17/03/2012

Entretien avec Fouad et Talal, de retour de Syrie

Fouad (prénom réel) et Talal (nom d'emprunt), citoyens suisses ordinaires d'origine syrienne, viennent de rentrer de Syrie. Le premier y est resté plus de cinq mois de suite, à Alep, et compte y revenir dès le mois prochain, alors que Talal, originaire de Homs, en rentrait après une dizaine de jours passés auprès de la famille et des amis. Le premier est chrétien alors que l'autre est musulman...sunnite.

C'est sous un soleil printanier, autour d'un verre sur une terrasse genevoise, que cet entretien eut lieu.

Je pose la première question aux deux : alors, que se passe-t-il...réellement ?

Fouad : en dehors de quelques points périphériques, assez bien connus même ici, il ne se passe rien. La vie à Alep est normale, les gens sortent, vont aux restaurants, sortent même la nuit. On y vit « presque » normalement. Je dis presque car on ne peut ne pas entendre et discuter de ce qui se passe dans le pays.

Talal : la situation à Homs est un peu plus compliquée. Les autorités, par souci d'épargner le maximum de vies innocentes, a, malheureusement, laissé les insurgés, pour la plupart des bandes armées dont l'activité principale est de kidnapper et rançonner, prendre le contrôle, réel, de certains quartiers de la ville. On y a assisté à des déplacements, sous la menace, de dizaines de familles, alaouites et chrétiennes.

Que pensent réellement les gens ?

Fouad : A Alep, les choses sont simples. La majorité écrasante des gens est totalement hostile à cette soi-disant révolution. Les gens disent que c'est une véritable calamité. De fait, on n'entend que des nouvelles du genre : on a kidnappé une tel et demandé rançon à sa famille. On a découvert à Sarakeb (banlieue assez malfamée) plus de 200 véhicules volés dont les propriétaires ont aussi reçu des demandes de rançon. On a kidnappé le fils des voisins de ma mère et menacé la famille de le lui rendre en plusieurs morceaux si celle-ci ne payait pas 5 millions de livres (CHF. 62'000). On se déplace la plupart du temps en taxi à Alep (note : c'est vrai. La plupart des chauffeurs ne sont pas les propriétaires des véhicules mais sont salariés auprès de ces derniers et viennent majoritairement des régions périphériques de l'agglomération). Je n'ai pas rencontré un seul qui ne m'ait dit avoir ras le bol de ces bandits qui mettent le pays à feu et à sang et veulent le détruire. Certains m'ont raconté avoir crû au début à un vrai mouvement populaire de mécontentement mais ont dû très vite déchanter.

Talal : A Homs, mais aussi, d'après ce que j'entends, ailleurs, les insurgés procèdent toujours de la même manière. Quelques individus, 4 ou 5 au maximum, attaquent à la mitraillette un point de contrôle ou un bâtiment officiel puis ils s'enfuient et se cachent de préférence dans des quartiers très peuplés et notamment les quartiers chrétiens.

Fouad : quelques familles, ayant fui Homas, nous ont dit que des bandes armés marquaient les maisons disant qu'il s'agissait de « butins » et que leurs occupants doivent partir, ou mourir.

Il s'agissait essentiellement de qui ?

Talal : de familles chrétiennes.

Que regardiez-vous essentiellement pendant votre séjour en syrie ?

Fouad . tout. On regarde tout. Comme tu le sais, tout le monde est équipé de paraboles et reçoit les chaînes satellitaires. J'ai moi-même participé à plusieurs émissions en direct sur la BBC Arabe (note . j'ai effectivement entendu Fouad intervenir en direct à au moins deux reprises alors qu'il se trouvait à Alep). Mon activité préféré était que, lorsqu'une télé diffusait « en direct » des manifestations, des affrontements, etc. je courrais, avec quelques amis, voir sur place se qui se passait. Dans 90% des cas, on tombait sur...rien. Je te le jure sur la tête des mes enfants.

Comment as-tu pu intervenir sur la BBC ?

Fouad : J'ai fait comme en Suisse. Je me présentais parfois comme quelqu'un de l'opposition pour qu'ils me permettent d'intervenir. Parfois je disais aussi que je ne suis ni d'un bord ni de l'autre mais que je me souciais de la situation dans le pays et aimerais dès lors donner mon avis et, surtout, un témoignage oculaire.

Talal : on a découvert à Homs, à Baba Amr, des locaux équipés de matériel électronique  et de communication assez sophistiqué. Tout ce qui est nécessaire pour « réaliser » des « sujets » à fournir à ces chaînes. (note : j'en ai envoyé plusieurs à nos médias. Aucun n'a été diffusé. Voici, pour rappel, le dernier, avec la traduction complète)

CNN et Danny fabriquent des massacres à Homs

Comment réagissent les gens à la vue des sujets diffusés sur Al Jazeera, Al Arabiya, BBC, CNN, etc. ?

Fouad : je ne me trouvais pas en Syrie au début des événements en mars 2011. Les gens m'ont dit qu'ils étaient très perturbés lorsqu'ils voyaient les images diffusées sur ces chaînes. Avec le temps, surtout après la démission spectaculaire du journaliste vedette d'Al Jazeera, Ghassan Ben Jeddo, ils ont commencé à réaliser que quelque chose n'allait pas. Certains m'ont raconté avoir eu la même réaction que moi : aller près des endroits montrés sur ces chaînes pour voir. Ils n'y voyaient rien. J'ai des amis de Damas qui, alors qu'ils circulaient à bord de leurs voitures à la place d'Al Abbasiyeen, ont entendu une radio étrangère dire que des manifestations anti régime monstres s'y déroulaient.

Talal : Le pire c'était Homs. On a découvert que les choses se préparaient depuis des mois, voire des années. Homs était préparée pour devenir le centre des opérations militaires. Une véritable petite ville souterraine était creusée et je ne puis m'empêcher de le reprocher aux autorités qui ont laissé faire je ne sais pour quelle raison. Ce n'est pas par hasard si, dès le début, des émirats ont été déclarés par ci par là autour de Homs et tout près des frontières avec le Liban. Les gens ont commencé à réaliser la réalité des choses lorsqu'ils ont vus leurs propres enfants montrés, morts, alors qu'ils étaient vivants.

Fouad : On entendait partout sur ces chaînes dire que l'armée tire sur des manifestants pacifiques. Je ne peux pas exclure que certaines bavures aient été commises mais qui parle des horribles bavures des armées américaines ou anglaises en Irak ? Je ne peux exclure ces bavures mais j'ai eu la certitude que, dans l'écrasante majorité des cas, ce sont ces gangs armés qui semaient la terreur obligeant l'armée, c'est son rôle, à réagir. J'ai souvent posé cette question lors de mes interventions sur BBC : il y a des manifestations à Hassaké (nord-est de la Syrie), à Kameshli, à Rakka et même quelques fois à Alep, pourquoi l'armée ne tire pas et pourquoi n'y a-t-il pas de morts ? Je n'ai jamais eu de réponse.

Que disent les gens en général lorsque vous leur parliez de ce qu'on voit sur les médias ici ?

Fouad : la plupart des gens sont surpris et ne comprennent pas. Ils sont en majorité très en colère notamment après les épisodes de ces soi-disant journalistes entrés clandestinement en Syrie. Alors que, je le sais, ils étaient très majoritairement favorables à une ouverture complète du pays aux journalistes et médias « pour qu'ils viennent constater de leurs propres yeux », ils disent maintenant comprendre parfaitement la position du gouvernement. Ils ont vu des militants dont les sujets ont été écrits à l'avance. C'est aussi ce que j'ai souvent dis lors de mes diverses interventions.

Et qu'elle est le sentiment des gens vis-à-vis des Occidentaux, de la Russie, de la Chine, des autres pays arabes, etc. ?

Talal : Là, les choses sont extrêmement claires. Je dois dire que j'ai constaté une véritable haine chez la plupart des gens que j'ai rencontrés. Curieusement, ou peut-être pas, cette haine est surtout ressentie vis-à-vis de la Turquie et...des pays arabes, surtout ceux du Golfe.

Fouad : Dis-toi bien que ces pays appellent ouvertement à armer les terroristes. Ce n'est pas surprenant. Ils ont armé tous les terroristes (islamistes) de la terre. Là où la surprise des gens était la plus grande, c'est de voir à quel point la haine de ces pays était grande. Même les vrais ennemis de la Syrie n'ont pas été aussi loin. Quelqu'un m'dit : tu vois, ils nous attaquent 24 heures sur 24, ils veulent armer les terroristes, mais on ne les entend même pas pour ce qui est des Ghazzaouis. On ne les a pas entendus dire qu'ils veulent les armer !

Talal : Oui, c'est tout à fait ça. Les gens sont sincèrement très reconnaissants à la Russie et à la Chine. Ils ne le sont pas aveuglément. Ils savent que le soutien de ces deux pays n'est pas entièrement dû à leur amour pour la Syrie mais cela leur importe peu. L'essentiel est le résultat et la non répétition du scénario, en 100 fois pire, à la libyenne. Les gens sont persuadés  que les Occidentaux veulent la destruction du pays et instrumentalisent leurs laquais de la région à cette fin.

Fouad : Ils ne sont pas idiots. Ils voient que la terre entière n'a plus qu'un seul souci, la Syrie et ça les surprend un peu. Tu sais, tout le monde le dit : quel que soit la main mise du « régime » sur le pays et quelle que soit sa force militaire, si, de nos jours, le peuple voulait vraiment la chute d'un régime, n'importe lequel, ce dernier tomberait. Mais la majorité de peuple ne le veut pas, peut-être pas pour le régime en soi, mais parce que les gens, toute confession et toute appartenance confondues, savent que l'arrivée de cette soi-disant opposition au pouvoir est synonyme de chao, guerre civile, morts et désolation. Les indices en sont innombrables. Les gens les plus simples disent : on n'a qu'à voir qui les soutient (les terroristes) pour savoir que ce n'est pas bon. En effet : l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Turquie, les USA, la France, la GB, ça promet. Mais pas l'Irak, alors même que celui-ci est dominé par les Américains. C'est tout dire.

P. S. Cet entretien est authentique et les personnes concernées, réelles, sont prêtes à le confirmer. Notamment à des journalistes « avides » de vérité. Moi, je suis persuadé que cela n'intéresse pas ces derniers, lesquels  préfèrent se rabattre sur les opposants  uniquement (histoire de faire honneur à leur réputation de militants et de simple exécutants d'ordres) même si les histoires de ceux-ci, les opposants, sont fausses et fabriquées, y compris par les journalistes eux-mêmes. Nous attendons en effet toujours la suite de l'enquête concernant les attaques dont furent l'objet certains « opposants » de la part des services secrets syriens ici, à Genève.

