09/06/2016

76.9% de Suisses ont refusé le revenu de base inconditionnel (RBI)

Dimanche dernier, les résultats sont tombés : 76.9% des Suisses ont refusé le RBI. Si le résultat ne laissait guerre place au doute (quoique), c'est l'ampleur du refus (ou de l'acceptation) qui était le réel enjeu du scrutin. Et cela n'a pas manqué : ici comme ailleurs, les commentateurs, experts (encore eux) et autre analystes ont relevé le score "élevé" du...non.

Score élevé ?

A première vue, on pourrait effectivement parler de résultat sans appel : les trois quarts des votants ont refusé que l'on puisse gagner 2'500/mois sans rien faire, bébés y compris et dès la sortie du ventre de leurs mamans (pour eux, c'est 650/mois). Les commentateurs, notamment ceux des médias étrangers, ont de nouveau relevé "le sérieux des Suisses et leur penchant pour le travail". On ne sait en revanche pas ce qu'en pense un employé gagnant 3'500/mois pour un travail de 40 heures par semaine en voyant son voisin toucher 2'500...sans rien faire. Mais passons.

Ainsi, tout le monde a parlé des 76.9% de non mais personne, absolument personne, ne s'est penché sur les...23.1% restants, alors même que, selon moi, c'est ce chiffre-là qui est doit au contraire être au centre de nos...préoccupations. En effet et alors même que c'est pour la première fois dans l'histoire du pays que le "peuple" vote pour un tel projet, combattu par tout le monde, sauf quelques "verts" (et pour cause), un quart des votants a tout de même dit...oui. Une personne sur quatre, ayant le droit de vote, a accepté l'idée de pouvoir toucher un revenu sans rien faire. Pis : sans avoir rien fait auparavant. Théoriquement, on pourrait passer une vie entière sans travailler et toucher le RBI.

Et presque un quart des votants ont accepté cela.

On ne pourra jamais le savoir mais il eut été intéressant de savoir quel résultat aurions-nous eu si la consultation avait eu lieu en...1960, 1970 ou 1980. Il aura fallu ensuite étudier les "évolutions" de la société (plus précisément la structure sociale) et mettre cela en parallèle avec les résultats respectifs. En d'autres termes, savoir qui a voté quoi.

Je ne suis pas sociologue et il serait intéressant que quelques uns se penchent sur le sujet.

10:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Je comprends votre curiosité et j'apprécie votre intérêt pour le vote minoritaire. A la vitesse à laquelle nos sociétés se transforment en ce moment, vous aurez vraisemblablement la réponse rapidement car le RBI risque bien de s'imposer universellement à relativement court terme, comme accompagnement logique de la précarisation engendrée par l'ubérisation de la société et en réponse à l'incapacité toujours plus évidente des Etats surendettés à assurer un filet social qui fonctionne.
Les Verts sont souvent la risée en politique. Ils passent pour des allumés ou des bobos urbains déconnectés des réalités contraignantes contemporaines. En fait, ils sont effectivement un peu décalés car visionnaires. Ils anticipent les évolutions. Et c'est bien ce qu'on devrait pouvoir attendre de nos élus il me semble. Et bien non, la politique semble l'art d'accommoder les restes et limiter les dégâts. A tel point que la jeunesse se désintéresse complètement des scrutins et ne fait nullement confiance dans les institutions.

Écrit par : Pierre Jenni | 10/06/2016

Mr Pierre Jenni dit à juste titre""A tel point que la jeunesse se dés-intéresse complètement des scrutins et ne fait nullement confiance dans les institutions"

Est ce que les institutions sont en cause ou que la "detestation" des jeunes y est pour beaucoup? Est ce que les sociétés occidentales et surtout européennes ne détestent elles pas les Jeunes et ne croient pas à leur vision des choses et surtout à leurs inquiétudes. Regardez ce qui s est passé en France et sans prendre partie ni philosophique ni politique dans la contestation des Nuits debout qu on a traité (ces jeunes) par tous les noms d oiseaux (anarchistes, tous casseurs, terroristes, agents sans ni tête ni queue ...mal-éduqués et insultant même le Grand Finkel, buveurs de bière...)

Pour comprendre qu il faudrait donner aux jeunes un droit de manifester et d orienter la politique vers leur avenir est de se rappeler que nous, quand on avait leur âge de 20 ans, notre souci majeur était de savoir si le copin ou la copine nous aime tant ou pas et vice versa tandis qu aujourd hui les jeunes ont comme souci très amjeur :trouvé-je un boulot ou pas, au chômage ou pas...etc...

Bien à Vous.
charles 05

Écrit par : Charles 05 | 10/06/2016

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