09/08/2012

Reuters et Jaulmes : c’est la peur panique

Dans le nouveau style tragi-romantique, mais plus sérieusement tragi-comique, du Figaro, le plumitif auteur de l'article affublait à trois ou quatre reprises les voyous et les terroristes islamistes à Alep de « combattants de la liberté ». Dès lors, je vais, moi aussi, l'espace d'un billet, les appeler ainsi, histoire de mettre un peu de baume aux cœurs des « combattants de la désinformation » du genre Vannay (RTS), Mabillard (Le Temps), Jaulmes (Le Figaro), de même  que d'autres plumitifs dont la totalité de ce billet ne suffirait pas à contenir les noms.

C'est ainsi que Reuters rapportait hier qu'un mouvement de panique s'est emparé des « combattants pour la liberté » à Salahuddine, quartier emblématique d'Alep d'où devait partir la « reconquête » totale de la Syrie par ces derniers (composés pour l'essentiel de voyous, civils armés, combattants étrangers et quelques déserteurs). Reuters nous parlait de « combattants » fuyant aux cris de « l'armée entre, l'armée entre ».

Moi qui croyais qu'Alep était aux mains des « combattants de la liberté », que le chemin vers la Turquie est libéré et que la fameuse zone d'exclusion n'attendait plus que la venue de Clinton, Fabius, Erdogan et...BHL !

http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/02/01003-201...

Lisez juste le nombre de fois où le terme "combattants de la liberté" revient dans l'article.

Bref, l'armée est entrée à Salahuddine, tué des dizaines de combattants et en a capturé des dizaines d'autres. Le plus extraordinaire dans l'affaire est que la nouvelle est rapportée par le correspondant...d'Al Jazeera qui se trouve sur place. Jaulmes, le plumitif et ex parachutiste du Figaro, ne devait pas être loin non plus. On se demande juste quant nos Jaulmes à nous vont nous gratifier de leurs perles habituelles. Ceci n'empêche pas, de temps à autre, certains de nous sortir une "petite" réalité qui, malheureusement, a dû échapper à notre ami Mabillard lors de son "immersion" de 17 jours parmi les combattants de la liberté. Voici donc une article du Nouvel Observateur parlant de ceux que Mabillard n'a pas pu rencontrer :

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120804.REU2861/a-a...

Comme vous pouvez le constater, de liberté et de démocratie, on n'a retenu que...la Charia. Mais bon, dans le dictionnaire utilisé par Mabillard et les autres plumitifs, Charia doit certainement avoir pour définition : "Constitution de la République Démocratique de l'Islam".

Comme je l'avais déjà annoncé lors de la bataille « finale » de Damas, ainsi que lors de l'annonce de « l'autre » bataille, toute aussi finale, d'Alep, voici les pleurs lamentables et la désolation quant au sort réservé aux terroristes succédant au triomphalisme abject et malsain aux nouvelles des succès fulgurants de l'ASL. Effectivement, je l'avais presque oublié : comment ne pas soutenir, tout terroristes qu'ils soient, des Jordaniens, Afghans, Égyptiens, Soudanais, Libyens, Turques, Qataris et Saoudiens, venus combattre pour la liberté et la démocratie en Syrie. C'est en tout cas Mabillard, Jaulmes, Vannay, Hammouche, Sieber et Vallélian, entre autres, qui nous le confirment.

Pauvres de vous. A Alep, ce sont les fous de Dieu, chez nous, c'est les imbéciles des écoles de journalisme.

Enfin, pour eux mais aussi pour tous les autres, voici les paroles que le nouveau ministre de la défense, Al Freij, Sunnite et natif de Hama, a prononcés au moment où il a reçu sa nouvelle charge :

  1. « Ne vous référez pas à nous pour tout. Agissez selon la situation que vous aurez à affronter…Tout immeuble où se cacherait un tireur n’a plus de raison de rester debout… Rasez-le. Toute personne que vous identifiez comme soutien des traîtres, matériellement, moralement ou logistiquement, frappez-la immédiatement. Si vous voyez mon père porter les armes contre l’Etat, tuez-le, car c’est un traître à son pays.
  2. Je ne veux entendre de vous que les nouvelles des victoires écrasantes… Je vous donne les pleins pouvoirs pour mener à bien cette mission… Agissez immédiatement. »
  3. « Je n'ai guère de cœur et je ne supporte rien... Je n'ai pas davantage de morale... Et je n'ai aucune patience... ».

