20/02/2012

Printemps arabe, Syrie : état des lieux

Voici, alors que certains peuples « libérés » fêtent le premier anniversaire de leur marche vers la démocratie et la liberté, le bilan, officiel, de ces évolutions « historiques ».

1.  Libye. Je commence par ce pays car ici, l'exploit démocratique dépasse toutes les prévisions les plus optimistes. Le soi-disant état libyen ne contrôle en réalité rien et tout est aux mains des milices, pardon, manifestants pacifiques protégés par les avions américains, britanniques et français. Les viols, exactions et tortures se pratiquent à une très grande échelle dans les geôles de ces derniers. Une information sur plusieurs médias faisait même état de la mort sous la torture de la journaliste Hala Misrati. Cette information a été démentie, puis confirmée, pour être de nouveau démentie. Personne en revanche n'a nié les viols et tortures quitidiens de la journaliste. Ni le Conseil de transition, ni les libérateurs, dont la valeur suprême est la défense des droits de l'homme de par le monde, n'en ont dit quoi que ce soit. L'exploit de ceux-ci est historique car, non contents de leur succès afghan, ils ont réussi l'installation d'un nouvel  Afghanistan en Libye. La seule différence est que celui-ci se trouve à nos frontières, chez nous, pour ainsi dire. A propos du Conseil National de Transition (on se demande transition de où et vers où), celui-ci vient d'ébaucher un énième projet de la constitution de la Libye nouvelle. Une grande avancée par rapport à celle qui a été tuée par NOS grands démocrates. En effet, elle prévoit de supprimer les « quelques » sièges prévus pour les femmes dans l'Assemblée Populaire, je crois que c'est comme cela qu'ils l'appellent.

On me posera bien évidemment la question éternelle, et stupide, habituelle : auriez-vous préféré la situation d'avant. Eh bien la réponse est on ne peut plus simple : toute action est à évaluer par son résultat, son bilan. L'état n'existe pas (comme en Afghanistan), les milices font régner la terreur (comme les Talibans) et personne ne peut rien dire, tortures, viols, exactions, meurtres. Les criminels (Sarkozy, Cameron, Juppé...) ainsi que certaines institutions de défense des droits de l'homme ont certainement un autre avis. Il est vrai que la préoccupation première de ces derniers en ce moment est...la Syrie.

Dans une Europe à l'agonie et à vendre, ce sont maintenant les bédouins qui dictent les limites de la morale et des droits de l'homme. Le retour de la Russie sur la scène mondiale est dès lors salutaire. Il faut juste espérer que les Russes puissent continuer dans la durée. Ils peuvent en tout cas faire face au « coût » financier de leurs ambitions.

2.  Le Koweït. Il y avait, paraît-il, des élections législatives la semaine dernière, ou celle d'avant. Le refrain est habituel : victoire écrasante des islamistes avec, dans ce cas aussi, un petit bonus, devenant lui aussi habituel, les quatre ou cinq femmes qui faisaient de la figuration dans l'ancienne Assemblée ont toutes été éjectées.

3.  La Tunisie. Ici, tout va bien. Les chefs des manifestations « pacifiques » d'avant Ben Ali, viennent de déclarer que les manifestations, grèves et settings seront...interdits.

4.  Egypte. Même chose, à quelques détails près, que la Tunisie. L'armée semble bien décidée à dire que les plaisanteries n'ont que trop bien duré. Les réalisations de la « révolution » sont immenses : pays au bord du chao, tourisme à zéro, les salafistes partout et je n'oublie bien sûr pas, dans ce cas, le sort réservé au Coptes.

