13/06/2012

Elections françaises : vous avez dit démocratie ?

Je ne voulais vraiment pas écrire sur ces élections qui, en fin de compte, n'ont que peu d'intérêt. Je peux aussi raisonnablement supposer qu'en dehors de quelques cas pimentés, pour ne pas dire sulfureux, ce constat doit être à peu près le même pour beaucoup de gens.

J'ai eu l'occasion d'écrire à une reprise au moins sur les élections présidentielles où je soulignais surtout le fait de considérer comme un échec patent  ce que l'écrasante majorité des spécialistes, toujours eux, et les médias, toujours eux, prenaient  comme une poussée fulgurante. Je suis même allé plus loin en considérant que Mélenchon signait, à l'occasion de ces élections, le début de sa disparition politique. Les élections législatives viennent confirmer mes prévisions de la manière la plus cruelle, pour lui en tout cas. Il est par ailleurs édifiant de constater que dans les « publicités » que les différents partis nous offrent pour l'entre deux tours, Mélenchon a complètement disparu. C'est le secrétaire nationale du parti...communiste, un illustre inconnu, qui s'en charge.

http://independanceetverite.blog.tdg.ch/archive/2012/04/2...

Ainsi, celle que Mélenchon est allé défier chez elle et dans le but très précis de la renvoyer à la maison, a failli passer dès le premier tour, avec plus de 48% des voix, plus que le double de celle que Mélenchon a réussi à obtenir. Pis, il ne sera même pas présent au second tour. Le pauvre se voit réduit à appeler à voter pour le candidat socialiste, celui qu'il traitait d'incapable, de lavette et d'autres joyeusetés du genre. Comme quoi, la vraie défaite et la pire de toutes est celle qu'on subit vis-à-vis de soi-même, de ses propres convictions et au prix de l'abandon de ses principes.

Loin d'avoir apporté une quelconque dynamique à l'extrême gauche française, contrairement à ce que « les spécialistes » prétendent, Mélenchon a, à l'occasion des élections présidentielles et, surtout, législatives, probablement signé la disparition de celle-ci.

Revenons à cette étrange démocratie qui empêche un cinquième de la population française, selon les élections, de faire entendre sa voix.

Autant, pour être mesuré et raisonnable, je crois qu'il est nécessaire que l'élection présidentielle se fasse au scrutin majoritaire, autant il me semble invraisemblable et incompréhensible que les législatives ne puissent pas se faire selon le système proportionnel. On nous parle de stabilité politique,  de nécessité, pour le Président, d'avoir un parlement qui lui « permette » d'appliquer sa politique, etc. Il y a vraiment comme un très gros problème dans tout cela. Examinons les choses d'un peu plus près. Cela fait plus de 30 ans que les gauche succède à la droite et que ces derniersremplacent les premiers. Sur cette trentaine d'années, plus des deux tiers ont vu un parlement de la même couleur politique que le Président. Ma question est extrêmement simple : qu'est-ce qui a changé, je demande un seul exemple, pas plus, dans la vie des Français depuis ?

Enfin, une autre curiosité, démocratique, extraordinaire en France est celle qui consiste à ce qu'un "suppléant", vous avez bien lu, prenne, physiquement, la place, d'un membre du gouvernement. Si, pour une raison quelconque, le ministre en question quitte son post au gouvernement, le suppléant rentre à la maison et le ministre retrouve son siège de...député. Fantastique.

En Suisse, l'année 1848 marque la naissance de l'Etat Fédéral moderne. A l'époque, nos parlementaires  étaient élus au scrutin majoritaire. Tout a été fait sur mesure pour le Parti Radical. Celui-ci a dès lors réussi à dominer la scène politique pendant plus d'une cinquantaine d'année. On le voit, même chez nous, ce genre de scrutin n'a qu'un seul but et effet : empêcher les formations de moindre importance d'avoir une représentation suffisante pour porter sa voix et ses principes. Trois initiatives populaires ont été nécessaires, en 1900, 1910 et 1919 pour que, à l'occasion de cette dernière, le système proportionnel soit enfin adopté.