Alep a voté avec les pieds, pour ce qui est des terroristes de l'ASL. Il n'y a guerre que Clinton, Fabius, Erdogan et nos plumitifs qui voient les choses autrement.

 

 

Commentaires

L’article du Figaro que vous citez est le type même de ce qu’il ne faut pas faire.
Propagande visible, servilité des questions du « journaliste », mensonges et grossières erreurs du « général ».

Quelques exemples :
- si la population d’Alep est bien « mélangée » le général en tire une conclusion stupide : « la révolution appartient à tous les Syriens ». Ça n’a rien à voir ! Sinon les civils resteraient et prendraient les armes au lieu de partir.
- « La révolution syrienne mène une guérilla ». Faux. Depuis quand assiste-t-on dans des guérillas à des concentrations de milliers d’hommes ? Une guérilla refuse le combat frontal, elle est faite d'embuscades, harcèlements, coups de main. Avec de faibles moyens, les groupes très mobiles utilisent l’effet de surprise. On en est très loin. Voir Afghanistan…
- « Leur objectif est d'épuiser l'armée gouvernementale » Ce général est un rigolo.

Sans le faire exprès, le journaliste demande : « Qui dirige cette bataille du côté des insurgés ? ». La réponse est assez délirante et fort imprécise.
« Les combattants de la liberté sont arrivés à mettre sur pied un commandement unique » mais Les opérations sont menées par un colonel de l’intérieur (où sont les 25 généraux « évadés » ?) Et l’ASL de l’extérieur, devenus intérieurs… Il a reçu le renfort de plusieurs officiers de haut rang de l'ASL de l'extérieur, stationnés en Turquie. Maintenant que les frontières sont ouvertes, ils ont pu entrer en Syrie et ils sont à Alep. Parmi eux, le numéro deux de l'ASL à l'extérieur…
Qui peut bien commander alors ? « ASL de l’intérieur » nous dit le brave général… MAIS…
« Mais il n'y a pas pour le moment de structure militaire classique, avec un haut commandement, un état-major... On ne peut donc pas vraiment parler d'unification entre l'ASL hors des frontières et celle de l'intérieur, mais quand les insurgés combattent dans une zone, ils obéissent tous à un commandement tactique dans cette zone-là. »
Voilà on a très bien compris !! Tout dépend de l’endroit où on se trouve…

Pour finir le général évoque ses « trois éléments de cours », une beauté de discours naïf destiné à motiver des enfants de dix ans !
« La foi en une cause. Etre prêt à sacrifier sa vie pour cette cause. Une tactique appropriée. »
Des étoiles de général en pochette surprise…

Écrit par : Chamaco | 09/08/2012

L'usage de la liberté est « à géométrie variable ». Il y a des millions d'européens qui se sont mobilisées pour marquer leur opposition aux programmes d'austérité expérimentés à travers l'Europe, sans que leur voix ne soit jamais entendue. Rappelons un fait : fin février 2012, l'État syrien organisait un référendum à propos d'une modification de la constitution en vigueur, ouvrant notamment la porte au multipartisme. Le « oui » a récolté 89,4 % des suffrages exprimés et le taux de participation a atteint 57,4 %... Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères de l'ancienne puissance colonisatrice de la Syrie, a néanmoins qualifié ce scrutin de « mascarade » et a encouragé les rebelles de poursuivre la guerre.

Écrit par : Empereur | 11/08/2012

30 juin sept employé de la chaîne de TV syrienne AlIkhbariy, égorgés, d'autres enlevés puis assassinés par "les rebelles très pacifiques" soutenus par l'Occident et les très démocratiques et laïcs qatar et arabie.
- Le journaliste présentateur de la TV syrienne, Mohammed al Saïd, assassiné après avoir été supplicié par les "rebelles très pacifiques soutenus par les mêmes et une grande partie de la presse internationale.
- Le journaliste Ali Abbas, cadre de l’agence d’information syrienne Sana, assassiné devant chez lui.
- La journaliste YaraJ al Saleh a été victime de son professionnalisme et de son courage, enlevée
avec deux autres journalistes et un cameraman par "les rebelles très pacifiques" soutenus par
les mêmes et la moitié de la planète.

Silence radio de nos très valeureux journalistes, reporters sans frontière, etc....
Honte sur eux. Honte à eux.

Écrit par : Bahia | 12/08/2012

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