15/09/2015

Migrants, Europe, Merkel, Hollande, etc., : "essayons" de comprendre

800'000, 24'000, 160'000...la bataille des chiffres et les déclarations à l'emporte pièce font rage. En l'espace de 72 heures (un peu plus en réalité), on a vu les Allemands annoncer vouloir accueillir tous ceux qui voudraient aller trouver "refuge" dans le pays, les Français ouvrant les bras à 24'000 (répartis sur deux ans), les Européens (oui, ce pays existe) exigeant la répartition "obligatoire" de 160'000 réfugiés entre les pays de l'Union, ce dont ne veulent pas entendre parler les Polonais, les Slovaques, les Danois et les Hongrois. Ces derniers viennent d'annoncer la fermeture "hermétique" de leurs frontières et la criminalisation des "réfugiés" en question.

A peine ces nouvelles annoncées et voilà que "Maman Merkel" (comme l'appellent désormais affectueusement les Syriens, Afghans et autres Érythréens) fait un volte face à 180° et annonce carrément la suspension des accords Schengen, carrément. Rendez-vous compte : de 800'000 attendus ET accueillis "à bras ouverts" à...fermeture des frontières et suspension des accords de Schengen. Alors, bien évidemment, ce traitement de la problématique des réfugiés donne l'impression d'une réflexion manichéenne dictée uniquement par la ponctualité des évènements et les humeurs "changeantes" des opinions publiques.

Il n'en est en réalité rien.

Sur un plan purement "interne", entendez par là "européen", les Allemands, à la veille d'une énième réunion consacrée au traitement du problème des réfugiés, veulent exercer un maximum de pression sur les "autres" pays afin d'obtenir des concessions de la part de ces derniers. On peut en effet difficilement imaginer "Maman Merkel" faire un virage aussi spectaculaire sur un "coup de tête". Mais les arrières pensées de politique interne ne sont pour autant pas absentes des calculs de la Dame, qui ne veut pas non plus ignorer, malgré les messages de "Welcome" affichés à l'arrivée des "trains", qu'une bonne partie de son électorat est bientôt à bout. Il faut donc aussi montrer que le pays sait se montrer "stricte". Malheureusement, pour elle, le résultat ne fut pas celui escompté. En effet, son geste semble avoir été compris comme un "signal" voire un encouragement et c'est dans les 24 heures que Polonais, Slovaques et autres Tchèques se sont empressés "d'imiter" la patronne.

Mais le vrai jeu se joue en réalité ailleurs, là-bas, en Syrie même, devenu le théâtre de la confrontation ultime avant le possible établissement d'un nouvel ordre mondial.

Que s'est-il passé "là-bas" ces quatre derniers jours ? Que s'est-il passé pour que, tour à tour, on voit le ministre des affaires étrangère de sa gracieuse Majesté déclarer on ne peut plus officiellement que le "processus de transition" se fera "avec" M. Bachar el Assad ? Pour que, encore plus spectaculaire, son homologue autrichien annonce, depuis...Téhéran, que M. Assad "fait partie de la solution" ? Pour que Maman (Merkel) elle-même presse ses "collègues" européens pour ouvrir les canaux de négociation avec le régime syrien et pour que, cerise sur le gâteau, même le triste Hollande et son mon moins sinistre des affaires étrangères déclarent accepter que M. Assad "accompagne" le processus de transition politique ? Car il y a de cela à peine 5 jours, ces mêmes pantins "exigeaient" le départ du président syrien comme "préalable" à tout règlement du conflit syrien. Oui, à peine 5 jours.

Certains appellent cela de la réal-politique.

D'autres, un peu moins polis, trouvent la réponse dans leur connaissance approfondie du milieu de la prostitution (politique).

La réalité est bien plus prosaïque : ce n'est rien de plus que l'éternel "bâton" agité par un patron. Cette fois, ce fut la Russie.

Ainsi, il y a de cela quelques jours, à l'occasion de la nouvelle trouvaille des Occidentaux (la lutte contre l’État islamique), des déclarations "étranges" commençaient à se faire entendre et certaines "puissances", émues par la photo du petit syrien mort sur une plage turque, ont décidé d'étendre la "lutte", limitée jusque là à l'Irak, à l'intérieur de la Syrie : frapper les jihadistes en Syrie même. 

Il faut, bien évidemment, en plus d'une naïveté absolue, être totalement idiot, ou journaliste, pour croire à cela. Car la vérité derrière tout cela était que, après quatre années d'essais avortés, les Occidentaux ont décidé de prendre les choses en main. Une ou deux frappes "malencontreuses" tout d'abord, contre les troupes régulières puis, l'habitude et la machine de propagande occidentale habituelle faisant son œuvre, une vraie campagne militaire (aérienne, bien évidemment) contre l'armée syrienne.

La coupe était plaine, pour les Russes.

C'est pour cette raison que, à peine 24 heures après les déclarations de "guerre contre l’État islamique" de la France, GB et Australie, l'on a entendu les déclarations fracassantes et, cette fois, sans ambages et sans la moindre retenue de la part du ministre des affaires étrangères russe, Lavrov, disant que la Russie continuera et "accentuera" son soutien militaire à la Syrie. Depuis, selon des sources extrêmement bien informées, un véritable pont aérien s'est établi entre Mouscou et Damas. Une présence sans précédent de la flotte russe et livraison immédiate des missiles SA 22 (anti aériens). Ce qui semble ne pas faire de doute non plus est la présence physique d'unités de l'armée russe.

Il y a de cela deux ans, alors que Américains et Français étaient à deux doigts de lancer des attaques contre Damas, deux missiles Toma Hawk, lancés à partir d'un bâtiment US croisant en mer Méditerranée, s'étaient abîmés et tombés en mer.

