20/07/2012

ONU : troisième double véto sino-russe

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Ceux qui soutiennent les insurgés et les voyous, USA, GB et France, sont revenus pour la énième fois devant cette institution pour obtenir une entrée, par la porte arrière, une intervention, éventuellement militaire, en Syrie. Pour la énième fois, ils sont venus avec les mêmes arguments, pour la énième fois, ils nous ont ennuyés avec leurs stupidités et, pour la énième fois, ils ont osé. Ils ont osé à nouveau de nous parler de...manifestants pacifiques qui rencontrent une répression. Ce alors qu'au même moment, ils jubilaient aux nouvelles de la « reconquête » de Damas par les insurgés. Ce n'est plus stupide, c'est lassant.

C'est certainement pour cela que, suite au double pal sino-russe (comprenez double véto) signifiant une fin de non recevoir, les lascars des USA et leurs domestiques se mirent, bouches mousseuses, à presque injurier les représentants de Moscou et de Pékin. Le Français, surtout, n'a pu s'empêcher de déclarer clairement que la France, suite à l'échec du projet occidental, suivra son propre chemin et ne laissera pas « tomber » la Syrie.

En voilà la traduction : la France continuera et intensifiera son aide aux terroristes.

Ceux qui croient que seuls les Russes et les Chinois étaient contre la résolution occidentale se trompent. J'ai écouté toutes les déclarations qui ont suivi le vote. Le Pakistan a clairement indiqué que présenter une résolution sous le « chapitre 7 » était une faute. Le représentant indien a même commencé son intervention en « présentant ses condoléances au gouvernement syrien » pour la perte inestimable suite à l'acte terroriste odieux. C'est tout dire. Le Russe, loin de s'énerver, se contenta de qualifier l'attitude des occidentaux de « pas convenable », entendez : « vous êtes mal élevés ».

La GB, auteure de la résolution, a aussitôt présenté un autre projet prolongeant la mission des observateur de l'ONU...sans condition. Curieux, ces gens-là. Pourquoi n'ont-ils pas commencé par là ?

Le fait le plus remarquable dans toute cette affaire est que les deux puissances, Chine et Russie, gardent, face à l'hystérie occidentale, un sang froid total. Ce n'est de loin pas le résultat d'une quelconque inconscience mais provient plutôt d'une parfaite connaissance des "vraies" réalités sur le terrain.

Voilà, la Syrie, de par son histoire, sa situation géographique et tout le reste (on nous dit que la région côtière renfermerait l'une des plus grandes réserves de gaz au monde) est devenu le théâtre de confrontation des grandes puissances. Il y a toujours des simplets qui continuent à lire les journaux et à écouter les politicards nous raconter qu'il s'agit de liberté, démocratie et défense des droits de l'homme.

Ce qui suit aussi est devenu lassant mais je vais devoir le répéter.

La guerre civile au Sri Lanka (puisqu'il faut, paraît-il, parler de guerre civile en Syrie) a fait plus de 40'000 victimes, combien d'entre vous en a entendu parler ?

  1. Au Congo, plus d'un demi million de 1998 à nos jours. Vous en avez entendu parler ?
  2. Le Darfour, 300'000. Au fait, c'est terminé là-bas ?
  3. Somalie : 400'000 de 1994 à nos jours.
  4. Je ne puis, bien évidemment, pas « louper » ça : presque 2 millions de Vietnamiens, par les Américains.
  5. Ça non plus : plus d'un million d'Irakiens, par les Américains
  6. Plus de 1'400 victimes civiles, en à peine un mois, par l'armée israélienne à Gaza.
  7. Etc.

Des nouvelles pour les défenseurs des droits humains de ce côté-là ?

Un petit conseil, pour le Conseil de Sécurité : il va falloir, pour les Occidentaux, se croyant encore à l'ère colonialiste, qu'ils comprennent que les temps ont changé. Qu'ils n'ont plus les moyens de « dicter » leurs volontés et que, s'ils veulent vraiment prouver qu'ils courent derrière la liberté et la démocratie, mettre TOUTES les atteintes à ces valeur (toutes les atteintes, sans exception aucune et en même temps), y compris et surtout les leurs et leur appliquer LEURS PROPRES REGLES, celles qu'ils préconisent pour les autres. Là, à mon humble avis, il n'y aurait plus grand monde.

