04/10/2012

Comment sommes-nous devenus des terroristes

Nous ? Oui, nous, les citoyens de ce pays, sept fois centenaire et plus vieille démocratie du monde. Et puisque, précisément, notre démocratie, unique en son genre, est directe, nos gouvernants sont supposés nous représenter, tous…directement.

D’où notre implication.

Aujourd’hui, alors que je me rendais à mon bureau en centre-ville, j’entendis le présentateur de la radio que j’écoutais annoncer l’explosion de deux, voire trois, voitures piégées à Alep, ville où une partie de ma famille vit encore. J’appelai immédiatement ma mère de 86 ans qui me dit avoir entendu les trois explosions jusque chez elle, à plus de trois km du lieu des attentats.

Au moins 48 personnes périrent dans ces attentats.

En quoi tout cela nous concerne ? Il faut poser la question à Monsieur Didier Burkhalter, notre Conseiller Fédéral chef du DFAE, notre représentant…légal. Ce dernier a clairement qualifié les auteurs de ces attentats, je pèse mes mots, oui, les auteurs de ces attentats, d’opposition « légitime ».

Ainsi, les auteurs d’attentats terroristes à la voiture piégée sont des opposants « légitimes » selon M. Burkhalter.

Pouvons-nous vraiment en arriver à cette conclusion ? Pour en avoir le cœur net, je ferai appel au syllogisme d’Aristote : « l’homme est mortel, les Grecs sont des hommes, etc. ». Appliqué à notre gouvernement, cela donne : ceux qui commettent des attentats sont des terroristes, notre gouvernement soutient les auteurs de ces attentats, notre gouvernement est dès lors…terroriste. C’est comme cela que nous sommes devenus, par le truchement de nos représentants, des terroristes.

Voici les images des lieux des attentats, avant et après ceux-ci. Regardez bien les "petits" immeubles devenus poussière. Je les connais très bien. Ils datent de plus de 150 ans et sont uniques dans leur genre au monde. Regardez bien le premier étage "suspendu" en bois sculpté.

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D’un autre côté, les Turcs affirment que cinq de leurs citoyens périrent dans l’explosion d’un obus de mortier tiré de…Syrie. Il va sans dire que les Turcs en ont immédiatement accusé l’armée « régulière » syrienne. Soit.

A supposer même que cela soit vrai, ce dont je doute fort car on peut très sérieusement penser que ce sont les Turcs eux-mêmes, dans leur fuite en avant, qui ont « commandité » le tir à leurs « poulains » terroristes à l’intérieur de la Syrie, ceux que notre DFAE qualifie d’opposition légitime. Que pouvons-nous en conclure ?

Je n’analyserais pas l’évènement mais irais directement à mes prévisions. Le problème d’Erdogan le Turc est d’avoir surinterprété les intentions réelles de ses amis Américains. Il crut très sérieusement que ces derniers n’attendaient qu’un signe pour déverser un déluge de feu sur la Syrie. On voit ce qu’il en est. L’OTAN vient de déclarer être totalement « solidaire » de la Turquie. On en est content.

Pour enfoncer le clou, les autorités de Damas viennent d’envoyer un message « officiel » on ne peut plus claire à Ankara : « les autorités turques feraient mieux de revenir à la raison, de surveiller leurs frontières et d’arrêter d’en faire le point de passage des terroristes et salafistes de tous poils. A défaut, les conséquences en seront incalculables ».

Il faut mettre cela en parallèle avec le message de « solidarité », sans plus, de l’OTAN à l’adresse de la Turquie pour tout comprendre.

Erdogan semble être le seul à avoir de la peine à le faire.

Quel est, enfin, le rapport entre les deux "événements" ? A priori rien. Sauf que, alors que les deux eurent lieu le même jour à quelques heures d'intervalle, les Occidentaux ont "très vivement" condamné les tirs sur la Turquie. Pour ce qui est des "attentats" d'Alep, pas un mot.

Celui qui ne dit mot...consent. Non ?

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : suisse, syrie, gowrié.didier burkhalter, otan, turquie, erdogan, islam, salafiste