Je crois que nous devrions attendre encore très longtemps.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, gowrié, opposition, france, usa, qatar, arabie saoudite, islamisme

16/03/2012

Après Baba Amr et Rastan, les insurgés se retirent « stratégiquement » d’Idleb

Promue nouvelle capitale de la « révolution » syrienne, Idleb est sous le contrôle « total » de l'Armée Syrienne. Par Armée Syrienne, il faut entendre l'armée légale d'un pays souverain.

On peut se demander pourquoi Idleb, ville bastion des insurgés échappant, selon CNN et Al Jazeera, au contrôle des autorités centrales depuis plus de six mois, est « tombée » en moins de trois jours et avec un nombre de « victimes » relativement modeste, alors qu'à Baba Amr, un quartier de Homs, il fallut plus de trois semaines pour venir à bout des terroristes qui y faisaient régner leur loi ?

Parce que, contrairement à ce que nous racontent Al Jazeera et ses succursales ici, l'Armée Syrienne n'a pas voulu d'un bain de sang à Baba Amr. Parce que cette armée voulait débusquer les terroristes responsables, eux, de ces atrocités dont Bouvier, Daniels, etc. en font la promotion. On sait maintenant que ces gens n'ont de journalistes que le nom et qu'il s'agissait en réalité d'aventuriers militants.

Le plus intéressant dans cette affaire est que l'armée syrienne, la vraie, opère, avec méthode, sur la frontière turque, au nez et à la barbe d'Erdogan l'Ottoman. Aucune zone, humanitaire ou pas, de non droit, à la Benghazi, ne sera jamais tolérée en Syrie, jamais. Il est par ailleurs très révélateur de constater qu'Erdogan, qui « accueille » l'ASL et le CNS chez lui, qui veut attaquer les navires de guerre israéliens qui s'opposeraient à son «  aide » aux Palestiniens et qui « ordonne » au Président syrien de s'en aller, est à ce point incapable de soutenir « son armée syrienne libre ».

L'ASL défaite, sauf chez Al Jazeera et Al Arabiya, reste le problème des Jihadistes, fournis et financés par les Bédouins. Les infiltrations, notamment au travers les longues frontières irakiennes, ne pouvant être totalement stoppées, elles seront néanmoins beaucoup moins efficaces, pour autant qu'elles ne l'aient jamais réellement été. Cela est notamment vrai pour ce qui est du soutien logistique qui leur est indispensable.

Les « très » mauvaises nouvelles se succèdent pour Al Jazeera et Al Arabiya où les démissions s'enchaînent à un rythme effréné. Elles sont tout aussi mauvaises pour la soi-disant opposition syrienne où, après Manna, grande figure de cette dernière, Michel Kilo, historique et respectable opposant syrien, se distance à son tour du Conseil d'Istanbul. Elles ne sont pas plus brillantes non plus pour le tandem Juppé/Sarkozy, libérateurs de la Libye et spectateurs de la probable guerre civile qui s'y prépare.

Les nouvelles sont décidément tout aussi mauvaises pour nos médias, vous savez, les succursales d'Al Jazeera. Alors qu'ils s'y étaient préparés, ils ne pourront malheureusement, pou eux, pas nous rééditer le feuilleton de Baba Amr à Idleb. Ils y furent pris de court. Il n'y a « presque » plus rien à voir. Ils doivent s'en prendre à l'ASL qui s'en était retirée « stratégiquement ».

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : homs, syrie, gowrié, baba amr, asl, juppé, sarkozy, cns, kilo, manaa, terrorisme, opposition syrienne

15/03/2012

Le Matin : journal militant

Ce billet devait paraître hier mais la pudeur et la tristesse m'en empêchèrent. Ceci ne fut malheureusement pas le cas de tout le monde. Les vingt huit victimes, dont 22 enfants, de l'accident de car en Valais, ne dût pas les émouvoir autre mesure.

Ainsi, on pouvait lire, sur la manchette de ce journal : «Atrocités en Syrie, signer l'appel du Matin».

Dans la version électronique, on lit que Madame Calmy Rey, ex ConseiCalmy Rey voilée.PNGllère Fédérale a déjà signé l'appel. On lit aussi qu'elle est « pour une intervention militaire en Syrie ». Et pour ce qui est de l'Iran, que pense cette grande Dame ?

Voici le monde merveilleux de nos médias. La patience n'étant pas la vertu première de « nos » journalistes, on apprend gentiment que le « massacre » de Homs d'une cinquantaine d'hommes, de femmes et d'enfants est probablement l'œuvre des insurgés que Madame Bouvier, vous savez la « journaliste, paraît-il » militante française est allée soutenir.

Je rappelle à cette occasion que nous n'avons toujours pas la moindre image, le moindre document du périple de cette personne en terre du Jihad à Baba Amr.

Pour revenir au massacre de Homs, comme pour tout le reste des informations distribuées par Al Jazeera à nos médias, sait-on pourquoi personne n'en parle plus, d'un seul coup ? Serait-ce parce qu'on sait maintenant qui l'a commis ? Les enfants d'Al Jazeera et des Bédouins, soutenus par Juppé et compagnie ? Les médias qui ont « commercialisé » la nouvelle, seront-ils sanctionnés un jour ?

Est-ce que vous savez maintenant pourquoi la Russie et la Chine ne bougeront pas d'in iota de leur ligne concernant la crise syrienne ? Serait-ce parce que la vérité, sur le terrain, ne correspond pas à celle commercialisée par Al Jazeera, Al Arabiya et leurs succursales ici ? Oui, certainement.

Voici, à ma "presque" grande surprise, un billet écrit par un autre blogueur, Monsieur Demir Sönmez. Les consciences commencent-elles à se réveiller ?

Demir Sönmez : l'assassinat d'un imam à Anderlecht

Oui, je fais porter l'entière responsabilité de la situation aux oiseaux de malheurs : Al Jazeera, Al Arabiya, BBC, France 24, France Info, mais aussi, hélas, nos propres médias ici.

 

09:19 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : le matin, syrie, gowrié, micheline calmy rey, calmy, homs, juppé, al jazeera, médias

13/03/2012

La Russie fait son mai 68

C'est sous ce titre qu'Eric Hoesli, directeur des publications du groupe Edipresse, a publié un excellent édito ce dimanche, 11 mars 2012. J'espère qu'il ne me tiendra pas rigueur d'avoir utiliser le même titre.

M. Hoesli y parle notamment de la victoire de M. Poutine qui, malgré les fraudes, admises, n'en reste pas moins incontestable.

La lucidité, franchise et honnêteté intellectuelle de l'auteur, tout au long de l'article, forcent l'admiration. On eut aimé qu'il en fût ainsi tout le temps, pour tous les sujets.

M. Hoesli est sans aucun doute le premier et seul responsable d'un média occidental qui se risque à dire que «Et n'en déplaise aux observateurs et à la presse occidentale dont l'antipathie pour le personnage est telle qu'elle finit par l'aveugler, cette victoire, de M. Poutine, est peu contestable». Ainsi, les sentiments personnels des collaborateurs de ces médias les aveuglent, moi qui croyais qu'ils ne sont mus que par le professionnalisme et l'objectivité, supposés être au cœur même de ce métier.

Sujets bâclés, documents non vérifiés voire, parfois, trafiqués, matériel vidéographique aux origines plus que douteuses, analyses remâchées traduisant une ignorance presque totale du sujet traité...Résultat prévisible d'un journalisme voué au sensationnalisme et soumis à des impératifs économiques reléguant la déontologie et l'objectivité aux rangs inférieurs.

On m'objectera, bien sûr, que, faute de mieux (entendez par là l'impossibilité pour les journalistes de se rendre compte eux-mêmes) ils sont obligés de procéder de la sorte ! Je ne le crois pas. En voici, encore une fois, la preuve : une grande chaîne internationale d'information fabriquant une information montée de toutes pièces.

CNN et Danny fabriquant un massacre

D'autres preuves, innombrables, existent. Les médias les ont en leur possession, mais ils refusent de les révéler. Le parti pris les en interdit.

Pour revenir à l'analyse, séduisante, de M. Hoesli, une différence, à mon avis essentielle, entre le mai 68 français et sa « copie » russe, semble lui avoir échappé : la Russie n'est pas la France et les Russes ne ressemblent pas aux Français. Le triomphe électoral de De Gaulle ne lui a peut-être servi à rien car il n'a plus compris les mutations de la société française, cela n'empêche : c'est lui qui avait vu juste. Nous n'avons qu'à regarder le spectacle affligeant qu'offre la France d'aujourd'hui pour s'en convaincre. C'est parce que nous voulons appliquer à tout prix notre modèle de vie et notre manière de penser, à des cultures très différentes de la nôtre, que nous n'arriverons jamais à comprendre les réactions des autres peuples. Je vois en effet mal les Français, pour ne prendre que cet exemple, incapables de comprendre les résultats des référendums de leurs plus proches voisins, nous, essayer de comprendre ce qui se passe à plus de 5'000 km de chez eux.

TDG : ces Suisses travailleurs font tiquer les Français.

A ceux qui s'étonnent à ce point des réactions de la Russie et de la Chine, ne croyez pas qu'il s'agit seulement d'intérêts économiques et géostratégiques. Car "certains" grands pays ne construisent pas leurs politiques sur la base de vidéos amateurs transmises par je ne sais qui et diffusées à grande échelle par des pseudos médias, mais sur leur connaissance des réalités sur le terrain. Mais il n'y a pas que cela. La Russie n'a pas oublié et n'oublie toujours pas que c'est la même Arabie Saoudite, qui finance et envoie les terroristes jihadistes en Syrie, qui, en son temps et peut-être même aujourd'hui, a financé et équipé les...Tchéchènes.

Enfin, puisque l'édito de M. Hoesli nous laisse tout de même un peu d'espoir quant à la capacité des médias d'être objectifs, je lui offre, de même qu'à toute la profession, ce énième document, étant presque sûr qu'il subira le sort de tous ceux qui l'ont précédé : rester dans les tiroirs.

Manifestation pacifique à Homs, Alaouites.PNG

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : russie, syrie, gowrié, hoesli, eric hoesli, médias, information, islamisme, alaouites

12/03/2012

Syrie, Israël, bédouins et colonialistes classiques

Syrie.

