21/08/2014

James Foley : soigner un cancer après l'avoir inoculé ou lorsque l'abjection le dispute à l'immondice

Obama, le président de la première puissance mondiale, accessoirement bienfaitrice de l'humanité, vient de déclarer que l'EIIL (État Islamique en Irak et au Levant) est un "cancer qu'il faut éliminer" et "que de telles organisations n'ont pas leur place au 21e siècle". Le problème est que l'EIIL est une création...américaine, entre autres. Ce n'est pas moins que Hillary Clinton elle-même qui l'avoue mot pour mot dans son livre "Hard Choices".

Ainsi, comme cela est le cas depuis pratiquement tout le temps, le monstre échappe à son créateur.

Mais cela n'est pas vraiment le plus abject dans l'histoire. J'ai toujours pensé qu'il faut systématiquement se méfier lorsqu'il y a consensus général sur un sujet quelconque. Il s'agit ici en l'occurrence de l'égorgement (et non pas décapitation, comme l’édulcoration journalistique habituelle essaie de le laisser penser) du journaliste américain Foley. La terre entière est dégoûtée par cette barbarie. Pauvre et immonde terre que l’égorgement de milliers de pauvres innocents par ces mêmes barbares ne fait pas bouger. Effectivement, la vie d'un Américain vaut certainement bien plus que celle de milliers d'autres damnés de la terre.

Les médias n'ont pas oublié non plus de souligner, à maintes reprises, que le journaliste est allé pour faire "découvrir au monde la souffrance du peuple syrien". Sans plus de commentaires, bien évidemment. Ils faisaient accompagner cela par quelques photos du journaliste quelque part au nord d'Alep où on le voit accompagner ... ses futurs égorgeurs, qui combattent, forcément, le tyran de Damas.

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Et bien pardon, mille fois pardon mais lorsqu'on fait un choix dans la vie, en l'occurrence celui de l'EIIL, contre M. Assad, le minimum serait qu'on l'assume.

10:42 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : james foley, eiil, isis, usa, france, syrie, irak