25/07/2012

Damas « libérée », c’est au tour d’Alep de l’être

Savez-vous où j'ai entendu cette phrase ? Sur France Info, dimanche dernier  vers 18h30 alors que j'était sur la route qui me ramenait chez moi après une fin de semaine en montagne, loin des tumultes, médiatiques ou autres, qui m'entourent en ce moment.

Ainsi, France Info nous informe que :

  1. Damas est libérée et est sous contrôle de l'ASL
  2. La bataille pour la libération d'Alep a commencé.

C'est bien.

Arrivé chez moi, j'allume la télé et tombe sur Al Arabiya. Sur le la bande qui défile en bas de l'écran je lis : « la bataille d'Alep a commencé, l'ASL continue de combattre les milices gouvernementales à Damas. Sur la même chaîne, mais cette fois annoncé en « alerte » confirmée par la suite par la boniche qui présentait les « nouvelles », on apprend que Alep est désormais sous le contrôle des insurgés.

On nous dit qu'il s'agit d'une guerre médiatique sans précédent. Je dis qu'il s'agit de stupidités sans précédent. Je vous laisse imaginer l'état des habitants d'Alep, j'en connais beaucoup, lisant cette annonce pendant qu'ils se baladent et font leurs achats dans les rues de la villes.

Je vous laisse tout ce qui précède sans commentaire. Je suis certain que vous saurez en tirer les conclusions qui conviennent.

Le hic dans tout cela (malheureusement pour France Info, Al Arabiya, ... allez je ne vais pas vous dérouler toute la liste des genoux lisses (je m'expliquerais sur ce point dans quelques lignes) car il suffit pour cela d'ouvrir n'importe quel torchon publié dans cette partie, occidentale, du monde) est qu'en l'espace de 48 heures, l'Armée nationale syrienne a non seulement écrasé les voyous, des dizaines de tués et de capturés parmi les protégés de Fabius, Clinton et Burkhalter, mais que ceux-ci, de l'aveu même de l'OSDH, se seraient cachés dans les « vergers » entourant la banlieue de Mazzé, où ils sont encerclés par l'armée. Du coup, pour célébrer la « libération » de Damas, l'ASL (regardez attentivement ces voyous que financent, équipent et soutiennent les puissances du monde « libre ») a décidé de lancer la deuxième « grande offensive » libératrice, sur Alep, cette fois-ci.

Question, sans provocation aucune : Damas libérée, après la grande et finale offensive, Alep aux mains des insurgés, ainsi que les frontières, etc. Où est dès lors le problème ? Si je comprends bien, c'est fini et le régime est tombé. C'est bien, me semble-t-il, ce qu'on voulait, non ? Dès lors, quelqu'un aurait-il la bonté de m'expliquer cette hystérie continue, ces gesticulations et ces sanctions, encore et toujours, contre un régime qui a...euh, comment dire, disparu !

Je reviens aux genoux lisses. Al Mutanabbi, probablement le plus grand poète arabe de tous les temps, a, une fois, reçu une « commande » d'un notable pour quelques vers à l'encontre d'un de ses rivaux. Le poète se concentra surtout sur la mère du rival et, dans un des vers en question, il mentionna les « genoux lisses » de celle-ci.

C'est le résultat logique d'une position prolongée à quatre pattes.

 

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : syrie, alep, damas, gowrié, médias, fabius, qatar, russie

Commentaires

Je reproduits ici une nouvelle que je n'ai vu nulle part ailleurs qu'en Romandie.com


Syrie: la position des USA est une justification du terrorisme


MOSCOU (Russie) - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé mercredi la position des Etats-Unis à l'égard de l'opposition syrienne comme étant une justification du terrorisme, accusant Washington de ne pas avoir condamné l'attentat du 18 juillet à Damas.

C'est une position assez horrible, a déclaré M. Lavrov en évoquant cet attentat dans lequel plusieurs hauts responsables du régime syrien ont été tués.

Je n'arrive même pas à trouver les mots pour formuler notre position à ce sujet. C'est une justification directe du terrorisme, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Le chef de la diplomatie russe a critiqué l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, affirmant qu'elle avait déclaré après l'attentat de Damas que le Conseil de sécurité de l'ONU devait voter une résolution imposant des sanctions à la Syrie, à laquelle Moscou a mis son veto la semaine dernière.

En d'autres termes, cela signifie que 'nous' (les Etats-Unis) allons continuer de soutenir de tels actes terroristes aussi longtemps que le Conseil de sécurité ne fera pas ce que nous voulons, a déclaré M. Lavrov.

