09/10/2015

Syrie : la leçon russe

Cela fait donc une semaine que l'intervention russe en Syrie, sur demande du gouvernement syrien, a débuté. En une semaine, le résultat des frappes russes a dépassé et de loin tout ce que la "coalition" formée par les USA et ses vassaux a réussi à faire depuis plus de un an. Loin de ralentir, les Russes semblent décidés à monter au contraire la cadence et viennent de franchir une étape importante : le lancement de 26 missiles de croisière à partir de leurs bâtiments en mer...Caspienne.

Pas loin de 2'000 km.

Militairement, ces frappes ne changent pas grand chose sur le terrain. Plus important est le message extraordinaire envoyé par les Russes à l'adresse des Occidentaux et plus précisément l'OTAN. Il faut tout de même comprendre ce qui s'est passé. Ces missiles ont été lancés à partir de bâtiments stationnés en mer...Caspienne, à presque 2'000 km de leurs cibles, par ailleurs atteintes avec une précision "chirurgicale". On apprend que ces missiles sont conçus pour être lancés par des sous-marins, lesquels devaient être stationnés à...Sébastopol. La Crimée, cela vous dit quelque chose ?

Ce n'est pas un message, mais un paquet entier livré à l'intention de l'OTAN, au cas où. Après le choc produit par la soudaineté de l'action russe, voici maintenant ces missiles. Que les spécialistes croyaient être encore à l'état de prototype. Pour des surprises, les Russes semblent en effet en livrer, en nombre.

Voici le chemin qu'ont suivi ces missiles :

http://jdd.moutsinga.over-blog.com/2015/10/la-russie-frap...

Le message est, en effet, très claire. Ils ont bien contourné la...Turquie, mais ils peuvent très bien ne pas le faire. Ces missiles volent à très basse altitude, 50 mètres, et on nous dit qu'ils sont pratiquement indétectables.

Pendant ce temps-là, l'OTAN exprime "son inquiétude" face au risque "d'escalade" que peut produire l'intervention russe en Syrie. L'OTAN qui, de sont côté, nous dit combattre, parait-il, les mêmes terroristes depuis maintenant plus d'une année.

Si je comprends bien, l'OTAN exprime son inquiétude de voir les Russes frapper les mêmes cibles que lui !

A moins que...

Mais au fait, qu'à fait exactement la coalition américaine en Syrie et même en Irak depuis plus d'une année ?

En parlant de message, je crois que le plus important que la Russie envoie en direction de l'Ouest est à l'adresse des habitants de ce coin. Ceux qui croient, les sondages le montrent de plus en plus, de moins en moins en ce que leurs dirigeants et leurs médias leur racontent. Des dirigeants et des médias qui n'ont toujours pas compris que leurs propres électeurs, respectivement téléspectateurs, vont chercher l'information, la vraie, là où elle est. Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, ces dirigeants/médias, vont devoir expliquer à leurs électeurs/téléspectateurs ce qu'ils faisaient réellement là-bas, en Irak et en Syrie, depuis plus de 15 mois, non seulement sans aucun résultat mais avec le strict contraire de ce qu'ils annonçaient. Ils vont devoir leur expliquer les raisons du succès rapide des Russes là où ils ont totalement, mais consciemment échoué.

C'est peut-être pour cela qu'ils sont tellement en colère.

(il est 15H15 et je ne puis m'empêcher de relater ce qui suit. J'en ai tellement rit, pour ne pas pleurer, car cela fait vraiment pleurer. J'écoutais France Info et, un moment, le "journaliste" a parlé de la...deuxième "frappe" française contre une position de Daech (les Français n'ont pas le droit de prononcer le mot "islamique"). Pour cela, la présence du mnistre de la défense lui-même était nécessaire pour annoncer l'évènement. Rendez-vous compte, deuxième frappe après celle du...27 septembre. Cela nous en fait une par semaine. Le même ministre n'a pas hésité à dire que la France a frappé Daech "contrairement à la Russie" (oui, oui, il l'a vraiment dit). Le plus drôle, mais alors d'un drôle, dans l'affaire est lorsque le sinistre annoncé que deux Rafales ont frappé une position de Daech, le "journaliste", dans un moment de lucidité rare dans cette "profession" a lâché : "ah, bon ?). )

L'autre 2évènement" est la probable annonce, là aussi tenez-vous bien, par Obama ce soir de l'arrêt du "programme d'entrainement aux rebelles syriens". Vous savez, la brigade qui a coûté 500 millions de dollars et dont il reste, aux dires du chef d'état majeur américain, 4 ou 5 combattants.

Mais alors, si tout cela est vrai, la rébellion "modérée" c'est qui, exactement ?

10:29 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

""La rébellion "modérée" c'est qui, exactement ? "" Dit à juste titre l
article Chapeau de Mr J.-S. Gowrié.

