03/06/2013

Bye Bye Al Nosra, bonjour Istanbul (ou l'effet boomerang)

Al Nosra, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, est une composante, la plus violente, la plus arriérée, la plus fondamentaliste et la mieux entrainée (selon les "spécialistes" d'ci, toujours eux) de cette Assemblée aussi hétéroclite que pitoyable et misérable qu'est la Coalition Nationale Syrienne dont certains membres, assis sur les genoux d'Erdogan à Istanbul, espèrent encore un destin similaire à celui dont ont bénéficié certains traitres irakiens rentrés à Baghdad sur les chars des USA. Les voilà repartis pour un exil prolongé de plusieurs dizaine d'années.

Ainsi, Al Nosra vient de subir les pires pertes dans ses rangs, de l'aveu même de l'OSDH (rideau derrière lequel se cachent les plumitifs de nos médias). Plus de deux cents depuis deux jours. Le fait le plus marquant est "l'ncident" de Baalbek, au Liban, où les combattants du Hezbollah ont mis d'une manière définitive hors d'état de nuire une vingtaine de membres de cette organisation fondamentaliste et terroriste. Je disais fait marquant car il s'agissait de la cellule qui, il y a de cela deux semaines, a lancé des missiles sur la banlieue sud de Beyrouth. Hezbollah a réussi à déterminer avec précision l'endroit d'où sont parties les projectiles et l'a anéanti. Le message envoyé, encore, à Washington et Tel Aviv est clair. La suite ? Plus d'une soixantaine de terroristes, essayant de transporter leurs blessés vers Al Zabadani, en Syrie voisine, ont été accueillis cette fois par l'armée syrienne. L'OSDH, c'est bien de le citer dans ces circonstances, nous dit qu'aucun d'entre eux n'en est sorti indemne.

Quant à ce cher Erdogan, dont le souriant ministre des affaires étrangères vient de déclarer que son parti n'est rien d'autre que le symbole du retour de l'époque ottomane, ça promet, il vient de goûter à son tour aux joies des manifestations "pacifiques". Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite.

J'entends déjà certains "spécialistes" rire. Tout cela n'est que bénéfice pour "l'Occident" et son "représentant" dans la région. Sans perdre un seul homme, un seul avion, char ou même une trottinette, ces derniers ont réussi à affaiblir le seul état qui leur résiste encore dans la région, la Syrie et, beaucoup mieux, impliquer, enfin, le Hezbollah directement dans le conflit et l'affaiblir à son tour.

Peut-être.

Ils oublient juste qu'on ne juge une action qu'à la lumière du résultat...final. Affaiblis, peut-être mais aguerris, aggressifs et disposant de tous les moyens nécessaires pour dissuader quiconque d'en profiter.

Hier matin, Le Matin Dimanche nous a gratifiés d'une très longue interview avec le professeur Ricardo Bocco, IHEID. Ce dernier, a estimé les chances pour que la conférence Genève 2 ait lieu à plus de 50%. Il a aussi déclaré que la Russie a "déjà" lâché Assad et cherche et imaginer la suite sans lui.

Allez. J'ai déjà pris des paris. Pour ce qui est de genève 2, je ne sais pas mais cela ne changera strictement rien. D'ailleurs, Cher professeur Bocco, avez-vous entendu notre ami Juppé (pardon, pour la deuxième fois...Fabius) déclarer que la conférence porrait avoir lieu en...juillet ?

1. C'est comme si Fanius avait son mot à dire.

2. Il sait en revanche que, d'ici là, la conférence n'aura pour objet que la confirmation d'un état de fait. On prend des paris là-dessus ?

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, liban, gowrie, erdogan, assad, russie, usa, israel, al nosra, hezbollah, ricardo bocco

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