1.  En Irak, les Américains combattent les terroristes et Al Qaeda. En Syrie, ces derniers deviennent, par miracle, surtout médiatique, des manifestants pacifiques.

2.  En Irak, les résistants, armés, sont qualifiés de terroristes, en Syrie, les « gangs » armés, sont des manifestants pacifiques « pro-démocratie ».

3.  En Irak, les Américains tuent, directement ou indirectement, un million d'Irakiens, dont presque un demi million d'enfants. Ils se retirent ensuite sans que personne, du genre Amnesty International, Human Rights Watch et...nos médias, n'y trouvent rien à redire. En Syrie, les mêmes veulent traduire le régime devant la...justice internationale (c'est comme cela qu'ils l'appellent).

4.  Des personnes manifestent « pacifiquement » au Bahreïn, les Américains, mais aussi les Français, Anglais et autres, « comprennent » la réaction du gouvernement et même l'intervention d'un pays étranger, l'Arabie Saoudite. En Syrie, Assad perd immédiatement sa « légitimité » et il faut qu'il laisse le pouvoir aux « manifestants ».

5.  Le cynisme et l'abjection n'ayant plus aucune limite, les Nations Unies veulent maintenant fournir un secours « alimentaire » à un million et demi de Syriens, risquant la faim. Tout cela dans un pays autosuffisant alimentairement. L'urgence de la situation est telle que ces mêmes organismes relèguent la Somalie au...énième rang.

6.  La Syrie et l'Iran doivent être étranglées économiquement, attaquées militairement et leurs dirigeants traduits au devant de la justice internationale. Cela m'aiderait beaucoup si quelqu'un m'en donne la raison. Attention, il y a un piège. Car il va falloir, à ce rythme, en attaquer bien d'autres. Faites attention : vous attaquerez uniquement ceux qui ne peuvent se défendre, il en va de votre réputation...de lâches.

Israël.

7.  (là, je sens que vais m'attirer des foudres) Israël bombarde et utilise son aviation militaire tuant en quelques minutes 17 palestiniens. Que font les Américains ? Ils demandent aux...Palestiniens de se calmer. Oui, je sais, ces derniers ont tiré des pétards sur Israël. Les mêmes Américains, mais aussi Français et Anglais, veulent armer l'ASL, infestée de leurs amis d'Al Qaeda. Effectivement, les palestiniens menacent la sécurité d'Israël, alors que les terroriste de l'Armée Syrienne Libre cherchent la liberté et...la démocratie.

Les bédouins.

Là, c'est vraiment le top, le top du top. Le 21 janvier 2012 (la fin du monde) a certes raté, mais la mise à l'envers de ce même monde a, elle, réussi.

On vit dans un monde où des bédouins, régnant sur des pays où le rêve « ultime » d'une femme est de conduire une voiture, deviennent les défenseurs les plus ardents de la...démocratie. Il est vrai que, pour réussir dans la vie, il faut avoir du culot. La crise syrienne nous aura fait voir de toutes les couleurs.

8.  Vendredi, le crapaud qatari (allusion au conte) se montrait extrêmement volontaire et violent avant la réunion des ministres des affaires étrangères des pays du Golfe avec...Lavrov, vous savez, le ministre des affaires étrangère de ce petit pays au bord de la dislocation. Deux conférences de presse ont suivi cette réunion, la première, tenue par le crapaud et le secrétaire général de la Ligue Arabe, a vu ce dernier dire : désolé, c'est tout ce qu'on peut faire (rappelons qu'il y a de cela quelques semaines  seulement, ce même Monsieur voulait mettre la Syrie sous la tutelle des...bédouins). La deuxième conférence réunissait le crapaud et Lavrov. Inutile de commenter, le conte n'est qu'une légende. Le maître n'a pas dit grand-chose, mais le bédouin a largement révisé sa position, à la baisse.

9.  Héritiers des familles les plus obscurantistes de la région, ces mêmes bédouins se déclarent « scandalisés » par un régime...héréditaire ne respectant pas la démocratie.

Moi qui croyais que l'alcool est interdit dans ces contrées...

Enfin, vous avez certainement appris que, conformément au plan, la Libye, comme je le prévoyais, se dirige vers la dislocation (via la séparation du territoire en trois ou quatre nouveaux pays) et la guerre civile et que l'Egypte en prend gentiment le chemin, à l'image du Soudan, faisant probablement face à sa deuxième séparation en l'espace de moins d'un an.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, gowrié, france, terrorisme, colonialisme, bédouins

08/03/2012

Daniels, Bouvier et les autres : dans l’enfer de Homs

Celui qui a écrit le scénario unique qu'exécutent à tour de rôle les « journalistes » se rendant en Syrie doit se frotter les mains : l'exécution frise en effet la perfection.

Avec, toutefois, quelques...imperfections.

Commençons par la fin, le retour, après 9 jours de « clandestinité » à Homs, des « journalistes » Bouvier et Daniels. Ce dernier ne sait plus où se donner la tête tellement il est « sollicité ». Une des meilleures performances est celle réalisée par France Info, dont voici la reproduction originale complète. Je me contenterais, quant à moi, des âneries des deux : France Info et William Daniels.

Capture.PNG

La plus grosse, par ailleurs commune à tous nos médias, étant de raconter, pratiquement dans la même phrase, une chose et son exact contraire.

On nous prend, à tort, pour des ânes.

Daniels a donc vu, de ses propres yeux, à partir du « centre de médias » à Homs, que l'armée syrienne « visait spécifiquement les journalistes ». On avait Hamouche et son crime d'état, nous avons maintenant Daniels et ses drones.

1.    Daniels nous confirme donc avoir vu les mortiers de l'armée syrienne viser les journalistes. Il suppose donc que cette même armée savait qu'il y avait des journalistes et où ils se trouvaient. C'est ce même Daniels qui nous confirme être entré « clandestinement » en Syrie et que personne, à part ceux qui l'hébergeaient, ne le savait.

2.    L'armée syrienne sait donc précisément où se trouvent les journalistes et les « bombarde » consciemment, d'où l'accusation pour meurtre de Juppé. On aimerait juste savoir comment ce Daniels a pu s'échapper et partir pour le Liban alors que l'armée syrienne avait pris possession du quartier depuis trois jours. N'oubliez pas : l'armée connaissait la maison où se cachait Daniels.

3.    Le plus marrant, c'est certainement pour cela que plus personne ne croit ces pseudos journalistes, est lorsque, dans la même phrase, Daniels, ainsi que le « collègue » qui l'interroge, parlent d'une armée syrienne visant spécifiquement les journalistes et tirer aveuglément sur la population « civile ». Daniels nous parle même de drones, il les a vus de ses propres yeux, survolant « tout le temps » Homs afin de photographier les mouvements des « insurgés » et guider les tirs. C'est fantastique, non ? Ce n'est donc pas la faute des drones qui, eux, ont bien guidé les tirs. Ce sont juste ces derniers qui n'en font qu'à leur tête. Certains s'en vont viser « spécifiquement » les journalistes, alors que d'autres, probablement excédentaires, vont tomber « aveuglément » sur la population civile.

Le pire est que ces gens n'ont même pas le courage d'assumer le rôle qu'ils se sont choisi. Daniels et ses acolytes, sont entrés clandestinement en Syrie où ils sont allés rejoindre leurs « camarades » dont certains, les jihadistes wahhabites, y sont aussi entrés clandestinement. Mais Daniels ne va malheureusement pas au bout de sa démarche militante.

On attend maintenant juste qu'il fasse la tournée habituelle : deux ou trois médias par ci par là et...la fameuse interview d'Al Jazeera.

A propos, maintenant que j'y pense, ce Daniels, ainsi que tous les "clandestins" de Homs, sont des journalistes et, surtout, paraît-il, des photographes. Peut-on leur demander de nous montrer un petit quelque chose à se mettre sous la dent ? Quelques photos, un petit reportage, des rencontres, avec les manifestants pacifiques, n'importe quoi, non ? A moins qu'ils ne veuillent qu'on se contente de leurs...récits !

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : homs, syrie, daniels, bouvier, gowrié, islamisme, médias, désinformation, al jazeera

06/03/2012

Certains peuvent être honnêtes et professionnels, même à Al Jazeera

Alors que la désinformation devient le lot quotidien de nos médias, au point de devenir un acte militant à part entière, Al Jazeera, chef de file de la désinformation professionnelle, souffre de démissions pouvant être qualifiées de massives. Celles-ci n'intervinrent que depuis le début des événements en ... Syrie. On se demande pourquoi.

Le directeur général de la Chaîne, Wadah Khanfar, Palestinien

Chef du bureau de Beyrouth, le journaliste vedette, Ghassan ben Jeddo (Tunisien)

La Star d'Al Jazeera, Eman Ayad, d'origine palestinienne.

Fayçal Kacem, Syrien (qui est revenu depuis)

Abbas Nasser

Luna El Chibli, Syrienne (a démissionné en direct)

Jumana Nammour, libanaise

Lina Zahreddine, libanaise

Jullinar Moussa, libanaise

Nawfar Afli.

Quelle est la raison unique derrière toutes ces démissions ? je vous laisse lire ce que les concernés eux-mêmes ont déclaré.

« Al Jazzera et nous avec elle, avons perdu toute crédibilité. En couvrant 24 heures sur 24 les événements en Tunisie, Egypte, Libye et Syrie tout en restant totalement silencieuse sur ceux se déroulant au Bahreïn et même en Arabie Saoudite, la chaîne a failli à sa mission. En ne diffusant que des documents non vérifiés, dont certains furent même fabriqués, elle est devenu carrément une cellule d'opérations encourageant à l'incitation et à la provocation ». Fin de la citation.

Voici ceux qui sont partis.

Les démissionnaires.JPG

Voici, à peu près, ceux qui y restent.

Capture.PNG

A CNN, FOX, TF1, France2, BBC, Le Monde, Le Figaro, France-Info, Libération, La liberté, Le Courrier, l'Hebdo  et, hélas TSR, pas de préoccupations de ce genre. Le militantisme des collaborateurs de ces médias ne leur laisse ni le temps, ni la volonté d'avoir de telles préoccupations mineures, alors mêmes qu'ils utilisent du matériel de seconde voire de troisième main.

Quelle importance, à l'instar de Timisoara, Irak, Libye, Kosovo, etc. ils s'excuseront et diront qu'ils ont été trompés.

On les croit sur parole.

