25/07/2016

Coup d'état en Turquie. Les Américains savaient et...approuvaient

Tout le monde, à des degrés différents d'enthousiasme, il est vrai, s'est empressé pour dénoncer le coup d'état d'il y a deux semaines en Turquie et pour se déclarer satisfait de voir le pouvoir "démocratique" prendre le pas sur les putschistes. Tout le monde ? Pas vraiment. Car les derniers à avoir finalement fait une déclaration en ce sens furent la première puissance mondiale, accessoirement première démocratie du monde (amen) : les USA, par la bouche de leur secrétaire d’État, John Kerry. Et pour cause. Car les Américains qui, bien avant les Russes, qui le savaient aussi, étaient au courant des préparatifs du coup, n'auraient pas été mécontents de voir les putschistes réussir leur coup. Cela leur aurait permis de réussir un coup triple :

  • Se débarrasser d'Erdogan qui commence à casser les pieds à tout le monde
  • Avoir un chaos supplémentaire dans la région
  • Avoir un nouveau régime militaire qui leur serait forcément bien plus favorable

Ces deux derniers points leur permettront en plus d'atteindre un objectif bien plus important : la Russie. Et c'est probablement pour cette raison que les Russes ont averti Erdogan (ils ne l'aiment pas vraiment, loin de là, et n'auraient pas du tout été mécontents de voir sa carcasse trainée dans les rues d'Ankara ou d'ailleurs mais ils ont estimé que de le laisser au pouvoir eut été un moindre mal. D'autant que les circonstances évoquées plus haut conduiront à un refroidissement des relations entre Washington et Ankara). Il ne faut pas oublier non plus un autre fait important s'agissant des relation Turco-américaines, d'un côté et turco-russes, de l'autre. Les Russes n'ont pas oublié et n'oublieront jamais, l'épisode de leur bombardier descendu par la chasse turque, qui ne l'aurait jamais fait sans l'accord, voire l'ordre, des Américains. Il y a de cela deux semaines et dans un revirement aussi spectaculaire que, presque, incompréhensible, le président turc a adressé une lettre d'excuses officielle à son homologue russe. On apprend même que des préparatifs étaient en cours pour l'organisation d'une rencontre entre les deux hommes. Quelques jours après, ce fut même la stupéfaction à l'annonce de...l'arrestation (rien de moins que cela) des deux pilotes du chasseur turc ayant abattu le bombardier russe.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/07/19/97001-201607...

Les pilotes d'un chasseur turc :

  • Abattent un bombardier russe (avec l'aval ou sous l'ordre des Américains)
  • Participent ensuite (quel hasard) à la tentative de putsch contre Erdogan
  • Se font arrêter par les services de ce dernier.

On met tout cela ensemble, on le mixe et on laisse chacun imaginer la conclusion.

Est-ce que les Américains ont tout perdu dans cette affaire ? Pas vraiment. Ce qui précède explique ce qu'ils auraient gagné si le putsch avait réussi. Mais puisque ce dernier a échoué, on change de fusil d'épaule et on se dit que de toute manière, ce qui s'est passé affaiblira l'armée et le pouvoir turc. Ce dernier aura maintenant d'autres chats à fouetter, à l'intérieur de ses frontières. Il ne donnera plus autant d'importance à la lutte contre les Kurdes. Ces derniers sont, pour l'instant, les vassaux les plus fidèles de Washington.

Vive l'Amérique et vive la démocratie.

 

10:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Il est impossible (techniquement et matériellement) que le scénario des purges (le listage, l'organisation et l'arrestation des milliers de fonctionnaires) ait pu se concrétiser à partir de la date du soulèvement et jusqu'ici, d'une faction de l'armée.

Erdogan prend vraiment les gens et le monde pour des imbéciles. Heureusement Poutine veille au grain et n'a pas dite le dernier mot.

Écrit par : Jean Troillet | 25/07/2016

Vous avez raison!
"On" nous dit que la base militaire Russe à Hmeimem près de Lataquié au Nord Ouest de la Syrie a pu voir les hélicoptères des putschistes turques qui vadrouillaient dans le ciel turque et se dirigeant vers Marmaris où le Sultan Erdogan réside. De même que cette base a décodé les messages entre-putschistes et de ce fait les russes "auraient" informé Erdogan du coup et qu ils lui ont sauvé la peau (info:le temps nous dira..)

Alors, si cette base à Hmeimem a pu voir et entendre les putschistes et avertir le Gvt turque mais que celle à Dyar Bakir en Turquie où se trouve une autre redoutable base USA/Otan (avec bombes nucléaires et boutons Auto-Destruction..)n a rien ni vu ni dit...Ceci ne devrait il pas sous entendre que lees USA/Otan sont soit dans le coup soit que ce coup ne les génait nullement bien au contraire voire les deux?

Toutefois, les USA ont dit à Erdogan:Attention, 1 er avertissemnt, si tu n obéis pas comme un esclave, on ne te protége pas ni des terroristes ni d un procahin putsch qui te coutera ta tête et si tu y persistes, on t envoie cette fois-ci des terroristes et même des putschistes bien préparés depuis ton Sultanat du Bosphore..

Écrit par : Charles 05 | 25/07/2016

"Erdogan prend vraiment les gens et le monde pour des imbéciles."
Apparemment il a tout à fait raison.

Écrit par : Mère-Grand | 25/07/2016

"Erdogan prend vraiment les gens et le monde pour des imbéciles."
Apparemment il a tout à fait raison.

Effectivement car l Europe s est suicidée en face d Erdogan. Trois milliards d euros donnés par l UE (les contribuables donc). Il a les vannes d imigration en main:si vs m emmerdez trop, j ouvre ces vannes et vous aurez encore plus d immigrants. Vous me donnez sous peu le même tarif de la libre circulation aux turques dans l espace européene(ou de Schengen..) donc les turques honnêtes iront où ils veulent et si vous m emmerdez trop, il y aurait quelques djihadistes ou arabes sunnites syriens bientôt "naturalisés" turques qui glisseront dedans sans que je le sache "bien entendu".

Écrit par : Charles 05 | 25/07/2016

Erdogan a un très gros défaut: c'est un calife qui croit au père noël.

Attendons les résultats des élections américaines et les réorientations géopolitiques au Proche-Orient.
Avec Clinton, les Russes muscleront sérieusement leurs positions en Syrie et dans la région. Fatal pour Erdogan. Avec Trump, risque d'apaisement et de normalisation des relations entre les deux super-puissances. Fatal pour tous les régimes islamiques radicaux.

Écrit par : Jean Troillet | 26/07/2016

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