre, une vraie, il y a des gagnants et des perdants. Brennus disait : malheur aux vaincus. Dans cette guerre qui s'annonce, une guerre déclarée, planifiée, dirigée par les puissances occidentales et financée par leurs banquiers bédouins, il y aura forcément des vainqueurs et des vaincus. Les vainqueurs, aux bookmakers du malheur et de la bêtise de les deviner, ne passeront jamais l'éponge.

Surtout, la France, en reconaissant et en appelant à reconnaître cet assemblée de traîtres collaborateurs qui n'ont ni pays ni territoire, a virtuellement, mais officiellement, déclaré la guerre à la Syrie. Ne pouvant me résoudre à m'en prendre à ce pays, que j'aime profondément et où j'ai des amis, c'est de l'Etat que je parlerai. Cet Etat est en guerre contre la Syrie. Il est dès lors un ennemi qu'il faut combattre, et vaincre, par tous les moyens.

Pour mémoire, ceux qui courent maintenant pour reconnaître toutes les assemblées possibles et imaginables qui, par ailleurs, n'ont ni territoire ni qui représenter, refusent depuis plus de soixante ans de reconnaître l'existance même d'un peuple légalement représenté, ayant un territoire reconnu. Je laisse aux amoureux fous de la démocratie et de la liberté le soin d'imaginer de qui il s'agit. Alors, Mesdames et Messieurs les représentants de nos médias "libres, bien sûr", encore une comparaison malheureuse de ma part ?

Au fait, quelqu'un a des nouvelles du mandat d'arrêt international à l'encontre du Président soudanais, accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide ?

Au fait (bis), quelqu'un a des nouvelles de cette malheureuse journaliste de FR3 au Caire et des dizaines de milliers de femmes qui ont disparu des manifestations "pour la démocratie et la liberté" en Egypte ?

 

07:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, suisse, gowrié, médias, tdg, journalistes, tsr, opposition, armée, rébellion, turquie

21/11/2011

Syrie : la nouvelle offensive

Une nouvelle offensive, essentiellement médiatique, a commencé hier. Celle-ci, comme toutes celles qui l'ont précédée, a été pensée à Washington, est financée par le Qatar et sera exécutée par les médias du monde « libre », lequel a décidé d'être gouverné par Goldman Sachs.

Permettez-moi de faire un petit détour avant de revenir au sujet central de ce billet. Il y a de cela quelques semaines, les journaux de toute la Romandie n'avaient pour seul souci que les malheurs d'un certain opposant, qui s'est trouvé poursuivi par les services secrets syriens et dont la voiture a été sabotée par ceux-ci. Un petit rappel : un journaliste du Matin a même réussi à photographier l'agent secret en question. Il paraît même que cet opposant ait déposé une plainte. D'autres journalistes, a qui je reprochais d'écrire tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi, sans la moindre vérification et en fabriquant même les événements, certains me répondirent disant que l'essentiel du métier du journaliste consiste à « investiguer », vérifier et relater. Je les crois sur parole et c'est pour cela que je leur demande : où en est cette histoire ? Vous ne vous sentez plus envahis par cette envie dévorante d'investiguer et de suivre le résultats de vos « enquêtes » si professionnelles et si « neutres » ?

La presse romande touche le fond

Revenons à notre sujet du jour.

Voici les détails du plan.

1.       Brouiller, voire couper, la réception des médias audiovisuels syriens. Je rappelle à ce sujet que cela a déjà commencé. En effet, les démocrates d'ici ont déjà réduit au silence la chaîne Al Dounia. Celle-ci se contentait de « rediffuser » les images d'Al Jazeera, France 24, Reuters et autres en montrant la manière dont elles éraient « fabriquées ».

2.       Saboter les réseaux de communications et diffuser des informations disant que l'institution militaire syrienne est tombée.

3.       Diffuser des images « filmées au Qatar » montrant des soi-disant défections en masse dans l'armée syrienne. Ceci a par ailleurs été déjà confirmé par certains observateurs.

4.       Les pays du Golfe, cherchez l'erreur, demanderont une intervention militaire étrangère. C'est probablement la Turquie qui s'en chargera. Je l'avais déjà prédit et les événements de ces derniers jours viennent le confirmer.

ONU dehors, bonjour l'OTAN

La Tuquie, ange du Moyen-Orientl

Voici aussi un lien qu'un de mes lecteurs vient de m'envoyer :

http://www.wikistrike.com/article-la-syrie-deploie-son-ar...

