27/09/2012

Rébellion en Syrie : on s’est trompé. On s’excuse

C’est, en dehors, bien sûr, de Fabius et Didier Burkhalter, le message que les « soutiens » des terroristes de l’ASL  sont en train de délivrer à ces derniers. Même le pauvre Erdogan, malgré son souriant ministre des affaires étrangères, ne sait plus comment se sortir du « merdier » syrien. Jusqu’alors quartier général et lieu de réunion, entrainement et passage de tous les terroristes, le brave moustachu vient, très probablement, de jeter l’éponge. Il a signifié au commandement, même si celui-ci est fantoche, de l’ASL qu’il doit quitter ses terres ottomanes. Oh, bien entendu, il fallait y mettre les formes. Ce commandement a déclaré qu’il se déplaçait à l’intérieur du territoire syrien. A la bonheur. Ainsi, le bouillant turc s’est rendu à l’évidence : le « régime » syrien a beaucoup de cartes en main et il sait bien les utiliser.

Il semblerait donc « presque » acquis, encore une fois en dehors de Français et, hélas, notre DFAE, que tout le monde cherche une porte de sortie « honorable ». Malheureusement, une telle possibilité ne se présente que devant des gens eux-mêmes honorables. Ce n’est de loin pas le cas des terroristes et leurs soutiens. Il semblerait même que le camp syrien, le vrai, n’acceptera rien de moins que la défaite, je l’espère totale, du camp des terroristes. Ce camp inclue ces derniers et, surtout, leurs soutiens, grosso modo les bédouins ainsi que les Otanistes de tous bords.

Sur le terrain, cela se traduit ces jours-ci pas une accélération du « nettoyage » des différents quartiers, notamment à Alep, des restes des terroristes. Les pertes de ceux-ci se compteraient par centaines alors que celles de l’armée, Nationale Syrienne, sont minimes. J’ai déjà, dans mon billet d’hier, mentionné la diminution drastique du nombre des défections, elles sont devenues pratiquement inexistantes, dans les rangs de l’armée. On peut dès lors en tirer les conclusions suivantes :

  1. Sur une armée de presque 300'000 soldats, un déchet de 10% tout au plus, notamment dans une région minée par les différences ethniques et, surtout, religieuses, est plus que normal.
  2. Les défections, dans leur majorité écrasante, est le fait d’appelés, très peu instruits et venant des régions périphériques, rurales.
  3. Ceux qui restent, ceci est extrêmement important, dont une bonne majorité non active, pour éviter des accrochages intra-ethniques, sont dans une position d’observation. L’arrêt, quasi-total des défections, à tous les niveaux et notamment pour ce qui est des officiers supérieurs, signifie que ces « observateurs » ont une opinion, concernant l’issu du conflit, bien différente de celui espéré par les bédouins du Golfe et les puissances occidentales.
  4. Le plus important est le basculement de l’opinion publique, lassée de cette rébellion factice. Déjà, des centaines de jeunes gens dans la banlieue sud de Damas, très emblématique, se rendent avec armes et bagages, contre une amnistie, qui leur est généralement accordée, s’ils n’ont pas trempé dans le sang.

On le voit et je le regrette, sincèrement, l’issu de ce conflit ne fait, à mon sens, plus de doute. Je le regrette car il va y avoir un gagnant et un, des perdants. Comme d’habitude, les syriens, appelez cela « régime » si vous le voulez, ont bien ficelé leur affaire. Jeu d’alliances de premier ordre. Comme le disait Brennus : « malheur aux vaincus ». C’est cela que je regrette. L’entêtement et l’aveuglement des Occidentaux, mues par leur ignorance historique, fera payer un trop lourd tribut à leurs protégés terroristes. Mais ce n’est pas tout. Je crois très sincèrement qu’ils, les Occidentaux, n’en sortiront pas indemnes non plus et ils le savent. D’où leur acharnement. Ils ont trop parié sur « la disparition du mur de la peur en Syrie ». Ils ont juste oublié que ce principe est valable pour eux aussi. Personne, en dehors des valets du Golfe, ne fait plus attention à eux. Même l’Irak, c’est tout dire, n’a que faire des menaces, de sanctions, américaines.

Concernant ce dernier point, je dois avouer que rien ne me ferait, à titre tout à fait personnel, plus plaisir. Il est absolument immoral que ces pays, du moins leurs dirigeants, continuent à vivre et agir comme si de rien n’était. Un prix doit être payé : au minimum le prix des destructions causées au pays. Ce prix doit être payé comptant.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

La télévision belge (RTBF) est la seule à avoir consacré du temps au sujet du « ras-le-bol » turc :

http://www.rtbf.be/info/media/video_syrie-ras-le-bol-turquie%20?id=1761543&mediaset=rtbfinfo—monde&type=video

Erdogan n’a ni les moyens ni l’envergure de son ambition visant le « leadership » du monde arabe sunnite.
En grande difficulté à l’intérieur, il s’est en plus mis à dos l’armée (plus de 300 militaires récemment condamnés). Il ne lui reste donc plus qu’à faire machine arrière pour retrouver un peu d’influence internationale.

Les différentes composantes de ce que les journalistes appellent en Syrie les « rebelles » ne se sont jamais unies et ce n’est plus maintenant que cela se fera. On a vu l’échec de François Hollande le Normal dans son appel à une direction unifiée qu’il était prêt à reconnaître dès sa constitution. Notre Fabius Minus s’est soudainement senti aphone sur la Syrie depuis une quinzaine de jours…
Il faut dire qu’entre temps ces prétendus dirigeants responsables ont orienté leur regard vers le Mali !... Ce qui est finalement une chance supplémentaire pour la Syrie, car combien de jihadistes vont migrer de Syrie au Sahel pour défendre les « frères » combattants du Nord Mali ?
On devrait en voir les frémissements dans les trois mois à venir.
Protéger l’Uranium d’Areva pèse plus lourd que la Syrie.

Écrit par : Chamaco | 27/09/2012

Lettre ouverte d’un prêtre arabe Elias ZAHLAOUI de l'Église Notre-Dame de Damas Koussour à Damas à M. François Hollande
http://www.medialibre.eu/monde/un-pretre-syrien-ecrit-a-hollande/12438

Écrit par : koloss | 27/09/2012

La dernière carte que les pays "du golfe" envisageaient de jouer,c'est de constituer un corps expéditionnaire militaire pour porter main forte aux "rebelles" Syriens,et tenter démettre le gouvernement Syrien légal.

Or il est curieux de constater que cette idée "lumineuse" a fait pschitt....quand ils ont réalisé qu'en envoyant leurs militaires,leurs armées,guerroyer en Syrie,ils faisaient un boulevard à une très légitime révolution populaire dans leurs propres pays qui ne laisserait pas passer une si belle occasion de renverser ces dictatures sanguinaires des Saoud,et du Qatar...

Bientôt échec et mat,c'est une affaire de quelques coups....les Russes et les Iraniens sont décidément de grands joueurs d'échecs...

Écrit par : Collin | 02/10/2012

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