TSR 2 a diffusé, avant-hier, pour la énième fois, Lawrence d'Arabie. Au-delà même du romantisme du personnage et de la folie rêveuse qui accompagne généralement de tels aventuriers, il me fut étrange de constater à quel point les choses ont si peu changé. A l'époque ce fut Saiks-Picot, aujourd'hui c'est Clinton-Haig-Fabius. Seulement à l'époque, il n'y avait QUE Saiks-Picot. Aujourd'hui, il faut ajouter Lavrov.

Cela me réjouit-il ? Non, nullement. Seulement, c'est un moindre mal.

P. S. Je pense à quelque chose qui me paraît tout de même assez important et qui va directement dans le sens de ces contradictions dans lesquelles nous nageons depuis une année et demie. Puisque Damas est "presque" tombée, puisque la motié du pays est aux mains des rebelles, puisque Assad est introuvable et sa chute acquise et puisque le régime s'effrite, à quoi eut servi exactement cette résolution et pourquoi tant d'acharnement et tant de colère ?

S'il y a des réponses, alors qu'elles soient directes et exemptes de discours, SVP.

 

08:01 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : syrie, russie, usa, gowrié, onu, véto, chine, lavrov, saiks picot, lawrence d'arabie, clinton, haig, fabius

18/06/2012

Lavrov : Clinton est une menteuse, Fabius un larbin ignare

Ce n'est pas en substance mais mot pour mot ce que le ministre des affaires étrangères russe vient de déclarer.

Autant la tête même de Juppé ne me revenait pas, je ne puis m'empêcher de m'esclaffer devant celle de son successeur. Avec celui-ci, on a vraiment l'impression de se trouver devant un caniche hagard. A peine ses maîtres de Washington, par la bouche de la femme de l'ancien Président Clinton, ont-ils déclaré discuter avec les Russes d'un changement politique en Syrie, que le chauve, tiens, du Quai d'Orsay s'empressa de déclarer que la France discutait, elle aussi, avec la Russie de l'après Assad.

Je ne sais comment des gens de ce niveau puissent supporter d'être constamment et pareillement humiliés. A moins que ce ne soit l'inverse, savoir qu'il faut pouvoir en supporter autant pour pouvoir en arriver là où ils sont.

Voici d'abord la réponse de Lavrov à l'Américaine : « J'ai lu quelque part aujourd'hui que la porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland, aurait dit que les États-Unis et la Russie discutaient de changements politiques en Syrie après le départ de Bachar al-Assad. Si cela a été vraiment dit, c'est faux. De telles discussions n'ont pas eu lieu et ne peuvent avoir lieu. Cela est en totale contradiction avec notre position ».

Quant à Fabius... euh, tiens : Lavrov n'a même pas daigné commenter ses déclarations. Il a sans doute estimé que la réponse donnée aux maîtres suffisait largement. Le larbin passera ramasser les miettes après que les patrons se soient levés de table.

Lavrov a même ajouté : « nous ne sommes pas impliqués dans les changements de régimes à travers le Conseil de Sécurité de l'ONU ni ne participons à des complots politiques ».

Je continue pour ma part à croire que la Syrie est parfaitement capable d'en finir avec tout cela sans l'aide, ni l'avis de personne. Et plutôt serait le mieux.

Ceux à qui ceci ne plairait pas n'ont qu'à aller se faire voir chez les grecques.

 

08:09 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : juppé, france, onu, fabius, gowrié, russie, syrie, lavrov, clinton, usa

12/06/2012

Selon Lavrov, USA, France et GB sont les responsables directs de la situation en Syrie

Dans un précédent billet, où je parlais de l'ours et des idiots, j'avais écrit qu'en d'autres circonstances et en d'autres lieux, même un âne aurait compris. Il faut croire que les cités dans le titre doivent être encore plus bêtes que les ânes, maintenant qu'on sait qu'ils sont plus criminels que les pires des assassins.

Je ne me rappelle même plus le nombre de fois où les Russes et les Chinois ont clairement et par avance informé les autistes de la futilité de leurs innombrables essais contre la Syrie. Rien n'y fait. Un ping-pong sans fin entre le Conseil des Droits de l'Homme et le Conseil de sécurité, avec des passages furtifs à la Ligue des Bédouins, histoire d'arracher, à force de lassitude, une résolution autorisant les ennemis de la Syrie à y intervenir « militairement ». Comme si les criminels cités plus haut en avaient vraiment besoin. Comme si, pour intervenir et ravagé la Serbie ou l'Irak, ils avaient auparavant consulté cette Assemblée.

Lavrov a, pour la première fois depuis le début de la crise syrienne, désigné très clairement les acteurs de celle-ci : les USA, la France, la GB et les bédouins des pays wahhabites où les femmes n'ont même pas le droit de conduire (ni de sortir avec des ongles vernis)

Femme saoudienne défie la police religieuse.JPG

Jamais, je dis bien jamais, dans l'histoire, une « affaire » n'avait touché autant au sordide. Les pires criminels, arriérés mentaux, associés à des salafistes et des terroristes, proclament la liberté et la démocratie pour le peuple syrien. Les Occidentaux nous font maintenant le coup de la guerre civile totale en Syrie. Je repose la question : guerre civile entre qui et qui ? Entre l'armée nationale d'un pays souverain et des bandes de terroristes financés, Lavrov l'a dit cette fois-ci clairement, ouvertement par les criminels cités plus haut ? On craint une guerre civile mais on finance, fournit et aide logistiquement l'acteur principal de cette éventuelle guerre, les terroristes ?

Comme il ne fait plus le moindre doute que les gesticulations fiévreuses des Français, Américains et Britanniques pour obtenir une résolution au Conseil de Sécurité  sous le chapitre 7, qui permettrait éventuellement une intervention militaire dans le pays, ne sont que de la poudre aux yeux destinés essentiellement à se donner bonne conscience car, le monde entier le sait aussi, aucun des protagonistes n'a ni l'envie ni la capacité de le faire, on a du coup choisi la voie la plus simple, pour eux, mais la plus coûteuse, notamment en vies, aux Syriens : la guerre civile.

Je ne sais vraiment pas comment tout cela finira. Je ne sais si une faction l'emportera sur l'autre. Je ne sais si les Syriens sauront éradiquer ce poison qui leur a été injecté par des criminels sans foi ni loi. Mais j'espère.

J'espère qu'un jour, une fois les choses rentrées dans l'ordre, en la défaveur des précités, que ceux-ci seront lacérés par le même feu qu'ils ont allumé là-bas. Qu'ils puissent goûter aux mêmes malheurs qu'ils essaient d'infliger aux autres.

Ce n'est peut-être pas chrétien, mais ce n'est que justice.

 

01/05/2012

L’ONU et ses observateurs : virez-les

S'il est vrai que les Russes se sont très bien rattrapés en déclarant que c'est l'opposition syrienne, composée essentiellement de groupes terroristes, et ses soutiens, Juppé, Clinton, Hamad, Erdogan et Cie, qui sapent le plan de Kofi Annan, il n'en demeure pas moins qu'ils se sont fait partiellement avoir, pour la deuxième fois depuis l'épisode libyen.

Alors qu'ils sont parfaitement au courant des moindres détails sur le terrain, qu'ils sont conscients des raisons réelles de cette mascarade dangereuse qu'est la mission de l'ancien Secrétaire Général de cette institution aussi inutile que néfaste : fournir un quelconque prétexte, que les Occidentaux recherchent depuis des mois, à une intervention étrangère sous une forme ou une autre, ils ont malgré cela tombés dans le piège que ces derniers leur ont tendu. Ils ont, avec les Chinois, voté la résolution permettant l'envoi d'observateurs dont la mission est de vérifier le respect du cessez-le-feu. Seuls les Syriens ont eu la lucidité et la fermeté nécessaires pour refuser tout observateur national d'un pays « hostile ». D'observateurs, soi disant neutres, tout le monde sait que ces gens n'en ont que le nom, et encore. Tout comme les journalistes « clandestins », pour la plupart des militants pro terroristes, voire des barbouzes, ces observateurs ne sont là que pour glaner le maximum d'informations et fournir un quelconque prétexte justifiant une intervention étrangère.

Stratégiquement, je crois que la « faute » des Russes est impardonnable. Alors que la soi-disant ASL, groupement hétéroclite de déserteurs et de terroristes islamistes, était Euronews armes à destination des rebelles.JPGaux abois, que l'armée nationale syrienne était sur le point de les écraser, cette résolution est venue saper tous ces efforts et sacrifices et donner un ballon d'oxygène inespéré aux terroristes. Comme par hasard et coup sur coup, on apprenait samedi dernier que les autorités libanaises ont arrêté un bateau, en provenance de la Libye, chargé d'armes et de munitions destinées aux terroristes et que les forces armées syriennes ont intercepté plusieurs bâtiments chargés d'hommes et d'armes, en provenance de la Turquie cette fois-ci, qui se dirigeaient vers la côte syrienne.

On voit dès lors clairement le but réel de cette résolution et des « observateurs » : fournir aux terroristes le temps et le répit nécessaire pour se refaire une santé, s'armer (comme l'avaient bien promis les Français et les islamistes des monarchies pétrolières).

La Russie vient donc de déclarer qu'elle et la Chine sont « d'accord à 100% » sur la Syrie et qu'il est désormais "nécessaire que les autorités syriennes puissent repousser avec fermeté les terroristes qui opèrent dans le pays". Les Russes ont ajouté que les acteurs à l'intérieur comme à l'extérieur (du pays) doivent les empêcher de recevoir le soutien qu'ils réclament. Lavrov a dit cela sans utiliser le moindre subterfuge de langage diplomatique. Juppé a dû apprécier. Romandie.com : la Syrie doit repousser avec fermeté les terroristes.

Tout cela est bien. Ce qui serait encore mieux est que les Syriens commencent par virer les barbouzes de l'ONU, de fermer la porte à toute tentative, quelle qu'elle soit, d'ingérence dans les affaires « internes » du pays.

Juppé et les autres n'ont qu'à continuer à pester dans leur coin

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : onu, france, juppé, lavrov, russie, chine, syrie, gowrié, terroristes, observateurs

13/02/2012

La Syrie négociera

Oui, mais à partir d'une position de force. C'est-à-dire une fois que les terroristes auront été éradiqués.

Acte 1 : Dans les couloirs du Conseil de Sécurité, quelques minutes avant le vote et le fameux double véto sino-russe la Syrie, une conversation étrange entre l'ambassadeur Tchourkine et l'homme le plus puissant du monde, le bédouin Hamad le Qatari eut lieu, démentie par la suite, alors même que France 2 semble l'avoir enregistrée. Dans celle-ci, le bédouin menace M. Tchourkine, lequel aurait répliqué en disant que le bédouin n'est là que parce qu'il est invité, qu'il doit revenir à sa taille normale et que M. Tchourkine ne parle qu'aux grands de ce monde. Certaines sources disent même que le Russe aurait dit au bédouin que le pays de ce dernier pourrait revenir à ce qu'il était cent ans en arrière : lorsqu'il n'existait pas encore.

Acte 2 : Un déchaînement de violence suite au double véto sino-russe. Rice  est « scandalisée ». Pourquoi est-elle scandalisée ? Parce que des Chinois et des Russes sans cœur ont osé le faire au mépris de la souffrance d'un peuple martyrisé par son dictateur.

Le véto russe scandalise Madame Rice. Mais les 62, soixante deux, vétos des USA en faveur d'Israël, non.

Ceci scandalise madame Rice.

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Mais pas cela

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Acte 3 : Le ministre russe des affaires étrangères, accompagné du chef des services de renseignements extérieurs, se rendent deux jours après le vote à Damas. L'accueil est triomphal et digne d'un chef d'état. Certaines sources disent que M. Lavrov est venu non seulement confirmer le soutien de la Russie mais également son concours technique. Non seulement le scénario libyen ne se répétera pas, mais la Russie semble prête à prendre part à un éventuel conflit, aux côtés de la Syrie. La nouvelle guerre froide sera bien plus tiède qu'on ne le croit. Je vous laisse imaginer les conséquences.

Acte 4 : On l'aura compris, la Syrie est, malheureusement, le théâtre de la nouvelle, et ultime, confrontation est-ouest. Jusqu'où peut alors aller la Russie ? Jusqu'à :

1.       Couper l'approvisionnement en pétrole et gaz par le détroit d'Ormuz. Eh bien oui. Elle fera probablement comprendre au monde entier que c'est elle, et non pas l'Iran, qui le fait.

2.       Fermer le gazoduc le « Nord Stream ». L'Ouest sera à genoux en l'espace de deux semaines.

Ce dernier acte est de la science fiction. Il serait cependant utile, pour les Russes, de faire comprendre qu'il n'est pas totalement exclu.

La guerre se fait aussi comme cela.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : lavrov, russie, syrie, gowrié