30/10/2012

Didier le Magnifique

 

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Chez son homologue et « ami » russe, ministre des affaires étrangères d’une grande puissance mondiale, Didier Burkhalter, notre ministre des affaires étrangères, déclara, à propos de l’Iran, pays dont la puissance est autrement plus à craindre que la Syrie, que la Suisse « ne soutiendra jamais des sanctions, imposées par quelque alliance que ce soit, en dehors du cadre juridique du Conseil de Sécurité de l’ONU.« Par principe, nous ne soutenons pas de telles sanctions ».

Ah bon ? Par principe ?

Avant lui, pas plus loin que le mois dernier, la non moins magnifique Madame Widmer Schlumpf a, elle aussi, critiqué les sanctions unilatérales de l’occident contre l’Iran en les qualifiant« d’inacceptables. »

En remontant un peu plus loin, on trouve l’inégalable Calmy Rey, jadis elle aussi ministre des affaires étrangères « très active ». Comme par hasard elle aussi chez nos amis iraniens, voilée sous le portrait de Khomeiny.

Décidément, l’exemplarité de nos Conseillers Fédéraux n’a d’égal que leur courage. A relever, bien évidemment, le sens « unique » de leur démarche.

Revenons à l’actuel locataire du Palais Fédéral Ouest, 3003 Berne, qui n’a bien évidemment pas oublié que la Suisse est un important centre mondial pour le négoce du pétrole et qu'elle accueille les bureaux de la National Iranian Oil Company (NIOC, la société pétrolière publique iranienne). Reprenons aussi son affirmation du début de ce billet. Ainsi, la Suisse ne soutient, par principe, pas de telles sanctions.

A ma connaissance, notre pays, qui ne prend  "par principe" jamais de telles sanctions, en a bien pris, avant et encore plus que tous les autres pays réunis et en dehors de tout cadre légal, onusien ou pas, à l’encontre de la Syrie.

La légalité, le courage, les principes et le droit international n’ont qu’un seul sens, selon Didier le magnifique : celui de nos intérêts…économiques. Celui aussi de notre couardise.

Couardise parce qu’il n’a même pas le courage de l’admettre.


 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : didier burkhalter, syrie, suisse, gowrié, onu, widmer schlumpf, clamy rey, russie, iran

10/07/2012

Syrie : quoi de neuf ?

Pas mal de choses, en 24 heures.

  • La Turquie, repère et base arrière des terroristes, vient de déclarer, par la bouche de son ministre des affaires étrangères, un certain Davutoglu (fils de David), qu'elle a échoué dans sa tentative de renverser le régime Assad, ce malgré 16 mois d'efforts intenses. Bientôt, c'est une prévision, ce sera le tour des Bédouins, suivis peu après par les Américains et leurs domestiques européens, Français en tête.

Voici la déclaration désenchantée du « fils de David ».

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/199312-la-tu...

  • Turquie toujours. Il semblerait bien qu'Erdogan ait perdu un avion de chasse et deux pilotes pour rien. Comme d'habitude, ses fanfaronnades et ses menaces, à l'instar de celles qu'il a formulées au lendemain de la mort de neuf de ses compatriotes tués par l'armée israélienne, sont restées sans lendemain. Il est fort à parier qu'elles le resteront pour toujours. C'est le sort habituellement réservé aux valets. Il faut bien qu'il s'en accommode. Il le fera.
  • Kofi Annan, tout aussi servile que son patron, Ban Ki Moon, mais un peu plus libre du fait de sa position « moins officielle », vient d'admettre, coup sur coup que :
  1. Sa mission a complètement échoué.
  2. « Ce qui me frappe, c'est qu'autant de commentaires sont faits sur la Russie, tandis que l'Iran est moins mentionné, et que, surtout, peu de choses sont dites à propos des autres pays qui envoient des armes, de l'argent et pèsent sur la situation  sur le terrain ». (entendez par là les USA, la France, le Qatar, la Turquie et l'Arabie Saoudite)
  3. « Je viens juste d'avoir une discussion positive et constructive avec le président Assad. Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager (communiquer) avec l'opposition ». (Je souligne à ce propos que Annan a trouvé un accord AVEC LE PRESIDENT ASSAD (et personne d'autre). Je souligne aussi qu'une fois la discussion "constructive" terminée, il s'est envolé pour Téhéran où, à la conférence de presse commune avec le chef de la diplomatie iranienne, Kofi Annan a plus qu'insisté sur la nécessité de désarmer les groupes armés).
  4. Je me permets tout de même de rappeler que le Monsieur EST l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue des Bédouins. Son avis et conclusions personnelles n'intéressent dès lors personne. Non, il exprime certainement le point de vue de ses maîtres qui, du coup, se rendent aussi à l'évidence : ils ont échoué.
  • Aussi pathétiques, voire encore plus, qu'Erdogan et son ministre des affaires étrangères, Clinton et Fabius (ce dernier est membre du club BHL) sont réduits à se lancer dans une surenchère déclarative où se mêlent menaces et tentatives d'intimidation et où les formules sont remâchées et recyclées jusqu'à en avoir la nausée.