 

05/03/2012

Syrie : la boite noire, médiatique, de Baba Amro s’ouvre

Ainsi, baba Amro, quartier rebelle « libéré » par les manifestants « pro démocratie », selon Les succursales d'Al Jazeera ici, est tombé. Entre manifestants « pacifiques », déserteurs bien moins pacifiques, simples truands, bandits de grands chemins, hommes d'Al Qaeda et...journalistes clandestins, le « melting pot » (en français « pot pourri », au propre comme au figuré) de ce quartier a de quoi é(dé)tonner.

Il paraît même que la Françe veut rendre les autorités syriennes responsables de la mort des « journalistes » qui se trouvaient dans le centre de médias (il l'appellent comme cela, le plus sérieusement du monde) au cœur de ce même quartier. Comme il devient fatiguant de parler de la stupidité des personnes lançant de tels propos, il conviendrait à ce stade de tirer un trait définitif là-dessus en leur conseillant d'aller personnellement le faire, sur place, s'ils le peuvent . Pour ma part, la France fait tout pour apparaître comme un pays ennemi, il faut dès lors la traiter comme tel : en ennemi, avec toutes les conséquences que cela suppose.

Voici le premier d'une série de documents, découverts, entre autres, dans le centre des « médias » à Baba Amro. Il nous montre le « héro » médiatique de Homs : Danny le magnifique, pourvoyeur officiel de nos médias ici de la plupart des « documents » que vous avez vus sur vos écrans. En l'occurrence, il préparait un document « exclusif » pour CNN. Edifiant.

En voici la traduction :

9ème - 12ème seconde : Danny, correspondant de CNN, attend qu'on l'appelle.Capture Danny.JPG

19ème - 25ème seconde, Danny  : c'est bon, qu'on laisse le fusil avec nous.

33ème - 41ème : « remarquez, aucun bruit de coups de feu, d'explosions, etc.)

1min03 - 1.07 : J'ai les doigts gelés. Il dit ensuite : amène-moi un matelas STP (il est fatigué d'attendre).

1.21 - 1.25 : « remarquez, Danny semble à l'aise, pas de danger de tirs ou d'explosions.

1.36 - 1.38 : (il plaisante ), c'est ta grand-mère qui t'appelle.

1.39 - 1.42 : On est « Al Waiting » (il le dit en anglais) mis en attente mec.

1.48 - 1.51 : un quart d'heure d'attente

1.56 - 2.09 : une conversation entre le caméraman et « Danny »

Le caméraman : Danny tiens-toi prêt, ça peut venir à n'importe quel moment.

Danny : est-ce que tu lui a demandé de préparer la cible ? Qu'il frappe...non, non, qu'il frappe.

Le caméraman : regarde la caméra

Danny : comme je te le dis (qu'il frappe)

2.10 - 2.11 : on entends une sorte d'explosion (comme demandé)

3.05 - 3.11m le caméraman dit à « Danny » : dis-leur qu'il y a des immeubles en ruine et qu'on est en train de retirer les cadavres des décombres.

3.17-3.18, après presque une heure d'attente, c'est le tour de Danny sur CNN : « yes, yes I can hear you. Oui, oui, je vous entends)

3.35 - 3.38 : (est-ce qu'on entend des bruits de tirs ou d'explosions ?)

3.40 - 3.47 « Danny » : vous-voulez savoir ce qui se passe, oui ? Ils bombardent depuis plus de trois heures.

3.50 : que l'on compare la situation avec ce que diffuse CNN en même temps.

3.53 : le présentateur de CNN demande s'il y a quelque deux cents morts depuis une heure ou deux

3.58 : « Danny », nous avons 200 morts depuis deux heures (on se demande qui a eu le temps d'aller compter les morts, en direct et sous les bombes)

4.03 : « Danny » dans la première demie heure il y a eu 40 morts.

4.14 : le présentateur demande à Danny : à quel point les tirs de mortiers sont-ils aléatoires ? Est-ce que vous êtes en train de dire que l'armée tire sans discrimination ?

4.21 - 4.22 : dans la ville même, dans la ville même (on remarque ce que CNN diffuse en même temps alors que « Danny » enregistre tranquillement « son sujet »). La rue est juste à côté de moi, il n'y a que des civiles là-dedans et j'entends les tirs là, là-dedans.

5.00 (une autre présentatrice CNN interroge « Danny ») : dites-nous « Danny » quelle est la situation ? Qu'avez-vous entendu ou vu ?

Danny : la situation est vraiment, vraiment mauvaise. On est bombardé depuis cinq heures maintenant et il y a eu 200 morts (ce chiffre semble magique). Il y a des gens au beau milieu de la rue et on n'arrive pas à les enlever. Si vous essayez de les enlever, on vous tire dessus (cela se voit, non ?)

6.21 : on demande l'aide de n'importe qui, Israel ou n'importe qui d'autre.

Il va sans dire que nos médias, en possession de dizaines de tels documents, ne les diffusent pas, se contentant de ceux postés par...Danny.

A ceux qui objecteront en disant que si on laissait les journalistes entrer librement en Syrie, on couperait la route à Danny et ses acolytes, je dis : Faux.

1.       Parce que les articles et reportages de ceux-ci sont écrits à l'avance (on a vu l'épisode de Gilles Jacquier et le crime d'état dont nos « journalistes » ont accusé les autorités syriennes alors même que ce sont les insurgés qui ont tiré). On a aussi vu l'épisode de M. Vannay, qu'on n'entend plus depuis.

2.       Parce qu'un journaliste professionnel, au contraire d'un militant, se doit de présenter les choses de sorte à ce que son lecteur (téléspectateur) puisse comprendre les choses des « deux » côtés de la ligne de démarcation. Mais, je le reconnais, ceci est du ressort des seuls journalistes « professionnels ».

La dernière « trouvaille » des Européens, qui ont chargé le président turc de la transmettre, est de déclarer qu'un scénario à la yéménite serait la meilleure solution pour la Syrie. C'est vraiment fantastique de voir, alors qu'ils sont battus à plate couture, comme ces gens continuent à faire croire qu'il peuvent encore dire qui doit faire quoi. Pour le reste, on vient d'apprendre que les militants « pacifiques » d'Al Qaeda au Yémen, viennent de tuer une trentaine de soldats de l'armée régulière.

Les terroristes, chassés de Baba Amro, viennent de déclarer se retirer de Rastan « après l'avoir libérée ». Cela a été relayé des centaines de fois par Al Jazeera et ses succursales ici.

Et pour finir, voici les derniers exploits des manifestants pacifiques :

Mardi, une bombe explosait à Alep, quartier El Ferdous, faisant deux morts de 15 et 17 ans. Silence total de nos médias

Samedi 3 mars, un home s'est fait exploser, avec sa voiture, à Damas, on ne connait pas le nombre exact des victimes. Silence de nos médias.

Samedi toujours, dans un quartier très fréquenté à Alep, deux jeunes gens, arméniens, sont kidnapés par des hommes armés. Silence de nos médias.

Ceux qui ont fait tout cela sont certainement des héros comme auraient pu le dire Edith Bouvier et William Daniels.

Si on nous prend pour des imbéciles, c'est qu'on l'a certainement mérité.

 

29/02/2012

29 février 2012 : deuxième bilan mensuel

Fin du deuxième mois de l'année. Qu'en est-il des prévisions des spécialistes, vous savez : les spécialistes du Moyen orient, les experts en géopolitique, les spécialistes des mouvements fondamentalistes, les spécialistes de l'islam, les spécialistes de ceci et de cela.

1.  La Russie ne se fissure pas, pas encore. Le mouvement de contestation, parfaitement légitime au demeurant, semble cependant s'essouffler. Poutine n'est pas sur le départ et on peut même être certain de sa réélection. Les Russes, contrairement aux prévisions des spécialistes, semblent avoir acquis une étonnante maturité durant, précisément, l'ère Poutine. Ils semblent même apprécier et approuver très majoritairement la politique volontaire de leurs dirigeants. Les agitateurs extérieurs n'ont pas réussi leur coup. Loin d'être sur la défensive, Poutine vient, à la manière des USA, il faut le reconnaître, de déclarer vouloir armer la Russie d'une manière sans précédent, 700 milliards d'Euros sur 10 ans. La signification de tout cela est on ne peut plus claire : le retour définitif de la Russie au premier plan, y compris et surtout sur le plan de la force militaire pure. Le hasard, certainement, a voulu que le moment choisi soit la crise syrienne.

2.  J'aurais dû commencer par là : DSK n'est, malheureusement, toujours pas l'homme de l'année 2012. Je crois qu'il faille attendre très longtemps avant que cela n'arrive. Il vient même de passer, repasser, quelques jours en prison, en garde à vue, dans le cadre d'une, énième, affaire de mœurs. Proxénétisme, plus précisément.

3.  L'Iran, qui devait être bombardé le 15 janvier, ne l'est toujours pas.

4.  Les USA et leurs laquais ne dictent plus rien à personne. Les premiers, ayant dès le premier jour de la crise syrienne exigé, que dis-je, ordonné le départ du président syrien, demandent maintenant une solution « politique » à la crise. Ils appuient l'idée d'une « fenêtre humanitaire » de deux heures par jour dans les endroits « sinistrés ». Avaient-ils procédé pareillement lorsqu'ils ont assiégé Fallujah, coupée du monde, massacré hommes, femmes et enfants, utilisé des armes chimiques et bombes incendiaires, projectiles avec têtes en Uranium appauvri, etc. Lisons à ce propos ceci Wikipedia, Fallujah : le massacre caché

Et cela Reuters : Fallujah

Et cela aussi International News : les effets dévastateurs des armes américaines sur Fallujah

5.  Syrie toujours, Zabadani, espoir éphémère des « amis de la Syrie » pendant quelques semaines, sous le contrôle total de l'ASL, appuyée, dit-on, par des officiers français, est complètement nettoyée des gangs armés.

6.  Le congrès des amis de la Syrie s'est réuni à Tunis. Surprise, il n'y a que des ennemis.

7.  La Grande Bretagne, dont le courage des soldats, circulant à pied et sans casque de protection à Bassorah, n'est plus à démontrer, n'a pas non plus mis l'Iran à genou. Cela fut aussi prévu par certains suite à l'attaque, par de jeunes manifestants iraniens, des locaux de l'Ambassade de GB, suivie de sa fermeture.