5.  La Syrie. Il y a de cela quelques semaines, certains blogueurs, amoureux fous d'Al Jazeera et Al Arabiya, se frottaient les mains : l'ASL (traduisez Armée syrienne Libre) est à 500 mètres du palais présidentiel. Malheureusement, pour eux, les rigolos terroristes ont été laminés et poussés, presque tous, à Baba Amr, à Homs. Baba Amr où, aux dernières nouvelles, demandant encore confirmation, un lieutenant colonel des renseignements français, quelques officiers qataris ET britanniques, auraient été capturés. Je ne sais pas si cela est vrai. Je constate seulement que Haig et son patron, Cameron, sont maintenant parmi les plus ardenst défenseurs de la « non-intervention » militaire. Pour revenir aux amoureux d'Al Jazeera, ils nous annoncent la fin du régime syrien parce que la manifestation de samedi s'est déroulée à quelques centaines de mètres du même palais présidentiel. Quant le ridicule ne tue pas.

6.  Les médias. Je ne pouvais bien évidemment pas les oublier. J'ai, dans mon avant dernier billet, déjà parlé du magnifique article de Bluewin.ch, parlant de deux roquettes tirées par minute sur Homs. Je vous ai aussi présenté un joli calcul : cela fait 12'000 roquettes par jour. Avec une charge explosive de 3 kg par unité, pas plus, on obtient presque quatre tonnes. Je vous laisse imaginer les dégâts que cela peut causer. Pourtant, Bluewin.ch nous parle de...6 morts.

Dans ce billet, je vous laisse parcourir un article paru dans un journal très sérieux, Le Monde. Cet article m'a été envoyé par un lecteur que je respecte et remercie. Lisez surtout cette magnifique phrase, que j'ai soulignée en jaune. L'exploit « journalistique » dépasse tout ce qu'aurait pu produire l'imagination la plus fertile. A noter que l'auteure est, de nouveau, une spécialiste de la question, doctorante à l'école des hautes études en sciences sociales. Celle-ci nous dit que si « elle veut préserver sa révolution pacifique (elle a mis ces deux derniers mots entre parenthèses) l'opposition, tant civile que militaire... ».

Le Monde.fr.JPG

Une toute dernière chose. Alors que même les Américains ont dû se résoudre à conclure que tous les attentats commis à Damas et à Alep sont l'œuvre d'Al Qaeda, nos valeureux journalistes persistent et signent : c'est le régime qui a fait cela.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : printemps arabe, syrie, journalistes, médias.gowrié, le monde, bluewin.ch

12/01/2012

Syrie : un journaliste français tué à Homs

ec186e70-3c89-11e1-9ebd-eaf60b90cb37.jpgLe stupide ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, vient de déclarer, en réaction à la mort regrettable d'un journaliste de France 2 à Homs, je cite : toute la lumière doit être faite sur les circonstances de ce décès et qu'il « appartient aux autorités syriennes d'assurer la sécurité des journalistes ».

On ne comprend vraiment plus ni ce qu'il dit, ni ce qu'il veut.

Résumons : on reprochait aux autorités syriennes la fermeture des frontières aux correspondants étrangers. Lorsque ces mêmes autorités expliquaient cela par le souci de les protéger, tout le monde riait. On disait même : laissez-nous entrer, après, c'est notre risque. De quoi se plaint-on exactement ? Depuis quand la protection des ressortissants étrangers, quels qu'ils soient, est du ressort du pays qui les accueillit ? Et puis, à supposer même que cela soit vrai, de quoi accuserait-on les autorités syriennes ? De suivre les journalistes à la trace afin de contrôler leurs mouvements et les empêcher de faire leur travail. N'est-ce pas vrai qu'il faut savoir ce qu'on veut à la fin ? Voulez-vous être accompagnés et protégés ou non ?