Les Américains ont parlé de "manœuvres".

Les Russes n'ont rien dit. Mais il paraît qu'ils y étaient pour quelque chose. Ce fut un message. Après, les occidentaux ont renoncé et leur lot de consolation fut la destruction des armes chimiques détenues par le régime de Damas.

On ne sait pas si le volte face spectaculaire de Hollande, Cameron et les autres fait suite, cette fois, au bâton numéro 2, brandit par les Russes.

A voir.

 

10:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

La question "pourquoi soudain un tel flux de réfugiés?" reste ouverte. Je ne crois pas que ce soit une manoeuvre de la Turquie pour envoyer des terroristes en Europe. Par contre, à nouveau engagée dans un guerre contre les kurdes, cela ne m'étonnerai pas qu'elle envoie vers l'Europe les syriens non apte au combat et dont elle ne veut plus supporter les frais d'hébergement. Pendant ce temps, elle continue certainement à soutenir Al Nusra et son armée de la Conquête qui a submergé récemment Idlib et Jisr Al Shugur et menace Lattakia, à ce que l'on entend avec du matériel lourd neuf et facilité ou fourni par la Turquie. Ce qui pourrait à mon avis être une raison importante de la présence russe.

Alors que les américains, qui avaient favorisé les extrémistes afghans lors de l'occupation par l'Union Soviétique dans les années 80, ont payé le prix avec 9/11, les européens, pris à leur tour leur propre piège, ont suscité par leur politique le flux des réfugiés qui longtemps étaient resté dans les camps hâtivement installés dans les pays limitrophes de la Syrie. Et ce flux les voit totalement non préparé. Tout l'édifice de Shengen se craquèle et menace de s'écrouler.

Mais derrière cela, il reste une intervention massive en Syrie, à travers leurs proxis, de pays du Moyen-Orient à l'idéologie la plus obscurantiste qui soit, appuyés par les USA et l'Occident. Quelle sera la réaction? Prendre note que l'exercice se termine en catastrophe ou se lancer dans une nouvelle escalade? Pour l'istant, il semble que l'occident hésite entre les deux attitudes. Il sera toutefois difficile aux européens de freiner la Turquie, l'arabie Saoudite et le Qatar dans leur soutien aux groupes terroristes.

Qui stoppera cette folie organisée? et où nous mènera-t-elle si on ne la stoppe pas?

Écrit par : Laurent Vonwiller | 15/09/2015

"et où nous mènera-t-elle si on ne la stoppe pas?"
A l'islamisation de l'Europe, qui arrangera tous les Etats du Moyen-Orient, sauf un. Et qui ne gênera apparemment pas les Etats-Unis, habitués qu'ils sont à commercer avec les monarchies pétrolières.

Écrit par : Mère-Grand | 15/09/2015

Les seuls qui ont combattu réellement Daech sont l armée de la République Syrienne (dite par l Occident : Arméee de Bachar, interdit de rire si on dit Armée de François par exemple...). Hormis la Syrie, il y a ses allié: le Hezbollah et l Iran. Tous les autres pays de la région ont soutenu activement voire avoir créé Daech et ils ont apporté toute l aide nécessaire à ces coupeurs de tête.

Écrit par : Binji | 15/09/2015

Migrants/réfugiés: exemple CALAIS = 14 ans d'impotences françaises & EU

http://www.mediapart.fr/portfolios/de-sangatte-la-new-jungle-quatorze-ans-dincurie-politique

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 16/09/2015

@ Laurent Vonwiller,

"La question "pourquoi soudain un tel flux de réfugiés?" reste ouverte. Je ne crois pas que ce soit une manoeuvre de la Turquie"

La Turquie comme tous les états islamistes, est en faillite économique, toutes les promesses faites par le dicta de l'AKP n'étaient que des prétextes pour vendre le pays aux plus aveugles, grand bien leur fasse, mais en 2015 le pays est exsangues et les promesses de jadis n'ont apportées qu'à peine 17% de voies à l'AKP aux dernières élections régionales.

D'autre part, les seuls investissements turques opérés ces 5 dernières années ont été engouffrés dans des armements douteux, cela pour armée sans état-major capables de faire autre chose que de s'en prendre au PPK et d'escorter des convois d'armes vers les macaques de daesh.

Et dans ce contexte, une Allemagne accueillant déjà plus de 1 million de kurdes déclare ouvrir ses portes avant de les refermer 5 jours plus tard !

Alors, alléguer que la Turquie ne joue pas un rôle prédominant dans la logistique terroriste de daesh vis-à-vis de l'Europe me semble douteux !

Écrit par : Corto | 17/09/2015

Corto l'a donné ailleurs, je le répète ici:

http://www.ndf.fr/nouvelles-deurope/17-09-2015/un-guide-pour-emigrer-clandestinement-en-europe-distribue-en-turquie-par-une-ong-europeenne#.VfxoPhHtmkr

Les collabos sont partout et même chez nous dans les plus hautes sphères à qui la "chaîne du bonheur" va encore filer du fric!

Écrit par : Corélande | 19/09/2015

HS/Scoop
--La Saoudie est nommée comme présidente du Conseil de Droits de l Homme de l ONU. C est "normal" d appliquer leurs "nobles "principes saoudiens, donc défendre les droits de l Homme mâle et non pas ceux de ces "salopes "de femmes
--Il ne manque que nommer Marc Dutroux comme Président des Droits de l Enfant.
--Ou le Qatar qui nommera son Mufti Qaradawi(recherché par Interpol)comme Chef du Conseil de l ONU des droits d assassinat en masse.

Écrit par : Binji | 21/09/2015

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