Que vont faire maintenant tous ces gens-là ? Je n'oublie bien évidemment pas mes « amis » journalistes (c'est comme cela qu'ils s'appellent). Ils ont tout essayé, tout inventé, tout prévu depuis plus de 16 mois. Leur dernière trouvaille est maintenant l'attente des résultats des élections américaines. Je ne vois pas exactement ce que cela changerait mais puisqu'ils semblent tellement s'y intéresser, je me risquerais à une « petite » prévision et leur donne rendez-vous en novembre : il ne se passera rien.

A propos de prévisions, il y a un blogueur "assez marrant" qui n'arrête pas d'en faire. Une de ses fameuses prévisions est celle où il a prévu que l'année 2012 sera celle de Dominique Strauss-Kahn, vous savez, l'ami de "DODO la Saumure". Il vient de prévoir que Assad ne passera pas l'été à Damas.

Je pousse un ouf de soulagement.

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, russie, gowrié, france, usa, assad, kofi annan, ban ki moon, chine, iran, turquie, erdogan, fabius

29/05/2012

Embargo et sanctions à tour de bras, rien n’y fait. C’est tant mieux

A peine la crise syrienne déclenchée, par les bédouins, les islamistes et les voyous de tous bords, que les gouvernements occidentaux, le nôtre, hélas, avant les autres (notre politique depuis quelques années est qu'il faut systématiquement être plus royalistes que le Roi, ce dans tous les domaines : accords fiscaux, accords bilatéraux, couchage devant les Américains, les Allemands et les Français, etc.) se sont précipités pour :

1.   Demander, que dis-je, exiger et ordonner le départ du président Assad. Certains lui donnèrent même deux semaines pour s'exécuter.

2.   Lancer la batterie habituelle de sanctions de tous genres : économiques, politiques, financières, blocage d'avoirs, etc.

Le hic, dans le cas syrien, est que ceux-ci sont infiniment plus futés que les Libyens, Tunisiens et autres. On n'invente pas l'agriculture, la civilisation, l'alphabet, les sciences, l'algèbre et l'astronomie pour rien.

Qu'avons-nous trouvé comme avoirs à bloquer ? Rien. Absolument rien. J'ai dit futés mais il ne s'agit pas uniquement de cela. S'il est indéniable que les personnes qu'on veut sanctionner et dont on veut bloquer les avoirs ont des « petits » quelques choses par ci par là, la plupart de ce qu'ils ont se trouve...chez eux, à l'intérieur du pays. C'est peut-être pour cela qu'à l'hystérie généralisée de l'impuissance occidentale face à la résistance syrienne vient s'ajouter, est-ce vraiment une surprise, le ridicule hystérique. Au point de s'en prendre à la mère, octogénaire d'Assad et à sa femme, à qui on reproche une surconsommation de chaussures de chez Louboutin.

Les Occidentaux ne semblent toujours pas avoir compris. Cinquante ans d'embargo et de sanctions contre Cuba, des dizaines d'années de sanctions contre l'Iran, contre la Corée du Nord, etc. On voit le résultat.

Pour revenir aux Syriens, ces derniers, se foutant, à raison, des sanctions stupides et inutiles des « Occidentaux » viennent de passer des accords économiques et financiers très importants avec la Russie. A terme, cela devrait aboutir à l'adhésion de la Syrie à l'accord de libre échange avec la Russie, le Belarus et le Kazakhstan.