Gilles Jacquier se trouvait à Homs avec un groupe de journalistes entrés avec une autorisation officielle des autorités syriennes, ceci est important à relever. Par ailleurs, comme le souligne la TDG dans sa version électronique TDG.ch : un journaliste français tué à Homs les autorités syriennes ont parfaitement respecté le protocole de la Ligue Arabe prévoyant le déplacement libre des médias étrangers. Ce que, comme d'habitude, les médias, étrangers, oublient de dire est que les journalistes semblent avoir été bien escortés, que, lisez bien ce qui suit (c'est un journaliste de la BBC qui le raconte et Le Figaro.fr qui le rapporte) un attroupement pro-Assad s'est formé et a commencé à scander des slogans favorables au régime. Soudain, une roquette RPG a frappé la foule et huit activistes pro-Assad sont morts. Le grouCapture.JPGpe de Jacquier est accouru pour voir ce qui se passe et c'est à ce moment qu'un deuxième RPG a été tiré dans leur direction. Selon le journaliste de la BBC, "le doute n'est guère permis : sauf à imaginer que le régime tire sur ses propres partisans, les roquettes ont été tirés à partir des zones rebelles et visaient des pro Bachar".

Le Figaro.fr : un journaliste français tué à Homs, en Syrie

Le Figaro.fr : un journaliste de la BBC présent à Homs témoigne

Voyons voir ! Des journalistes escortés, un attroupement pro-régime et des gens qui leur tirent dessus ! Qui ce pourrait être ?

Des manifestants « pacifiques », très certainement.

Mes pensées vont à la famille de ce pauvre journaliste, ainsi qu'à toutes les victimes innocentes de cette terreur « pacifique ». Dans un rêve qui ressemblerait plutôt à un cauchemar, je vois ce garçon tué par des gens financés, armés et, pour certains, entrainés par les autorités de son propre pays, dont le ministre des affaires étrangère réclame maintenant des comptes.

Anouar Malek, seul observateur de la ligue arabe à avoir démissionné, vient de se faire interviewé par Al Jazeera, habillé (dans les studios de la télé) de son gilet orange. Il a dit que les manifestants étaient "entièrement" pacifiques. On ne connaît en revanche pas le montant que la chaîne qatari lui a payé.

 

13/12/2011

On aimerait bien une bonne guerre civile, mais comment y arriver ?

Voici la question que les exterminateurs des indiens d'Amérique et les tueurs de plus d'un million d'Algériens se posent. Ils ne savent plus où se donner la tête, ni par quel bout prendre le « régime » syrien. Rien n'y fait. Ils résistent, ces maudits Syriens. Cela fait même des années que ça dure, y en a marre.

Les loyalistes, que j'appelle ainsi par opposition aux traitres et aux collaborateurs, ont, dès le début des troubles, inventé une expression que je trouve délicieuse : « la Syrie, c'est Dieu qui la protège ».

Je n'en ai plus le moindre doute : c'est vrai.

En 2003, les tueurs de plus d'un million et demi de Vietnamiens auraient bien voulu continuer l'aventure irakienne en Syrie. Il leur a manqué un peu de temps. La Syrie fut sauvée une première fois au prix, malheureusement, de plus d'un demi million de morts irakiens innocents. Il y eut ensuite plusieurs tentatives, la dernière étant celle de la Libye qui, malheureusement pour les libyens aussi, se solda par le deuxième sauvetage de la Syrie.

Je fais une petite parenthèse, histoire de ne pas perdre le fil de mes idées. Les défenseurs de la « démocratie » et de la « liberté », épaulés par des ONG sans reproche et par des remplisseurs de colonnes de journaux qui ne savent plus reconnaître la dignité d'un homme, encore moins la leur, prétendent, depuis longtemps déjà, que le Président Assad a perdu sa légitimité. Ah bon ? C'est décidé où, comment et par qui ? A la place, ils sortent de leurs chapeaux un clown, dont personne ne connaissait même l'existence, un certain Ghalioun, président d'un Conseil National encore plus clownesque et décrètent que ce cirque EST le représentant légitime du « peuple » syrien.