Trois hauts responsables en première ligne dans la répression de la révolte en Syrie, parmi lesquels le beau-frère du président Bachar al-Assad, ont été tués dans cet attentat spectaculaire. Un quatrième, le chef de la Sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, a succombé vendredi à ses blessures.

Le département d'Etat n'avait pas explicitement condamné cette attaque, le porte-parole Patrick Ventrell déclarant que les Etats-Unis ne voulaient pas davantage d'effusion de sang en Syrie, mais que ces hommes (tués) étaient les principaux architectes de l'agression du régime d'Assad contre le peuple syrien.

La Russie a par ailleurs condamné les nouvelles sanctions imposées lundi par l'Union européenne contre la Syrie, le qualifiant de blocus.

Ces mesures comprennent notamment de nouveaux gels d'avoirs, ainsi que l'obligation de contrôle des navires et aéronefs soupçonnés de transporter des armes à destination du régime.

De fait, les mesures prises par l'Union européenne peuvent être considérées comme un blocus aérien et maritime, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie a réitéré son hostilité aux sanctions unilatérales qu'elle juge contre-productives.

Les sanctions de ce type ne contribuent pas à normaliser la situation en Syrie et ne correspondent ni à la lettre ni à l'esprit du plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, a ajouté le ministère.

La Russie, partenaire de longue date du régime syrien auquel elle livre des armes, a bloqué la semaine dernière une troisième fois une résolution occidentale au Conseil de sécurité de l'ONU menaçant Damas de sanctions.

Moscou a semblé prendre ses distances ces dernières semaines avec le régime de Bachar al-Assad, sans pour autant infléchir son opposition de principe à toute politique d'ingérence dans une crise qu'elle juge intérieure.

La Russie affirme défendre le respect du droit international. Lundi, le président Vladimir Poutine a mis en garde contre une guerre civile de longue durée en Syrie si le président Assad était démis de ses fonctions de manière inconstitutionnelle.

Écrit par : Alexandre | 25/07/2012

Sur 7sur7 (Belga) un article qui veut dramatiser et annonce que la "bataille d'Alep" sera décisive...
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1475604/2012/07/25/La-ville-syrienne-d-Alep-s-attend-a-une-bataille-decisive.dhtml

Le moins que l'on puisse constater c'est le manque de recul d'un tel papier qui ne s'interroge pas une seconde sur le bien-fondé d'un telle entreprise.
N'y a-t-il pas contradiction à mener une guérilla - qui jusqu'à présent n'a en rien affaibli l'Armée ni obtenu de résultat probant - et tout à coup se lancer dans une bataille frontale d'envergure, même en milieu urbain ? (L'image de Stalingrad que j'avais prise un autre jour commence à se préciser...)

Quelques réflexions (qui peuvent se compléter l'une l'autre) :
- à bout de souffle, L'ASL joue le bluff
- la livraison de nouvelles armes (EU, Qatar..) antichar ou anti-hélico leur donne confiance
- les mercenaires stationnés en Turquie sont arrivés en masse
- L'ASL en provocant ainsi, s'attend à des bombardements nombreux qui ne manqueront pas d'être "exploités" pour et par l'Onu, l'Otan l'union européenne.
- L'ASL tente un point de fixation pour harceler ailleurs.
- A cours de stratégie, puisque Deraa, Homs, Damas, etc... ont échoué.

En tout cas on peut s'attendre à des titres ronflants dans les prochains jours...

Écrit par : Chamaco | 25/07/2012

Je ne résiste pas à publier l'article suivant, apparu au Temps (il était temps!)

ROBERT FISK DENONCE «LA GUERRE DES MENSONGES» EN SYRIE

PAR EMMANUEL GEHRIG
Le grand reporter et éditorialiste britannique basé à Beyrouth est indigné par l’hypocrisie des dirigeants occidentaux et de l’opinion publique à l’égard du conflit syrien. Il ne se prive pas d’énoncer quelques vérités qui font mal. Morceaux choisis
Journaliste britannique basé au Proche-Orient depuis plus de trente ans, Robert Fisk est entré au panthéon des grands reporters de notre époque. Pour le compte du quotidien The Independent, il a couvert la guerre du Liban, la Révolution iranienne de 1979, la guerre Iran-Irak et toutes les convulsions qui secouent le Proche et Moyen-Orient. Dans les années 90, il a notamment réalisé plusieurs interviews de Ben Laden.