--Les 4-5 pelés ou tondus entrainées par Les USA ont disparu des Radars et n ont servi qu à enfumer les gens d une part et que les USA soutiennent des rebelles modérés ou "Slim" et tant qu on y est, pourquoi ne pas soutenir des rebelles djihadistes Mild ou Doux ou Soft, sinon sans sel et sans matière grasse et de préférence sans barbe? D autre part, le coût cité dans l article chapeau ci dessus est phénoménale (certes avec exigence de remboursement par les idiots utiles alias les pétromonarques arabes du Golfe), ce coût cher est tombé, comme d habitudes, dans les poches des Lobbys USA , quelle bonne heure et circulez, rien à voir..
--Quand à l Armée syrienne Libre (ASL), c est une organisation fantoche et fantôme. Personne ne connait rien sur elle sauf le nom, ASL. C est le même scénario et image de l OSDH de Mr Kebab Salade Sale en GB, Abdul Ratman. Son directeur, SVP, travaille tout seul. Dans son épicerie Halal, il est seul comme "Mini Mir Mini Minus mais il fait le maximum"...Il répéte ce que la MI 6, loge et services de renseignements militaires externes de la GB qui lui disent de dire que ce qu il dit. Revenons à l ASL: c est un Vésuve qui s est déclaré d une manière inattendue sur la scène syrienne. Cette ASL n est que des Djihadistes Anti-Khaddafi qui avaient fini de raser la Libye avec la bénédiction du Papy Sarkosy et après ils doivent faire quelque chose horrible et similaire ailleurs. Alors soit qu ils étaient partis au Mali où Papy Hollande est allé les éradiquer à l Ouest, disait-il soit les transférer ailleurs donc en Syrie. Hollande et pendant qu il éradiquait ces horribles, disait il, il a couché, sans ni protection ni preservatif non plus avec leurs frères clones en Syrie à l Est, nuance d une sauce hollandaise devenue claire aux yeux de l opinion publique, caire comme le nez au milieu du visage. Alors SES Djihadistes Anti Khaddafi et Anti-Libye ont été transférés par gros avions cargos USA et France depuis la Libye vers la Syrie où ils ont été baptisés comme Armée Syrienne Libre ( blague à part!)

Ces faits sont embarrassantes pour les Occidentaux, car elle révèle la quasi-disparition de la fameuse rébellion « modérée » qu’ils ont soutenue ces dernières années. Les Etats-Unis ont ainsi suspendu dès ce jour le 10 octobre 2015 leur programme d’entraînement des rebelles syriens.
La montée des radicaux – et pas seulement du groupe Daech- permet à la Russie comme à l’Iran d’argumenter le juste discours de soutien au Gvt Syrien ( si on veut le Gvt et Bachar Al-Assad), présenté comme le « seul rempart » contre le terrorisme.

Le ministre des affaires étrangères russes Sergueï Lavrov a déclaré que les Etats-Unis avaient demandé aux Syriens de ne pas occuper les territoires qu’ils avaient libérés de l’emprise de Daech. Répondant aux questions des journalistes sur la situation en Syrie et sur les frappes russes contre les positions de Daech, le chef de la diplomatie russe, a déclaré que la Russie soutenait toujours «ouvertement et honnêtement» l’idée d’une coopération entre toutes les parties qui luttaient contre Daech.

En ce qui concerne les Etats-Unis, Sergueï Lavrov a mis en question les actions américaines qui fournissent une aide aux rebelles modérés représenté comme "Rebelles modérés ou Soft" voire à Daech.
In fine, l’Armée syrienne libre est une structure fantôme. On ne sait rien sur elle», a-t-il précisé.

Seulement en unifiant les efforts, on peut arriver au résultat visible
Même si la Russie soutient le gouvernement Loyal Syrien, le ministre russe a précisé que Moscou ne cachait pas ses volontés d’établir les contacts avec l’Armée syrienne libre «s’il s’agit d’un groupe patriote composé des Syriens» mais les Américains devraient nous donner plus d’informations sur elle. «Où se trouve cette Armée syrienne libre ? Qui est son chef ? Et quel Numéro de téléphone a t il ?», a demandé le chef de la diplomatie russe.

Sergueï Lavrov a aussi souligné que les Etats-Unis avaient demandé aux Syriens de ne pas occuper les territoires qu’ils avaient libéré de l’emprise de Daech. «Cela signifie qu’ils voulaient libérer ces territoires pour quelqu’un d’autre, pas pour l’armée syrienne», a-t-il mis en évidence. «Etant donné que les Etats-Unis essayent d’interdire à l’armée syrienne d’occuper ces territoires, ce ne sont que les groupes terroristes qui peuvent en profiter. Je ne vois pas d’autre réponse logique», a déploré Sergueï Lavrov.

Les appels de renverser Le Gvt syrien sont une violation grave du droit international. Concernant les déclarations de la France et des Etats-Unis à propos de l’intervention militaire russe en Syrie au cas où le président Bachar el-Assad ne quitterait pas son poste, le ministre des Affaires étrangères russe a précisé que cette opération serait «une violation grave de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU» qui prévoit «une régulation pacifique, politique et diplomatique de la crise syrienne et exclusivement PAR LES SYRIENS».
En ce qui concerne la guerre de l’information, Sergueï Lavrov a rappelé les propos du président russe, soulignant que la Russie y était prête. «Nous sommes prêts à opposer des faits concrets aux déclarations vides. Nous avons une série de vidéos avec les cibles frappées par l’armée russe en réponse aux demandes du gouvernement syrien», a précisé le chef de la diplomatie russe.

