25/06/2012

La Syrie abat un chasseur turc

Le 6 octobre 2011 déjà, j'ai écrit le billet que voici : ONU dehors, bonjour l'OTAN

Dans celui-ci, je prévoyais, dans le détail, le scenario qui est en train de se dérouler depuis vendredi dernier. Je ne suis pas tout à fait certain que la Turquie, par ordre de ses maîtres de l'OTAN, voulait « tester » la réaction syrienne à une telle provocation mais ce dont je suis en revanche absolument sûr est que les Syriens n'auraient jamais pu répliquer aussi rapidement, aussi violemment et sans aucune hésitation s'ils n'étaient pas totalement certains de pouvoir se le permettre. La Syrie semble déterminée à envoyer des signaux extrêmement clairs aux Turcs et à leurs maîtres : « nous n'hésiterons pas une seconde, ce quelle que soit la menace à laquelle nous devrions faire face ».

La réaction des Turcs fut tout aussi prévisible : ils ont fait appel à leurs « alliés » de l'OTAN pour « étudier la réponse à donner suite à cet incident ».

Commençons par la fin et revenons aux détails ensuite. Après une escalade verbale et l'offensive médiatique habituelles, l'affaire fera...pschitt.

Pourquoi ? Pour une raison extrêmement simple : nous venons de dire que les Syriens ne se seraient jamais permis une telle réaction s'ils n'étaient pas certains de pouvoir se le permettre. Mais ce n'est pas tout. Sous réserve des moyens de défense aérienne utilisés pour descendre le chasseur turc, il y a certainement l'ombre des...Russes. Car, comme d'habitude, une petite phrase, inhabituellement claire et très menaçante, prononcée par Lavrov la semaine dernière, est passée presque inaperçue ici. Le ministre Russe des affaires étrangères a déclaré que la répétition du scenario libyen en Syrie est exclue. « nous nous en portons garants ».

Si l'OTAN, au travers de la Turquie, a voulu tester la Syrie, celle-ci vient d'envoyer un signal très clair. Il se pourrait même que les Syriens aient eux aussi voulu tester leurs propres moyens de riposte.

Cependant, la question essentielle à se poser ici se trouve, selon moi, ailleurs. On peut se poser des questions sur le « timing » de l'incident. Pourquoi maintenant ?

Revenons un peu en arrière. Il y a de cela quelques mois et alors que les forces de l'ordre syriennes étaient sur le point de venir à bout des insurgés et des terroristes, totalement pris à la gorge, la Ligue des Bédouins a décidé d'envoyer des observateurs en Syrie. Comme par hasard, ceci a donné un ballon d'oxygène inespéré aux rebelles, qui se sont refait une petite santé. Les Bédouins repartis, la traque des terroristes a repris. Pour la deuxième fois en l'espace de moins de six moins et alors que l'armée syrienne réduisait une à une les poches de résistance des rebelles, l'ONU a pondu sa résolution décidant l'envoi de 300 observateurs (barbouzes ?). Un deuxième répit pour les terroristes. Lesquels en profitent pour perpétrer les pires massacres et atrocités envers des gens innocents, entre autre le massacre de Houla.

Troisième acte, maintenant. Aux dernières nouvelles, les autorités syriennes semblent maintenant décidées à anéantir les terroristes et les poursuivre où qu'ils soient. On nous dit aussi que le chef de l'ASL (armée syrienne libre) le colonel Riad Assaad aurait pris la fuite emportant avec lui deux millions de dollars. Nous pouvons raisonnablement estimer que les jours de cette soi-disant révolution sont comptés et que les autorités syriennes veulent une victoire claire et nette. Et cette fois-ci, rien ne les détournera de cet objectif, y compris les éventuelles gesticulations de l'OTAN et de leur larbin Otoman.

Erdogan veut jouer les Atatürk. Regardez ces images et essayez d'estimer ses chances de succès.

Lamentable.

Erdogan.jpg

Ataturk.png

08:01 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : syrie, turquie, erdogan, atatürk, gowrié, otan