8.  L'OSDH est toujours le fournisseur exclusif des médias d'ici. Lesquels, très offensifs et extrêmement professionnels, n'ont jamais eu l'idée d'aller fouiller un peu dans les caisse du personnage. Oh, vous ne le saviez pas ! Il s'agit d'une personne, Rami Abdul Rahmane. Comme l'affirme La croix (je ne voulais pas prendre des sources « pro-régime ») il semble être l'unique source d'information des médias occidentaux. Il affirme lui-même être à la tête de deux cents « informateurs ». On le croit bien sûr sur parole. Mais au fait, autant de précision « chirurgicale » sur les « statistiques » des « victimes pacifiques » avec seulement 200 informateurs, se trouvant eux-mêmes au cœur (on ne sait pas comment) des combats ! Hmmmm. La Croix : Rami Abdel Rahmane

Essayez  juste de taper OSDH ou Observatoire Syrien des Droits de l'Homme sur n'importe quel moteur de recherche. Vous n'en reviendrez pas. Savez-vous que ce...je ne sais même pas comment l'appeler, a un site...en arabe...seulement ! Pour un observatoire, basé à Londres (même pas sur place) fournissant la totalité de nos médias professionnels, c'est plus que singulier, non ?

Allez, rendez-vous au 31 mars, si le ciel, ou quelques bombes, ne nous tombent pas sur la tête d'ici là.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gowrié, syrie, hayoun, bilan, russie, poutine

28/02/2012

Attentat contre Poutine déjoué : un traitement médiatique exemplaire

C'est en me rasant hier vers 6H45 du matin que j'appris, sur France Info, la nouvelle sur la tentative d'assassinat déjouée contre Poutine.

Vous l'auriez compris, la seule chose intéressante dans l'affaire est la manière dont ce grand véhicule médiatique français a traité l'information. Le sujet commence comme suit : « l'information est à prendre avec beaucoup de précautions, un attentat contre Poutine aurait été déjouée... ». J'aurais bien aimé saluer ce grand retour au professionnalisme journalistique. Le problème est que, quelques instants après, la même personne sur l'antenne introduit son sujet sur la Syrie en parlant du Référendum sur la Nouvelle Constitution Syrienne, qualifié de mascarade, et en insistant sur le fait que le Président syrien garde l'essentiel de ses prérogatives. Elle a aussi parlé des « bombardements » à Homs sauf que, dans ce cas, aucune précaution ne fut observée et l'usage du conditionnel fut, bien sûr, bannie. Elle a, là aussi, dû oublier de lire la Constitution de son propre pays et y examiner les prérogatives de son Président.

Lire à ce sujet le billet :

Les Amis de la Syrie et la Nouvelle Constitution syrienne

Le summum fut ensuite atteint lorsque la présentatrice se permit de qualifier le travail de ses « confrères » des médias russes, « lesquels ne sont pas connus pour leur talents de journalistes d'investigation et d'enquête ». Cela présuppose, bien évidemment, que ce soit un professionnel, talentueux et rompu aux techniques d'enquête et d'investigation, qui en parle. Pour un média, comme la plupart des autres ici par ailleurs, dont la « presque » unique source d'information est l'OSDH, basé à Londres et dont personne, je dis bien personne, ne sait rien, c'est effectivement du tout grand professionnalisme.

La vie est "vraiment" injuste. Nous, on aurait été plusieurs fois déjà licenciés pour faute professionnelle pour le dixième d'âneries qu'ils se permettent.

Rendez-vous demain, 29 février et dernier jour du mois, où je publierais, comme convenu, le deuxième bulletin mensuel de l'année, consacré, comme celui de janvier,  essentiellement aux prévisions ratées.

D'ici là, prions pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

 

27/02/2012

Les amis de la Syrie et la Nouvelle Constitution syrienne

La première chose qui frappe lorsque l'on regarde d'un peu plus près la liste des quelque soixante pays réunis à Tunis il y a de cela quelques jours, c'est qu'elle ne contenait que des...ennemis de la Syrie. Drôle de manière de déclarer son amitié. Je sais, on nous dira que les participants sont là par amour du « peuple » syrien.

Amour du peuple tunisien, égyptien, yéménite...libyen. Nous débordons d'amour pour ces peuples.

Petite question : les Saoudiens (on se le rappelle, de très grands démocrates où le rêve ultime des femmes est de conduire une voiture), Somaliens, Ethiopiens, Tibétains, Bahreinis, Irakiens...la liste est longue, ne méritent-ils pas un peu de notre amour aussi ?

Pour revenir à des considérations un peu plus terre à terre, on nous apprend que les Saoudiens ont claqué la porte déclarant que les conclusions/décisions finales de la réunion sont en dessous de tout. Ils ont dès lors décidé de faire cavalier seul disant que le départ du régime syrien est désormais leur objectif unique et qu'ils feront tout pour le réaliser, de gré ou de force.

On sait à peu près ce que signifie l'expression de gré. Là où les choses se corsent est lorsque les Bédouins nous disent vouloir faire partir Assad par la force.

Cela vous rappelle-il quelque chose ? Moi, oui.

L'histoire étant maintenant plus que connue, je me contenterai de l'évoquer : les Talibans en Afghanistan. Là aussi, les gardiens du temple (de la liberté et de la démocratie dans le monde) étaient derrière. Ainsi, c'est presque tout aussi hystériquement que son ambassadrice auprès de l'ONU que Madame Clinton a déclaré, la conférence à peine terminée, que le CNS « est » le représentant légitime de la Syrie, que les USA feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire partir le président syrien y compris en armant et en équipant les insurgés, lesquels sont déjà largement infestés de jihadistes irakiens, jordaniens, libyens, qataris, saoudiens, égyptiens...(pour la petite histoire, les Américains se sont empressés de corriger quelques heures après disant qu'ils voulaient parlé de la représentation de l'opposition syrienne, non pas de la Syrie).

L'histoire se répète. Il se trouve juste que, comme pour tout le reste, la Syrie n'est pas l'Afghanistan, 2012 n'est pas 1979 et...la Russie de 2012 n'est pas lURSS de 1979.

Enfin, même l'ONU a dû reconnaître que des exactions pouvant être qualifiées de crimes contre l'humanité ont été commises par les groupes armés semant la terreur en Syrie. Les USA et leurs amis se trouvent dès lors de facto responsables, voire même coupables, de ces mêmes crimes. Je sais, pour des gens qui ont massacré plus de 500'000 irakiens, soutenir des gangs armés...

Pour ce qui est de la nouvelle Constitution Syrienne, dont les points les plus importants sont l'abrogation de l'article faisant du Baath le parti unique et leader du pays, de limiter l'exercice de la fonction présidentielle à deux septennats consécutifs et l'instauratLogo constitution française.PNGion du multipartisme, les réactions n'ont pas manqué. Les plus drôles étant bien évidemment celles de nos amis Français. La stupidité n'ayant pas de limites, les plus hauts responsables de ce pays ont qualifié cette constitution de mascarade. Savez-vous pourquoi ? Parce que le Président syrien garderait l'essentiel de ses prérogatives, savoir être le chef des forces armées et de nommer le premier ministre et les ministres. Il y a en arabe un proverbe dont la traduction donnerait à peu près ceci : si tu ne peux ressentir la honte, alors fais ce que tu veux.

Je vous invite juste à lire la Constitution de la République Français, notamment les articles 5 à 19, consacrés au Président de la République.

Je me suis permis de surligner, en jaune, les passages les plus savoureux de cette constitution, sublime.

 

24/02/2012

Les désertions dans l'armée syrienne

Mon billet ne sera pas long aujourd'hui. Je n'aime pas trop diffuser des vidéos et d'autres documents du genre, il y a le net et...nos médias télévisuels pour cela. Il se trouve seulement que cette vidéo est simplement ahurissante. De plus, comme, je l'espère, à mon habitude, j'essaie de mon mieux de faire en sorte que le matériel diffusé soit neutre. Dans ce cas, il est littéralement mis en ligne par ceux-là mêmes que je dénonce. Il s'agit d'Ugarit News

La traduction n'a qu'une importance secondaire. On voit l'image "habituelle" d'un officier, en l'occurrence de l'armée de l'air, ayant déserté et faisant, précisément, sa "déclaration". J'aimerais juste attirer l'attention du lecteur sur les points suivants :Capture 1.PNG

1. Regardez bien l'allure de l'officier et voyez comme il paraît tout à fait libre et convaincu de ce qu'il fait.

2. Regardez les hommes armés derrière lui, cela ressemble formidablement à des soldats, non ? Légèrement barbus, hétéroclites, mais soldats quand-même.

3. L'essentiel est dans ce qui suit : d'habitude, les quelques "vraies" désertions auxquelles on a eu la "chance" d'assister, via nos médias, présentent des soldats, généralement de bas rangs, présentant "eux-mêmes" leurs pièces d'identité et déclarant leur désertion. Dans cette vidéo, on voit un pauvre officier, terrorisé à l'idée de ce qui l'attend et...

LES MAINS MENOTÉS

4. Qui présente la pièce d'identité de l'officier ? Et pourquoi ? Je veux dire, pourquoi pas l'officier lui-même ?

Nos médias, professionnels, ont-ils envie de "s'emparer" de la chose ?

Ah...j'oubliai : l'officier déclare vouloir "former" un bataillon qui fera partie de la brigade d'Al Farouk à...HOMS. Cela, plus l'allure des hommes derrière lui me laissent songeur : Aurais-je "loupé" quelque chose ?

Des CIVILES magnifiques, non ?

 

10:22 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, asl, désertions, gowrié, médias, manipulations médiatiques

23/02/2012

Rémi Ochlik, journaliste français mort en Syrie

La seule chose qui convienne dans de telles circonstances est d'avoir de la peine pour la famille de ce journaliste, tué hier à Homs.

Cela étant dit, compassion ne doit pas être confondue avec complaisance. Ainsi, aussi compatissant que je puisse être, je n'ai nulle intention d'être complaisant.

Ce billet est essentiellement destiné aux journalistes et aux juristes spécialistes en droit international. A ceux-ci, je pose les questions suivantes :

1.  Juppé, ainsi que son chef, affirment que la Syrie est responsable et comptable de la sécurité des ressortissants étrangers se trouvant sur son sol. Votre avis ?

2.  Nous avons plus d'un million et demi d'étrangers sur notre sol, helvétique. Sommes-nous responsables et comptables de leur sécurité ? Votre avis ?

3.  La France compte plus de 5 millions d'étrangers sur son sol. Est-elle responsable et comptable de leur sécurité ? Votre avis ?

4.  Le journaliste mort était entré clandestinement en Syrie. Les autorités syriennes n'étaient dès lors même pas au courant de son existence. Ma question : la Syrie est-elle responsable et comptable aussi des personnes dont elle ignore jusqu'à l'existence ? Votre avis ?

