07/05/2012

La France a un nouveau Président. Et alors ?

Un non événement, comme tant d'autres dans ce monde politico-médiatique, vient d'avoir lieu : l'élection de M. Hollande au poste de Président de la République Française.

Pourquoi un non événement ? Pour la simple raison que, depuis 1974, c'est le cinquième Président à prendre les commandes de ce pays, je vous demande simplement de me dire ce qui a changé depuis ! Qu'a fait Mitterrand que d'Estaing n'avait pas réussi avant lui ? Quel changement fondamental a apporté Chirac au destin de la France ? Nul besoin de reposer la même question concernant Sarkozy, tout le monde sait ce que j'en pense.

Je pousse des portes ouvertes ? Peut-être. Mais alors, ce tapage incessant, y compris chez nous, du matin au soir, dans la totalité de nos médias...c'est pourquoi ?

Alors, plutôt que de se joindre au troupeau, livrons-nous à un petit jeu de pronostics.

Personnellement, malgré tout ce que je viens de dire, je trouve qu'il y a tout de même du bon dans la défaite, sorti par la petite porte, de Sarkozy : on ne verra, ni entendra plus le sinistre Juppé qui, dit-on, était pressenti pour le poste de premier ministre. Où ira-il ? Déguster du vin à la Mairie de Bordeaux, à moins qu'il ne prenne des vacances prolongées chez son ami/bailleur Hariri ou chez ses maîtres, je vous laisse deviner. Il y a un indice : il y a de cela pas très longtemps, ils se déplaçaient à dos de dromadaires.

Est-ce que l'élection de Hollande y changerait quelque chose ? Un statisticien répondra en étalant le graphique de tous les indicateurs socio économiques depuis la deuxième guerre mondiale et en extrapolera un tableau très sombre, ce quelque soit l'homme ou la femme aux manettes du pays. Il se pourrait bien que le statisticien en question soit en dessous de la réalité car, comme l'élu de gauche essayera d'appliquer les recettes susceptibles, selon lui, de corriger les errements de son prédécesseur, il ne fera qu'empirer les choses. Certains Français, ceux dont l'allié Mélenchon voudrait que l'on fasse les poches, ne s'y sont pas trompés qui se préparent déjà à s'exiler. Ceci nous vaudra, nous Suisses, une autre décente à la Woerth, d'autres falsifications, par les services concernés des listes des clients de nos banques et...des abdications conséquentes et habituelles de nos autorités fédérales.

Dès la semaine prochaine, les grandes manœuvres de refonte de la droite française commenceront. Sarkozy ayant lui-même largement contribué à en tracer les grandes lignes, une bonne partie ira grossir les rangs du Front National, qui, entretemps, aura changé de nom (voir le billet que j'ai publié le 24 avril : François Hollande, vainqueur de demain, Marine Le pen, d'après-demain

A propos de personnes, j'essaie juste d'imaginer une équipe gouvernementale comptant dans ses rangs Martine Aubry et Harlem Désir. Mon Dieu : les prières de rue officialisées, les horaires différenciés aux piscines et la viande halale aux cantines instituionalisés, c'est peut-être ce qui attend les Français demain.

Ainsi, il est fort probable que le vrai gagnant de cette mascarade soit la "nouvelle droite" que Marine Le Pen s'emploie à mettre en place. Je ne crois même pas que la proportionnelle sera nécessaires aux prochaines grandes élections en France. La contribution, très active, de Hollande à la victoire de la droite « Marinienne » suffira largement.

Mais, pour la France, ce sera trop tard.

P. S. Je ne peux bien évidemment pas terminer ce billet sans y mentionner un énième exploit "journalistique". En effet, vers 19h50, la "journaliste" (il paraît que c'est comme cela qu'on les appelle) de France 2, postée devant l'Elysée, a annoncé : "je me trouve devant l'entrée principale du Palais, d'où Sarkozy doit sortir tout à l'heure, à moins que ce ne soit par la porte arrière". Voyez-vous, je ne sais si les voies du Seigneur sont impénétrables, mais celles du journalisme professionnel...

A ce propos, voici, en cadeau, ce qu'en pensait, dans les années 80 déjà, le regretté Coluche : Les journalistes

P. S. bis. Alors qu'il se trouvait sur le plateau de France 2 pour commenter le résultat des élections, la seule chose que ce sinistre Juppé a trouvé à dire est : le plus important est que la France sache garder les acquis obtenus sur la scène internationale grâce à "notre" action. Décidément, il ne pense qu'à ça. Bon vent, sinistre personnage.

