26/07/2016

Sport, dopage, CIO, mondialisation, politique et corruption

Le titre de ce billet peut paraître confus : une suite de mots sans, apparemment, un lien entre eux. Et pourtant.

Je veux aujourd'hui parler de la dernière pierre portée la semaine dernière à l'édifice de l'encerclement de la Russie par l'Occident, plus précisément les USA. Car il ne faut pas se leurrer : faire croire qu'il s'agit d'une affaire de sport revient à prendre les gens pour encore plus cons qu'ils ne le sont. A un moment donné, même les pires des cons s'en aperçoivent.

En soi, je me fous totalement de savoir qui participera aux prochains jeux olympiques de Rio. Comme par ailleurs je me fous éperdument de la Coupe du monde de football, ou encore de la Coupe d'Europe, qui vient de se terminer. Cela fait longtemps, très longtemps que tout ce cirque n'a plus rien à voir avec le sport. Pour ce qui est des jeux olympiques, on peut pratiquement situer, à un jour près, le moment où ils ont commencé à perdre tout lien avec le...sport : celui où le marquis de Samaranch, prénommé Juan Antonio, accessoirement ministre du sport de Franco, a pris le commandement du CIO, en 1980. Il ne s'en est par ailleurs jamais caché, que Dieu ait son âme, ou pas : pour "développer" les jeux, il faut abandonner l'amateurisme, faire entrer le professionnalisme, donc l'argent, beaucoup, beaucoup d'argent. Et tant pis si cela ne plaît pas au baron de Coubertin, déjà auprès de son créateur, lui. Samaranch fait carrément modifier la charte olympique concernant l'exigence absolue d'amateurisme simplement en ajoutant la phrase "sauf pour la CIO" dans l'article de la charte traitant le sujet. La CIO, comme par ailleurs toutes les instances sportives mondiales, devient une simple machine à sous. Grosse, très grosse mais machine à sous, tout de même. Le Seigneur des Anneaux (nom donné au marquis) règne sans partage sur cette instance "sportive" et fait couler beaucoup d'argent. Des sommes astronomiques aux origines et destinations souvent douteuses, mais aussi des tonnes de produits dopants, des milliers de dossiers de corruption, bref, la panoplie complète du mafieux suprême, habillé pour les circonstances en athlète grec. Plus près de chez nous, nous trouvons son alter ego footballistique : un certain Sepp Blatter.

Dopage, corruption, gros sous et politique ont toujours accompagné de très près tous ces mouvements..."sportifs". C'est donc avec délectation que je suis l'affaire des athlètes Russes, apparemment dopés, ce qui "scandalise" les autres et la CIO. Au point que la Russie se trouve privée de ... jeux. Et la violence et l'empressement avec lesquels toutes ces instances traitent la chose, ça laisse pantois. Voyez-vous, la planète sport tout entière est tellement "clean", les instances sportives mondiales sont à ce point incorruptibles, les athlètes (Américains notamment) morts de vieillesse (bien évidemment) que tout ce beau monde n'a pas "supporté" de voir les athlètes Russes se doper. C'est au-delà du supportable.

On en est donc là. On me rétorquera (car ils ont déjà préparé la riposte au cas où ils seraient accusés de politiser l'affaire) qu'il ne s'agit en l'occurrence pas d'affaire de dopage au sens stricte (médical et sportif) du terme mais d'une affaire de système complet et complexe de dopage organisé et dirigé par les instances politiques (le gouvernement, pour faire simple) de la Russie. Cela ne change rien. Le sport, je le répète, n'a strictement rien à faire ici. Cette affaire est la suite logique du plan mis en place par les USA concernant la Russie depuis le déclenchement des évènements de Maidan (Ukraine). Elle suit la même logique et répond aux même préoccupations ayant caractérisé les relations des deux pays depuis l'accession au pouvoir de Poutine (ou plutôt depuis le départ de l'ivrogne Yeltsine) : encercler la Russie géographiquement, politiquement, militairement, économiquement et même, maintenant, sportivement. Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour la faire capituler.

Jusqu'où cela pourrait aller ? Et bien tout dépendre in fine de la réaction des Russes. Il est indéniable que les USA cherchent à savoir jusqu'où ils peuvent aller dans les provocations avant qu'une réaction violente des Russes ne vienne. Le problème avec cette manière de faire est que lorsqu'on s'en apercevra, ce sera probablement trop tard. Acculés, les Russes peuvent finir par ne trouver qu'un seul moyen de riposte : la guerre, la vraie.

En tout cas je l'espère.

 

10:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0)

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