28/03/2012

Israël coupe les ponts avec le Conseil des Droits de l'Homme

Le 15 mars, le Conseil des Droits de l'Homme tenait séance avec pour ordre du jour « la situation des droits de l'homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés ».

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En soi, le sujet ne m'intéresse même pas. Je serais à la limite d'accord avec la réaction israélienne que j'évoquerai plus loin. Ce qui est infiniment plus important est cette mascarade généralisée et le magnifique numéro d'équilibrisme dont certains, parmi lesquels se trouvent des blogueurs très actifs ici, se frottant bruyamment les mains suite "aux"condamnations de la Syrie par ce même Conseil. Intéressant aussi le silence assourdissant de nos médias qui n'en ont soufflé mot. Moi qui croyais que leurs valeurs suprêmes sont la démocratie, la liberté, la défense des droits de l'homme et, comment les appellent-ils déjà...les militants pro-démocratie ! Hmmmm.

J'ouvre une parenthèse, histoire d'évacuer immédiatement tout ce qui peut parasiter mon billet. Effectivement, le seul fait d'avoir prononcé le mot « Israël » m'attirera certainement les faveurs de quelques uns. A tous je dis : allez-y, les anathèmes, voire insultes, reproches et accusations habituelles, comme ça, ce sera au moins fait. Je ferme la parenthèse.

Ainsi, après une bonne demi-douzaine d'allers retours entre le Conseil de Sécurité et le Conseil des droits de l'homme au sujet de la Syrie, où les « équilibristes » se frottaient les mains, les journalistes faisaient le siège du Palais Wilson et remplissaient joyeusement leurs colonnes et tout le monde chantait les louanges de cette magnifique institution, une douche froide s'abattit soudain sur tout le monde. Les rédactions passèrent l'événement sous silence. Oh, j'oubliai, elles vont certainement invoquer le cas Mouhammed Merah. Il ne leur restait plus de place pour...les droits de l'homme.

J'ai joint le compte rendu complet de la session ainsi que le vote détaillé. Sans surprise, les USA votèrent contre alors que les Européens s'abstenaient.

Allez, mon comparatif habituel :

1. Trois ou quatre séances, je ne me rappelle même plus, en l'espace d'un mois, où Américains, Européens et...Bédouins, tiens, allaient main dans la main solliciter la condamnation de la Syrie dans l'espoir d'obliger le Conseil de Sécurité à voter leur projet néfaste.

Dans le cas d'Israël....

2. Je le disais, dans le cas de la Syrie les débats furent pratiquement transmis en direct sur tous les médias possibles et imaginables.

Dans le cas d'Israël....

3. Les mêmes journalistes pestaient, soi-disant à cause de l'interdiction qui leur est faite par les autorités syriennes d'aller couvrir les événements là-bas. Du coup, les pauvres, ils ne pouvaient faire autrement que d'en fabriquer.

Israël a ouvertement indiqué que Gaza sera totalement fermée aux journalistes et que quiconque essaierait d'y entrer sera immédiatement emprisonné et traduit en justice. Pas envie d'y aller, clandestinement, Messieurs les journalistes ? Les héros de Hama, Homs et que sais-je encore ?

4. Dans le cas de la Syrie, le Conseil des Droits de l'Homme est l'institution la plus merveilleuse au monde. Même les USA ne tarissaient pas d'éloges à son égard.

Israël : c'est une institution partisane, hostile, d'avance, à l'Etat Hébreu.

5. Israël a décidé de couper les ponts avec cette institution autant lamentable et inutile que toutes les autres : ONU, HRW, Amnesty International, etc. Je leur donne, au Israéliens, entièrement raison. Je le dis avec tout le sérieux et la sincérité dont je peux faire preuve. Je les félicite même. Ils ont su se donner les moyens de le faire.

Tant pis pour les autres.

Vous avez dit droits de l'Homme ?

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : conseil des droits de l'homme, israël, gowrié, syrie