Figure autant respectée que contestée pour ses points de vue sans concession, il dénonce, dans une chronique parue ce dimanche dans The Independent , «la plus lâche et imorale des guerres du Moyen-Orient» qu’il ait jamais vue: le conflit syrien. Et il ne mâche pas ses mots.

«Je ne parle pas des victimes bien réelles de la tragédie syrienne. Je veux parler des mensonges absolus et de la fausseté de nos dirigeants et de notre propre opinion publique [...] face au massacre. Une affreuse mascarade plus digne de la satire swiftienne que des drames de Tolstoï ou de Shakespeare», tonne l’éditorialiste.

Le Britannique en veut tout particulièrement à la Maison Blanche, coupable selon lui d’aveuglement naïf face aux soutien massif qu’apportent aux rebelles anti-Assad les régimes saoudiens et qatariotes. «Washington n’émet pas la moindre critique contre eux. Le président Obama et sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, disent qu’ils veulent la démocratie en Syrie. Mais le Qatar est une autocratie et l’Arabie saoudite est l’une des pires dictatures couronnées du monde arabe. Dans ces deux pays, le pouvoir est héréditaire, exactement comme chez Bachar. Et l’Arabie saoudite est l’alliée des rebelles salafistes-wahhabites en Syrie, comme elle fut autrefois l’alliée des talibans obscurantistes pendant l’âge sombre de l’Afghanistan.»

Que dire du Hezbollah, «qui s’est présenté pendant trente ans comme le défenseur des Chiites au sud-Liban, [...] et comme le soutien des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza»? Alors que leur allié Bachar et ses soldats«tuent et violent en masse», le Hezbollah et leur «princier Sayed Hassan Nasrallah ont perdu leur langue».

Dans le violent réquisitoire de Robert Fisk, les Occidentaux n’en sont pas quittes.Revenant à la charge, le journaliste ridiculise les faibles mises en garde de la superpuissance militaire mondiale. «Bachar doit trembler dans ses bottes», ironise-t-il, en ajoutant quel’Amérique n’est pas pressée de voir surgir les archives de la torture à Damas qui mettront en lumière la collaboration du régime avec l’administration Bush et d’autres pays occidentaux. «Vous voyez, Bachar, c’était notre bébé.»

Le reporter décoche encore quelques flèches, aux médias, à l’opinion publique occidentale, puis conclut sur «la grande vérité oubliée»: «ce n’est pas par amour pour les Syriens, ou par haine contre notre ancien ami Bashar al-Assad que nous essayons de briser le régime syrien, ou encore pour essuyer l’affront des Russes, qui figurent au panthéon des hypocrites [...]. Non, tout cela a à voir avec l’Iran et notre volonté de détruire la République islamique et ses plans nucléaires infernaux – pour autant qu’ils existent. Cela n’a rien à voir avoir les droits de l’homme ou le droit à la vie ou la mort des enfants syriens. Quelle horreur!»

Écrit par : Alexandre | 30/07/2012

Bonne analyse Charmaco, mais il ne faut pas oublier que l'ASL prend ces ordres du CNS (Conseil national Syrien), plusieurs membres de la direction de ce conseil, ont été présent aux dernières réunions du groupe Bilderberg, par ailleurs lorsque l'on creuse un peu sur la porte parole de ce conseil, Bassma Kodmani, nous constatons des proximités évidentes avec la CIA, des organisations clairement sioniste, et le bureau du foreign office qui est une officine de financement internationale du terrorisme. Il est donc parfaitement clair que l'ASL et le CNS sont financé par la CIA et certainement l'OTAN. Par ailleurs le Qatar ne cache même plus qu'il arme et finance les insurgés, qui sont essentiellement des islamistes salafistes, des djihadistes, et de nombreux mercenaires payés !!!

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jul/12/syrian-opposition-doing-the-talking

Tout a été fait et organisé pour manipuler l'opinion publique mondiale, les citoyens occidentaux ont été manipulés par leurs propres gouvernements, via des médias aux ordres.
Finalement je pense que cette tentative frauduleuse de faire tomber un état de droit souverain sera un échec cuisant. Il aura par ailleurs mis en lumière les enjeux stratégique de la région et aura démontré que les acteurs mondialistes sont près a toutes les bassesses crasses possible et imaginable, y compris le financement du terrorisme ! Qu'ils osent par ailleurs justifier ...

Ayant d'autres informations en provenance directe de Syrie, et a moins d'un coup de théâtre, Alep sera libérée dans quelques jours au plus !

Écrit par : Laurent Leisi | 30/07/2012

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