Avec « ça », on peut, les Occidentaux, toujours espérer que la Russie lâche son « allié » syrien. Car, il n'aura échappé à personne, la Russie fait cela avec...le gouvernement de M. Assad. Elle n'a pas attendu « pour voir ». Pour les professionnels de la politique et de la diplomatie, ceci doit certainement avoir une grande signification. La Russie envoie un message on ne peut plus claire : nous sommes en train de revenir sur la scène internationale même si cela devait se faire au prix d'une nouvelle guerre froide.

Pour ce qui est des sanctions, embargos et autres stupidités du genre, le Venezuela vient de mettre « ses menaces » (ses promesses) à exécution. Elle a déjà commencé ses livraisons de mazout à la Syrie. Laquelle semble aussi pouvoir se fournir en liquide raffiné ailleurs. La logique du soutien politique de certains pays de la Syrie, se prolonge donc par un soutien économique.

Il ne restera, comme parade, pour les Occidentaux, que l'intervention, militaire, direct.

Ça décantera pas mal de choses.

A ce propos, chose étrange : quelqu'un pourrait nous dire où se trouvent actuellement l'islamiste Erdogan et son ministre des affaires étrangères ?

 

08:34 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : turquie, iran, russie, venezuela, syrie, gowrié, erdogan, france, usa, asl, terrorisme, islamisme

31/01/2012

31 janvier 2012 : premier bilan mensuel de l’année

Comme prévu, je vous livre aujourd'hui mon premier bulletin mensuel de l'année.

On commencera par les prévisions dont la quasi-totalité ne se réalisa pas. Ainsi :

DSK est toujours empêtré dans ses histoires de fesses. Il n'est pas encore l'homme de l'année 2012, on a même parlé de son absence à Davos. Il est vrai qu'il était fatigué après son séjour triomphal en Chine.

L'Iran n'est pas encore envahi, alors qu'on l'avait prévu pour le 15 janvier. Aucune bombe ne s'est abattue non plus sur ses installations, nucléaires ou pas, alors que, parait-il, "le compte à rebours avait déjà commencé" et que "seul un miracle pouvait désormais sauver l'Iran"

La Grande Bretagne, dont le courage des soldats, circulant à pied et sans casque de protection à Bassorah, n'est plus à démontrer, n'a pas non plus mis l'Iran à genou. Cela fut aussi prévu par certains suite à l'attaque, par de jeunes manifestants iraniens, des locaux de l'Ambassade de GB, suivie de sa fermeture.

L'Iran et la Syrie ne se sont pas encore disloqués.

Les jours du pouvoir syrien, se comptant en semaines en avril 2011, prolongées de quelques autres semaines en juillet, puis encore de quelques jours en octobre, semblent se prolonger de plus en plus.

A propos de ce dernier, la Ligue, Arabe, lui a donné deux mois pour partir (dès le mi mars 2011, Juppé, Sarkozy, Clinton, Cameron, etc. avaient exigé la même chose) que se passerait-il s'il ne le faisait pas ?

Les démocraties qui devaient s'installer dans le monde arabo musulman se transforment petit à petit en une série de "républiques ?" islamiques.

La Russie, malgré les efforts louables des agitateurs à l'ouest de l'Oural et de l'Atlantique, semble avoir gagné la partie et marque définitivement son retour comme une "très" grande puissance mondiale. Certains tacticiens/prévisionnistes n'avaient même pas remarqué que deux éléments essentiels des années 80 et 90 manquaient : on ne peut plus les étrangler économiquement, c'est même plutôt le contraire qui serait vrai, et...Eltsine (l'ivrogne) est mort.

Allez, rendez-vous le 29 février, si le ciel ne nous tombe pas sur la tête d'ici là.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dsk, hayoun, iran, russie, syrie

19/12/2011

Les Américains se retirent d'Irak

Mission Accomplished.jpg20 mars 2003, après une préparation « médiatique » de plus d'une année, les Américains et leurs « alliés » occupent l'Irak pour le débarrasser de son dictateur sanguinaire et, surtout, débarrasser le monde des armes de destruction massives, que le Monsieur possédait.

Neuf ans après, le dictateur est pendu, la démocratie est installée et les armes de destruction massive sont...euh, où sont-elles ?