Il a enfin précisé que certaines chaînes de télévisions qui respectaient leur réputation avaient falsifié des vidéos à plusieurs reprises. «On a fait passer des vidéos de l’Irak pour celles de la Syrie. On a aussi montré des photos prises soi-disant en Ukraine mais il s’est ensuite avéré qu’elles avaient été prises au Moyen-Orient», a regretté le ministre russe des Affaires étrangères.

Écrit par : Charles | 09/10/2015

Deux avions en provenance du Soudan et de Turquie bourrés de djihadistes se posent à Mitiga en Libye.

Dimanche 4 octobre, deux avions civils se sont posés sur l’aéroport militaire de Mitiga, situé dans la banlieue de Tripoli et contrôlé par l’islamiste Abdelhakim Belhadj.

L’un des appareils provenait du Soudan et l’autre de Turquie, deux pays alliés des islamistes.

A leur bord : des djihadistes provenant de Syrie par centaines et acheminés en Libye pour y renforcer Daech.

Ainsi, le seul avion turc contenait pas moins de 256 djihadistes dont trois français de souche, fait savoir à Mondafrique une source du renseignement libyen. La majorité de ces hommes pourrait être affectée dans le sud libyen qui a été en grande partie reconquis par des troupes hostiles aux islamistes.

Fréquents tout au long de l’année 2014 et au premier trimestre 2015, ses débarquements de djihadistes étrangers en Libye avaient cessé jusqu’à ce jour.

Mondafrique

Via : http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2015/10/deux-avions-en-provenance-du-soudan-et-de-turquie-bourres-de-djihadistes-se-posent-a-mitiga-en-libye.html

Écrit par : Binji | 09/10/2015

J ai lu cet excellent article ci dessus de Mr Gowrié dans la TDG ce matin et Bravo. Vu la 2ème frappe française depuis 2 semaines, comme mentionnée dans ledit article, tandis que les russes en ont fait de multiples centaines depuis 10 jours, ceci se prête à une interrogation ou un sourire jaune. Le mot contre "Armée Islamiste" n est pas utilisé dans le jargon de la France mais contre "Daech". La lettre A dans Daech est Islam quand même: D comme Dawla (=Etat), A comme Islamia , 3 comme E (=3Irak) et Ch comme Cham (Est de la méditerranée:Syrie-Liban-Jordanie-Palestine).

Hollande est content comme toujours et tout va bien (pour lui). Dans cette même veine que la discussion sur la 2ème frappe de la France, il est écrit dans la même TDG de ce matin cette Perle-Citation de Hollande:""L identité de la France n est pas figée dans le marbre mais évolutive"". Sans blague Mr le Président: Cette identité ne peut ni changer ni évoluer puisque la France n en a plus et on ne peut pas changer ou échanger quelque chose qu on en a pas mais ceci dure depuis belle ou mauvaise lurette.

Écrit par : Asmar | 10/10/2015

Nous n'avons pas tous pu entendre le discours de Poutine lors de la 70è assemblée Générale de l'ONU. Les-crises.fr nous gratifie de sa transcription/traduction complète. La voici donc, ci-dessous. j'en ai fait un copié/collé par prudence, au cas où le lien viendrait à être altéré ou que l'hébergeur l'aurait ensuite supprimé.

Ainsi, on va se passer des versions freulatées ou des sélections d'extraits de messagers poutinophobes.

http://www.les-crises.fr/70e-ag-onu-russie-ukraine-jaimerais-demander-aux-responsables-de-cette-situation-avez-vous-au-moins-conscience-de-ce-que-vous-avez-fait/

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Vladimir ‪‎Poutine: Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs,

Le 70e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies est l’occasion de réfléchir au passé et de parler de notre avenir commun. En 1945, les pays vainqueurs du nazisme ont uni leurs forces pour poser les fondements solides de l’ordre mondial d’après-guerre. J’aimerais rappeler que les décisions majeures sur les principes de la coopération entre les États, les décisions sur la création de l’ONU, ont été prises dans notre pays, lors de la rencontre entre les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne qui s’est tenue à Yalta. Le système de Yalta a été obtenu après de nombreuses épreuves et au prix de dizaines de millions de vies et de deux guerres mondiales qui ont secoué la planète au XXe siècle. Soyons objectifs, ce système a aidé l’Humanité à traverser les événements tumultueux, parfois dramatiques, des 70 dernières années et a préservé le monde de bouleversements à grande échelle. L’Organisation des Nations Unies est une structure sans égale en termes de légitimité, de représentativité et d’universalité. Oui, ces derniers temps, l’ONU fait l’objet de nombreuses critiques. Elle manquerait soi-disant d’efficacité et les décisions les plus importantes reposeraient sur des divergences irréconciliables, principalement entre les membres du Conseil de Sécurité. Toutefois, j’aimerais souligner que les différends ont toujours existé à l’ONU, et ce au cours des ses 70 années d’existence. Et, de tout temps, le droit de veto y a été appliqué : y ont eu recours les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, l’Union soviétique et ensuite la Russie. C’est tout à fait naturel pour une organisation aussi hétéroclite et représentative. Les fondateurs de l’ONU ne partaient pas du principe que l’unanimité y régnerait. L’essence de l’organisation réside précisément dans la recherche et l’élaboration de compromis, et sa force – dans la prise en compte d’opinions et de points de vue divers.