Sans chauvinisme aucun, il ne me semble pas que la Suisse soit le pays le plus « instable » dans le monde, ni politiquement, ni socialement.

Pourtant, nous avons quatre régions linguistiques, 26 cantons et pratiquement autant de mentalités différentes.

Quelle magnifique leçon d'intelligence collective. Si seulement nous pouvions, et savions, la sauvegarder.

 

07/05/2012

La France a un nouveau Président. Et alors ?

Un non événement, comme tant d'autres dans ce monde politico-médiatique, vient d'avoir lieu : l'élection de M. Hollande au poste de Président de la République Française.

Pourquoi un non événement ? Pour la simple raison que, depuis 1974, c'est le cinquième Président à prendre les commandes de ce pays, je vous demande simplement de me dire ce qui a changé depuis ! Qu'a fait Mitterrand que d'Estaing n'avait pas réussi avant lui ? Quel changement fondamental a apporté Chirac au destin de la France ? Nul besoin de reposer la même question concernant Sarkozy, tout le monde sait ce que j'en pense.

Je pousse des portes ouvertes ? Peut-être. Mais alors, ce tapage incessant, y compris chez nous, du matin au soir, dans la totalité de nos médias...c'est pourquoi ?

Alors, plutôt que de se joindre au troupeau, livrons-nous à un petit jeu de pronostics.

Personnellement, malgré tout ce que je viens de dire, je trouve qu'il y a tout de même du bon dans la défaite, sorti par la petite porte, de Sarkozy : on ne verra, ni entendra plus le sinistre Juppé qui, dit-on, était pressenti pour le poste de premier ministre. Où ira-il ? Déguster du vin à la Mairie de Bordeaux, à moins qu'il ne prenne des vacances prolongées chez son ami/bailleur Hariri ou chez ses maîtres, je vous laisse deviner. Il y a un indice : il y a de cela pas très longtemps, ils se déplaçaient à dos de dromadaires.

Est-ce que l'élection de Hollande y changerait quelque chose ? Un statisticien répondra en étalant le graphique de tous les indicateurs socio économiques depuis la deuxième guerre mondiale et en extrapolera un tableau très sombre, ce quelque soit l'homme ou la femme aux manettes du pays. Il se pourrait bien que le statisticien en question soit en dessous de la réalité car, comme l'élu de gauche essayera d'appliquer les recettes susceptibles, selon lui, de corriger les errements de son prédécesseur, il ne fera qu'empirer les choses. Certains Français, ceux dont l'allié Mélenchon voudrait que l'on fasse les poches, ne s'y sont pas trompés qui se préparent déjà à s'exiler. Ceci nous vaudra, nous Suisses, une autre décente à la Woerth, d'autres falsifications, par les services concernés des listes des clients de nos banques et...des abdications conséquentes et habituelles de nos autorités fédérales.

Dès la semaine prochaine, les grandes manœuvres de refonte de la droite française commenceront. Sarkozy ayant lui-même largement contribué à en tracer les grandes lignes, une bonne partie ira grossir les rangs du Front National, qui, entretemps, aura changé de nom (voir le billet que j'ai publié le 24 avril : François Hollande, vainqueur de demain, Marine Le pen, d'après-demain

A propos de personnes, j'essaie juste d'imaginer une équipe gouvernementale comptant dans ses rangs Martine Aubry et Harlem Désir. Mon Dieu : les prières de rue officialisées, les horaires différenciés aux piscines et la viande halale aux cantines instituionalisés, c'est peut-être ce qui attend les Français demain.

Ainsi, il est fort probable que le vrai gagnant de cette mascarade soit la "nouvelle droite" que Marine Le Pen s'emploie à mettre en place. Je ne crois même pas que la proportionnelle sera nécessaires aux prochaines grandes élections en France. La contribution, très active, de Hollande à la victoire de la droite « Marinienne » suffira largement.

