01/12/2011

La Russie et la nouvelle guerre froide

Après un premier envoi, il y a de cela deux semaines, la Russie vient de compléter sa présence militaire sur les rives orientales de la Méditerranée par l'expédition de la deuxième partie de sa flottille de guerre, dirigée cette fois-ci par le porte-avions Admiral Kouznetzow. La même Russie vient aussi de demander aux occidentaux et leurs laquais locaux « d'arrêter » de menacer la Syrie car cela ne servira à rien. Ce n'est plus un message, c'est une déclaration claire. M. Lavrov vient au surplus de déclarer que son pays n'arrêtera sous aucun prétexte ses livraisons d'armes à la Syrie.

D'un autre côté, les occidentaux, et leurs laquais locaux, emmenés par les Ottomans, devenus totalement incontrôlables, ont décidé d'augmenter leurs pressions et d'engager de nouvelles sanctions contre la Syrie. Je crois que la boucle est maintenant bouclée.

Nul besoin d'avoir une grande expérience de la vie pour comprendre que dans n'importe quel affrontement, la meilleure façon de perdre est de ne point laisser une porte de sortie, honorable ou non, à l'adversaire. C'est pourtant la faute ultime que viennent de commettre les adversaires de la Syrie. Pour ce qui est des sanctions, au-delà même du fait que leurs effets seront négligeables, tout le monde sait que lors d'un changement quelconque dans la vie d'un peuple, le moment le plus difficile à vivre est précisément celui de passage de l'état d'avant à celui d'après. Au-delà, le temps que les gens s'habituent à la nouvelle donne, les effets s'estomperont. Il semblerait même que dans ce cas la Syrie ne soit pas forcément la plus grande perdante dans l'affaire. Ses voisins immédiats, les Ottomans mis à part, viennent de déclarer qu'ils n'appliqueront pas les sanctions. Pour ce qui est des produits pétroliers, les Iraniens viennent même de déclarer qu'ils répondront à tous les besoins de la Syrie.

Il ne restera plus que l'option de la guerre. Pour cela, même s'il ne s'agira que de la poudre aux yeux, il va falloir inventer une raison et...une couverture que d'aucuns appellent légale, entendez le Conseil de Sécurité. Cette dernière étant impossible, les ennemis de la Syrie l'agresseront...sans raison.

Revenons au début de cet article. Alors même que je crois le signal envoyé par la Russie d'une extrême clarté, il me paraît difficile, mais pas impossible, que celle-ci intervienne directement dans le cas d'un éventuel conflit armé. La stratégie occidentale, consistant à bombarder « d'en haut » tout en se protégeant des ripostes en détruisant en premier les moyens de défense anti-aériens, les Russes fourniront aux Syriens, via les installations qu'ils sont en train de mettre en place, les moyens nécessaires, essentiellement les renseignements et les systèmes électroniques de détection et de guidage, pour compenser cette éventuelle perte. Par la suite, les dégâts que les Syriens pourront infliger aux agresseurs seront énormes. Ce sans même parler de leur capacité à étendre le conflit sur toute la région.

Je ne crois pas que le courage légendaire des britanniques, Cher Monsieur Hayoun, n'y changera quoi que ce soit.

 

14/09/2011

Médias : on déchante

Voici venu le temps des désillusions. Les médias et ceux qui les commandent tirent leurs dernières cartouches dans tous les sens. S'il n'y a plus de manifestations « monstres » dans les villes syriennes, il faut alors trouver autre chose. Car, après Timisoara, l'Irak et tout le reste, on comprend aisément qu'il leur devient de plus en plus difficile de passer encore une fois pour les..dindons de la farce.

Mais puisqu'ils sont en service commandé...

Car comme les scénario égypto-tunisien n'a pas fonctionné en Syrie, on espérait la chute du régime en quelques semaines, il fallait entretenir la flamme par tous les moyens. On en est même arrivé à ce l'ambassadeur américain à Damas sorte lui-même inciter les gens à manifester.

Le voici. Découvert à temps par quelques citoyens, ceux-ci ont scandé des slogans hostiles et l'un d'eux est allé le couvrir d'un portrait du Président syrien. C'est là qu'il fut emmené par ses gardes.

http://www.youtube.com/watch?v=yD_zlCfTQCs

Quant à son laquais, Juppé, il ne sait plus où se donner la tête. Du Conseil de Sécurité aux Droits de l'Homme, pour revenir au Conseil de Sécurité. Il vient de rentrer de Moscou, la queue entre les jambes. Arrivé à Paris, il laisse éclater sa colère. Le Président russe, en personne, ne vient-il de lui signifier une fin de non recevoir en précisant que les « amis pacifiques » de M. Juppé sont des personnes violentes qui peuvent même être qualifiées de « terroristes » ?

Voici sa déclaration à Euro News : http://www.youtube.com/watch?v=GixInuYjL_4

Quant aux laquais « locaux », ligue arabe en tête, leur position a radicalement changé en l'espace d'une petite semaine. L'ultimatum de la semaine dernière s'est transformé en accord de principe entre les deux parties. La raison ? La diplomatie arabe a certainement pris acte, avec quelque retard, de l'essoufflement - confirmé une nouvelle fois ce vendredi 9 septembre - de la contestation en Syrie, de sa marginalisation et aussi de sa radicalisation.

Reste Al Jazeera, décidément (même France 24 l'a lâchée) et quelques journalistes irréductibles ci et là. Voici la dernière trouvaille de cette chaîne (où M. Vannay a été interviewé) : même la Libye devient la Syrie. Al jazeera montre une ville syrienne (Al Rastan). Il se trouve que les images proviennent de la Libye (voir la flèche et l'ovale jaune)