Les questions discutées à l’ONU donnent lieu à des accords sous la forme de résolutions ou ne donnent lieu à aucun accord. Comme le disent les diplomates : « elles passent ou elles ne passent pas ». Et toute action entreprise par un État afin de contourner ce principe est illégitime et contraire à la Charte des Nations Unies et au droit international.

Nous savons tous qu’après la fin de la Guerre froide – tout le monde le sait – un centre de domination unique est apparu dans le monde. Ceux qui se trouvaient au sommet de cette pyramide ont cédé à la tentation de croire que s’ils étaient aussi forts et exceptionnels, cela signifiait qu’ils savaient tout mieux que tout le monde. Et, par conséquent, qu’ils n’avaient pas besoin de l’ONU, qui, souvent, au lieu d’approuver automatiquement une décision, de la rendre légitime, ne faisait que leur « mettre des bâtons dans les roues ». Des discussions ont eu lieu sur le fait que l’organisation telle qu’elle avait été créée était devenue obsolète et avait accompli sa mission historique. Il est évident que le monde change et que l’ONU doit s’adapter à cette transformation naturelle. La Russie est prête, sur la base d’un consensus large, à œuvrer au développement futur de l’ONU avec tous ses partenaires, mais nous estimons que les tentatives visant à saper l’autorité et la légitimité de l’ONU sont extrêmement dangereuses. Elles pourraient conduire à l’effondrement de toute l’architecture des relations internationales. Auquel cas ne subsisterait plus aucune règle, si ce n’est la loi du plus fort.

Ce serait un monde dans lequel l’égoïsme primerait sur le travail collectif, un monde dans lequel il y aurait de plus en plus de diktats et de moins en moins d’égalité, de démocratie réelle et de liberté, un monde dans lequel le nombre de protectorats dirigés de l’extérieur se multiplierait au détriment d’États véritablement indépendants. Au fond, qu’est-ce que la souveraineté étatique déjà mentionnée ici par mes collègues ? Il s’agit avant tout pour chaque être humain, pour chaque peuple, pour chaque État, d’être libre, de pouvoir décider librement de son avenir.

Dans le même ordre d’idées, chers collègues, il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. En droit international et dans les affaires internationales, chaque terme doit être compréhensible, transparent et univoque. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter. Personne ne doit s’accommoder d’un modèle de développement unique reconnu une fois pour toutes par certains comme le seul acceptable.

Nous ne devons pas oublier le passé. En ce qui nous concerne par exemple, nous nous souvenons notamment de l’histoire de l’Union soviétique. L’exportation d’expériences sociales, les tentatives visant à provoquer des changements dans l’un ou l’autre pays en partant de ses propres orientations idéologiques, ont souvent eu des répercussions tragiques et ont été synonymes non de progrès, mais de dégradation. Cependant, personne, semble-t-il, n’apprend des erreurs d’autrui, qui ne cessent d’être répétées. Et l’exportation de ce qu’on appelle désormais les révolutions « démocratiques » se poursuit.

Il suffit d’examiner la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord, dont a parlé le précédent intervenant [le roi Abdallah II de Jordanie, ndlr]. Cela fait évidemment longtemps que les problèmes socio-politiques couvaient dans cette région et que les populations aspiraient à des changements. Mais qu’ont-elles obtenu en réalité ? L’intervention extérieure agressive à entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part.

J’aimerais demander aux responsables de cette situation :« Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ?» Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité.

Il est déjà manifeste que l’absence de pouvoir constatée dans une série de pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord a conduit à la formation de zones anarchiques, rapidement envahies par des extrémistes et des terroristes. Des dizaines de milliers de combattants se battent déjà sous les drapeaux de l’ainsi nommé « État islamique ». On trouve parmi eux d’anciens soldats irakiens jetés à la rue suite à l’invasion de l’Irak en 2003. Un autre pays fournisseur de recrues est la Libye, dont la structure étatique a été détruite après la violation grave de la résolution n°1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd’hui, des membres de ce qu’on appelle l’opposition syrienne modérée, soutenue par l’Occident, viennent également grossir les rangs des radicaux.

Une fois armés et formés, ceux-ci passent du côté de l’État islamique. Ce dernier n’a lui-même pas surgi de nulle part : il a également été dans un premier temps choyé en tant qu’instrument de lutte contre des régimes laïques indésirables. Après avoir créé une tête de pont en Syrie et en Irak, l’État islamique poursuit activement son expansion dans d’autres régions et cherche à dominer le monde islamique – mais pas seulement. Il est clair que ses plans ne se limiteront pas à cette région. La situation est on ne peut plus dangereuse.

Dans ce contexte, il est hypocrite et irresponsable de faire de grandes déclarations sur la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux sur les flux de financement et de soutien des terroristes, notamment le trafic de drogues, de pétrole et d’armes, ou d’essayer de manipuler des groupes extrémistes, de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs politiques dans l’espoir de s’en débarrasser ensuite ou, plus simplement, de les éliminer.

J’aimerais dire à ceux qui agissent et pensent réellement ainsi : « Messieurs, vous avez bien sûr affaire à des individus extrêmement cruels, mais ceux-ci ne sont absolument pas idiots ni primitifs, ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas encore qui utilise qui. » Les dernières informations sur le transfert d’armes aux terroristes par cette même opposition modérée ne font que le confirmer.