Revenons à « l'impuissance » des puissances occidentales. Leur pari initial, une chute rapide du régime, ayant été perdu, ils se sont rabattu sur une succession d'inventions pitoyables :

-          pauvres manifestants « pacifiques », payés et un peu armés, tout de même. Résultats peu probants, on passe aux :

-          Blindés, chars, qui tirent sur les manifestants « pacifiques ». Problème, les trous, béants, causés par les obus sont imaginaires et les fumées des explosions sont causés par des pneus brûlés par les « révolutionnaires ».

-          Viennent alors les colonnes de réfugiés syriens fuyant la « répression ». Problème : aucune image, aucune, ne nous parvient de ces camps pleins de milliers de réfugiés, en dehors, bien entendu, de celles d'Angelina Jolie visitant des réfugiés que l'on ne voit pas.

-          On passe ensuite à l'étape des défections dans l'armée. Financée à coup de millions de dollars, l'armée fantoche ne compte guère plus que quelques centaines d'éléments faisant plutôt penser à une association de malfaiteurs.

-          Cela ne fonctionne pas non plus. Que faire ?

Une bonne guerre civile, dont on commence déjà à faire la...publicité.

Autant le dire tout de suite : cela ne marchera pas non plus. Les Yankees, qu'ils le veuillent ou non, vont devoir y aller eux-mêmes. A la bonheur.

Comme le présente le Dr. Amin Hoteit, expert en stratégie militaire, pour qu'une guerre civile ait lieu, il faut réunir trois conditions :

1.       Un pouvoir faible et incohérent. On voit ce qu'il en est

2.       Un peuple divisé et des peurs réciproques en son sein. Non seulement c'est loin d'être le cas, mais au-delà du triangle Deraa, Homs, Idleb, où le pouvoir syrien a réussi à isoler les insurgés et les terroristes, il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose ailleurs.

3.       Le facteur externe, on passera rapidement là-dessus. Des puissances étrangères empêchent le dialogue entre les parties et fournissent  armes, argent et médiatisation à certains, créant un climat favorable à l'émergence de haines réciproques.

On voit bien qu'on dehors de ce troisième facteur, les deux autres sont totalement insignifiants. Et si les Français nient le fait qu'ils financent et entrainent militairement les insurgés, sur les terres turques, c'est simplement pour éviter la défaite en cas d'échec. Techniquement parlant, la Syrie dispose d'unités d'intervention rapide très entrainées et extrêmement mobiles capables de briser toute tentative visant à allumer l'étincelle conduisant à une guerre civile. C'est tant mieux.

Je reviens aux Yankees. Je lis, dans la TDG électronique d'hier, que les USA quittent l'Irak la tête haute : Ha...ha...ha. Non, qu'ils le veuillent ou non, ils quittent l'Irak la queue entre les jambes, comme ils quitteront l'Afghanistan bientôt et comme ils quittèrent le Vietnam avant.

Quant aux soldats qui quittent l'Irak maintenant, vous croyez qu'ils partent chez les bédouins du Golfe ? Non, quelques unités se sont secrètement dirigées vers la...Jordanie. La Jordanie ? C'est tout près de...Deraa, non ?

Leurs tentatives s'étant toutes soldées par des échecs, il ne leur reste que la dernière.

L'Histoire est faite pour nous donner des leçons. Ils n'apprendront jamais, ou peut-être si, à leur dépens. C'est tout le mal que je leur souhaite.

 

09/12/2011

Et maintenant, c'est la Russie

Résumons : nous avons, ici, chez nous, trois gouvernements NON élus, donc tout sauf démocratiques, ce qui ne nous empêche pas d'aller prêcher la démocratie et la liberté ailleurs.

On entend en ce moment même des âneries du genre : nous n'avons pas le temps d'organiser des élections, nous sommes pratiquement en état d'urgence (économique) qui nous oblige à procéder de la sorte. Puis-je traduire cela en disant : faisons comme cela, pour l'instant, et nous rediscuterons démocratie lorsque les choses se seraient rentrées dans l'ordre ?