5.  Le rapport suivant, de l'Observatoire Français des Médias, citant l'agence Reuters, parle, en 2004 déjà, de la mort de trois journalistes par l'armée américaine. A votre connaissance, celle-ci était-elle rendue responsable de leur mort. Chirac avait-il à l'époque exigé le départ de Bush ?

6.  Selon le rapport suivant, de la Fédération Internationale des Journalistes, le 8 avril 2003 est une date qui hante le journalisme. L'armée américaine a directement et délibérément tiré sur l'hôtel Palestine, où se trouvaient 150 journalistes, en tuant quelques uns.  Votre avis ?

7.  Selon le rapport suivant, de RIA Novosti, se basant aussi sur l'avis de l'Union des Journalistes Irakiens, plus de 350 journalistes ont été tué en Irak depuis 2003. votre avis ?

8.  A supposer que les USA soient responsables et comptables de la mort de ces journalistes, est-il dans l'intention de Juppé d'entreprendre une action quelconque à leur égard ? Votre avis ?

9.  Juppé, suite, précisément, à la mort de M. Ochlik, a déclaré que cela « suffit ». Que Assad doit vraiment partir. Les deux dernières questions sont les suivantes :

a.  Aussi tragique soit-elle, la mort du journaliste français aurait-elle beaucoup plus de valeur que celle des autres ?

b.  Et si Assad n'obéissait pas à Juppé, que ferait ce dernier ?

Voilà, Mesdames et Messieurs, la balle est maintenant dans votre camp. Vous ferez beaucoup avancer les connaissances des gens en émettant un avis de professionnels sur le sujet.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : rémi ochlik, ochlik, syrie, juppé, france, journaliste, journalisme, gowrié, médias

22/02/2012

Homs ne craint pas l’assaut final, elle l’espère

Une grande majorité d'entre ses habitants en tout cas, comme par ailleurs la très grande majorité des Syriens. Fatigués par onze mois d'une gigantesque prise d'otages, par quelques gangs armés, à l'échelle d'un pays, que la propagande « hystérique » de nos médias présente, aujourd'hui encore, comme des manifestants pacifiques, ce alors même que plus personne, ou presque, ne manifeste en Syrie. Il semblerait que leur vœu sera très bientôt exaucé, à moins qu'Angelina Joli n'ait dégainé la première (il ne faut tout de même pas oublier qu'il s'agit de Lara Croft ; brrrrrrrrr)

A part cela, le terrible Juppé et la non moins terrible Clinton, ordonnant le départ du Président syrien dès les premiers jours des "manifestations pacifiques" insistent maintenant pour aboutir à une solution politique. Mais alors, moi qui croyais qu'Assad a perdu toute légitimité et "qu'il n'y a pas moyen" qu'il reste au pouvoir, ni qu'on négocie avec lui ! pour ne pas perdre la face, il leur en reste, les Américains précisent que cependant" toutes les autres options restent sur la table (j'adore cette expression) si Assad refuse de négocier. Bon.

On aura tout vu dans la crise syrienne, y compris ce que l'on peut ranger dans la case du jamais vu, ce sur tous les plans : diplomatique, pour autant que ce mot ait encore un sens, politique et, surtout, médiatique. Je ne crois pas me tromper en affirmant qu'aucun autre événement dans l'histoire ne fut traité avec une telle intensité, un tel acharnement et avec autant d'application. C'est du quotidien, voire du multi quotidien.

Que peut-on invoquer pour expliquer une telle hystérie ? Nous évacuons immédiatement les préoccupations démocratiques car cela ne fait plus rire personne. Serait-ce la compassion ? Que nenni, aux dernières nouvelles des milliers de personnes meurent chaque jour, et pas uniquement de faim, en Somalie et au Darfour (où plus de 300'000 personnes auraient péri). La misère et le désarroi des gens ? Hmmm. Lors de l'invasion « amicale » de l'Irak par les « libérateurs » Américains, plus de 4 millions des habitants de ce pays l'ont fui. Dans le cas syrien, malgré les essais désespérés des Occidentaux et aux dires même des « organisations humanitaires », le mouvement n'arrive pas à « décoller ». On a complètement oublié le grand camp de réfugiés sur la frontière turc et celui de Jordanie n'arrive pas à « attirer » plus de trois mille personnes. A propos du camp turc, où, tiens, Angelina Joli s'était rendue en son temps, savez-vous pourquoi plus personne n'en parle ? Serait-ce parce qu'il s'agissait, dès le départ, d'un camp destiné à accueillir les...gangs armés (ils s'appellent l'ASL) ?

A propos d'ASL, où en est-on exactement ? On nous dit que les désertions se comptent par milliers ! Quel est le plus haut gradé ayant déserté ? En dehors, bien évidemment d'un colonel...à la retraite !

Il y a, notamment dans le cas de Homs, quelque chose d'incompréhensible. Logique mais incompréhensible. C'est au moment même où les gangs armés et leurs couvertures médiatiques d'ici se targuent de contrôler la majorité de la ville, ils lancent, tous les deux, des appels désespérés à l'aide « parce que, je vous le donne en mille, le régime « réprime » les manifestants « pacifiques ». La même chose s'était déroulée dans les « banlieues » de Damas. Les médias d'ici ne tenaient plus sur place : l'ASL est à quelques mètres du Palais présidentiel. Ce sont les mêmes, exactement les mêmes, qui ont recommencé les larmoiements lorsqu'ils furent littéralement laminés par l'armée, la vraie.

Ne l'auriez-vous pas encore compris ? Cela ne prend plus...depuis un moment déjà.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, homs, gowrié, asl, turquie, jordanie, médias

21/02/2012

L'excellent Monsieur Ford

Une des choses les plus remarquables dans la crise syrienne, c'est sa singularité. Rendez-vous compte : les USA, leurs laquais européens, les bédouins dans leur totalité...une offensive d'une violence inouï e et sans précédent s'abat sur ce pays. Des ambassadeurs rappelés, d'autres, syriens, renvoyés. Une hystérie fiévreuse s'est emparé des Occidentaux et leurs alliés locaux : la Syrie résiste.

Certains acteurs semblent avoir des comptes personnels à régler avec la Syrie. L'antipathique Juppé poursuit inlassablement l'œuvre de son ex patron Chirac. Ce dernier, vous ne le savez peut-être pas, habite un luxueux appartement en face du Louvre offert gracieusement par Saad Harriri, vous savez, le fils de Rafik Hariri, assassiné en 2004 par les Syriens (selon, bien évidemment, les Américains et les Français). Depuis, on nous dit que c'est le Hezbollah. Et demain ?

Un autre qui semble avoir des comptes personnels à régler avec la Syrie est Monsieur l'Ambassadeur.

Monsieur Ford est l'actuel ambassadeur à...nulle part. Il est donc l'ex ambassadeur des USA à Damas. Accessoirement, il fut et est toujours un acteur majeur dans la crise qui secoue la Syrie actuellement. Il se trouve actuellement, avec la totalité de son staff en...Jordanie. Tiens, tiens : que se passe-il en Jordanie ?

Après avoir « essayé » et partiellement réussi son entreprise malfaisante là où il était supposé représenter les intérêts » de son pays, cet agitateur professionnel s'en alla exercer ses talents chez le laquais local le plus fidèle : le roi de Jordanie. De là, il vient de publier, je crois que ce doit être la première fois dans l'histoire de la diplomatie, des cartes prises par les satellites américains de ce qui est supposé être des quartiers bombardés par l'armée syrienne. La folie dogmatique de cet homme n'a décidément aucune limite. A peine sortis, Moon of Alabama, célèbre blog de l'autre côté de l'atlantique, nous apprend que non seulement les clichés en question ne démontrent rien, mais que certains d'entre eux démontrent l'exact contraire. Pauvre Monsieur Ford. A noter que, à l'instar de tous les autres propagandistes d'ici, l'histoire n'a vécu que quelques heures, le temps de produire son effet immédiat et éphémère. Depuis, plus rien, zéro, le néant.

Revenons à la Jordanie. Le « truc » de Deraa ayant échoué, de même que celui de Banias, Zabadani, Jisr el Shoughour (sur la frontière turc), Idlib et bientôt Homs, où les terroristes wahhabites vivent probablement leurs dernières heures, c'est la Jordanie qui est maintenant chargée de prendre la relais. Les Jordaniens vont très certainement le regretter.

On assiste effectivement depuis quelques semaines à une sorte de « préparation  médiatique », un petit « show » montrant des blessés libyens arrivant en masse se faire soigner...en Jordanie. Pas en Tunisie, pas en Algérie, pas en Egypte, pas au Qatar, même pas en France, mais en Jordanie. La médecine jordanienne doit être à ce point performante...

De plus en plus de voix s'élèvent en Jordanie, dans les endroits où la densité des « malades libyens » est assez forte, pour dénoncer les pratiques et exactions des « frères libyens ». Des rumeurs, non encore vérifiées, parlent de milliers de jihadistes libyens concentrés dans une zone militaire proche de la frontière avec la Syrie, certains d'entre eux semblent les avoir déjà traversées. D'autres rapports font état d'hommes et d'armes traversant la frontière irakiennes. Le but étant, évidemment, d'aider la révolte « pacifique » syrienne.

A ce stade, nous n'avons toujours aucune réponse quant aux raisons de cet acharnement extraordinaire contre la Syrie. Quelqu'un aurait-il des pistes ? Attention, il y a un piège : il s'appelle démocratie et liberté.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ford, usa, juppé, gowrié, syrie, homs

20/02/2012

Printemps arabe, Syrie : état des lieux

Voici, alors que certains peuples « libérés » fêtent le premier anniversaire de leur marche vers la démocratie et la liberté, le bilan, officiel, de ces évolutions « historiques ».

1.  Libye. Je commence par ce pays car ici, l'exploit démocratique dépasse toutes les prévisions les plus optimistes. Le soi-disant état libyen ne contrôle en réalité rien et tout est aux mains des milices, pardon, manifestants pacifiques protégés par les avions américains, britanniques et français. Les viols, exactions et tortures se pratiquent à une très grande échelle dans les geôles de ces derniers. Une information sur plusieurs médias faisait même état de la mort sous la torture de la journaliste Hala Misrati. Cette information a été démentie, puis confirmée, pour être de nouveau démentie. Personne en revanche n'a nié les viols et tortures quitidiens de la journaliste. Ni le Conseil de transition, ni les libérateurs, dont la valeur suprême est la défense des droits de l'homme de par le monde, n'en ont dit quoi que ce soit. L'exploit de ceux-ci est historique car, non contents de leur succès afghan, ils ont réussi l'installation d'un nouvel  Afghanistan en Libye. La seule différence est que celui-ci se trouve à nos frontières, chez nous, pour ainsi dire. A propos du Conseil National de Transition (on se demande transition de où et vers où), celui-ci vient d'ébaucher un énième projet de la constitution de la Libye nouvelle. Une grande avancée par rapport à celle qui a été tuée par NOS grands démocrates. En effet, elle prévoit de supprimer les « quelques » sièges prévus pour les femmes dans l'Assemblée Populaire, je crois que c'est comme cela qu'ils l'appellent.