Cela devient vieux ? Non, je ne le crois pas car, de même que nous, pardon, VOUS avez tout gobé alors, vous gobez tout maintenant et vous goberez tout demain.

Je regardais ce vendredi une émission qui traitait des événements à Falluja, haut lieu de la résistance, et de la répression américaine (tiens, ce mot m'est familier. Il provoque l'ire de remplisseurs des colonnes de journaux et des bons pensants qui, alors, sont restés étrangement silencieux). A Falluja, les Américains, après avoir fermé la ville (on accuse aujourd'hui les autorités syriennes de faire la même chose) ont rasé tout sur leur passage, poursuivant les « insurgés » jusqu'à l'intérieur des mosquées pour les massacrer. Exécutant des blessés qui se trouvaient par terre, utilisant des armes interdites, parmi lesquelles se trouvent des armes à composantes atomiques.

Quelques mois après le début de l'invasion de l'Irak, Bush fils, alors Président des USA, fait atterrir son hélicoptère sur un destroyer où l'on avait posé une énorme banderole sur laquelle on pouvait lire : « mission accomplie »

Neuf ans après, son successeur, en qui la terre entière, pauvre d'elle, croyait tellement, se retire de l'Irak en déclarant : nous partons avec le sentiment du devoir accompli.

Voici le bilan du devoir accompli en Irak par les Américains :

baniere_TortureIrak1.jpg

Morts civiles : entre 560'000 et 1'000'000

Nombre de blessés : plus d'un million et demi

Déplacés à l'extérieur du pays : 4'000'000

Déplacés à l'intérieur du pays : 2'500'000

Nombre d'orphelins : 2'500'000

Le summum fur atteint lorsqu'il, Obama, a déclaré : nous espérons que les Irakiens « sauront » faire face au danger du terrorisme qui les guette.

Mais alors, ce n'est pas encore fait ?

Voici le visage du nouvel Irak libre et démocratique. Ce qui n'empêche pas certains, éternels invités de ce coin blogs, de louer les efforts des Américains pour pacifier le monde et y apporter sécurité et prospérité. N'hésitant même pas à qualifier cette action de « morale ».

Un minimum de morale, et d'humanité, vous ferait le plus grand bien. Seulement, en êtes-vous capables ? J'en doute.

 

09:04 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : iran, irak, syrie, suisse, gowrié, usa, amérique, médias, guerre, morale, printemps arabe, terrorisme

30/11/2011

Grande-Bretagne, Iran, Syrie, ambassades, consulats, vandalisme, saccage, etc.

Ce billet sera court..une petite comparaison qui en embêtera, je l'espère, certains.

1.       Mardi 29 novembre, des manifestants attaquent l'ambassade britannique à Téhéran.

Samedi 8 octobre, des manifestants attaquent le consulat de Syrie à Genève.

2.       Les manifestants iraniens escaladent les murs et entrent dans l'enceinte de l'ambassade.

Les manifestants de Genève escaladent les murs, fracassent les fenêtres et entrent dans les locaux du consulat.

3.       Les manifestant iraniens arrachent le drapeau britannique

Les manifestants de Genève arrachent le drapeau syrien

4.       Les manifestants iraniens plantent le drapeau iranien

Les manifestants de Genève plantent le drapeau...kurde.

5.       Les manifestants iraniens ramassent des documents, en jettent certains et en brûlent d'autres.

Les manifestants de Genève détruisent des bureaux et jettent des documents et des classeurs.

Acte final

Mardi 29 novembre, le Conseil de Sécurité, rien de moins que cela, se réunit spécifiquement pour condamner énergiquement l'attaque de l'ambassade britannique à Téhéran

Samedi 8 octobre, personne n'intervient, ou plutôt si : certains leaders de partis de gauche étaient présents pour soutenir et encourager les saccageurs du consulat de Syrie. L'évènement a même été spécifiquement « couvert » par un certain Ezzedine Haykel, photographe et accessoirement observateur à Genève pour les élections en Tunisie. Il l'a même intitulé : action surprise et spectaculaire. On se demande comment il a pu tout préparer et photographier alors qu'il s'agissait d'une action « surprise ». La même question se pose quant à la présence des représentants des partis de gauche.

Qu'en pensez-vous ? Marrant, non ?

Les narrateurs et rapporteurs d'évènements, auraient-ils un avis sur le sujet ?