Ainsi, tout ce que nous avions prévu et avancé, depuis le début des événements, se révèle être juste et vérifié par les faits.

Ainsi, tout ce que les médias on écrit et relaté, depuis le début des événements, se révèle faux et démenti par les événements.

Pour les « prévisionnistes » libres et démocrates, aveugles au point de ne pas voir ce qui se passe en Tunisie et en Libye, j'offre une perle, en provenance de l'Egypte.

On y voit une journaliste d'une télévision égyptienne, interviewant un barbu démocrate, refusant de parler directement à la journaliste et exigeant une voile entre elle et lui.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Enfin, il semblerait que des bâtiments de guerre russes aient atteint les rives orientales de la Méditerranée, face à Lattaquié. Message parfaitement claire à Obama, le nabot français et le lanceur de missiles turque ? Je le crois.

 

08/11/2011

Syrie : et maintenant

Les Etats-Unis viennent, par la voix de la porte parole du ministère des affaires étrangères, de demander, pardon conseiller, aux insurgés syriens de « ne pas » livrer leurs armes aux autorités. Lesquelles autorités avaient promis l'amnistie à tous ceux qui le feraient.

La Croix : les Etats-Unis conseillent les insurgés de pas livrer leurs armes

Le Point : les Etats-Unis conseillent les insurgés de pas livrer leurs armes.

On peut bien évidemment émettre des doutes quant à la sincérité des autorités, mais la question n'est pas là. Il se trouve que le mensonge n'a que trop duré et que même ceux qui  l'ont fabriqué ne croient plus à leur propre mensonge. Il reste Al Jazeera et ses succursales ici pour nous montrer des images en boucle sur des manifestations par ci par là demandant la chute du régime. C'est proprement pathétique, oui : pathétique.

Ainsi, les Etats-Unis reconnaissent ouvertement que les manifestants, certains d'entre eux en tout cas, ne sont pas pacifiques. C'est ce que nous avions annoncé depuis le début et c'est ce que les médias ont essayé de nous cacher aussi depuis le début. Ils reconnaissent également, ouvertement, qu'ils sont derrière ce mouvement et que les ficelles de celui-ci se trouve entre leurs mains.

Alors, révolte pacifique ? Non, simple lutte pour le pouvoir, à l'image de ce qui s'est passé en Tunisie, Egypte et Libye et avec les mêmes espoirs. Il se trouve seulement que la Syrie n'est ni la Tunisie, ni l'Egypte et encore moins la Libye. Mieux : elle ne doit rien à personne.

De quoi s'agit-il exactement ? Dans la suite de ce que certains commencent à appeler maintenant l'hiver islamiste, des bandes organisées et financées principalement par les Etats-Unis et les monarchies du Golfe, commencent à semer le chao dans différentes villes du pays. Tout le monde croyait que l'affaire serait pliée en quelques semaines. C'est précisément là où tout le monde s'est trompé. La raison essentielle étant une méconnaissance totale des spécificités syriennes :

1.       Quoi qu'on  en dise, le mouvement n'est pas du tout populaire. Il a dès le début été voué à être violente.

2.       Le mouvement, vieux de plus de sept mois maintenant, n'a jamais pu prendre dans les plus grandes villes du pays, ce malgré les tentatives de l'ambassadeur américain à Damas.

3.       L'armée, élément que tout le monde semble avoir oublié. Après l'échec de toutes les autres tentatives, j'insiste : pilotées par l'extérieur, on a essayé de nous vendre la thèse des défections, que certains ont même qualifiées de « massives » dans l'armée. Il n'en est en fait rien. Selon les estimations les plus pessimistes, ou optimistes (cela dépend de notre positionnement) il s'agirait tout au plus de quelques dizaines d'éléments totalement insignifiants. Comme il est est drôle par ailleurs de constater que personne ne parle plus de ces soi-disant défections depuis quelques semaines. C'est la même chose pour tout le reste ; une petite invention, cela ne prend pas, alors on passe à autre chose.

4.       Dans le même registre, cela semble aussi avoir été oublié par tout le monde, pas une seule défection dans les rangs des fonctionnaires internationaux. Ceci est valable même s'agissant des fonctionnaires de rangs subalternes.

5.       La mosaïque ethnico-religieuse de la Syrie ne ressemble en rien à « l'homogénéité » islamisante des autres exemples. Ceci se traduit pas une véritable aversion et une résistance authentique quant à l'éventualité d'une telle emprise.

