03/10/2012

Le déclin de l'empire

Saakachvili est le président qui vient de perdre les élections en Géorgie. Saakachvili est le président qui, avec les encouragements de ses maîtres d’outre Atlantique, a crû bon de défier son puissant voisin. Saakachvili l’a crû parce que ses maîtres d’outre Atlantique croyaient eux-mêmes que Yeltsine était encore vivant. Du coup, Saakachvili a vu son armée mise en pièces en quelque 48 heures. Il eut un temps, à l’époque de l’ivrogne du Kremlin, où les Américains croyaient dur comme fer qu’il s’en était fini de l’empire russe, qu’ils appelaient encore soviétique. Ils le croyaient tellement qu’ils ont décidé de pousser leurs pions/valets au cœur même de la Russie : Ukraine, Géorgie, pays baltes, quelques pays d'Asie centrale, ex républiques soviétiques, etc. Et voilà que le plus servile, mais véhément, des pions qui tombe à son tour. A peine trois semaines après que l’annonce de la fermeture définitive de la dernière base militaire et stratégique américaine en Asie Centrale, celle du Kirghistan. Le même Kirghistan qui a annoncé le maintien de la base militaire russe sur son territoire. On croit rêver. La Russie qui, pour enfoncer le clou, a annoncé qu’elle fournira une aide à hauteur de deux milliards de dollars. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Un peu la manière de faire…américaine, non ? Oui, lorsque ceux-ci en avaient les moyens.

Ainsi, en l’espace d’à peine une dizaine d’années, ce qui devait être la consécration de l’hégémonie définitive de l’Amérique, pendant des décennies encore, sur le monde, s’est transformée en début de déclin pitoyable. Partis la queue entre les jambes d’Irak, bientôt d’une manière encore plus humiliante de l’Afghanistan, les Américains sont plus que jamais acculés à s’accrocher à ce qu’il leur reste dans la région : les Qataris et les Saoudiens, quel déchéance. Même leurs nouveaux amis, les islamistes fondamentalistes du Caire et de Tripoli, l’ancienne capitale de Khaddafi, leur échappent.

Je voulais aussi un peu parler de la France. Pays qui a crû, ou à qui on a fait croire, qu’il a sa place parmi les grands, ceux qui ont les moyens de décider. Mais cela ne vaut vraiment pas la peine. Car ce faisant, je m’abaisserais à devoir parler des bédouins. Ceux qui dictent à la France ce qu’elle doit faire. Je laisse cela aux Guignols de l’Info et à Leonardo, porte-parole de "la" Prince auprès de ces mêmes guignols.

Quel rapport tout cela a à voir avec le sujet auquel je consacre plus de 90% de l’espace que j’occupe sur cette blogosphère, la Syrie ? C’est simple, la Syrie fut la dernière cartouche tirée par les Américains dans la série du printemps salafiste. Le temps a manifestement joué contre eux.

Je vous laisse dès lors volontiers avec le commentaire d’un de mes lecteurs, qui le fait pour la première fois. J’en profite pour saluer sa lucidité et présence d’esprit.

Il se fait appeler Collin.

"La dernière carte que les pays "du golfe" envisageaient de jouer, c'est de constituer un corps expéditionnaire militaire pour porter main forte aux "rebelles" Syriens et tenter démettre le gouvernement Syrien légal.

Or il est curieux de constater que cette idée "lumineuse" a fait pschitt....quand ils ont réalisé qu'en envoyant leurs militaires, leurs armées, guerroyer en Syrie, ils faisaient un boulevard à une très légitime révolution populaire dans leurs propres pays qui ne laisserait pas passer une si belle occasion de renverser ces dictatures sanguinaires des Saoud, et du Qatar...

Bientôt échec et mat,c'est une affaire de quelques coups....les Russes et les Iraniens sont décidément de grands joueurs d'échecs..."

11/07/2012

Afghanistan, Nigeria, Mali...et les autres

On aurait pu ajouter Arabie Saoudite, Pakistan, Soudan, Somalie, Libye et même Tunisie, Egypte et...Turquie.

Les Talibans, dont voici un des innombrables exploits civilisateurs, les Talibans exécutent une femme soupçonnée d'adultère

ont commencé leur modernisation de la société afghane en faisant exploser à la dynamite deux des plus grands chefs-d'œuvre de l'humanité, les Boudhas de Bamiyan, vieux de plus de plus de 15 siècles. Voici la célébration de cet exploit historique.

http://www.youtube.com/watch?v=lwMSo60oIKY

Comme quoi, voir les pires voyous que l'humanité ait pu produire filmer leurs méfaits ne date pas d'hier. Leurs descendants directs s'activent en ce moment en Syrie.