Nous considérons que toute tentative visant à jouer avec les terroristes, et qui plus est à les armer, est non seulement irréfléchie mais également dangereuse. La menace terroriste mondiale pourrait s’en voir extrêmement accrue et peser sur de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que des combattants de nombreux pays, y compris européens, sont « rodés » dans les camps de l’État islamique.

Malheureusement, chers collègues, je dois reconnaître que la Russie n’est pas ici une exception. Il est inadmissible que ces coupe-jarrets qui ont déjà senti l’odeur du sang retournent ensuite chez eux et y poursuivent leur sale besogne. Nous ne le voulons pas. Personne ne le veut, n’est-ce pas ? La Russie s’est toujours opposée avec fermeté et constance au terrorisme sous toutes ses formes.

Aujourd’hui, nous apportons une aide militaro-technique à l’Irak, la Syrie et d’autres pays de la région qui luttent contre les groupes terroristes. Nous estimons que refuser de coopérer avec les autorités syriennes, avec l’armée gouvernementale, avec ceux qui affrontent courageusement le terrorisme, est une grave erreur. Il faut enfin reconnaître qu’hormis les troupes gouvernementales du président Bachar el-Assad et les milices kurdes en Syrie, personne ne se bat réellement contre l’État islamique et les autres organisations terroristes. Nous connaissons tous les problèmes de la région, toutes ses contradictions, mais nous devons tout de même nous fonder sur la réalité.

Chers collègues, je ne peux que constater que, ces derniers temps, notre approche honnête et franche est utilisée comme prétexte pour accuser la Russie d’ambitions croissantes. Comme si ceux qui en parlent n’avaient aucune ambition. Mais l’essentiel, chers collègues, ce ne sont pas les ambitions de la Russie, mais le fait que la situation actuelle est devenue intolérable.

En réalité, ce que nous proposons, ce n’est pas de se laisser guider par ses ambitions mais par des valeurs et des intérêts communs sur la base du droit international, de joindre nos efforts pour résoudre les nouveaux problèmes auxquels nous sommes confrontés et de créer une véritable et large coalition antiterroriste internationale. À l’instar de la coalition anti-hitlérienne, celle-ci pourrait unir dans ses rangs les forces les plus diverses, prêtes à combattre de façon radicale ceux qui, comme les nazis, sèment le mal et la haine.

Les principaux membres de cette coalition doivent bien entendu être les pays musulmans. Car non seulement l’État islamique les menace directement mais, par ses crimes sanglants, il profane une des plus grandes religions du monde – l’islam. Les idéologues de ces combattants bafouent l’islam et dénaturent ses véritables valeurs humaines.

J’aimerais m’adresser aux autorités spirituelles musulmanes : votre autorité et vos enseignements sont plus que jamais cruciaux. Il faut mettre à l’abri d’actes inconsidérés ceux que les combattants essayent d’enrôler, et aider ceux qui ont été trompés et qui, pour diverses raisons, se sont retrouvés dans les rangs des terroristes à trouver le chemin vers une vie normale, à déposer les armes et à cesser cette guerre fratricide.

Dans quelques jours, la Russie, en tant que présidente du Conseil de Sécurité, convoquera une réunion ministérielle pour analyser en profondeur la menace qui pèse au Proche-Orient. Nous proposons de discuter en particulier de la possibilité d’adopter une résolution sur la coordination de toutes les forces qui luttent contre l’État islamique et d’autres groupes terroristes. Je le répète, cette coopération doit reposer sur les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Nous comptons sur le fait que la communauté internationale parvienne à élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de rétablissement socio-économique au Proche-Orient. Alors, chers amis, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés. Les personnes contraintes de quitter leur terre natale ont d’abord afflué dans les pays alentour et ensuite en Europe. Ils se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Il s’agit au fond d’une nouvelle grande migration amère et d’une dure leçon pour nous tous, y compris pour l’Europe.

J’aimerais souligner que les réfugiés ont évidemment besoin de compassion et de soutien. Cependant, on ne pourra résoudre définitivement ce problème qu’en rétablissant la structure étatique là où elle a été détruite, en renforçant les institutions gouvernementales là où elles existent encore ou sont en train d’être reconstruites, et en fournissant une aide multiforme – militaire, économique et matérielle – aux pays en difficulté et, bien sûr, aux gens qui, malgré toutes les épreuves, ne sont pas partis de chez eux.

Il va sans dire que toute aide aux États souverains ne doit pas être imposée mais proposée, et ce dans le strict respect de la Charte de l’ONU. Tout ce qui est fait et sera fait dans ce domaine conformément aux normes du droit international doit être soutenu par notre organisation, et tout ce qui contreviendra à la Charte devra être rejeté.

Le plus important est, selon moi, de contribuer au rétablissement des structures étatiques en Libye, de soutenir le nouveau gouvernement irakien, et d’apporter une aide multilatérale au gouvernement syrien légitime.

Chers collègues, la mission principale de la communauté internationale, guidée par l’ONU, reste de garantir la paix et la stabilité à l’échelle régionale et globale. Nous estimons qu’il nous faut former un espace de sécurité égale et indivisible, pas uniquement réservé à un cercle d’élus mais pour tout le monde. Oui, c’est un travail complexe, difficile et de longue haleine, mais il n’y a pas d’alternative.

