21/05/2013

Des dépeceurs et des mangeurs de coeurs humains

Je ne mettrais bien sûr pas l'horrible vidéo en ligne, de peur de heurter la sensibilité extrêmement à fleur de peau des responsables de cette plateforme. D'ailleurs, il vous suffira de chercher un tout petit peu pour la trouver sur la toile. Tout le monde en a parlé, ou presque.

Mais ce n'est pas pour cela que j'écris.

Au lendemain de la diffusion de la terrible vidéo, montrant un chef "rebelle" dépeçant un soldat de l'armée syrienne, lui arrachant le coeur et portant ce dernier à sa bouche, vidéo authentifiée par la terre entière (le Times a même réussi à contacter l'auteur de l'exploit), le plumitif (comprenez journaliste, professionnel de l'information) officiant à ce moment-là sur France-Info, a poussé l'abjection jusqu'à demander à son invité, représentant local de Human Rights Watch, s'il n'y a pas risque de...manipulation.

Je vous vomis, vraiment, Monsieur le journaliste.

Voici un autre exploit de France-Info. Suite au double attentant dans la province de Ryehanli, au Nord-Ouest de la Syrie, ce torchon (même si l'expression est en principe réservée aux champions de la désinformation écrite) a présenté un sujet montrant des milliers de manifestants turcs scandant des slogans "hostiles" au régime de Damas.

Je vous laisse tranquillement avec la vidéo.

Comme quoi, ils n'ont pas peur de se rincer la figure avec de la pisse de chat.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un ultime exploit, pour aujourd'hui, de ce même torchon radiophonique, dans une de ses nombreuses "éditions" matinales, celle d'hier, à 10 heures. Le plumitif nous y parler de la "crainte" d'un massacre de civiles, toujours eux, bien évidemment, lorsqu'il s'agit d'éradiquer les terroristes dépeceurs d'hommes, suite à l'entrée de l'Armée nationale Syrienne dans la ville. Le plumitif en question n'a bien sûr pas manqué de souligner que l'armée est épaulée par des éléments du Hezbollah. C'est un journal bien de chez nous (je vous laisse le soin de le qualifier vous-même), 20 minutes, se cachant, comme de nombreux "confrères" derrière l'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l'Homme) basé à Londres et "s'appuyant sur un réseau de 200 informateurs", selon l'ATS, qui confirme la mort de 23 membres de ce mouvement. Aucun de ces valeureux plumitifs professionnels ne s'est donné la peine de se demander comment ces 200 informateurs, toujours les mêmes, arrivent à donner des bilans et des décomptes aussi précis, ce qui signifie qu'ils doivent être au coeur du combat, sans qu'ils ne soient jamais touchés. Dieu tout puissant doit certainement être de leur côté.

Eh bien, dans ce nuage de mensonges, de contre vérités, de manipulation voire, on l'a constaté dans le deuxième exemple de ce billet, de détournement, parfaitement consciente, de l'information, un petit rétablissement de celle-ci, même s'il ne s'agit que pour les quelques centaines de personnes qui me font l'amitié de me lire, s'impose.

Voici, pour les rédacteurs de ces torchons, mais aussi pour les autres, les valeureux jihadistes combatifs (des civiles pour les plumitifs de nos médias) qui, quelques heures auparavant, se trouvaient dans les tunels de la ville souterraine creusée sous Al Qusair.

 

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 Si l'information, la vraie, pouvait intéresser les plumitifs et leurs maîtres, il s'agit, ici, d'un jihadiste, arrêté par l'armée syrienne alors qu'il essayait de fuir avec les "civiles" dans le "couloir humanitaire" laissé par l'armée pour permettre à ceux qui le souhaitent de fuir les combats.

Bientôt, je vous le garantis, on pourrait insulter quelqu'un en le traitant de...journaliste.

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, france-info, journaliste, journalisme, gowrié, asl, terroristes, islam, islamisme

28/02/2012

Attentat contre Poutine déjoué : un traitement médiatique exemplaire

C'est en me rasant hier vers 6H45 du matin que j'appris, sur France Info, la nouvelle sur la tentative d'assassinat déjouée contre Poutine.

Vous l'auriez compris, la seule chose intéressante dans l'affaire est la manière dont ce grand véhicule médiatique français a traité l'information. Le sujet commence comme suit : « l'information est à prendre avec beaucoup de précautions, un attentat contre Poutine aurait été déjouée... ». J'aurais bien aimé saluer ce grand retour au professionnalisme journalistique. Le problème est que, quelques instants après, la même personne sur l'antenne introduit son sujet sur la Syrie en parlant du Référendum sur la Nouvelle Constitution Syrienne, qualifié de mascarade, et en insistant sur le fait que le Président syrien garde l'essentiel de ses prérogatives. Elle a aussi parlé des « bombardements » à Homs sauf que, dans ce cas, aucune précaution ne fut observée et l'usage du conditionnel fut, bien sûr, bannie. Elle a, là aussi, dû oublier de lire la Constitution de son propre pays et y examiner les prérogatives de son Président.

Lire à ce sujet le billet :

Les Amis de la Syrie et la Nouvelle Constitution syrienne

Le summum fut ensuite atteint lorsque la présentatrice se permit de qualifier le travail de ses « confrères » des médias russes, « lesquels ne sont pas connus pour leur talents de journalistes d'investigation et d'enquête ». Cela présuppose, bien évidemment, que ce soit un professionnel, talentueux et rompu aux techniques d'enquête et d'investigation, qui en parle. Pour un média, comme la plupart des autres ici par ailleurs, dont la « presque » unique source d'information est l'OSDH, basé à Londres et dont personne, je dis bien personne, ne sait rien, c'est effectivement du tout grand professionnalisme.

La vie est "vraiment" injuste. Nous, on aurait été plusieurs fois déjà licenciés pour faute professionnelle pour le dixième d'âneries qu'ils se permettent.

Rendez-vous demain, 29 février et dernier jour du mois, où je publierais, comme convenu, le deuxième bulletin mensuel de l'année, consacré, comme celui de janvier,  essentiellement aux prévisions ratées.

D'ici là, prions pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.