Au Nigeria, massacrer les chrétiens, sans raison aucune, devient l'occupation première des terroristes islamistes. Hier, 20 d'entre eux, parmi lesquels se trouvaient deux députés, ont péri alors qu'ils participaient à un enterrement.

Au Mali, à Tombouctou, les cousins des Talibans viennent de s'en inspirer en détruisant eux aussi deux monuments classés patrimoine mondial en péril et se trouvant dans l'enceinte même de la grande Mosquée de la ville.

http://www.rtl.fr/actualites/international/article/mali-l...

En Egypte, dont l'entrée « historique » dans la démocratie, la liberté et la modernité a été bruyamment saluée par Obama, Clinton et leurs domestiques européens, des islamistes militent aussi. Ils veulent détruire, tenez-vous bien, les grandes pyramides et toutes les statues de l'antiquité égyptienne, symboles de « jahilia » (paganisme, idolâtrie. Mais la traduction directe du mot est infiniment plus significative. Les Arabes Musulmans appellent toute la période précédent l'Islam de « Jahilia » : ignorance, perdition. Je vous laisse méditer). Abdul Latif Mahmoud, Cheikh des Cheikhs sunnites au Bahrein et président de l'unité Nationale, a appelé le nouveau président islamiste de l'Egypte, Mouhammed Morsi, a accomplir ce que « Amr Ibn El As » n'a pu faire en son temps (Ce dernier est le chef militaire qui a envahi l'Egypte sous le deuxième Calife Omar El Khattab).

Mais qu'on se rassure. Tout cela n'est l'œuvre que d'une minorité.

http://independanceetverite.blog.tdg.ch/archive/2012/01/2...

 

20/04/2012

Corans brûlés, cadavres souillés, civils tués, mais droits de l’homme préservés

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Voilà une quatrième « affaire », c'est comme cela que nos médias appellent les horreurs commises par l'armée américaine en Afghanistan, en quatre mois.

En soi, je le dis quitte à m'attirer les foudres des gentils « gauchos », ces « affaires n'ont rien de si extraordinaire. Notre époque semble non seulement avoir oublié qu'en temps de guerre, il pourrait y avoir des morts, des blessés et handicapés, mais aussi crû que la propreté des guerres modernes, uniquement celles conduites par nos « démocraties occidentales », n'a d'égale que celle d'une chambre aseptisée privée d'une clinique suisse.

Non, ce qui m'insupporte est la manière dont les choses sont présentées, avec la complicité affligeante et lamentable de nos médias. Voici donc une affaire, la dernière, celle où l'on voit des soldats poser fièrement sur les cadavres et les restes éparpillées d'insurgés afghans, qui ne sort que...deux ans après. N'importe quel statisticien débutant vous dira que cela signifie que les horreurs dont nous n'avons pas connaissance doivent représenter plus de dix fois le nombre connu. Donald Rumsfeld, le criminel de guerre, n'a d'ailleurs en son temps pas caché la chose : après les révélations horribles d'Abou Ghraib, il avait clairement indiqué, devant la Commission du Sénat Américain, que des documents plus nombreux et encore plus horribles existent mais qu'ils ne seront jamais révélés au public « pour ne pas compromettre la sécurité de nos soldats là-bas ».

1. Détruire l'Irak, tuer plus d'un million de ses habitants et en déplacer plus de quatre fois ce nombre est un acte « démocratique ». Commettre toutes les horreurs dont nous prenons connaissance petit à petit en Afghanistan est une « lutte contre le terrorisme ». En revanche, les actions de l'Armée Nationale Syrienne contre ces mêmes terroristes sont répression, massacres et terreur.

2. Interdire à la totalité des médias, dans la mesure du possible en Irak comme à Gaza, Jérusalem ou Afghanistan, de publier quoi que ce soit sur les activités « héroïques » des armées américaine et israélienne, voire carrément l'interdiction qui leur est faite même d'aller sur place, est un acte parfaitement légitime. Nos médias ne semblent aucunement s'offusquer de cela. Voir ces mêmes médias falsifier voire fabriquer des événements en Syrie est un acte d'information professionnelle.

3. L'Amérique est un très grand pays démocratique où la loi garantit un traitement équitable à tout le monde. C'est pour cela que ce pays se contente d'actionner seulement sa propre « justice » pour faire régner la loi et, justement, la justice. C'est pour cela aussi qu'il n'y a pas besoin d'envoyer des observateurs Onusiens vérifier sur place. C'est pour cela aussi que des centaines de personnes croupissent depuis plus de dix ans dans une zone de non droit, Guantanamo, sans qu'ils ne sachent même ce qui leur est reproché et sans, là non plus, que des observateurs extérieurs « neutre » puissent aller constater. La Syrie, par contre, est un pays tout sauf démocratique et est, au surplus, incapable d'assurer la justice par ses propres moyens. C'est certainement pour cela qu'il faut l'aider en envoyant des « observateurs ».