On me posera bien évidemment la question éternelle, et stupide, habituelle : auriez-vous préféré la situation d'avant. Eh bien la réponse est on ne peut plus simple : toute action est à évaluer par son résultat, son bilan. L'état n'existe pas (comme en Afghanistan), les milices font régner la terreur (comme les Talibans) et personne ne peut rien dire, tortures, viols, exactions, meurtres. Les criminels (Sarkozy, Cameron, Juppé...) ainsi que certaines institutions de défense des droits de l'homme ont certainement un autre avis. Il est vrai que la préoccupation première de ces derniers en ce moment est...la Syrie.

Dans une Europe à l'agonie et à vendre, ce sont maintenant les bédouins qui dictent les limites de la morale et des droits de l'homme. Le retour de la Russie sur la scène mondiale est dès lors salutaire. Il faut juste espérer que les Russes puissent continuer dans la durée. Ils peuvent en tout cas faire face au « coût » financier de leurs ambitions.

2.  Le Koweït. Il y avait, paraît-il, des élections législatives la semaine dernière, ou celle d'avant. Le refrain est habituel : victoire écrasante des islamistes avec, dans ce cas aussi, un petit bonus, devenant lui aussi habituel, les quatre ou cinq femmes qui faisaient de la figuration dans l'ancienne Assemblée ont toutes été éjectées.

3.  La Tunisie. Ici, tout va bien. Les chefs des manifestations « pacifiques » d'avant Ben Ali, viennent de déclarer que les manifestations, grèves et settings seront...interdits.

4.  Egypte. Même chose, à quelques détails près, que la Tunisie. L'armée semble bien décidée à dire que les plaisanteries n'ont que trop bien duré. Les réalisations de la « révolution » sont immenses : pays au bord du chao, tourisme à zéro, les salafistes partout et je n'oublie bien sûr pas, dans ce cas, le sort réservé au Coptes.

5.  La Syrie. Il y a de cela quelques semaines, certains blogueurs, amoureux fous d'Al Jazeera et Al Arabiya, se frottaient les mains : l'ASL (traduisez Armée syrienne Libre) est à 500 mètres du palais présidentiel. Malheureusement, pour eux, les rigolos terroristes ont été laminés et poussés, presque tous, à Baba Amr, à Homs. Baba Amr où, aux dernières nouvelles, demandant encore confirmation, un lieutenant colonel des renseignements français, quelques officiers qataris ET britanniques, auraient été capturés. Je ne sais pas si cela est vrai. Je constate seulement que Haig et son patron, Cameron, sont maintenant parmi les plus ardenst défenseurs de la « non-intervention » militaire. Pour revenir aux amoureux d'Al Jazeera, ils nous annoncent la fin du régime syrien parce que la manifestation de samedi s'est déroulée à quelques centaines de mètres du même palais présidentiel. Quant le ridicule ne tue pas.

6.  Les médias. Je ne pouvais bien évidemment pas les oublier. J'ai, dans mon avant dernier billet, déjà parlé du magnifique article de Bluewin.ch, parlant de deux roquettes tirées par minute sur Homs. Je vous ai aussi présenté un joli calcul : cela fait 12'000 roquettes par jour. Avec une charge explosive de 3 kg par unité, pas plus, on obtient presque quatre tonnes. Je vous laisse imaginer les dégâts que cela peut causer. Pourtant, Bluewin.ch nous parle de...6 morts.

Dans ce billet, je vous laisse parcourir un article paru dans un journal très sérieux, Le Monde. Cet article m'a été envoyé par un lecteur que je respecte et remercie. Lisez surtout cette magnifique phrase, que j'ai soulignée en jaune. L'exploit « journalistique » dépasse tout ce qu'aurait pu produire l'imagination la plus fertile. A noter que l'auteure est, de nouveau, une spécialiste de la question, doctorante à l'école des hautes études en sciences sociales. Celle-ci nous dit que si « elle veut préserver sa révolution pacifique (elle a mis ces deux derniers mots entre parenthèses) l'opposition, tant civile que militaire... ».

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Une toute dernière chose. Alors que même les Américains ont dû se résoudre à conclure que tous les attentats commis à Damas et à Alep sont l'œuvre d'Al Qaeda, nos valeureux journalistes persistent et signent : c'est le régime qui a fait cela.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : printemps arabe, syrie, journalistes, médias.gowrié, le monde, bluewin.ch

15/02/2012

Syrie (Russie,Chine) : la victoire est proche. USA (laquais et bédouins) : la défaite est imminente

Je n'aime pas d'habitude le jeu des pronostics et préfère me contenter de relever les faits. Il se trouve que les développements hystérico/rapides de ces dernières vingt quatre heures et le fait que les Bédouins n'aient laissé que 24 heures, aussi, à la Syrie pour survivre, me poussent à tenter l'exercice.

A propos de développements, en voici quelques perles.

1.  Les Bédouins.

  • Après le Qatar, c'est maintenant l'Arabie Saoudite qui monte au front. Il parait, selon certains, que le roi, dans un langage et une posture totalement maîtrisés, a qualifié le double véto sino-russe de de "déni de justice". Pour un pays qui n'a même pas de Constitution, où le rêve ultime d'une femme est de conduire une voiture, c'est un véritable exploit.
  • Le Qatar semble être en ébullition...hystérique. Certaines rumeurs font état d'un «presque» coup d'état, de Hamad contre Hamad. Premier ministre vs Emir. D'un autre côté, il semblerait que le torchon brûle entre les bédouins Qataris et leurs «frères» Saoudiens. Une vidéo montrerait Hamad, PM, critiquant les Saoudiens et appelant à un changement de régime.
  • Au Bahreïn, la police, aidée par les forces...saoudiennes, mâte des manifestants...pacifiques.

2.  Syrie. En préambule, n'en déplaise aux marchands de malheur, confectionneurs d'articles malfaisants et propagandistes fondamentalo/Otanistes, il ne se passe pour ainsi dire plus grand-chose en dehors des dernières poches de résistance à Homs.  A Homs, justement, « ville martyre », selon les têtes de ponts de l'offensive médiatique occidentale, les manifestants « pacifiques » se révélèrent être des combattants jihadistes dont le nombre pourrait avoir avoisiné les 12'000. Je mets cela au passé car cela semble n'être bientôt qu'un très mauvais souvenir. Des milliers semblent avoir été capturés et d'autres se livrent par centaines. Quelques centaines semblent cependant avoir pris la fuite en direction des montagnes sur la frontière libanaises, où les attendait l'armée de ce pays. Aux dernières nouvelles, des dizaines de Qataris et de Saoudiens semblent faire partie du lot. C'est pour cette raison que le Qatar aurait proposé d'échanger ses « terroristes » capturés contre le retour du calme à Homs. Refus total des autorités syriennes qui auraient envoyé un message aux bédouins leur signifiant que le calme reviendra à Homs que ces derniers le veuillent ou non.

3.  Swisscom osdh homs, etc..JPGLes USA et les laquais. Grande, que dis-je immense, incommensurable surprise du jour est la déclaration de « Super Juppé » : une intervention militaire en Syrie ne peut en aucun cas être envisagé. En creusant un peu, on découvre la saleté de la guerre que ce larbin a essayé de mener contre la Syrie dans son expression la plus classique et la plus abjecte. Des officiers et...des « snipers » Français auraient été capturés à Homs. Les cartes dont disposent la Syrie, hors Russie et Chine, semblent donc nombreuses. Et alors que, selon l'OSDH, source d'informations au combien précieuse pour les remplisseurs de colonnes de journaux ici, nous indique que 2 roquettes s'abattent sur Homs « chaque minute » (lisez bien 2 roquettes/minute), ce qui donne 120 à l'heure et 1'200 en dix heures, on est surpris de voir que, selon bluewin.ch et l'OSDH,  seuls six personnes (on n'oublie pas de préciser « civiles) ont été tuées. Il y a quand-même des miracles dont on a de la peine à saisir le sens : 1'200 roquettes, six tués...

Ce n'est pas tout. Selon le même article, les fous du régime tirent maintenant « sans discernement » sur les zones civiles de Homs. Ce depuis le 4 février.

1'200 roquettes/jour = 12'000 (douze mille roquettes depuis le 4 février)

Sans discernement = sans distinction = aveuglément

Sur des zones civiles = où il y a de la population civile = zones pas vides

Même en prenant les chiffres des valeureux journalistes de Bluewin.ch (alimentés par l'OSDH), c'est-à-dire 300 tués, cela nous donne 40 roquettes pour une personne tuée. Décomptes macabres ? Non, médias macabres, journalistes macabres, autorités défaillantes, surveillance nulle, éthique absent, professionnalisme inexistant. Pis, comme me l'a ouvertement dit un jour un responsable de l'information dans un média romand : on ne s'adresse pas forcément à des gens qui ont votre faculté d'analyse. Voici comment j'interprète ce « compliment » : nous mentons et nous comptons sur des imbéciles pour nous croire. Voilà le fond du problème : une infime minorité a le temps, l'intérêt spécifique et la volonté de vérifier les âneries dont on nous gave à longueur de journée.

Voici maintenant un souhait, sincère : si la Syrie devait être le point de départ de la défaite des Américains et leur laquais, je n'oublie bien sûr pas les bédouins, il faut alors espérer que cela puisse être la fin de ce panarabisme qui leur a tant coûté. La fin de ce cauchemar inutile, malfaisant et coûteux, à tous les points de vue. Le point de départ de la défaite de ce mal absolu qu'est le fondamentalisme islamiste. Que les bédouins continue à le pratiquer, chez eux, comme bon leur semble, mais chez eux, si cela leur fait à ce point plaisir. Une Syrie où la religion n'est qu'une religion et non pas un système politico/socialo/doctrinaire ramenant l'homme soit à l'état d'une bête dénouée de tout discernement, soit une bête sauvage assoiffé de sang. Où la religion est écartée du pouvoir, y compris pas la force. C'est la seule garantie d'un état moderne, libre et démocratique.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : syrie, usa, france, gowrié.juppé, bédouins, qatar, islam, médias, bluewin

14/02/2012

USA - Al Qaeda : l'alliance de la terreur

Les Américains et leurs laquais, d'un côté, et Al Qaeda, de l'autre, viennent de conclure une de ces alliances, apparemment contre nature, qu'on appelle parfois...objectives.