Que reste-il dès lors aux Américains et leurs laquais pour sauver la face ? Une intervention militaire ouverte et franche, sans mensonges et justifications stupides en invoquant des droits de l'homme dont tout le monde se fiche éperdument,  peut-être par le truchement de quelques alliés «  locaux », Turquie en tête. Cette éventualité n'est pas à écarter. Nous pouvons seulement garantir le désastre qui suivra, y compris et surtout pour ceux qui tenteront le coup. La Syrie a d'innombrables cartes à jouer. Car, disons-le ouvertement, ses autorités n'ont pas passé les 40 dernières années à jouer...aux cartes.

 

20/10/2011

Opposition syriene : violence et mensonges (2)

Non, Chers Amis, je ne censure rien, je l'ai toujours affirmé. C'est plutôt le contraire qui est vrai. Et puisque vous semblez lire mes billets, voici ce que j'ai à vous dire (sans noms d'oiseaux, sans menaces, sans mensonges et sans histoires trafiquées, ce qui semble être votre pain quotidien).

Pour commencer, votre représentant m'affuble du qualificatif « porte-vomi ». Il continue ensuite « sa démonstration » par la relation d'un pêle-mêle d'histoires fausses et d'affirmations, malheureusement pour lui, totalement infondées. Si, moi, je peux prouver ce que j'avance, lui pas. Mieux, je peux prouver le contraire de ce qu'il relate.

Commençons par le commencement. Capture 1.PNG

1.    Dans ce qu'il appelle « sa première rencontre » avec ma personne, il affirme m'avoir entendu dire que je suis interdit de territoire syrien. C'est aussi ce qu'il est allé raconter à des journalistes qui, échaudés par la masse de mensonges qu'ils ont entendus jusqu'à maintenant, ont préféré me poser la question. Je vous informe que ces journalistes ont mon passeport, portant les tampons d'entrées et sorties de ce même territoire. C'est régulier et annuel. Je n'ai pas déserté. L'exactitude ne semble pas être sa qualité première. On ne déserte que si l'on est déjà dans l'armée, Cher Monsieur. Je n'ai, quant à moi, pas fait mon service du tout. C'est simplement pour cela que je dois obtenir un visa et une autorisation, comme « presque » n'importe quel étranger. Donc, mensonge grossier. Je vous invite par ailleurs à visionner effectivement l'émission Infrarouge qu'il a lui-même postée sur sa page Facebook et bien écouter "tout" ce qui s'est dit.

2.    Ce qu'il dit concernant sa « seconde rencontre » me convient en revanche très bien. Je ne vais pas m'attarder sur la manière dont il qualifie les deux intervenants, cela ne concerne que lui. Ce qui m'intéresse est son affirmation d'y être allé en tant que « musulman ». C'est exactement, je l'en remercie sincèrement, ce que j'ai moi-même dit dans mon billet consacré à ce débat. Il se définit comme musulman avant tout le reste et, peut-être aussi, à l'exclusion de tout le reste. Comme vous pouvez le constater, il n'ont même pas besoin de moi pour se découvrir. "Votre nature profonde", Cher Monsieur, c'était ma seule remarque lors de cette deuxième rencontre (contrairement à votre intervention fleuve).

Il se demande ensuite : et lui ? (parlant des raisons de ma présence). Et bien, Cher Monsieur, j'y suis, moi, allé en tant que citoyen, avant tout. Citoyen en possession sa totale liberté d'écouter qui il veut là où il veut. Je ne suis, moi, Cher Monsieur, toujours pas membre d'aucun mouvement politique et ne cherche pas à me faire connaître par tous les moyens dans l'hypothétique espoir d'une élection quelconque. Mes liens supposés avec Dupont et Durand sont des mensonges qu'il vous reste à prouver.

3.    Pour ce qui est du Sbire (c'est comme cela qu'on doit l'écrire) mangeant dans la « gamelle » du régime, avec un cou lacéré...etc., Mon Dieu. Comme vous pouvez le constater, la rage n'est pas ma qualité première. Je n'ai jamais utilisé de tels termes, abstenez-vous, en homme civilisé, que vous prétendez être, d'en user. Je mange, Cher Monsieur, le fruit de mon travail quotidien (c'est ce que j'ai par ailleurs démontré à la journaliste à qui vous avez raconté vos histoires). Je ne reçois, moi, rien de personne et je peux, moi, le prouver. C'est précisément pour cela que je suis libre. Votre Conseil Nationale, financé à hauteur de 98 millions par leurs maîtres (les vôtres ?) ne sont et ne seront jamais libres. Vos habits, ainsi que tout le reste de votre allure, sont bien visibles partout et je n'ai vraiment pas besoin de vous "tracer" pour le savoir. Comment peut-on être ridicule à ce point ? Je vais même vous avouer quelque chose : j'ai sincèrement crû un moment que vous êtes intelligent, mais là...