Cependant, la mentalité de « bloc » héritée de la Guerre froide et l’aspiration à conquérir de nouveaux espaces géopolitiques, que partagent certains de nos collègues, continuent malheureusement de prédominer. D’une part, ils poursuivent la politique d’élargissement de l’OTAN. À quoi bon vu que le pacte de Varsovie a cessé d’exister et que l’Union soviétique s’est effondrée ? Toujours est-il que l’OTAN non seulement subsiste mais s’élargit, à l’instar de ses infrastructures militaires.

D’autre part, ils ont placé les pays post-soviétiques devant un choix erroné : l’Ouest ou l’Est ? Tôt ou tard cette logique de confrontation devait conduire à une crise géopolitique grave. C’est ce qui s’est produit en Ukraine, où ils ont utilisé le mécontentement d’une grande partie de la population envers les autorités en place et ont provoqué de l’extérieur une révolution armée, qui s’est transformée en guerre civile.

Nous sommes convaincus que seul le respect complet et scrupuleux des accords de Minsk du 12 février 2015 permettront de mettre un terme à l’effusion de sang et de sortir de l’impasse. On ne garantira pas l’intégrité de l’Ukraine par les menaces et la force des armes. Mais cette intégrité doit être garantie. Il faut réellement tenir compte des intérêts et des droits des populations du Donbass, respecter leur choix, s’entendre avec elles, comme le prévoient les accords de Minsk, sur les éléments clés de la structure politique de l’État. C’est la condition du futur développement de l’Ukraine en tant qu’État civilisé, en tant que maillon essentiel dans la construction d’un espace commun de sécurité et de coopération économique tant en Europe qu’en Eurasie.

Mesdames et messieurs, ce n’est pas un hasard si je vous parle d’espace commun de coopération économique. Encore récemment, il semblait qu’en matière économique, régie par les lois objectives du marché, nous apprendrions à nous passer des lignes de démarcation, que nous suivrions des règles transparentes et fixées ensemble, notamment les principes de l’OMC que sont le libre échange, la liberté d’investissement et la libre concurrence. Toutefois, aujourd’hui, les sanctions unilatérales contournant la Charte de l’ONU sont quasiment devenues la norme. Celles-ci poursuivent non seulement des objectifs politiques mais servent également à éliminer des concurrents sur le marché.

J’aimerais relever un autre symptôme de l’égoïsme économique croissant. Une série de pays ont choisi de former des unions économiques exclusives et fermées. En outre, ces pays négocient en cachette et n’informent ni leurs citoyens, ni leurs cercles d’affaires, ni l’opinion publique, ni le reste du monde, de leurs pourparlers. Les autres États dont les intérêts peuvent être en jeu ne sont eux non plus au courant de rien. Il est probable qu’on souhaite tous nous mettre devant le fait accompli, une fois que les règles du jeu auront été réécrites – de nouveau dans l’intérêt d’un cercle étroit d’élus, et ce sans consulter l’OMC. Avec pour conséquences le déséquilibre total du système commercial et le morcellement de l’espace économique mondial.

Ces problèmes touchent aux intérêts de tous les États et influent sur les perspectives de l’économie mondiale dans son ensemble. C’est pourquoi nous proposons d’en discuter dans le cadre de l’ONU, de l’OMC et du G20. Pour faire contrepoids à la politique d’exclusivité, la Russie propose d’harmoniser les projets économiques régionaux, de favoriser « l’intégration des intégrations », sur la base des principes universels et transparents du commerce international. En qualité d’exemple, je peux vous citer le projet de coopération entre l’Union économique eurasiatique et l’initiative chinoise de créer une Ceinture économique de la route de la Soie. Par ailleurs, nous continuons à fonder de grands espoirs dans l’harmonisation des processus d’intégration dans le cadre de l’Union économique eurasiatique et de l’Union européenne.

Mesdames et messieurs, parmi les défis auxquels est confrontée l’humanité entière, il y a également celui du changement climatique. Nous prêterons une grande attention aux résultats de la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra au mois de décembre à Paris. À l’horizon 2030, la Russie prévoit de limiter ses émissions de gaz à effet de serre à 70-75 % du niveau de 1990.

Néanmoins, je propose d’envisager ce problème de façon plus large. Certes, en instaurant des quotas sur les rejets nocifs et en recourant à d’autres tactiques, nous pourrons peut-être atténuer pour un temps le problème, mais il est évident que ce n’est pas ainsi que nous le réglerons une fois pour toutes. Nous avons besoin d’approches fondamentalement différentes. Nous devons introduire de nouvelles technologies ne nuisant pas à l’environnement mais coexistant harmonieusement avec lui et qui permettront de rétablir l’équilibre biosphère-technosphère perturbé par l’homme. Ce défi est effectivement planétaire mais je suis persuadé que l’Humanité a le potentiel intellectuel nécessaire pour le relever.

Nous devons unir nos efforts, et avant tout ceux des États qui disposent d’une base scientifique puissante et de travaux de recherche en sciences fondamentales. Nous proposons de convoquer sous l’égide de l’ONU un forum spécial où seront examinés en profondeur les problèmes liés à l’épuisement des ressources naturelles, à la destruction de l’habitat et au changement climatique. La Russie est prête à faire partie des pays organisateurs de ce forum.