Nouveau numéro un de la nébuleuse, apparemment mourante après l'élimination de son chef historique, Oussama ben Laden (vous vous rappelez les images spectaculaires d'Obama, une partie de son gouvernement et son état majeur suivant l'opération en directe ?) Ayman El Zawahiri vient nous rappeler les beaux jours du mouvement (terroriste ?) en appelant ses ouailles au « jihad ». Qu'a-t-il dit ? Mes frères de Jordanie, d'Irak, d'Egypte, de Libye, du Koweït, du Qatar, d'Arabie Saoudite et d'ailleurs, le Jihad en terre « d'Al Cham » (c'est le nom qu'on donnait à la Syrie du temps du Prophète) vous est dû. Vous devez  aider vos frères qui s'y battent déjà au nom d'Allah. Ne vous en faites pas pour l'acheminement, le financement et l'armement, nos amis...eh, ennemis...eh (Là on est vraiment perdu) vous y aideront. Il n'a pas prononcé cette dernière phrase mais cela ne change rien à l'affaire.

Car, de leur côté, les amis d'aujourd'hui, ennemis d'hier et, de nouveau, amis de demain, se sont engagés à aider les terroristes luttant en Syrie pour la « démocratie et la liberté ».

Aider, financièrement, logistiquement et militairement des combattants qui se trouvent être membres d'Al Qaeda, comment peut-on appeler cela ? Œuvre de charité, peut-être ?arab_islamic_killed_in_syria_inter.jpg

Car aux dernières nouvelles, des dizaines et des dizaines de combattants pour la  « liberté » tués ou capturés, notamment à Homs, se révélèrent être précisément des Jordaniens, Koweïtiens, Libyens... A quand les agents USA ou Français, si ce n'est pas encore fait ?

En voici quelques uns :

Abou Hamza al Chami

Abou al Bouraa al Salti le jordanien

Anou Oussama l'émigrant

Fouad Khaled el Koweïti (le Koweïtien) : Abou Hozaifa

A propos d'agents, M. Burkhalter, notre ministre des Affaires Etrangères, vient de déclarer que notre pays ne tolérerait en aucun cas des activités illégales commises par des agents étrangers sur le sol helvétique. Il faisait écho à certaines informations, véhiculées par des opposants syriens habitant notre pays, prétendant être inquiétés, ainsi que les membres de leurs familles restés en Syrie, par des agents du régime syrien. Personne ne peut même songer à penser le contraire, cela va de soi. Là où il y a problème, très gros problème, très très gros problème, c'est que de telles activités, à une échelle bien plus grande, furent effectivement conduites sur notre sol par des agents américains, dont certaines avaient même trait à des actes de tortures, sans que cela ne gêne grand monde. Mieux, je veux dire pire, bien pire, on a complètement étouffé l'affaire. Qu'en dit justement le procureur Marti ?

Quant à certains des persécutés d'ici, alors même qu'ils aient tenté le coup il y a de cela quelques mois, le but poursuivi est on ne peut plus clair : pousser la Confédération à exiger le départ des diplomates syriens d'ici. Je rappelle juste qu'après onze mois d'insurrection sanglante, pas un seul diplomate syrien, que dis-je, même pas une secrétaire de dixième rang, avec tout le respect que je leur dois, n'a quitté sa fonction, ce malgré les intimidations et, quant celles-ci ne marchent pas, les millions. Dès lors, il faut faire autrement.

Voici, à propos des persécutés d'ici, un échantillon de ce qu'on peut trouver sur leurs pages Facebook, tout près de chez nous.

 

Appel des Eaux-Vivces à brûler des pneus.JPG

Dernières nouvelles : la nouvelle paraît bizarre mais, selon la prmière chaîne télé saoudienne, le Royaume Hachémite aurait lancé un ultimatum de 72 heures à la Syrie sinon ses troupes entreront sur le territoire syrien. Pardon, je ne devrais pas faire cela mais...héhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhéhé, difficile de s'arrêter. Mais en fait, peut-être que je me trompe, puisque le "grand Qatar" a menacé la Russie ! La dernière fois que les bédouins sont entrés chez d'autres bédouins, c'était pour mâter les contestations "démocratiques" au Bahrain.

A la dernière réunion de la Douma, 445 députés, sur un total de 450, ont totalement approuvé les décisions de leur gouvernement concernant la crise syrienne. Cherchez juste le nombre de députés pro Poutine et vous comprendrez l'importance de ce vote.

 

 

 

 

 

 

 


13/02/2012

La Syrie négociera

Oui, mais à partir d'une position de force. C'est-à-dire une fois que les terroristes auront été éradiqués.

Acte 1 : Dans les couloirs du Conseil de Sécurité, quelques minutes avant le vote et le fameux double véto sino-russe la Syrie, une conversation étrange entre l'ambassadeur Tchourkine et l'homme le plus puissant du monde, le bédouin Hamad le Qatari eut lieu, démentie par la suite, alors même que France 2 semble l'avoir enregistrée. Dans celle-ci, le bédouin menace M. Tchourkine, lequel aurait répliqué en disant que le bédouin n'est là que parce qu'il est invité, qu'il doit revenir à sa taille normale et que M. Tchourkine ne parle qu'aux grands de ce monde. Certaines sources disent même que le Russe aurait dit au bédouin que le pays de ce dernier pourrait revenir à ce qu'il était cent ans en arrière : lorsqu'il n'existait pas encore.

Acte 2 : Un déchaînement de violence suite au double véto sino-russe. Rice  est « scandalisée ». Pourquoi est-elle scandalisée ? Parce que des Chinois et des Russes sans cœur ont osé le faire au mépris de la souffrance d'un peuple martyrisé par son dictateur.

Le véto russe scandalise Madame Rice. Mais les 62, soixante deux, vétos des USA en faveur d'Israël, non.

Ceci scandalise madame Rice.

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Mais pas cela

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Acte 3 : Le ministre russe des affaires étrangères, accompagné du chef des services de renseignements extérieurs, se rendent deux jours après le vote à Damas. L'accueil est triomphal et digne d'un chef d'état. Certaines sources disent que M. Lavrov est venu non seulement confirmer le soutien de la Russie mais également son concours technique. Non seulement le scénario libyen ne se répétera pas, mais la Russie semble prête à prendre part à un éventuel conflit, aux côtés de la Syrie. La nouvelle guerre froide sera bien plus tiède qu'on ne le croit. Je vous laisse imaginer les conséquences.

Acte 4 : On l'aura compris, la Syrie est, malheureusement, le théâtre de la nouvelle, et ultime, confrontation est-ouest. Jusqu'où peut alors aller la Russie ? Jusqu'à :

1.       Couper l'approvisionnement en pétrole et gaz par le détroit d'Ormuz. Eh bien oui. Elle fera probablement comprendre au monde entier que c'est elle, et non pas l'Iran, qui le fait.

2.       Fermer le gazoduc le « Nord Stream ». L'Ouest sera à genoux en l'espace de deux semaines.

Ce dernier acte est de la science fiction. Il serait cependant utile, pour les Russes, de faire comprendre qu'il n'est pas totalement exclu.

La guerre se fait aussi comme cela.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : lavrov, russie, syrie, gowrié

11/02/2012

France, USA, GB et…France Info : les voyous au service des terroristes

Vendredi 10 février 2012, à 14h15, voici comment France Info nous livre l'info concernant le double attentat terroriste à Alep, alors même que les terroristes de l'ASL venaient de déclarer leur responsabilité : « la répression continue en Syrie, les chars sont entrés dans le centre ville de Homs et des explosions à Alep ».

Les pays voyous (c'est Bush qui a inventé l'expression) soutiennent les terroristes et leurs médias s'occupent du marketing.

Cela dépasse, à mon sens, tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant. Un acharnement sans précédent sur la Syrie, parce qu'elle refuse de se mettre à genou devant les plans islamo-occidentaux. Alors même que la majorité du peuple syrien est derrière ses autorités. Personne ne s'est en effet posé la question de savoir pourquoi cet acharnement, depuis le premier jour à vouloir le départ du Président syrien alors même que celui-ci a annoncé et veut encore tenir des élections. Serait-ce par hasard que les saccageurs et leurs soutiens golfo-occidentaux seraient minoritaires ? Oui, c'est exactement cela. On nous rapporte aujourd'hui que des habitants d'Alep, n'en pouvant plus, ont encerclé une de ces soi-disant manifestations, poussé les saccageurs dans une école et se mirent en tête de les achever. Un carnage allait s'en suivre si les forces de sécurité n'étaient pas venues les séparer.

La terreur au service de la terreur, les voyous au service des voyous et certains et ont décidé qu'après la défaite de la démocratie, ce sera le triomphe du terrorisme.

Ils se trompent et il vont perdre.

Je n'ai jamais eu des doutes quant à l'échec des projets occidentaux-bédouins en Syrie. Je commence simplement et malheureusement à croire que cela passera par un bain de sang. Je crois même que la décision est prise quant au retour de la Russie au premier plan comme une très grande puissance mondiale et que les Occidentaux, pour la tester et voir s'ils peuvent l'en empêcher, aient décidé que la confrontation se passera en Syrie. Les Russes et les Occidentaux se feront la guerre, bien plus tiède qu'on ne le croit. Lieu : la Syrie.

La victoire russe signifiera un déclin, lent, mais certain pour l'Occident.

La défaite...aussi. Ce sont les fondamentalistes et les terroristes qui le signeront cette fois.

Le déclin inexorable a déjà commencé. La sortie de la Grèce de l'Europe est acquise. Elle sera suivie bientôt par celle de l'Espagne, du Portugal et...peut-être, de l'Italie. Les Grecs seraient bien inspirés de revenir à la Drachme et de dévaluer. Il y aura des super économistes, comme les super spécialistes de ceci et de cela, pour nous dire que cela ne ferait qu'empirer les choses car la dette grecque sera démultipliée. Faux, totalement faux : les Grecs n'auront qu'à envoyer balader tout le monde, comme les Argentins. plus rien pour personne. Et qu'on en finisse avec cette Europe.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : terrorisme, syrie, france info, france, usa, islam