10/07/2012

Syrie : quoi de neuf ?

Pas mal de choses, en 24 heures.

  • La Turquie, repère et base arrière des terroristes, vient de déclarer, par la bouche de son ministre des affaires étrangères, un certain Davutoglu (fils de David), qu'elle a échoué dans sa tentative de renverser le régime Assad, ce malgré 16 mois d'efforts intenses. Bientôt, c'est une prévision, ce sera le tour des Bédouins, suivis peu après par les Américains et leurs domestiques européens, Français en tête.

Voici la déclaration désenchantée du « fils de David ».

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/199312-la-tu...

  • Turquie toujours. Il semblerait bien qu'Erdogan ait perdu un avion de chasse et deux pilotes pour rien. Comme d'habitude, ses fanfaronnades et ses menaces, à l'instar de celles qu'il a formulées au lendemain de la mort de neuf de ses compatriotes tués par l'armée israélienne, sont restées sans lendemain. Il est fort à parier qu'elles le resteront pour toujours. C'est le sort habituellement réservé aux valets. Il faut bien qu'il s'en accommode. Il le fera.
  • Kofi Annan, tout aussi servile que son patron, Ban Ki Moon, mais un peu plus libre du fait de sa position « moins officielle », vient d'admettre, coup sur coup que :
  1. Sa mission a complètement échoué.
  2. « Ce qui me frappe, c'est qu'autant de commentaires sont faits sur la Russie, tandis que l'Iran est moins mentionné, et que, surtout, peu de choses sont dites à propos des autres pays qui envoient des armes, de l'argent et pèsent sur la situation  sur le terrain ». (entendez par là les USA, la France, le Qatar, la Turquie et l'Arabie Saoudite)
  3. « Je viens juste d'avoir une discussion positive et constructive avec le président Assad. Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager (communiquer) avec l'opposition ». (Je souligne à ce propos que Annan a trouvé un accord AVEC LE PRESIDENT ASSAD (et personne d'autre). Je souligne aussi qu'une fois la discussion "constructive" terminée, il s'est envolé pour Téhéran où, à la conférence de presse commune avec le chef de la diplomatie iranienne, Kofi Annan a plus qu'insisté sur la nécessité de désarmer les groupes armés).
  4. Je me permets tout de même de rappeler que le Monsieur EST l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue des Bédouins. Son avis et conclusions personnelles n'intéressent dès lors personne. Non, il exprime certainement le point de vue de ses maîtres qui, du coup, se rendent aussi à l'évidence : ils ont échoué.
  • Aussi pathétiques, voire encore plus, qu'Erdogan et son ministre des affaires étrangères, Clinton et Fabius (ce dernier est membre du club BHL) sont réduits à se lancer dans une surenchère déclarative où se mêlent menaces et tentatives d'intimidation et où les formules sont remâchées et recyclées jusqu'à en avoir la nausée.

Que vont faire maintenant tous ces gens-là ? Je n'oublie bien évidemment pas mes « amis » journalistes (c'est comme cela qu'ils s'appellent). Ils ont tout essayé, tout inventé, tout prévu depuis plus de 16 mois. Leur dernière trouvaille est maintenant l'attente des résultats des élections américaines. Je ne vois pas exactement ce que cela changerait mais puisqu'ils semblent tellement s'y intéresser, je me risquerais à une « petite » prévision et leur donne rendez-vous en novembre : il ne se passera rien.

A propos de prévisions, il y a un blogueur "assez marrant" qui n'arrête pas d'en faire. Une de ses fameuses prévisions est celle où il a prévu que l'année 2012 sera celle de Dominique Strauss-Kahn, vous savez, l'ami de "DODO la Saumure". Il vient de prévoir que Assad ne passera pas l'été à Damas.

Je pousse un ouf de soulagement.

 

08:00 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : syrie, russie, gowrié, france, usa, assad, kofi annan, ban ki moon, chine, iran, turquie, erdogan, fabius

Commentaires

Comment cacher un chocolat empoisonné ? En le mettant au milieu d’autres chocolats.

Nous avons assisté à de grandes mises en scène qui devaient permettre de noyer/dissimuler la déstabilisation de la Syrie. Tout a été bien programmé, en temps et amplitude. Légers soubresauts au Maroc, gros hoquets en Tunisie, Egypte noyautée, Libye bombardée… Quelle meilleure création d’environnement pour faire croire que les prétendus « printemps arabes » existaient et étaient contagieux…
Oui mais, en Syrie, un paramètre a été lourdement sous-estimé : l’adhésion de la population. Si depuis seize mois le pays résiste aux assauts extérieurs et accessoirement intérieurs, cela démontre bien que l’opinion syrienne n’est pas acquise à la cause occidentale et bédouine.
Pourtant tout semble avoir été fait dans les règles de la propagande : le camp des « gentils » dit qu’il ne veut pas la guerre (en fait il est à poil !) que le super-méchant diabolique c’est Bachar, que des atrocités sont commises, que la cause est juste, les manifestants pacifiques, et les intentions humanitaires. Oui mais voilà, le Syrien de base n’est pas convaincu, sinon ce ne sont pas cent mille réfugiés mais plus d’un million qui devraient être dans les pays limitrophes.
Qui a été trop optimiste ? Les USA/Israel, les Bédouins Sunnites avec leurs Frères Musulmans essaimés au Maghreb et Machreq ? Les valets européens suiveurs avec leurs philosophes sionistes ? Tous pensaient qu’il suffisait d’un rien pour entrainer la foule derrière leur proposition de démocratie bidonnée ?
Erreur. Le « révolutionnaire syrien » augmenté des importations de mercenaires étrangers, n’est pas comme un poisson dans l’eau au milieu de la population, malgré les menaces et les crimes.

Annan, Davutoglu, Fabius, Clinton et la clique s’aperçoivent qu’il manque une base solide à cette « révolution » : non seulement une opposition unie (que nul ne pourra fabriquer) mais surtout une population acquise à la vision future.

Même chez les « gentils », l’opinion publique doute de la véracité du scénario, malgré les relais médiatiques serviles et leur reprise de « nouvelles invérifiables » d’une officine barbouzarde de Londres.
Russes et Chinois qui estiment à juste titre s’être faits avoir sur la Libye ne lâcheront pas le morceau, la remise en jeu de l’Iran (voulue depuis le début par Lavrov) en est la preuve.

Ce n’est pas Annan qui a échoué, c’est l’ensemble du plan des « révolutions arabes » qui devait masquer le chocolat empoisonné syrien et n’aboutit qu’à la prolifération des extrémistes.
Mais curieusement les vraies révoultions au Bahrein ou au Koweit ont été muselées... elles n'entraient pas dans les plans...

Écrit par : Chamaco | 10/07/2012

@Chamaco,
Très bien. Je n'ai rien à ajouter. Merci

Écrit par : Jean.- S. Gowrié | 10/07/2012

"Mais curieusement les vraies révoultions au Bahrein ou au Koweit ont été muselées"

Ben oui il fallait les museler! D'une part au Bahrein il y avait le grand prix de formule 1 suivit par des millions de personnes. La démocratie peut attendre quand il y a un résultat sportif! Parce que le résultat sportif est considéré dans ce pauvre monde étant de la culture!

Ben oui il fallait museler car au Koweit ou au Bahrein les femmes ne souffrent pas. Elles ont pas le droit de conduire. C'est pas très grave. De plus ces pays ont envoyé des avions en Libye. Donc c'est des pays alliés et se serait une ingérance de leur demander que les femmes aient des droits.

bon allez j'arrête l'ironie là ;-)

Écrit par : plume noire | 10/07/2012

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