La démocratie et le syndrome du Serengetti

J'en ai même entendu certains dire que l'essentiel est actuellement de « sauver » les pays, en installant des « techniciens » capables de « corriger » les erreurs commises, avant de « re » confier les rênes du pouvoir à des gouvernements « démocratiquement » élus.

Sauver le pays !

Techniciens, donc spécialistes !

Corriger les erreurs !

Re-confier le pouvoir !

Comme cela est étrange ! Le même langage tenu, pendant des décennies, par ceux chez qui on veut installer la démocratie, y compris par la force.

Ainsi, la démocratie serait mauvaise, incapable, dangereuse et néfaste ? Mais alors, puisque, logique implacable, on retire à la démocratie ses prérogatives, précisément pour corriger ses erreurs (qui, apparemment, nous conduisent à la catastrophe) ce serait idiot de ne pas continuer comme ça, non ?

Revenons aux « printemps ».

Le dernier en date, c'est le russe. Des manifestants, pacifiques (c'est étrange, j'ai déjà entendu cette expression) sortent dans la rue pour la démocratie et la liberté.

Raison : élections apparemment manipulées. Et alors, ça vous dérange ?

Elections en Russie : manipulées ? Et alors ?

En Tunisie, élections et résultats parfaits ?

En Egypte, élections et résultats parfaits ?

En Libye...oh...pas d'élections encore mais un Conseil National décrétant la Charia.

Etrange similitude que la suivante : après la Tunisie et l'Egypte, on croit que cela se passerait de la même manière en Libye. Ce ne sera pas le cas, alors on la détruit. Furieux, les Russes décident de manière définitive de ne pas se faire avoir une deuxième fois, allant jusqu'à faire comprendre qu'ils défendront au besoin directement la Syrie.

A ce propos : on n'entend plus l'Ottoman, Erdogan le Magnifique, alors même que les Syriens massent leurs troupes sur ses frontières. Serait-il redevenu Turque ?

On entend aussi beaucoup moins le nain Qatari, celui qui a déposé son propre père sur ordre des Américains !

Je ne vais pas, encore une fois (cela devient plus que lassant), poser la question de savoir si vous croyez vraiment qu'il s'agit de démocratie, liberté, droit des peuples, etc. et bla...bla...bla.

Voyons comme cela est amusant :

1.    Des manifestants, pacifiques, sortent au Bahrain, on les réprime dans le sang avec l'aide...des troupes saoudiennes et les services...américains. La démocratie, c'est pour plus tard.

2.    Plus d'un million d'opposants, le quart de la population, manifestent au Liban en 2006 contre le gouvernement Siniora. Rien ne se passe. La démocratie, c'est pour plus tard.

3.    Un peu plus d'un million d'Egyptiens, à peine 2% de la population, manifestent : le gouvernement tombe. La démocratie, c'est pour tout de suite.

4.    Quelques milliers de Géorgiens, révolution des Roses, manifestent, le gouvernement Chevarnadze tombe. Saakachvili est Président. La démocratie, c'est pour tout de suite.

5.    Quelque temps après, quelques milliers de Géorgiens manifestent contre ce même Saakachvili, ils sont réprimés et rien ne se passe. La démocratie, c'est pour plus tard.

Le scénario est étrangement le même et va, étrangement, dans le même sens : toutes les « révolutions », manifestations, contestations et autres « démocratisations » allant dans la direction dictée par Washington passent sans le moindre problème. A contrario, toutes les revendications, aussi légitimes soient-elles, autonomes mais pas forcément à la solde des USA, ne passent pas.

Cherchez l'erreur.

Cela n'empêche pas les « remplisseurs » de colonnes de journaux de chanter les louanges des révolutions pacifiques des peuples.

Vous croyez vraiment qu'il s'agit de la Syrie et de l'Iran (proprement dits) ou de n'importe quel autre nain régional ?

Non, il ne s'agit que de la Russie.

Non pas le pays, mais ses ressources énergétiques...son Gaz.