Je ne suis, moi, pas violent. Je ne fais que reprendre ce que vous écrivez ou dites vous-même. Je ne fais que relater la violence qui suinte de vos propres affirmations. De l'aveu même de ceux, de votre mouvement, qui nous ont attaqués samedi dernier après le départ des journalistes. Vous manifestez régulièrement sans que personne ne vienne perturber votre affaire car c'est précisément la vôtre. C'est cela ma définition de la démocratie et la liberté que vous semblez tellement chérir mais qui vous sont tellement étrangères. La violence, inouïe, dans votre page Facebook à mon égard est on ne peu plus révélatrice de votre personnalité profonde, que vous essayiez de cacher jusqu'à présent car on n'entendait que vous. C'est cela même, en effet, qui semble vous être insupportable : que l'on puisse entendre d'autres voix que la vôtre. Et voulez-vous que je vous dise : tout cela n'est pas de très bon augure pour l'avenir que vous semblez souhaiter pour votre pays. Avez-vous par ailleurs un pays ?

Je vais vous le dire sans la moindre ambiguïté : ce que vous appelez régime syrien n'est, pour moi, pas une fin en soi. C'est même très exactement ce que j'ai dit à la journaliste lors de ce que vous appelez notre « première rencontre ». Je l'ai même fait à deux reprises, en affirmant que M. Assad n'est pas mon président et en disant, quelques minutes après, que l'important n'est pas qu'il reste ou pas mais que ce soit la Syrie qui reste. Vos affirmations se trouvent, encore une fois, totalement contredites par les faits. C'est malheureux pour vous, mais c'est comme ça.

Ne m'aimez pas, c'est votre droit le plus absolu, mais élevez-vous à la hauteur des qualités que vous prétendez avoir. Je crains malheureusement que ce ne vous soit difficile.

Vous nous préparez la Syrie irakienne, je n'en veux pas.

P.S. A une de vos participantes qui écrit ne pas vouloir le bombardement de la Syrie mais « simplement » l'exclusion aérienne, je dis : je ne vois pas d'avions de chasse qui bombardent des manifestants prétendument pacifiques et...la destruction de la Libye a, elle aussi, commencé par une « petite » exclusion aérienne. Voici aussi l'aveu d'un autre participant (avec sa traduction, que vous pouvez contster si vous le pouvez) de l'attaque physique sur notre manifestation. Capture.PNG

Traduction : Samedi dernier.docx

 

12/10/2011

Le printemps arabe : un hiver gelé

Les gauchistes, alliés des colonialistes, ont applaudi bruyamment les mouvements, que certains qualifient de populaires, de quelques pays arabes en soulignant le caractère pacifique et  démocratique et l'aspiration à la liberté.

Ne voyant, comme d'habitude, pas plus loin que le bout de leur nez, pour les premiers, et avec des visés bien claires pour les seconds, voilà où nous en sommes maintenant. Nous l'avions, quant à nous, prévu dès le premier jour.

Selon les sources, il y aurait entre 24 et 35 morts, chrétiens coptes, en Egypte. Les faites sont les suivants : des chrétiens s'occupant de la réfection de leur église, se font attaquer gratuitement par les islamistes qui en tuent et blessent quelques uns. L'armée et les forces de sécurité arrivent plus tard et trouvent les chrétiens coptes en train de manifester pacifiquement protestant contre les exactions dont ils font l'objet. Ils tirent immédiatement à balles réelles et tuent plus d'une vingtaine de chrétiens coptes. Cela ne suffisant pas, ils attachent quelques uns à des véhicules blindés et les trainent par terre jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Nous étions quelques uns à prévoir ce qui se passe aujourd'hui, y compris en Tunisie. Les faits nous donnent raison. Ils étaient beaucoup plus nombreux, des gauchistes comme d'habitude, à applaudir l'avènement de la démocratie et la liberté.

Vive la démocratie et la liberté.

Voici quelques exemples de rayons printaniers

 

http://www.bluewin.ch/fr/index.php/139,472676/Egypte__vive_émotion_aux_funérailles_des_manifestants_coptes_tués/fr/news/international/sda/

 

http://www.youtube.com/watch?v=bK0qagS3dws

 

http://www.youtube.com/watch?v=rkWckV4xZXs

Demain, vous en découvrirez de sublimes sur le journalisme et les journalistes

 

30/09/2011

Le Temps...et tous les autres

Il y a de cela quelques semaines, Le Temps publiait un article d'une demie page de journal, rien de moins que cela, sur un « exilé » syrien qui vient de se découvrir une âme d'opposant, encore un. Je vous laisse découvrir l'article ci-après. Article que Monsieur Stéphane Bussard.pdf

Scandalisé, car j'en connais de belles sur le personnage, j'envoie plusieurs courriels à l'auteur, qui semble avoir des comptes personnels à régler avec les autorités syriennes, un certain Bussard. Sans résultat. Ce mutisme peut s'interpréter de deux manières :

1.       L'impolitesse, car on pouvait au minimum s'attendre à ce que ce journaliste « professionnel » accuse réception des messages.

2.       La gêne, à la découverte de son incompétence.

Son silence me poussa à écrire une lettre recommandée à sa supérieure hiérarchique, Madame Angélique Mounier-Kuhn, afin de lui faire part de mes observations quant à l'article de son collaborateur. Il s'agissait en l'occurrence de prendre les points soulevés par M. Bussard et les analyser un à un. Voici, précisément, cette lettre. Lettre au Temps concernant l'article de Bussard.pdf Un seul passage est noirci car il s'agit d'éléments très personnels relatifs au personnage et nous attendons les déterminations des autorités compétentes là-dessus. On est tout de même frappé de voir la légèreté, à moins que ce ne soit une totale incompétence, avec laquelle ce journaliste traite le sujet. Il est certain de s'adresser à des imbéciles qui n'y verront que du feu.

Il se trouve que la supérieure hiérarchique n'a pas répondu non plus. Décidément, ça déteint.

Le hasard faisant bien, ou mal, les choses, un collègue à M. Bussard, Boris Mabillard, vient d'écrire un article sur l'opposition syrienne qui  « envisagerait » de passer à la résistance armée. Article de Boris Mabillard.docx C'est curieux. On dirait que toute la rédaction de ce journal est atteinte du même mal. Car, pour peu que l'on maîtrise notre langue, ce titre signifierait que ceci n'est pas encore le cas. Dans le texte, cet « autre » journaliste admet (on sent qu'il le fait à contrecœur) que les manifestants « pacifiques » auraient déjà tué plus de 700 membres des forces de l'ordre.

Résumons : ce journaliste nous parle d'une résistance « pensant » à passer aux armes mais ayant déjà tué plus de 700 soldats. Les voies du Seigneur sont peut-être impénétrables mais celles de l'imbécilité le sont encore plus.

 

09/09/2011

TSR, RSR...et les autres

Il y de cela quelque semaines, j'ai publié un article à ce sujet. Le voici :

Vannay, Hama.docx

Voici les commentaires d'autres observateurs qui étaitent à Hama en même temps, c'est édifiant.

Mère Agnès.docx

Mais aussi, les commentaire de M. Piccinin, professeur d'histoire et de sciences politiques. On peut dire ce que l'on veut de leurs témoignages, ils valent au moins celui de M. VANNAY (pour autant que ce dernier ce soit vraiment rendu là-bas et nous attendons toujours les preuves).

http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/article...

De ce fait, on aurait pu s'attendre, au pire des cas, à ce que les médias en parlent au moins autant.

Il n'en était rien, et pour cause, cela n'est pas dans leur cahier des charges. Ce dernier leur ordonne la publication unique et systématique des méfaits du régime syrien.

Enfin, hier, 8 septembre 2011 à 19h30, la TSR diffusait un énième sujet sur la violence de ce même régime. Sans, moi, charcher en aucune manière à dédouaner quiconque, je crois indispensable que le lecteur puisse se faire sa propre idée et en toute connaissance de cause. Ceci n'est possible que lorsque l'information est complète et neutre.

L'information des médias n'est ni complète, ni neutre. A l'autocensure s'ajoute la censure tout court.

Dès lors, voici des images, il est vrai, très dures, au moins tout autant que celles diffusées par la TSR. Elles se passent à Hama, fin juillet. Tiens, au moment que les manifestations "pacifiques" de M. Vannay. N'ouvrez pas le lien si vous ne le souhaitez pas.

http://www.infosyrie.fr/actualite/les-opposants-pacifique...

En voici la traduction

Traduction Assi Hama 31 juillet 2011.docx

Ces documents, ainsi que de nombreux autres, sont entre les mains de la TSR, RSR, ainsi que tous les autres médias, y compris la presse écrite.