25/10/2018

Skripal, Kashoggi : meurtres, empoisonnements, démocratie, droit, etc.

Il y a de cela quelques semaines et suite à la tentative d'assassinat avortée de l'ex espion russe Skripal et sa fille en terre britannique, les "démocraties" occidentales étaient toutes vent debout contre les "méthodes inacceptables" de "l'ennemi" russe. Et il ne leur (les "démocraties" occidentales) a fallu que quelques heures pour décider de nouvelles sanctions (désormais habituelles contre la Russie...de Putine) et de renvois massifs de diplomates russes, entre 1 et 23, selon les pays.

Le 2 octobre, un "journaliste" saoudien (d'origine syrienne) se faisait couper, alors qu'il était encore vivant, les doigts, puis le reste de son corps : mains, bras, jambes et tête. Comme réponse, les "démocraties" occidentales ont décidé d'abord "d'attendre" d'en savoir plus pour décider des suites, éventuelles, à donner à l'affaire. La première d'entre elles, comme chacun le sait, celle de notre ami Trump, a déclaré, dans la bouche de ce dernier, qu'il était urgent d'attendre et que, surtout, sanctionner l'Arabie Saoudite causerait plus de dommages aux USA qu'aux Saoudiens. Comme quoi...

D'autres "démocraties" ont "décidé" d'attendre que "toute la lumière" soit d'abord faite sur l'affaire avant de décider. Reste à savoir...de quoi. Il y en a même qui ont salué les efforts de...transparence du royaume wahhabite.

Revenons un peu sur l'affaire elle-même. C'est tout de même drôle de constater qu'aucune de toutes ces rédactions, aucun de ces brillants journalistes n'aient révélé un point central de l'affaire : le "journaliste" en question possède une carte de séjour "permanente" aux USA et, de plus, il travaille accessoirement pour le compte du Washington Post. On peut dès lors se poser la question de savoir pour quelle raison devait-il se rendre en "Turquie" pour une petite affaire administrative, des papiers pour son mariage. N'y a-t-il pas des représentations diplomatiques saoudiennes aux USA ? Pourquoi devait-il aller jusqu'en Turquie pour ce faire ? A moins que la vraie question ne soit : pourquoi l'a-t-on "envoyé" en Turquie ?

Aux dernières nouvelles, le roi de la Macronie a déclaré qu'il ne suspendrait pas les livraisons d'armes aux Saoudiens. Les missiles tuant des centaines d'enfants aux Yémen n'étant que des bavures et le découpage de Khashoggi, lui, est simplement un interrogatoire qui a mal tourné.

Alors, franchement, dans ce monde, il faut soit :

  • Être fort, très fort (et accessoirement riche) comme les USA pour soumettre les autres à sa volonté.
  • Être riche, très riche (et accessoirement avoir un tuteur très fort) comme les Saoudiens, pour faire taire les autres.

Pour le reste, démocratie, liberté, droits,etc.,toutes ces conneries ne sont valables que pour les imbéciles qui y croient, et il y en a, mais aussi pour les pauvres misérables qui les subissent, et il y en a beaucoup.

 

 

 

09:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2)

23/10/2018

En France, on menace une enseignante avec un revolver. Et chez nous ?

On ne reprendra pas ici cette affaire où tout a déjà été dit depuis bientôt deux jours. On rappellera juste les faits : dans la République d'à côté, un "élève" d'un lycée professionnel a brandi un revolver, factice (mais cela ne change strictement rien à l'affaire car même des braquages, réussis, sont exécutés avec de telles "armes") avec laquelle il a menacé son enseignante. Derrière, on voit un autre "élève" brandissant, lui, le désormais habituel doigt d'honneur.

Et chez nous ?

Cela, paraît-il, se passe d'une manière un peu plus douce. Afin d'y voir un peu plus clair et puisque j'ai des enfants fréquentant encore l'école de la République (et canton de Genève) comment cela se passe-t-il chez nous ?

Il y a de cela 5 ans, l'aînée quittait les bancs de l'école primaire pour se lancer à l'assaut du CO. Elle a dû, à cette occasion, se séparer de la plupart de ses camarades qui, pour certains, partaient pour le Co de la Colombière et, pour d'autres, pour celui de Montbrillant. Ceux-là lui auraient dit que là-bas, à Monbrillant, tu es "mort" si tu n'es pas...albanais.

Quelques années plus tard, son petit frère tente l'expérience à Colombière et voici ce qu'on lui donne comme programme de lecture en Français : Le Prince de Central Park.

Et voici ce qu'on y lit :

Page 11 : "le sexe était omniprésent, derrière les portes fermées qui abritaient les maquereaux et leurs petites copines, sur la terrasse, et surtout au neuvième étage où l'allemande alcoolique ne cessait de se demander comment elle pourrait bien faire pour arriver à séduire un jour ce gamin".

Page 13 : " La pointe du couteau s'enfonça dans la chair de son cou. Une goutte de sang perla..."

Page 14 : "Le drogué retira son pied. Les portes de l'ascenseur se refermèrent".

Pour ne point reproduire la totalité du "torchon" ici, je tourne les pages au hasard et tombe, page 42, sur ceci : "Les viols, les meurtres, les agressions avaient fait de cette zone un no man's land". Un peu plus loin, dans la même page, on lit : "...une femme aux vêtements voyants et un homme.... Le couple traînait au coin de la rue. L'homme et la femme étaient en train de négocier".

On peut aussi lire, en vrac :

 "Au-delà de cette zone s'étendait un territoire dangereux. Jay-jay savait que des bandes d'adolescents rôdaient (...), prêts à se jeter sur le premier passant assez imprudent pour s'aventurer sur leur terrain de chasse. Lorsque le gibier se faisait rare, les jeunes loups se dévoraient entre eux (...) » Quand, à onze ans et en plein New York, Jay-jay s'échappe de l'appartement de sa mère adoptive pour fuir sa tyrannie, on pourrait craindre pour lui". Mais aussi : "Il y survit au jour le jour, recueille un chien, fait la connaissance d'une vieille femme avec laquelle naît une curieuse amitié. Mais il doit aussi échapper à Elmo, un jeune drogué qui s'est juré de lui faire la peau...".

Et voilà.

Programme de français pour des enfants de 11 et 12 ans.

Aux écoles de la République du bout du Léman, il y a ce qu'on appelle le "livret scolaire" qui résument la vie et les résultats des gamins et où parents et maîtres peuvent avoir des échanges. J'ai donc écrit deux mots au "maître" du petit à propos de ce qui précède lui demandant d'avoir un entretien au plus vite. Sa réponse fut "avec plaisir mais l'emploi du temps est chargé et il doit en discuter avec une sorte de supérieure qui doit aussi être présente, etc.". Clairement, on se verra lorsqu'il n'y a plus de raison de se voir. C'est à dire une fois le "livre" est lu, relu, décortiqué, etc.

Au moment même où j'écris ces quelques lignes, j'ai pris la décision unilatérale de ne point laisser le petit continuer cette lecture néfaste, ce alors même que le mal est fait. Nous verrons si son maître osera répercuter cela sur les résultats du gamin.

Je vous tiendrai aussi au courant de la réponse du département de l'instruction publique à la lettre que je lui ai envoyée et qui est une presque reproduction de ce qui précède.

 

 

 

09:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3)