Pour cela, il suffit de regarder la carte de l'Asie et constater de quelle manière les Américains essaient de ceinturer la Russie.

Nous parlerons de tout cela en détail lundi.

Bonne fin de semaine.

Oh... j'oubliai. Je viens de lire le billet du « Blageur » Le Blageur : une forme de censure à la Tribune ?, qui, si mes souvenirs son bons, publie sous son vrai nom dans le courrier des lecteurs. Il y parle de la censure de la Tribune et de la dizaine « d'invités », toujours les mêmes, de M. Mabut. La censure ? Avec moi, ainsi que deux autres blogueurs, cela commence à faire beaucoup. N'est-ce pas, Cher Monsieur Mabut ?

Dans mon cas, c'est uniquement lorsque je me suis attaqué à la "corporation" que la censure m'a frappé.

Je persiste et signe : oui, on a touché le fond

Mon blog : censuré ?

Mon blog : censuré ? (2)

Nous voudriez-vous pas écouter notre manifestation « pacifique » ?

 

28/11/2011

Syrie : encore un petit effort

Ils ont de la peine à le dire franchement, alors ils le distillent à coup de petites annonces par ci par là et du bout des lèvres.

Eux, c'est qui ? Vous ne l'avez pas encore deviné ? Mais alors ? Les grands démocrates et leurs succursales médiatiques, gardiens et commerçants de libertés diverses et variées, de droits de l'homme et de l'épanouissement des peuples dans un monde « libéré » de ses geôliers dictateurs.

Je vous la fais courte : depuis quelques jours, on ne parle plus tellement de liberté, de démocratie et de manifestations « pacifiques » en Syrie. On parle carrément de plans pour « armer » l'insurrection. Je le dis en toute modestie : ils vous le font découvrir maintenant, je l'ai, quant à moi, annoncé dès le premier jour.

Ils se sont trompés depuis le début, ils se trompent encore aujourd'hui et se tromperont demain aussi.

Un article publié dans la TDG du 25.11.2011 le dit bien : il n'est point question de manifestations pacifiques, de démocratie ou de liberté, mais d'armer ce qu'ils appellent la « rébellion » syrienne. Cela commence à me convenir parfaitement.

Article de la TDG du 25.11.2011.pdf

Les plans et scénarios, je le précise encore une fois, en rien spontanés mais planifiés dans les moindres détails dès le premier jour, et même bien avant, ayant échoué les uns après les autres, il fallait bien essayer autre chose. Comme il ne restait précisément plus grand-chose à essayer, ils, les démocrates et les gardiens des libertés mondiales, ne pouvaient plus faire autrement que de sortir leurs vrais plans, petit à petit, au grand jour. Comme ils n'osent, et n'oseront jamais, refaire le coup de la Libye (car ils savent très bien qu'ils s'en mordront les doigts), ils poussent vers la solution ultime : la guerre civile et ils y prennent ouvertement parti.

Je le répéterais jusqu'à saturation : la démocratie et la liberté n'y sont pour rien. C'est la même vieille histoire colonialiste habituelle qui se répète.

On a aussi appris, il y a de cela quelques jours et l'article de la TDG semble le confirmer, que des bâtiments de guerre russes se sont dirigés et stationnent désormais dans le port de Tartous. J'en ai déjà parlé la semaine passé mais je ne pouvais le confirmer, Syrie : la nouvelle offensive, voilà qui est fait. Je ne me mettrais bien évidemment pas à répéter les analyses et interprétations des uns et des autres. Je dirais simplement que l'époque maudite de Eltsine est révolue, Dieu merci. Elle est révolue l'époque où LE navire de guerre envoyé par la Russie post gorbatchévienne pour soutenir la Serbie tombe en panne au milieu de la route. Non, ce n'est un avertissement ni pour les Ottomans, ni pour les croisés. C'est peut-être un retour franc vers la guerre froide, voire tiède. Vive la guerre froide, si c'est vraiment le cas.

