27/05/2016

A Bâle, les élèves islamistes doivent serrer la main de leur maîtresse : triomphe de nos valeurs ou soumission ?

Deux élèves syriens, dont le père est "actif" à la mosquée Al Faysal viennent de se faire signifier l'obligation de serrer la main de leur maîtresse, si celle-ci l'exige. L'affaire est allée jusqu'au département cantonal de l'éducation qui a demandé une expertise...juridique.

Tous les médias se sont passés le même article ou presque. On y lit les commentaires habituels, en plus d'une sorte de "satisfaction" générale quant à la décision qui a finalement été prise. Suit aussi le cortège habituel des "spécialistes" et "experts" en la matière : "c'est un signe très claire contre l'Islam politique" (avons-nous déjà entendu d'une chrétienté ... politique, d'un bouddhisme ou d'un judaïsme politiques ?). On lit aussi : "avons-nous besoin d'imams suisses ?", etc. On a aussi eu droit, cela va sans dire, à :

  • "Cela n'a rien à voir avec l'Islam" (quelque part dans l'article de 24 heures)
  • "Il n’y a pas de référence, dans le coran, légitimant le refus de serrer la main d’une enseignante. (tiens, même cela doit être prévu, ou pas, dans le Coran, selon Montassar BenMrad, président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS)" cité dans Le Temps.
  • "Ils (les adolescents) ont une "interprétation" de l'Islam (encore une) qui les empêche de serrer la main de femmes ne faisant pas partie de leur famille proche. Dans 20 minutes.
  • Etc.

Tout le monde est content. Tous le monde est satisfait : nos valeurs ont triomphé.

Je ne le crois tout simplement pas. Car le plus important dans cette "affaire" n'est pas du tout le fait que, finalement, une décision "contraignante" (il faut attendre pour voir ce qu'il en est en réalité) ait été prise à l'encontre de ces apprentis salafistes (demandeurs d'asile et actuellement candidats au passeport suisse) qui, eux, se fichent totalement de tout cela. Non, le plus significatif dans l'histoire est l'analyse de la décision de base : celle de l'école elle-même qui a accordé une "dispense" aux deux élèves. La première réaction (la plus immédiate et, partant, la plus importante) de l'institution en question fut de...se soumettre. Cette attitude fait désormais partie des réflexes de base chez nous. La soumission est un acte par lequel le soumis, cherchant avant tout une "tranquillité" immédiate, finit par abandonner définitivement "ses" valeurs pour adopter celles de l'autre. La soumission est une jeune fille de 22 ans, mariée à un "sans emploi" (ce point est très important) originaire d'un pays où il n'y a qu'une seule saison : le printemps, elle même employée et, partant, seule source de revenus dans le ménage et qui déclare : "je dois lui obéir car il est mon mari, il me...nourrit". Je n'oublierai jamais  ce reportage, passé sur la télé suisse il y a de cela plus d'une quinzaine d'années déjà.

C'est désormais la culture de la peur du "machin-phobie" et du "machin-isme) :

  • Islamophobie
  • Homophobie
  • Xénophobie
  • LGBT-phobie (oui, ça existe)
  • Arabophobie
  • Afrophobie
  • Racisme
  • Antisémitisme
  • Fascisme
  • Sexisme
  • Extrémisme
  • Etc.

Afin de n'être taxée de rien de tout cela, l'école a choisi de se soumettre, immédiatement. Il aura fallu que la nouvelle se répande dans les régions alémaniques pour que le département de l'éducation décide d'intervenir.

A quand l'invention, ici même, de...l'Helvéticophobie ?

La réponse se trouve peut-être du côté d'Amarelle, Mara, Nordmann, Schwab, Levrat et, surtout, quelques autres d'une couleur nettement plus verdâtre.

10:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Depuis que les Européens (Suisses compris) n'ont plus le droit d'être "fiers" de rien du tout, même pas des valeurs fondamentales de leur culture, nous assistons à systématiquement à cette soumission à celles des autres.
Etre fier de quelques chose, quand on est européen (suisse compris) est un comportement abandonné par nos pseudo-élites aux divers "extrémistes de droite", alors que dans le reste du monde c'est simplement avoir un certain amour de son pays.
Allez à n'importe quelle soirée salsa, vous y entendrez ces affirmations d'amour et de fierté de leurs pays lancés par les chanteurs de l'orchestre et repris pas tout le public, Suisses compris, puisqu'il ne s'agit pas de leur pays. Très exotique et très triste aussi.

Écrit par : Mère-Grand | 27/05/2016

" A Bâle, les élèves islamistes doivent serrer la main de leur maîtresse : triomphe de nos valeurs ou soumission ?

Les parents d'élèves en tant que contribuable de l'école publique devrait avoir le droit de pouvoir choisir si son enfant doit serrer ou non la main de son instituteur. Il y a d'autres facteurs qui pourrait justifier le refus de serrer la min d'une autre personne comme pour des questions hygiène.

D.J

Écrit par : D.J | 27/05/2016

proprement scandaleux qu'on puisse obliger quelqu'un à toucher quelqu'un d'autre au nom d'une vague coutume qui n'a même pas cours dans toute la Suisse! On enseigne aux enfants, dans les écoles, que leur corps leur appartient. A quoi bon, si on peut les obliger à serrer la main ou d'autres obligation de toucher quelqu'un contre leur gré?

C'est à mon avis plus scandaleux que le refus des élèves!

Écrit par : vieuxschnock | 27/05/2016

En Europe et/ou en Occident, nous avons tout ce qu il faut, même un peu trop pour nous plaire et pour être heureux, très heureux et cependant nous ne le sommes pas.

Nous vivons au dessus de nos moyens depuis la 1ère et la 2ème guerre mondiale. Nous spolions toujours ceux de "là bas" au Sud: Afrique, Proche Orient, Amérique du Sud, Pakistan, Afghanistan...etc.. et ceux sont toujours les mêmes qui sont en état de guerre réelle. Regardez le nombre de "guerre" étiquetée comme telle en France, par exemple:Guerre contre le Terrorisme, Guerre contre ou pour la déchéance de la nationalité, Guerre contre ou pour la Loi du travail, Guerre contre la Russie par des sanctions et affaire Mistral, Guerre contre les Jeunes qu on déteste, hélas, de Nuit Debout, Guerre du "ni Assad ni Dach" (le terme Dach est celui de M.Hollande qui mélange entre les lessives et Daech...), Guerre ou Front contre le Front (national donc)...Cela nous ne fait il pas beaucoup, beaucoup trop de guerre qui s arrêtent souvent faute de combattants...Et on repart vers un nouveau slogan et vers d autres guerres de mots pour le Fric, le Pouvoir, la vassalisation et le suivisme aux ordres de l otan, USA qui sont, eux, heureux très heureux et gérés par les grandes multinationales too big to fail et pour des théories de foutaises et de foutage de gueule.. Guerre contre ni le chômage ni la précarité ni l insécurité (insécurité est un peu exagérée!) ni contre la dés-industrialisation ni la pourriture de la Politique et des politiciens ni contre le soutien à Al Nosra du bon boulot ("Al Nosra chère à Fabius et à Hollande" est un terme emprunté à Mr J.Gowrié..)..Toutes ces dernières guerres réelles et aux quelles nous en avons bien besoin n auraient, jamais lieu et hélas..

Écrit par : Charles 05 | 28/05/2016

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