Mais, pour la France, ce sera trop tard.

P. S. Je ne peux bien évidemment pas terminer ce billet sans y mentionner un énième exploit "journalistique". En effet, vers 19h50, la "journaliste" (il paraît que c'est comme cela qu'on les appelle) de France 2, postée devant l'Elysée, a annoncé : "je me trouve devant l'entrée principale du Palais, d'où Sarkozy doit sortir tout à l'heure, à moins que ce ne soit par la porte arrière". Voyez-vous, je ne sais si les voies du Seigneur sont impénétrables, mais celles du journalisme professionnel...

A ce propos, voici, en cadeau, ce qu'en pensait, dans les années 80 déjà, le regretté Coluche : Les journalistes

P. S. bis. Alors qu'il se trouvait sur le plateau de France 2 pour commenter le résultat des élections, la seule chose que ce sinistre Juppé a trouvé à dire est : le plus important est que la France sache garder les acquis obtenus sur la scène internationale grâce à "notre" action. Décidément, il ne pense qu'à ça. Bon vent, sinistre personnage.

 

05/12/2011

Elections en Russie : manipulées ? Et alors ?

Voici la dernière trouvaille de nos médias, je ne m'en lasse pas, indépendants et tout à fait libres : les élections russes sont, ils l'affirme déjà au présent, entachées d'irrégularités. Irrégularités par ci, irrégularités par là, pressions, intimidations, matériel informatique saisi chez les opposants, sites internet, parait-il, miraculeusement inatteignables, etc.

Et alors ?

Quelqu'un a déjà entendu parler de l'adage : on balaie d'abord devant sa porte ? Non ?

Commençons par le pays dépositaires des droits de l'homme dans le monde : la France. Il parait que les socialistes accusent l'actuel président et sa majorité d'une sorte de...fraude électorale. Plus précisément, le président actuel, sans être officiellement candidat, l'est tout de même un peu et financerait sa future campagne, qui n'a pas encore commencé, en utilisant l'argent publique. Vous suivez ?

En France, il y a aussi une autre spécialité : les parrainages de candidats. Kesako ? Pour pouvoir se présenter aux élections présidentielles, le candidat doit au préalable réunir « quelques » conditions : entre autres, réunir au moins 500 parrainages d'élus. En cherchant un peu, on trouve le nombre « hallucinant » de 45'000 grands électeurs potentiels. Et pourtant.

A cinq mois des élections, certains candidats n'ont toujours pas réussi à réunir les parrainages nécessaires. C'est certainement dû au hasard. Rien n'empêche non plus d'aider le hasard à coup de...pressions, intimidations, promesses diverses et variées...

A ceux qui saisiront immédiatement l'occasion pour dire : ah... le voilà, il veut parler de la candidate Le Pen, je dis : j'ai le droit de parler de qui je veux. Je suis en ...démocratie, non ? Pour le reste, trouvez-vous normal qu'en démocratie, plus de 20% des gens, selon les derniers sondages, ne trouvent personne pour les représenter dans l'Assemblée la plus démocratique de la République ?  Et voilà que certains, les même que tout à l'heure probablement, sauteront sur l'occasion pour dire : n'oublions pas que Hitler a été élu grâce à des élections parfaitement démocratiques. Mais alors, on module la démocratie comme on veut ? A ceux-là je dis aussi : merci de mettre de l'eau dans mon moulin, je suis parfaitement d'accord mais alors, manipulations pour manipulation et pressions pour pressions, chacun se débarrasse de ses adversaires comme il peut. Et puis, un peu d'indulgence, ce serait sympa de notre part.

