13/07/2016

Le marché a toujours raison

Je l'ai entendue pour la première fois presque au premier jour de l'année où j'avais décidé de reprendre mes études universitaires, en économie politique, qui s'étaient terminées quatre ans plus tard avec une mention très bien. Déjà à l'époque, je ne me faisais pas la moindre illusion quant à la valeur réelle de ce qu'on nous "racontait" mais il fallait ce titre pour garantir un emploi d'un certain niveau plus tard. Il se trouve que cet emploi fut trouvé au sein de la division financière d'un grand groupe industriel. Plus précisément dans la...salle des marchés, où l'on se "faisait" des paquets...d'argent.

Phrase magique s'il en est, que l'on entend à longueur de journée pour autant que l'on s'intéresse un tant soit peu à l'économie et aux marchés financiers. Phrase qui par ailleurs a toujours servi de justification à des évolutions (du marché) qui sont allées à contresens des prévisions des analystes (toujours eux) et autres "spécialistes" de tous genres. Ces derniers ont commencé par prévoir le maintien de la GB au sein de l'EU et ce pratiquement jusqu'à la dernière minute avant l'annonce des résultats finaux du référendum sur la sortie de ce pays de l'EU : le Brexit. Les marchés (qui avaient raison) étaient euphoriques, la livre grimpait et la bourse de Londres au plus haut. Quelques heures plus tard, les "analystes" et spécialistes en tous genres, professeurs d'universités, politiciens à la petite semaine, responsables de...salles de marché, pontes de la finances, etc., commençaient à nous prédire une catastrophe économico-financière sans précédent. C'est un jour terrible pour la Suisse  ,  Après le vote sur le Brexit, Philipp Hildebrand redoute une «catastrophe» (on rappellera tout de même qu'il s'agit de l'ancien président de la BNS, grand connaisseur de l'économie mondiale et des...marchés et quelqu'un qui, comme les autres, touchent des millions pour leurs...prévisions).   On est allé, tenez-vous bien, jusqu'à prédire le déménagement de la bourse de Londres, rien de moins que cela, à Francfort, voire même à...Paris. Je n'avais pas attendu pour annoncer que rien de tout cela n'aura lieu :

Brexit : tous contre le Peuple

Les Britanniques quittent l'Europe : et alors ?

J'avais aussi promis de ressortir ces billets dans 6, 12 ou 18 mois et ce quelque soit l'évolution des événements. Enfin, j'avais aussi prédit que je les ressortirais beaucoup plus tôt que cela.

Aujourd'hui, à peine 3 semaines après le...Brexit, voyons comment le...marché de...Londres voit les choses :

http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=UKX.L

On est au plus haut depuis le 11 août 2015.

Dans le même laps de temps, la bourse de Paris perdait...18%. http://www.boursorama.com/bourse/indices/

Et la Livre ? Elle a perdu 18% de sa valeur contre l'Euro depuis le ...1er janvier 2016. Et alors ? L'Euro avait bien perdu....18% de sa valeur contre le dollars et, accessoirement, le franc suisse en l'espace de quelques semaines depuis mais 2012 ! Oh, j'oubliai, à l'époque, les (je vous le donne en mille) "spécialistes" nous expliquaient que cela :

  • Doperait les exportations de l'Europe
  • Rendrait les importations plus chères et, dès lors, contribuerait très favorablement à la balance commerciale.

Remarquons que quelques mois avant, les mêmes "spécialistes" disaient que la "force" de l'Euro était un avantage parce qu'elle permettait de baisser le prix d'importation du...pétrole.

Cela étant, les "spécialistes" commencent déjà à préparer leurs prévisions de...rechange. Si la GB s'en sort bien, c'est probablement parce qu'elle va déclencher une guerre...fiscale. Les capitaux retrouveront (retrouvent déjà) le chemin de la City et le marché aura toujours...raison.

Je ne suis pas forcément favorable au Brexit, dont je me fous éperdument. Je suis simplement favorable à tous les Brexit possibles. Cette Europe, telle qu'elle est, résultat direct de mai 1968 (et de rien d'autre) doit disparaître. Cette Europe où l'Homme (l'être humain) n'a qu'une seule existence, celle exercée au sein d'un supermarché. L'Europe mondialiste où l'individualisme, de surface, fait croire à une liberté qui n'existe que dans les allées de ces mêmes supermarchés. Et encore. L'Europe des reliquats de mai 1968 qui ne sont citoyens ni de la France, ni de la GB, ni de l'Allemagne, ni de la Suisse mais...du Monde. Il ne nous expliquent par contre pas où se trouve ce...Monde.

Entretemps, José Manuel Barroso, ancien Président de la Commission Européenne, qui est engagé chez...Goldman Sachs.

http://www.tdg.ch/economie/barroso-goldman-sachs-presse-a...

Qu'est-ce que le Brexit changera dans la vie des Britanniques ? Rien, absolument rien. Je vous donne même rendez-vous concernant le thème principal de la campagne des "Brexiters" : l'immigration. Nous comparerons alors, dans une année, les statistiques de l'immigration entre le 12 juillet 2016 et le 12 juillet 2017.

Vous serez surpris.

 

 

 

 

10:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0)

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