30/07/2012

Syrie : au fait, cela m’a complètement échappé…

Point de départ, la « bataille finale » pour la libération de Damas. Qu'apprend-on ? Que les insurgés, vous pouvez aussi les appeler « rebelles », « terroristes », « Al Qaeda » ou tout ce que vous voulez, ont attaqué la capitale du « régime » pour la libérer, ainsi que le pays tout entier.

Il y a un hic, un très grand hic qui, comme d'habitude, a complètement échappé à nos plumitifs et à nos médias. Par plumitifs et médias, j'entends, d'une part, les porte-paroles de l'ASL et de l'OSDH et, d'autre part, les succursales d'Al Jazeera et Al Arabiya. Ces derniers nous apprennent qu'à Damas, « l'exode commence pour fuir la vengeance d'Assad ». Ah...ha.

http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/19/01003-201...

Je vous prie surtout de prendre un peu de temps pour lire les commentaires sur le forum. Ceci pour vous rendre compte que la mayonnaise ne prend pas, plus. Les gens ne sont pas idiots. Ce sont en réalité les plumitifs de ces torchons qui le sont et croient pouvoir en contaminer les lecteurs.

Aidez et corrigez-moi si je me trompe. Jusqu'à la « bataille finale », lancée par les insurgés contre Damas, les habitants de la ville vivaient parfaitement normalement et aucun d'entre eux n'avait songé à « fuir ».  Avec un peu de logique, on dirait que la population fuit plutôt les...terroristes, non ? D'ailleurs, au lendemain même de l'éradication de ceux-ci, la vie a repris d'une manière totalement normale dans la capitale. Tout aussi logiquement, on dirait que les habitants sont contents de se débarrasser des « libérateurs », non ?

Voilà donc une révolution dont les gens ne veulent pas et une révolte qui les emmerde. Vous ne voulez pas vous révolter ? Et bien vous allez quand-même le faire. N'est-ce pas exactement le résumé de toutes les déclarations des Américains et de leurs domestiques européens depuis 17 mois : « Nous allons aider le peuple syrien à se libérer, même s'il ne le veut pas ».

Une révolution forcée et imposée, en quelque sorte.

La dernière trouvaille des Occidentaux est l'avertissement contre un massacre qui se préparerait à Alep. On a juste omis de nous dire le massacre de qui et par qui car l'ASL s'y emploie déjà et largement. A moins que l'on ne considère que l'offensive de l'armée d'un pays souverain contre des terroristes est désormais assimilable à un massacre. Mais passons. Quant à nos plumitifs, vous savez, les employés de torchons distribués dans des caissettes ou publiés sur certains sites, genre Bluewin.ch, par exemple, ils se gaussent depuis hier de la déclaration de Lavrov, selon eux à l'unisson avec ses "homologues" Occidentaux, selon laquelle le chef de la diplomatie russe craindrait une tragédie à Alep.

Je ne sais pas si se mentir est une sorte de thérapie contre la déprime ou alors que les plumitifs et leurs torchons, électroniques ou pas, exécutent le plan de route qui leur a été assigné par les Bédouins, mais cela importe peu. Voici la transcription complète de la déclaration de Lavrov.

« Lorsque l’opposition armée occupe des villes comme Alep, où une autre tragédie se prépare, à ce que je comprends (…) il n’est pas réaliste de compter qu’ils (le gouvernement syrien) l’accepteront« . Plus loin, il ajouta :

« Comment peut-on espérer que dans une telle situation, le gouvernement puisse simplement se résigner et dire « d’accord, je me suis trompé. Venez et renversez moi ! ». Et encore :

« Ce n’est tout simplement pas réaliste – pas parce que nous sommes attachés à ce régime – mais tout simplement parce que ça ne marche pas ! »

Ce n'est pas "tout à fait" ce que les plumitifs ont relayé.

Un jour, pas très lointain, je l'espère, le mot journaliste entrera dans le dictionnaire en tant que synonyme de : juron.

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, usa, gowrié, asl, révolution, islamisme, damas, alep, le figaro, médias, plumitifs

Commentaires

Les différentes agences qui fabriquent la propagande à destination des opinions publiques mondiales en s’appuyant sur les relais de la presse, rencontrent les plus grandes difficultés. Comment vendre l’idée d’une révolution populaire et d’une guerre civile ?
Une révolution demande l’adhésion d’un peuple où le révolutionnaire est « comme un poisson dans l’eau ».
Une guerre ne peut être civile si des mercenaires et des pays extérieurs se mêlent des combats.
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Cette difficulté apparaît dans le type de propagande utilisée : depuis le début elle demeure « négative ». Elle s’évertue à noircir le méchant Assad, à « dénoncer » des massacres, des tortures, des civils tués, bref tout ce qui pourrait servir à justifier une rébellion, comme si elle avait besoin d’être présentée comme un produit dans un publicité comparative.

Mais les « rebelles », qu’apportent-ils de concret et de meilleur ? Les agences ne peuvent en parler. Quel est le « bon côté de la rébellion » ? Est-ce vraiment pour le bien du peuple ?
Pourquoi les populations s’enfuient-elles si la rébellion leur apporte la liberté ? Peur des combats bien sûr, mais propagande qui se retourne contre les rebelles : l’insistance stupide et mensongère à vouloir démontrer que les civils meurent en nombre et que les rebelles ont peu de pertes, n’incite pas la population à rester au contact de ces « rebelles » qui finalement ne défendent pas ces civils.

Depuis le début et davantage depuis l’attentat du 19, on sent tout l’embarras de cette propagande. Bien sûr on a voulu faire passer l’attentat comme un « inside job » qui servirait Assad… Erreur ! On a ensuite longuement parlé des ces « armes chimiques » en espérant que les « opinions mondiales » ne se souviendraient pas de l’Agent Orange de Monsanto au Vietnam ou de l’Uranium appauvri utilisé par les Etats-Unis en Irak ou par Israel à Gaza, ou de ces armes fournies à l’Irak pour combattre l’Iran… bref on a parié à tort sur la bêtise de l’opinion mondiale.

Quand on veut donner des leçons, il faut être irréprochable et surtout ne pas considérer comme un demeuré, celui que l’on veut convaincre. Cette propagande se veut « passe-partout », internationale. L’erreur vient de là. Ce que l’on peut « vendre » et la manière de vendre aux étatsuniens ne peuvent être utilisés en Europe.
De nombreux étatsuniens pensent encore que Saddam Hussein avait partie prenante dans le 11/9 et que les armes de destruction massive existaient… Les populations européennes ne s’y sont pas trompées.

Il en est de même en Syrie : ce n’est pas une guerre civile, ce n’est pas une révolution.
C’est l’application du plan du Grand Moyen Orient qui veut mettre un terme dans la région à l’influence Iranienne et Russe, au profit d’Israel et de l’Arabie.
Toute propagande tendant à raconter des balivernes est vouée à l’échec.
Ne jamais mépriser ou sous-estimer un ennemi.

Écrit par : Chamaco | 30/07/2012

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