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Enfin, je ne peux pas terminer ce billet sans parler de nos valeureux remplisseurs de colonnes de journaux. Il paraît qu'ils s'appellent journalistes. Sans parler de cette grande dame Pilay, grande prêtresse du Conseil des Droits de l'Homme sis 20 Quai Wilson sur les rives du Léman. Les premiers faisaient le siège de cette magnifique institution lorsque celle-ci réunissait ses « membres » pour condamner la Syrie, avec Madame Pilay au bord de la crise des nerfs et des larmes. Ce sont les mêmes, toujours aussi valeureux et toujours aussi professionnels, qui semblent totalement ignorer la Syrie maintenant. Cela fera l'objet de mon prochain billet mais disons dès maintenant que l'ONU, non pas la Syrie, ni la Chine ni la Russie mais la commission d'enquête mandaté par ce même Conseil (des droits de l'Homme) vient de rendre un rapport, le 16 avril et nous sommes le 20, selon lequel les groupes armés, amis de Juppé, Erdogan, Clinton, Hamad et certains gauchistes, et journalistes, d'ici, se sont rendu coupables de « tueries extrajudiciaires de soldats capturés lors de confrontations armées ». Lisez bien le terme choisi : tueries.

Le Monde.fr : des groupes armés se sont rendus coupables de "tueries".

Cela intéresse-t-il certains de nos politiciens et...journalistes ?

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : usa, gowrié, afghanistan, syrie, france, terrorisme, qatar, insurgés syriens

24/01/2012

France-Afghanistan : la débâcle des laquais


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Les Américains viennent de présenter leurs excuses au gouvernement afghan, ils l'appellent comme cela, d'avoir pissé sur les corps ensanglantés de quelques Talibans que leurs soldats, les pisseurs, venaient de tuer. Ils ont dit espérer que cette action ne compromettra pas le processus de négociation entamé avec...ces mêmes Talibans, lesquels, de leur côté, viennent de tuer quatre soldats Français et 6 autres soldats de la...coalition.

A n'y plus rien comprendre ? Pourtant...

Selon le comique à la tête de la France, pays souhaitant retrouver son lustre d'antan, et le beaucoup moins comique ministre des affaires étrangères de ce même pays, la mission de la France en Afghanistan, pays qui, selon le comique, vivait au moyen âge et où les femmes et les petites filles n'ont pas de droits, cette mission est la suivante : débarrasser, d'abord, le pays du terrorisme Et des Talibans (c'est fait) et entrainer l'armée afghane qui, après le retrait des troupes « étrangères » saura assurer la défense du pays, c'est fait aussi.

Qu'est-ce que cette armée afghane ? Constitué à plus de 70% de Pachtounes, réserve inépuisable de...Talibans, les Français se trouvent en train d'entrainer...les Talibans. Tragicomique, à moins que ce ne soit tragique tout court.

Les Français semblent même en avoir fait une spécialité. En Syrie, ils financent, arment et entrainent les terroristes, que nos médias appellent « manifestants pacifiques ». Voilà que ceux-ci viennent de tuer un journaliste français, au grand dam d'un pseudo autre journaliste, Sid Hammouche, qui nous dit que c'est un crime d'état.

L'Histoire n'étant qu'une roue qui tourne perpétuellement, je vais vous raconter rapidement celle de Rome, à partir de la deuxième moitié du deuxième siècle de notre ère. Entièrement romaine, l'armée commence petit à petit à accepter tout et n'importe qui dans ses rangs jusqu'à ce que, à la fin de l'empire de l'ouest, les non Romains, Germains pour l'essentiel, mais aussi Berbères, Espagnols, etc., commencent à en constituer une bonne partie. Ce fut le début de la fin.

Un jour, peut-être plus tellement lointain, ce ne sera plus des Talibans qui tireront sur l'armée française mais bien des « soldats » de cette même armée qui tireront sur leurs propres camarades.

Cela a déjà commencé aux USA. Le commandant Hassan a tué 13 de ses camarades. Il évoquait avant tout sa...confession.

Tout cela en attendant que "les autres" viennent mettre de l'ordre chez nous, parce qu'on n'est plus capable de le faire nous mêmes. Nous gouverner en quelque sorte. ça commence avec l'intégration des étrangers dans nos propres forces de police. Je vous le disais, l'histoire n'est qu'une roue qui tourne perpétuellement.

Je les entends déjà : holà, vous y allez trop vite. Oui, je le sais. Cela fait 50 ans qu'on va trop vite et qu'on déclanche des peurs injustifiées voire inexistantes. Regardez la perfection à laquelle nous sommes arrivés.

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, afghanistan, hammouche, jacquier, le courrier