Les spécialistes, encore eux, et professionnels  de l'information, encore eux, ont tout de suite trouvé toutes les excuses possibles et imaginables aux « électeurs » du printemps arabe : nous avons eu besoin de plus de 160 ans, 1789 - 1950 grosso modo, pour que notre démocratie puisse s'installer, donnons-leur un peu de temps pour s'habituer (ils parlaient des supporters des salafistes). Allez, soyez sympas, donnez aux électeurs des ex-états soviétiques un peu de temps. Ils n'en sont sortis que depuis une petite vingtaine d'années. Ça leur laisse 140 ans pour s'habituer à votre manière de manipuler les élections.

Merci la Russie. Si c'est pour en arriver à cet état généralisé de décrépitude et de délabrement et si la Russie devait, peut-être, être un des derniers remparts, alors vivent les manipulations électorales à la russe.

 

27/10/2011

Youpi, la démocratie, la liberté et…le fondamentalisme islamique sont là

Ça y est, la Libye, la Tunisie et l'Egypte sont déjà démocratique et libres, avec l'Arabie Saoudite, la Qatar et les autres pays du Golf, il ne reste plus que la Syrie à démocratiser et libérer dans la région.

Pour la deuxième fois en moins d'un mois, le président du CNT libyen déclare on ne peut plus clairement que la Libye sera gouvernée par la Charia. Il a même eu le temps d'en détailler les contours : les règles sur le mariage sont contraires à la Charia, elles ne seront dès lors pas appliquées. Inutile de détailler le reste, on commence, même ici, à savoir ce que tout cela signifie, n'en déplaise aux barbus en Sarouel. La Tunisie, elle, n'est pas en reste qui offre une majorité écrasante de suffrages au parti islamiste El Nahda. Voici les faits à propos de ces derniers :

1.       Leur chef, Rached Ghannoushi, vivait avec sa famille en Grande Bretagne « très confortablement ». Comme le font par ailleurs tous ces « pauvres exilés » qui retournent pour « rétablir la démocratie » dans leurs pays. Personne ne s'est posé la question de savoir d'où proviennent les ressources leur permettant de vivre « très confortablement »

2.       Alors que l'Union Européenne a tout de suite applaudi des élections qui se sont « parfaitement » déroulées, certains rapports, qui restent encore à vérifier, parlent de voix achetées 15 euros l'unité.

Certains ont applaudi le Printemps Arabe. J'espère que nous n'allons pas tous bientôt pleurer l'hiver fondamentaliste.

Dans toute cette mascarade, deux catégories de gens se distinguent :

1.       Les doux rêveurs, ceux qui ont vraiment cru à un mouvement populaire pacifique aspirant à la démocratie et à la liberté

2.       Les indécrottables, ceux pour qui « notre » démocratie est bien à même de barrer la route à toute velléité ou tendance islamisante s'approchant par trop près de nos contrées. A ceux-là, précisément, je dis que Annahda, le parti islamiste de la Nouvelle Tunisie, à réalisé un score encore meilleur chez les Tunisiens de l'extérieur (ceux qui se trouvent dans nos contrées) que chez ceux de l'intérieur.

Certains, doux-rêveurs ou indécrottables, répliqueront immédiatement que cela est le jeu démocratique (ils réduisent la démocratie aux élections). Je répondrais simplement en disant que les élections  de 1993 en Algérie (annulées sous, précisément, les pressions occidentales) avaient donné une majorité écrasante aux fondamentalistes algériens et que les élections en Palestine (reconnues par le monde entier comme étant parfaites) avaient donné la victoire au Hamas.

Démocratie à géométrie variable ?

En parlant de tout cela avec un journaliste d'un média visuel romand, semblant bien connaître le sujet, celui-ci me dit soudain : vous n'êtes tout de même pas naïf pour savoir ce qu'il y a derrière tout cela. Non, je ne suis pas naïf, moi. Les naïfs, manipulateurs, menteurs, incompétents, appelez-les comme vous le voulez, sont ceux qui remplissent leurs colonnes (des journaux) en nous présentant tout cela comme une véritable aspiration populaire à la démocratie et à la liberté.

Tant mieux pour eux, mais aussi pour ceux qui les lisent