 

23/04/2012

François Hollande, vainqueur de demain. Marine Le Pen, de l’après-demain

Ainsi, le calamiteux Sarkozy et, je ne puis m'en empêcher, son triste, lamentable, atlantiste et islamiste ministre des affaires étrangères, sont battus, largement. Ni les gesticulations anti islamistes de dernière minute ni les déclarations fumantes aux relents populistes n'auront suffi à changer la donne. Ils sortiront par la petite porte. Ce d'autant que nous assisterons certainement à un deuxième tour caractérisée par une extrême violence. Pour aller directement en but, je crois que c'est Marine Le Pen, seule réelle vainqueur du premier tour, qui en profitera, j'y reviendrai.

Quant au deuxième grand perdant, celui qui a su se faire « oublier » de tous, c'est bien Jean Luc Mélenchon. Pourquoi ? Parce que le grand holdup de Mélenchon est d'avoir fait croire qu'il faut comprendre sa candidature comme étant celle d'un mouvement à part, ce qui est totalement faux. La meilleure manière pour s'en convaincre est de consulter les chiffres. Mélenchon tournerait autour de 11% et, c'est là que les choses deviennent claires, le résultat cumulé de TOUS les candidats de ce qui est communément convenu d'appeler l'extrême gauche est de 12.85%. Ce même extrême gauche qui, en 2002 avait fait 13.34% et presque 9% en 2007. Finalement, ceux qui ont voté pour lui ne sont autres que ceux qui votaient pour les autres candidats d'extrême gauche. Ils ont simplement vu en lui un meilleur représentant. C'est en quelque sorte le « vote utile » du peuple de l'extrême gauche. Quant à son pari de passer devant Le Pen au premier tour...

Elections présidentielles françaises 2002

Elections présidentielles françaises 2007

Voir, en plus, ce pauvre Mélenchon manger son chapeau et rentrer dans le rang à peine les résultats prononcés, que c'est lamentable.

A ce propos, juste histoire d'enfoncer encore plus le clou au sujet des différents spécialites et autres prévisionnistes dont regorgent les plateaux de télévision, je vais me risquer à une "petite" prévision : Mélenchon est un politicien...fini. J'irai encore plus loin, je ne lui donne pas plus loin que les élections législatives. Après quoi, il disparaîtra probablement de la scène politique française.

Je crois vraiment que le grand gagnant de ce premier tour est le Front National. Lequel réalise un résultat historique de plus de 18%. Cela aurait certainement embêté Le Pen père, qui n'aurait pas su quoi en faire. La fille, elle, sera en profiter. Qu'en fera-t-elle ? Le système électoral français, comme tout système à scrutin majoritaire, est fait de telle manière qu'une formation, arrivant en troisième position avec un cinquième de l'électorat français, 8 millions d'électeurs, 12 millions d'habitants, n'a pas la moindre chance d'être représentée au sein des Assemblées représentatives du peuple. Ainsi, 12 millions de personnes se trouvent potentiellement privés de représentants et, partant, de porte-voix, alors que des "verdâtres version Fjords" se trouvent attribuer un groupe parlementaire, rien de moins que de cela, avec 2.3% des voix. Je n'ai franchement pas d'avis particulier sur la pertinence ou pas d'un tel état de faits. Je dis simplement que si cela paraît salutaire aux yeux de certains au vu de ce qui est véhiculé à propos du Front Nationale, il faut alors songer à changer de système politique et arrêter de se faire les champions  toutes catégories de la démocratie. Je rappelle à ce propos que presque 20% de Français risquaient de ne pas pouvoir voter pour leur candidate, celle-ci ayant peiné à trouver les 500 signatures nécessaires à sa candidature.

Le 6 mai prochain, François Hollande sera élu président de la République et, selon toute probabilité, l'UMP, création sarkozienne montée spécialement pour réussir l'élection de l'actuel Président, éclatera. C'est là où Marine Le Pen entrera vraiment en jeu pour ramasser toute l'aile se trouvant à droite de l'actuelle formation présidentielle et en faire LE grand parti de droite...populaire. Elle en profitera pour...changer le nom de sa formation et faire oublier une bonne partie de la réputation sulfureuse que celle-ci traine derrière elle.

Ce serait en tout cas très intelligent, politiquement parlant.