02/05/2012

Nos médias : morceaux choisis d’un professionnalisme poussé à son paroxysme

Nos valeureux professionnels du journalisme, pauvre de lui, ajoutent chaque jour une nouvelle corde à leurs arcs. A l'ignorance, mensonge, fabrication de nouvelles inexistantes, s'ajoutent depuis un moment la bêtise et la stupidité. A croire que l'hystérie généralisée dans cette partie du monde au sujet de la Syrie les a rendus encore plus hagards (ce n'est pas le mot que je voulais employer mais il faut que j'observe un minimum de politesse) que d'habitude.

Il n'est désormais nul besoin de faire des recherches poussées pour dénicher les inexactitudes, mensonges, bêtises et autres fabulations, ils ne prennent même plus la peine d'un minimum de vraisemblance : les lecteurs étant des idiots, nul besoin d'avoir une quelconque scrupule. Et je ne parle pas des torchons du coin, non. Il s'agit ici carrément de ce qu'ils appellent : médias de référence.

Savez-vous qui est le fournisseur unique de la totalité de ces « médias de référence » ? C'est l'OSDH, vous savez, l'officine basée à Londres, financée par on ne sait qui et fonctionnant on ne sait comment. Peut-être faut-il poser la question à ses clients, nos journaux de référence. C'est ce même OSDH qui fournit, minute par minute et à l'unité près, on ne sait toujours pas comment ils font, les victimes de la « répression sanglante » du régime syrien. ¨

Récapitulons : l'OSDH fournit les chiffres, que les médias (attention, de référence) reprennent tels quels pour les filer ensuite à nos dirigeants et politiciens qui, à leur tour, les reproduisent tels quels (j'en ai les preuves formelles. Elles seront publiées en temps voulu, prochainement).

Prenons le cas d'un « très grand » journal de référence : Le Monde : je tape lemonde.fr, clique sur l'onglet « international » et là, un onglet spécifique « Syrie » apparaît, c'est dire l'importance du sujet pour ce « très grand » journal. Je clique et tombe sur des « merveilles » journalistiques. Nous n'avons qu'à dérouler la liste. Un titre attire mon attention : « Les Occidentaux dans le piège de Damas ». Je vous livre l'article tel quel Le Monde : les Occidentaux dans le piège de Damas

et me permets juste de souligner ce dont je parlais un peu plus haut : ce ne sont plus des journaleux remplissant des colonnes de torchons, c'est bien au-delà. Ce très grand journal nous apprend que, depuis la proclamation du cessez-le-feu et donc l'arrivée des observateurs, 230 civils ont été tués. C'est très précis : des civils. A peine quelques lignes plus loin, le journaleux du « très grand journal de référence » nous parle de 70 soldats tués depuis la même date.

Hmmmmm. Peut-on en conclure que ces 70 soldats ont été tués par les 230 civils. Mais alors, qui a tué l'autre ? Et puis, des civils « armés » ! On est un peu perdu, non ? A moins que ce ne soient les 230 civils qui aient commencé par tuer les soldats, mais alors, ils étaient tués par qui ensuite ? Le contraire serait aussi possible, les soldats ont commencé par tuer les civils (civil = non armé). Cela ne joue pas non plus. Allez, on va mettre tout cela sur le dos de l'OSDH et...la stupidité de lecteur.

Allez, on choisit, au hasard, un autre journal « référence » : Libération. Attentats meurtriers en Syrie

Parlant des attentats terroristes d'Idlib, le journaleux n'a pas manqué de souligner à plusieurs reprises que les images sont présentées par la « télévision d'Etat » syrienne, histoire de jeter le discrédit sur la nouvelle, quelle abjection. Il n'a pas oublié non plus de citer sa source unique d'information, le très sérieux OSDH, toujours basé à Londres, toujours sans visage et toujours financé par on ne sait qui, ou plutôt si : les bédouins. A son tour, le journaleux nous avance le chiffre de 70 tués, dont, lisez bien, 47 civils, tués par les forces gouvernementales. Qui est tué par les forces gouvernementales : les 47 civils, la totalité des 70 ?

Récapitulons : 70 tués, dont 47 civils. Petite soustraction, cela donne 23...NON CIVILS. Seraient-ce des...militaires, à tout hasard ? Tués, à leur tour par des...civils (civil = personne non armée) ?