Dans une guerre, une vraie, il y a des gagnants et des perdants. Brennus disait : malheur aux vaincus. Dans cette guerre qui s'annonce, une guerre déclarée, planifiée, dirigée par les puissances occidentales et financée par leurs banquiers bédouins, il y aura forcément des vainqueurs et des vaincus. Les vainqueurs, aux bookmakers du malheur et de la bêtise de les deviner, ne passeront jamais l'éponge.

Surtout, la France, en reconaissant et en appelant à reconnaître cet assemblée de traîtres collaborateurs qui n'ont ni pays ni territoire, a virtuellement, mais officiellement, déclaré la guerre à la Syrie. Ne pouvant me résoudre à m'en prendre à ce pays, que j'aime profondément et où j'ai des amis, c'est de l'Etat que je parlerai. Cet Etat est en guerre contre la Syrie. Il est dès lors un ennemi qu'il faut combattre, et vaincre, par tous les moyens.

Pour mémoire, ceux qui courent maintenant pour reconnaître toutes les assemblées possibles et imaginables qui, par ailleurs, n'ont ni territoire ni qui représenter, refusent depuis plus de soixante ans de reconnaître l'existance même d'un peuple légalement représenté, ayant un territoire reconnu. Je laisse aux amoureux fous de la démocratie et de la liberté le soin d'imaginer de qui il s'agit. Alors, Mesdames et Messieurs les représentants de nos médias "libres, bien sûr", encore une comparaison malheureuse de ma part ?

Au fait, quelqu'un a des nouvelles du mandat d'arrêt international à l'encontre du Président soudanais, accusé de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide ?

Au fait (bis), quelqu'un a des nouvelles de cette malheureuse journaliste de FR3 au Caire et des dizaines de milliers de femmes qui ont disparu des manifestations "pour la démocratie et la liberté" en Egypte ?

 

07:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, suisse, gowrié, médias, tdg, journalistes, tsr, opposition, armée, rébellion, turquie

30/08/2011

Médias, journalistes et réinformation

Le petit article paru aujourd'hui à la neuvième page de la Tribune de Genève me paraît extrêmement intéressant. Monsieur Allemand, l'auteur, y parle d'une résistance syrienne qui "songe" à passer aux armes. Ceci signifie qu'on insiste encore sur le fait que cette même soi-disant résistance ne l'a pas encore fait. Cela devient un classique mais on se demande alors qui a tué les quelque 1'500 membres des forces de l'ordre. On va certainement nous dire que ce sont leurs "copains" de l'armée.

Mais le plus intéressant est l'affirmation, glissée intentionnellement ou par mégarde, concernant les "cargaisons" d'armes qui passent depuis "des semaines" par les frontières irakiennes et libanaises.

Les médias ont essayé de nous vendre le pacifisme des opposants. Ils essaient maintenant de nous préparer à leur "non-pacifisme". On se demande en effet pourquoi des manifestants pacifiques passent des commandes d'armes depuis "des semaines". On se demande surtout comment se fait-il que les médias, encore eux, ne le découvre que maintenant. Je crois plutôt que tout le monde le savait dès le départ. Je crois surtout que les médias changent de veste maintenant, parlant de moins en moins de manifestations pacifiques, et de manifestations tout court, car la publicité qu'ils ont essayé de passer concernant le pacifisme du mouvement n'a pas vraiment pris. A moins qu'on leur ait signifié d'arrêter avec cela et de passer à autre chose maintenant que le but est atteint.

Je vous renvoie à ce lien dont le contenu n'a été passé par aucun média.

http://www.youtube.com/watch?v=g76qW4kDfkY&NR=1

Pour ceux qui croient encore que les journalistes sont là pour transmettre une information exhaustive et déontologique.

Pensons aussi à cette citation de Noam Chomsky : la propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictateurs.