01/06/2012

La Syrie doit défier l’Occident

C'est la seule manière de l'obliger à changer de ton et de...manière. Ce n'est pas l'entêtement qui me pousse à le dire mais l'enseignement de l'histoire, celle qui est encore là, en Irak, en Libye et ailleurs. Ce d'autant que ces derniers n'avaient pas les moyens de le faire alors que la Syrie oui. Il est absolument indéniable que l'Occident se fiche éperdument de la démocratie, de la liberté et du bonheur du peuple syrien comme il se fiche de ces valeurs partout ailleurs dans le monde.

En Irak, l'histoire en devient lassante, cela a commencé par l'introduction des barbouzes, appelés pour l'occasion « observateurs », de l'ONU, bien évidemment, qui, pendant deux ans, ont rassemblé toutes les informations nécessaires à l'invasion américaine, avec les conséquences que l'on sait. C'est pour cette raison, mais pas seulement, que la Syrie doit se dépêcher de mettre à la porte dans les plus brefs délais ces mêmes barbouzes, avec leur chef. Elle doit défier l'Occident et répondre à chaque provocation de celui-ci, jusqu'à le provoquer, à son tour. C'est le seul langage qu'il comprend. Cela fait 14 mois que « toutes les options sont sur la table », selon une expression devenue lassante et insupportable. Eh bien, puisque toutes les options, moins une, ont déjà été mises en œuvre, qu'on en finisse et que la dernière soit lancée. Je crois que, contrairement à ce que la plupart des pseudos analystes pensent, les Syriens ont tort de jouer sur le temps. Ils ont déjà eu grand tort d'attendre 14 mois. Ils devaient les défier dès le premier jour. Dès l'instant où ceux-ci, grisés par leur « victoire » en Libye et par leur stupidité historique, ont déclaré que le président Syrien a perdu toute légitimité et qu'il devaient partir. Je rappelle à ce propos que feu Juppé lui avait donné deux semaines pour le faire. Les Syriens devaient comprendre dès ce jour là que les Occidentaux ne pouvaient pas revenir en arrière et qu'ils feraient tout, comme à leur habitude, pour ne pas perdre la face et le peu de respectabilité qu'il leur reste dans le monde. Faire tout ? Oui, y compris le pire, détruire la Syrie pour arriver à leurs fins.

Ceux, y compris les syriens, qui croient que la Russie protège la Syrie et qu'elle est son dernier rempart ont aussi tort. C'est probablement l'inverse qui est vrai et les Russes l'ont très bien compris. C'est un atout majeur que les Syriens devraient savoir utiliser. C'est effectivement la Syrie qui est le dernier rempart sur les frontières russes. La survie, sur le plan international et stratégique, de la Russie, passe par la Syrie. Non seulement les occidentaux ne feront aucune concession pour amadouer les russes et leur faire changer de position, mais il est illusoire de croire qu'ils respecteront le moindre engagement, la moindre parole donnée. Ce n'est ni dans leurs habitudes, ni dans leur mœurs.  A supposer même qu'un tel marchandage soit possible, les Occidentaux, une fois l'affaire terminée, entendez le départ, sous une forme ou une autre, du Président Syrien, se retourneront contre les Russes, les isoleront totalement et les mettront à genoux. Ceci aussi les Russe, du moins je l'espère, l'ont très bien compris. Ce n'est pas pour rien non plus que le président Russe, M. Poutine, a déjà mis les points sur les i avant même qu'il ne se rende à Paris, en ironisant même sur les propos de son « homologue » Français, lequel vient, lui aussi, de faire allusion à « toutes les options mises sur la table ».

Quoi qu'il en soit, tout cela ne changera rien pour les Syriens. On sait tous que si les Occidentaux voulaient et pouvaient intervenir militairement en Syrie, ils l'auraient fait et ils le feraient, avec l'aval russe ou pas. Je rappelle, là aussi, qu'ils n'ont pas attendu les Russes pour intervenir en Serbie. Ils ne les ont pas attendu non plus pour ravager et saccager l'Irak et tuer un million de ses habitants. Cette histoire de « légitimité » légale n'est donc qu'une boutade, une mascarade que même la fameuse opinion publique commence à trouver très peu amusante. Ce ne sont donc pas les Russes qui empêchent les Occidentaux de faire quoi que ce soit. Ce sont plutôt les Occidentaux qui trouvent cette situation extrêmement commode. Cela leur donne l'occasion de mettre la responsabilité du blocage de la situation sur le dos des Russes et des Chinois.

J'irais encore plus loin. A supposer même que non seulement les Russes acceptent de lâcher leur soi-disant allié syrien, mais se joignent même aux Occidentaux. Qu'est-ce que cela changerait-il ? Quelques avions ennemis de plus ou moins dans le ciel syrien !

Ils ont eu tort de s'en prendre immédiatement aux autorités syriennes. Ils ont eu tort de s'acharner ensuite. Ils ont eu tort de financer, armer et envoyer les terroristes en Syrie. Ils ont eu tout aussi tort d'expulser les diplomates syriens. La Syrie doit, enfin, en profiter, faire ce qu'elle a à faire et frapper fort, très fort.

Pour finir, je reviens, petit à petit, sur "le massacre" de Houla. Dernier épisode dans la besace des Occidentaux. Comme pour Baba Amr qui nous a livré ses trésors "médiatiques" après l'assaut des forces de l'armée syriennes (vidéos fabriquées, morts inventés, etc.) il semblerait, c'est même certain, que les autorités syriennes s'apprêtent à sortir au grand jour toute la vérité concernant ce dernier massacre et toutes les manipulations, notamment médiatiques, autour de celui-ci. Je m'en réjouis et attends de voire la tête des employés de nos journaux.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie.occident, russie, france, hollande, poutine, gowrié, chine, terrorisme, terroristes

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