Mesdames et messieurs, chers collègues, le 10 janvier 1946 a marqué l’ouverture, à Londres, de la première séance de l’Assemblée générale de l’ONU. Dans son discours, le diplomate colombien Zuleta Angel, président de la commission préparatoire de la session, a formulé, à mon sens de façon très complète, les principes sur lesquels doivent se bâtir les actions de l’ONU. Il s’agit de la bonne volonté, du mépris des intrigues et des ruses, et de l’esprit de coopération.

Aujourd’hui, ces mots résonnent en nous tous comme une recommandation. La Russie croit en l’énorme potentiel de l’ONU, qui doit contribuer à empêcher une nouvelle confrontation mondiale pour lui préférer une stratégie de coopération. Aux côtés des autres pays, nous continuerons à œuvrer au renforcement du rôle central de coordination de l’ONU.

Je suis convaincu qu’ensemble nous rendrons le monde stable et sûr et que nous garantirons les conditions propices au développement de tous les États et de tous les peuples.

Je vous remercie de votre attention.

discours de Vladimir Poutine

Écrit par : Beatrix | 12/10/2015

C'est fou comme la Syrie ne fait plus les gros titres depuis que la Russie a confirmé son leadership dans ce conflit.

Écrit par : aoki | 12/10/2015

"C'est fou comme la Syrie ne fait plus les gros titres depuis que la Russie a confirmé son leadership dans ce conflit."

Alors même que les sources d'information, et une information détaillée, existent.
Outre:

http://www.les-crises.fr/

nous avons les sites suivants:

http://fr.sputniknews.com/

http://www.veteranstoday.com/

http://www.globalresearch.ca/

https://www.rt.com/

Autres liens bienvenus!

Écrit par : Johann | 12/10/2015

Je me permets d ajouter un autre site de débats et d info intéressants en bonne partie consacrés à la Syrie comme d autres sujets:
http://reseauinternational.net/

Écrit par : Charles | 12/10/2015

Et le site
http://independanceetverite.blog.tdg.ch/
Comment pourrais je ne pas en citer?!!

Écrit par : Charles | 12/10/2015

REGLEMENT DE COMPTE ENTRE 2 MAFIAS!
Quand on laisse un serpent franchir son propre palier A/R aller semer la m... chez les autres, il ne faut pas ni jouer à la vierge effarouchée quand ce serpent nous morde aussi sinon procéder à un règlement de compte entre la Turquie d une part et de l autre l Europe/Israel/USA/Saoudie et Qatar qui avaient soutenu les Terroristes contre la Syrie Loyale.
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La Turquie prend position officiellement en faveur de l’Émirat islamique
Source, 20 octobre 2015:
http://reseauinternational.net/la-turquie-prend-position-officiellement-pour-lemirat-islamique/
Le chef des services secrets turcs et homme de confiance du président Recep Tayyip Erdoğan, Hakan Fidan, a pris la défense de l’Émirat islamique dans un entretien à l’agence de presse officielle Anadoly, le 18/10/2015.
M. Fidan a déclaré :« L’Émirat islamique est une réalité et nous devons accepter que nous ne pouvons pas éradiquer une institution bien organisée et populaire telle que l’État islamique ; par conséquent, je demande instamment à mes collègues occidentaux de réviser leur état d’esprit sur les courants politiques islamiques, de mettre de côté leur cynique mentalité et de contrecarrer les plans de Vladimir Poutine pour écraser les révolutionnaires islamistes syriens ».
Hakan Fidan a ajouté qu’il est indispensable que l’Émirat islamique puisse ouvrir un consulat, ou tout au moins un bureau politique, à Istanbul afin de pouvoir répondre aux nombreux jihadistes qui entrent en Turquie pour rejoindre la « révolution » islamiste en Syrie. Il a souligné que la Turquie offre des soins médicaux à tous les blessés des « impitoyables » bombardements russes, sans s’enquérir de leurs affiliations politiques ou religieuses.
M. Fidan a accusé la Russie de violer le droit international en Syrie, sans préciser de quoi il parlait précisément.
Le Conseil de sécurité des Nations unies considère l’Émirat islamique, qui conduit une campagne de nettoyage ethnique en Syrie et en Irak, comme une organisation terroriste et a appelé tous les États membres à le combattre. La Russie mène une campagne de bombardements en Syrie, à la demande du gouvernement légal et légitime et en application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. La Turquie, qui assure toute la logistique de l’Émirat islamique, n’a jamais accepté de le combattre et appelle au contraire au renversement du président démocratiquement élu Bachar el-Assad et à l’instauration d’un régime islamique.
Source: http://www.voltairenet.org/article189059.html
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Voici une réponse-analyse intéressante écrite par VladP sur reseauinternational.net.
VladP 20 octobre 2015
Ceci (ndr: cette déclaration) est, en réalité, une menace envers l’Europe.
Cet homme dit clairement ceci :
– C’est la Turquie qui commande au flot des réfugiés.
– C’est AUSSI la Turquie qui centralise, entraîne, finance et arme les flots de terroristes islamistes.
– Et c’est ENCORE la Turquie qui les achemine vers leur destination, c’est à dire, pour le moment, la Syrie; ceci en exécutant les ordres des CIA-USA-Otan-UE.
- Je peux (ndr:Erdogâne), quand je veux, retourner contre vous, cette arme à deux canons que j’ai pour vous si vous me lâchez maintenant.
SI JE COULE, JE DIRIGE LES FLOTS DE RÉFUGIÉS MÊLÉS AVEC LES TERRORISTES DAESH-EI VERS L’EUROPE ET VOUS COULEREZ AVEC MOI!
LES RUSSES SONT À MA PORTE ET MA TÊTE NE TIENT PLUS QU’À UN FIL. GARANTISSEZ-MOI UNE RETRAITE HEUREUSE ET FORTUNÉE AU SOLEIL OU JE LÂCHE TOUS LES CHIENS!
Source :http://reseauinternational.net/la-turquie-prend-position-officiellement-pour-lemirat-islamique/
-----------------------------Fin

