13/09/2011

Freysinger - Ramadan : le vrai malaise

Lundi 5 septembre, quelques minutes avant le coup des vingt deux heures, M. Freyinger, conseiller national, se fait entarté par quelqu'un de l'assistance qui, manifestement, n'a pas supporté les propos du conférencier.

Je trouve le geste stupide et inutile. Stupide car le manque d'arguments conduit inévitablement à la violence. Même si, personnellement, je ne partage pas entièrement les thèses de M. Freysinger, il ne me viendrait jamais à l'idée de le faire taire, ni personne d'autre, de cette manière là. Au-delà, il faut tout de même reconnaître qu'en dehors des qualificatifs habituels de fascisme, racisme, etc. ses contradicteurs du jour n'ont pas réussi à lui opposer des arguments valables. Les clichés, de part et d'autre, étaient les mêmes.

Du côté de M. Ramadan, et certains de ses supporters, les choses furent un peu plus compliquées. M. Ramadan a à plusieurs reprises souhaité la bienvenue à Genève à « Oskar », jamais à M. Freysinger. Jusqu'au moment où, inévitablement, quelqu'un lui lança : mais arrêtez, il est chez lui. Il a aussi déroulé la théorie du complot, concernant l'attaque sur les tours du WTC et cité J.J. Rousseau pour nous expliquer tout le bien que le grand philosophe pensait de l'Islam et des merveilles qu'il peut apporter à la civilisation occidentale. Je ne savais pas qu'il s'agissait de la confrontation habituelle Occident-Islam mais M. Ramadan ne pouvait manifestement pas s'en empêcher. A vous ; M. Ramadan, je dis :

1.    Il est curieux, voire même lassant, de vous entendre encore parler de la croisade américaine et, partant, occidentale contre l'islam alors que la meilleure amie au monde de ces derniers n'est autre que l'Arabie Saoudite, pays le plus islamique et islamisé du monde. Il est encore plus lassant d'en parler que les « croisés » que vous mentionnez sont depuis quelques mois derrière tous les mouvements du soi-disant printemps arabe aboutissant à l'installation des islamistes partout. Le dernier en date n'est autre que Abdul Hakim Belhadj, un des leaders d'Al Qaida.

2.    J'ai eu le plaisir de vous entendre à plusieurs reprises, ci et là et toujours à propos du même thème et, à chaque fois, un phénomène étrange s'empare de vous. Vous vous adressez à vos interlocuteurs, auditeurs, téléspectateurs en disant : votre morale, votre civilisation, vos principes, l'occident, vos pays, votre manière de vivre, etc.

N'est-ce pas vrai que cela est votre manière de dire : je viens d'ailleurs ?

Car votre biographie nous apprend que vous êtes né ici même à Genève où vous avez vécu, étudié, côtoyé vos concitoyens. D'un autre côté, vous persistez, ainsi que vos supporters, à soulever systématiquement la marginalisation, stigmatisation et toute la panoplie habituelle de griefs que vous tenez à l'endroit de...vos concitoyens ?

Alors, on ne comprend plus : qui stigmatise qui et qui se met soi-même à la marge de sa propre société ? Comment expliquez-vous ce décalage ? Où trouve-t-il sa source ? Que vous a-t-on inculqué, ici, en Suisse, durant toutes ces années, et qui ?

Cela étant dit, croyez le, ou pas, M. Ramadan, je comprends. Je comprends parfaitement la difficulté que vous pouvez éprouver à concilier l'inconciliable : il n'est effectivement pas facile de tenir très longuement votre discours policé lorsque, à la première interpellation vraiment sérieuse, votre réponse est : aucune règle (édictée par le Coran) n'est caduque. La Charia est ma seule règle.

Alors, M. Ramadan, dites-le une fois pour toutes : en tant que citoyen suisse, si vous en aviez le pouvoir, quelle règle légale, à appliquer à tous les citoyens de ce pays, primera : le Code Civil suisse ou...la charia ?

N'oubliez pas, vous l'avez déclaré vous-même, que les règles islamiques sont à prendre dans leur totalité, en un seul paquet. Aucune n'est caduque.

 

00:41 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : freysinger, ramadan, dialogue, islam, musulman, genève, débat, immigration, isalmiste