25/05/2012

RTS, Al Jazeera : même combat

De sources très bien informées (j'en ai les preuves formelles) le Conseil Suisse de la Presse aurait reçu un nombre anormalement élevé de plaintes ces derniers mois. C'est dire que je ne suis de loin pas le seul à penser ce que je pense de ces simulacres de médias et de leurs employés, qui insistent toujours pour s'appeler journalistes. Je ne vais pas vous le cacher : j'en ai, au nom du Collectif que je représente, déposé moi-même trois depuis une année. Je vais même vous révéler que dans sa politique de boycotte et de partialité absolue, les deux seules et uniques fois où la RTS m'a donné la parole, quelques minutes, ce fut précisément suite à deux de ces plaintes. La troisième est toujours en cours contre trois titres romands. En cours, je ne puis donc en révéler les détails.

Ainsi, après une accalmie de quelques semaines, durant lesquelles les médias français ont lançé une campagne de désinformation sans précédent, il semblerait que la RTS ait repris le relais. Qui leur donne l'ordre d'agir de la sorte...à tour de rôle ?

Jeudi, 24 mai, journal de 19h30 de l'excellent Darius Rochebin, minute 18'00'' très précisément, le présentateur lance son sujet, avec l'avertissement habituel sur la dureté des images. Suit le « paraît-il » reportage de l'envoyé spécial, un certain Laurent Burkhalter au ... Liban.

Voici ce « reportage » : Laurent Burkhalter au nord du Liban

Je vous laisse tout d'abord observer les mises en scène successives, entre autres des jeunes filles dormant à même le sol dans le brouhaha ambiant et alors qu'une équipe de tournage se trouve là. Je vous laisse aussi contempler les sujets du « reporter », ou plutôt leurs barbes dégoulinant le salafisme dont la RTS s'est fait le porte-parole. La RTS poursuit, lamentablement, son « combat » d'arrière garde, à l'image de son maître en la matière : Al Jazeera.

On se demande juste pourquoi le reporter, à l'image de certains de ses « confrères », n'a pas traversé, clandestinement,  la frontière libanaise pour aller rejoindre les criminels et les voyous de Homs et de Rastan, chers à certains de nos Conseillers Fédéraux. Viendra un jour où je vous dirai pourquoi.

A l'image, aussi, d'Al Jazeera, la RTS vient de commettre une faute prof.... (je ne sais si je peux utiliser l'expression, car pour commettre ce genre de faute, il faut au préalable être un professionnel). A la fin du sujet, écoutez bien, Laurent Burkhalter nous avertit : «  les gens restent enfermés, masqués, même au Liban. Les partisans du régime habitent dans le quartier ». Mais alors, Monsieur le professionnel de l'information et Messieurs les responsable de ce média à redevance dont le professionnalisme n'a d'égal que la neutralité et l'objectivité : ne vous est-il  jamais venu à l'esprit de faire traverser la rue à votre grand reporter ?  Histoire d'aller à la rencontre des « partisans » du régime ? Voir qui ils sont et quels sont leurs soucis ou motivations ? Et puis, il y aurait maintenant des partisans au régime ?

Allez, sans rancune et RDV lors de votre passage à Al Jazeera pour témoigner de ce que vous avez constaté au Liban.

 

Commentaires

Un fait est certain : la presse européenne ne rempli plus sa mission. A la lecture de votre article je constate que le procédé utilisé dans le reportage correspond à ce que l'on rencontre en France.
Les questions légitimes sont donc :
- quelles sont les probabilités pour que des dizaines de journalistes voient et expliquent des présumés événements de la même façon ?
- qui fournit les angles et les sujets des articles ?
- hormis conserver leur poste, quel est l'intérêt des journalistes de s'aplatir et de relayer la propagande concoctée par des officines ?
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Une anecdote que vous avez du voir et qui illustre votre propos de ce côté de la frontière.
Un historien belge Pierre Piccinin, jusque là inconnu de la presse et du public puisqu'il soutenait le régime de Bachar Al Assad, est depuis hier présent sur tous les plateaux et antennes.
La raison : il s'est rendu en Syrie et arrêté il a été emprisonné à Homs et Damas, prisons où - rapporte-t-il - il a pu observer des pratiques de tortures, et cotoyer des morts dans les couloirs...

Bien qu'il ne présente aucune preuve, notre presse se répand en louanges, saluant le courage (bla bla bla...)
Circonstance exaltante pour la presse, ce monsieur vient de comprendre et de se ranger dans le camp des anti-Al Assad...
On voit tout de suite la métaphore de la brebis égarée rejoignant enfin le troupeau. Brave agneau qui dorénavant bêlera en choeur avec ses pairs.

On ne s'étonnera pas de constater l'absence totale de réflexion : si cet homme a réellement vu ces tortures et ces morts pourquoi est-il encore en vie ?

Écrit par : Chamaco | 25/05/2012

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