Je ne continue pas car : dis-moi ce que, ou qui, tru lis et je te dirais qui tu es. Mon Dieu, quelle horreur.

Un journaliste, qui se reconnaîtra, m'avait écrit un jour : "on ne peut pas jeter le discrédit sur toute une profession à cause des fautes de quelques uns. Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on guérira le malade". Pour un malade, c'en est effectivement un.

 

Commentaires

J'ai apprécié.
Il était effectivement inutile de poursuivre la recherche d'exemples puisque toute la presse (française - je suis de Paris) s'abreuve à la même source sans aucune distanciation. En fait il s'agit d'une propagande systématique à partir du boutiquier de Coventry, M. Suleiman alias Rami Abdel Rahmane, copain des Frères musulmans et de l'oncle dissident de Bachar Al Assad. Le financement découle en partie de ces liens.

Je veux souligner un fait : les décomptes fantaisistes "fabriqués" par l'Osdh sont également repris par l'Onu (qui n'avait jusqu'ici aucun moyen sur place) sans qu'aucune source ne soit citée par l'organisation internationale.

Pour l'article du Monde que vous citez, vous n'avez pas manqué de remarquer qu'il s'agit d'un Editorial, qui reflète donc la position de l'éditeur et/ou de la rédaction.

La Presse ne couvre pas l'événement, elle y participe, devient acteur.
Elle devient complice de la déstabilisation d'un pays.
Sans vouloir exonérer Al Assad, nous devons quand même convenir que les "civils pacifistes" présentés au début ont été largement alimentés en armes et munitions par des pays étrangers (occidentaux et autres) dans un but très clair, but que les journalistes semblent (ou ont reçu consigne de) partager.

Écrit par : Chamaco | 02/05/2012

Tenez , tant qu'on est dans les mensonges de nos journaux , cet article de Rue 89 de 29/04/2012.
http://www.rue89.com/2012/04/29/brulures-amnesie-des-armes-chimiques-utilisees-en-syrie-231523

Le commentaire que j'ai fait sur l'article:
Un peu de rigueur journalistique , j’ai été content de découvrir Rue 89 il y a un an comme un véritable site d’information et non pas de manipulation et de propagande .
Je vous invite d’abord à vérifier l’identité de ce prétendu médecin de Baba Amr sur google et vous allez découvrir que c’est un simple insurgé de la ville de Homs spécialiste dans la fabrication des vidéo à caractère médicale , on le vois dans votre article du mois de février ( le SOS d’un médecin à Homs) , également le médecin dans la vidéo avec Edith Bouvier ou son récit sur sa blessure et celle de l’autre journaliste anglais n’a rien de médical .
je vous laisse ce lien de Figaro du 24/04/2012 et vous pouvez voir dans la photo de l’article le malade de Dr Mohamed avec sa barbe et le même pyjama noir en train de sauter comme un cheval à gauche d’un observateur Marocain de l’ONU alors qu’a droite vous avez le soldat déserteur Tlass et derrière lui le barbu ,un autre malade de Dr Mohamed dans votre article de février.
En conclusion ,c’est une bande de copains qui fabriquent des vidéos à destination d’un public haineux et qui est prêt à tout croire .
Faite que le mensonge soit gros et répétez le mille fois et le public finira par le croire.
Le lien du Figaro :
http://www.lefigaro.fr/international/2012/04/22/01003-20120422ARTFIG00186-l-onu-vote-le-deploiement-de-300-observateurs-en-syrie.php

Écrit par : informer | 02/05/2012

@Chamaco, merci pour votre lucidité.
@informer, merci pour votre travail. Il est utile et je ne manquerais pas de m'y référer.

Écrit par : Jean.- S. Gowrié | 02/05/2012

Selon Noam Chomsky... Et tellement vrai....

Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements.

ou encore

S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

Evidemment qu'on ne peut pas jeter le discrédit sur toute un profession à cause des fautes de
quelques uns... mais là... ça commence à faire beaucoup beaucoup de quelques uns . Combien de ces quelques uns pouvaient situer la Syrie sur une carte de géographie avant ces
évènements ??

Sacré responsabilité qu'ont ces quelques uns...

Écrit par : Bahia | 03/05/2012

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