Écrit par : Charles | 20/10/2015

En effet Charles,
La Turquie dépitée d'avoir joué le rôle de porteur d'eau à toute la coalition dans toutes ces affaires, elle ne s'est pas vu gratifiée de la moindre reconnaissance, au moins à l'endroit des Kurdes et spécialement à l'endroit du PKK qu'Erdogan voudrait voir éradiqués sous ses bombes. Ces Kurdes sont civilisationnellement l'antithèse des Frères Musulmans; ils ne considèrent pas Erdogan comme un Sultan. Avec l'âge, Erdogan en devient de plus en plus malade.

Pour assouvir ses frustrations et ses colères (être dans l'OTAN mais rejeté de l'UE, c'en est trop pour son moral), il va se venger en s'alignant sur Israël et les Saouds qui collaborent avec les nazis de l'Ukraine - d'ailleurs, il vient de signer un accord de collaboration avec Porochenko. Il lui fournira des combattants de Daech pour soutenir les armées privées de nazis et de djihadistes du Caucase afin de faire le nettoyage ethnique dans le Donbass. Bref, il va faire ce qu'il a toujours fait pour la coalition occidentale contre la Syrie.

Cela veut dire pour nous, que les conflits vont se répandre en Europe grâce à la Turquie. Une fois le quartier Daech implanté en Ukraine, les djihadistes les moins malléables vont se disperser librement à travers le continent (c'est peut-être aussi voulu). On les retrouvera tantôt au sud, tantôt au nord, tantôt à l'extrême Ouest où ils iront narguer le petit lieutenant Hollande.

En frustrant Erdogan, la coalition occidentale obtiendra de lui exactement ce qu'ils espèraient (peut-être plus maintenant): concentrer les mercenaires en Ukraine, transformer l'Ukraine en immense caserne de légionnaires qui seront utilisés pour aller déstabiliser la Russie et la Chine sur leurs frontières Ouest avant de transformer ces zones en Syrie 1 et 2. Pourvu que l'Eurasie sombre dans le chaos. Il y a déjà deux anciennes poudrières avec l'Afghanistan et le Pakistan qu'il suffit de réactiver.
A terme, la coalition USA/OTAN ira prendre la Chine en tenaille avec les pays-clients vassalisés. Australie et les petites nations de Mer de Chine viennent de signer les accords de Partenariat Transpacifique de Libre Échange. Certains d'entre eux sont tout fiers de recevoir une base navale de l'OTAN et des USA dans leurs eaux nationales. Le Vietnam qui a tout oublié des indicibles atrocités qu'il avait endurées, leur réserve aujourd'hui un accueil plus qu'euphorique avec le rêve de pouvoir terrasser un grand pays qui, pourtant, ne l'avait jamais envahi.

Poutine n'en est pas dupe. Le retournement de situation concernera surtout l'Europe. Il l'avait déjà avertie dès après Maïdan. Ce sera son problème. A elle de le résoudre.On verra si elle fera mieux que décréter des sanctions pour tout et pour rien contre une Russie plus que patiente.

Écrit par : Beatrix | 21/10/2015

Hormis que le régime de Racep Tayeb, pardon, un régime dictatorial du 12 ème siècle qui voudrait faire reconnaître Daech comme Etat, chose qui ne nous étonne nullement de sa part. Ceci ne nous étonne pas étant donné qu il est le Sultan de la CIA dans la région et lui, il croit qu il est le Sultan du Bosphore voire le Futur Khalifa post Omar Baghdadi. Khalifa pieux est une plaisanterie cynique. Erdogâne a relégué à son fiston, Bilal qui est le même prénom du Mouazzen du Prophète Mohamed, ce Bilal est le transitaire entre Daech et Exxon Mobile le Texan, Elf et Total les français pour vendre le pétrole syrien et irakien volé à la Syrie et à l Irak par Daech. Pieux ? Mon dieu..

Demain, Hollande et Fabius, 2 Escrocs d Etat, annonceraient l ouverture d un consulat de Daech à Paris dans un bâtiment annexe à celui du Chef de la diplomatie extérieure française la plus médiocre, au Quai d Orsay donc. Alors ce consul de Daech rencontrera le dit son confrère Fabius Abou Al Nosra (Al Qaida) qui fait du bon boulot en Syrie. Et si ces Djihadistes ont besoin de se faire soigner, des hôpitaux militaires au Golan les attendent ...et le tour est joué.....
Ceci vous étonnerait il?

Écrit par : Charles | 21/10/2015

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