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Jacques Chirac n'est plus

La France est en deuil du 5e président de la Ve République. Jacques Chirac s'est étaint à l'âge de 86 ans.

 

Tout a été dit et redit au sujet de la personne depuis quelques jours. Je n'en retiens qu'une seule et unique phrase, prononcée par un homme pour qui je n'ai pas de sympathie particulière, Jean-Marie Le Pen, encore lui : "Mort, même un ennemi mérite le respect". Il s'est refusé à tout autre commentaire.

 

J'irai encore plus loin que Le Pen et, une fois l'émotion suscitée par la mort passée, ne vois vraiment pas pour quelles raisons on aurait un quelconque "respect" pour cet home, aussi mort soit-il. Pas plus qu'on devrait en avoir pour son prédécesseur ou ses successeurs.

 

Voici donc quelqu'un qui, à lui tout seul, représente et concentre tout ce que la politique, dans son aspect le plus détestable, peut faire d'un home. Jacques Chirac a passé l'entier de sa vie à trahir, changer de bord, corrompre, être corrompu, tricher, abuser, dissimuler, frauder et tromper. C'est tout de même le seul président de ce pays, même si tous les autres le méritaient aussi et amplement, à avoir été "officiellement" condamné, deux ans avec sursis, tout de même. C'est dire à quel point ses agissements furent graves, de sorte que la justice de son pays ne pouvait pas faire autrement.

 

Jacques Chirac a commencé sa vie politique comme radical de gauche, chose qu'il n'a jamais vraiment oubliée. Il l'a même fait en distribuant... l'Humanité, journal de droite, comme tout le monde le sait. Il a ensuite passé sa vie à naviguer, selon les circonstances et les opportunités, entre tous les courants possibles et imaginables de la politique française. Premier ministre de Giscard, il fait tout, y compris appeler ouvertement les membres du RPR, qu'il a entre temps fondé, à voter pour Mitterrand, apparemment adversaire politique, faisant triompher ce dernier. En cela, il n'était pas à son coup d'essai car quelques années auparavant, il avait fait gagner...Giscard face au candidat de son propre camp : Chaban Delmas. Un peu plus tard, en 2007, il recommençait, avec un peu moins de succès cette fois, contre, de nouveau, le candidat de "son" camp, un certain Nicolas Sarkozy. Ceci ne l'a empêché, en 2012, de déclarer, très ostensiblement et devant des dizaines de caméras, qu'il votera pour...Hollande.

 

Devons-nous aussi parler du système Chirac à la Mairie de Paris ? les emplois fictifs, les frais de bouche (4'000 euros par jour - ça mange beaucoup chez les Chirac), les fausses factures et tout le reste, plus de treize "grosses" affaires  ? Un contradicteur pourrait rétorquer en disant qu'il en avait été...blanchi. Blanchi ? Pas vraiment. Un non lieu avait effectivement bien été prononcé, pour cause de...prescription. Devons-nous parler du travailleur français, gagnant 13'000 francs par mois et devenant fou en constatant que son "voisin" de pallier, avec 4 épouses et 20 enfants en gagne, lui, 50'000 sans rien faire ? Ce sans parler "des bruits et des odeurs" ? Devons-nous parler de la "fracture sociale", de notre "maison qui brûle" et de tout le reste ? De son euroscepticisme et du fait qu'il a tout de même fait voter le traité de Maastricht ?

 

Tout cela, pourrait-il être effacé par le fait qu'en 2003, il se soit levé contre l'intervention américaine en Irak ?

 

Non.

Commentaires

  • Il semble que son (le bruit et l'odeur) n'a pas marqué plus que ça! Imaginons un instant Eric Zemmour le dire aujourd'hui!!!! Pour ma part je ne lui trouvais aucun talent même pas celui d'être honnête! Sa marionnette était plus sympathique!

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