31/03/2012

Mon Dieu : Rumsfeld avait finalement raison

Lors de l'invasion de l'Irak par les Américains, venus d'abord le libérer et démocratiser et ensuite pour chercher les armes de destruction massive, Rumsfeld, alors Secrétaire d'Etat Américain à la défense, très irrité de la position française à l'époque (la France avait encore quelques restes de dignité) a déclaré, en le montrant avec ses mains, qu'il utilisait beaucoup pour illustrer ses propos, que le centre de décision et le poids de l'Europe n'est plus tellement à l'Ouest mais « Europe's centre of gravity is shifting East », traduisez : il se déplace vers l'Est.

Je crois que ce vieux criminel avait raison. Il aura juste fallu attendre la crise en Syrie pour le découvrir.

Erdogan l'Ottoman, Sarkozy le Français (peut-on dire d'origine hongroise ou pas ?), qui vient de créer une nouvelle expression, "les musulmans d'apparence", et, surtout, Juppé l'arrogant, vont devoir manger leurs chapeaux. Je ne parle pas des Bédouins car ceux-là, encore plus que les Français, feront ce qu'on leur dictera.

Il y a de cela à peine une semaine, Juppé rejetait encore « catégoriquement » la possibilité de mettre « sur un même plan oppresseurs et oppressés ».

C'est l'Ouest qui a finalement « totalement » cédé, Juppé en tête.

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Pourquoi ? Simplement parce que les Américains et les Britanniques s'y étaient déjà préparés depuis un moment, seul Juppé (sous les ordres de Hariri fils et des bédouins) faisait encore de la résistance. Ceci n'a rendu la chose qu'encore plus savoureuse. Daniel Vernet, dans un article qu'il a fait paraître mercredi sur Slate.fr, et qu'il a intitulé : « tout est dans les mains d'Assad. Et des Russes », l'a bien reconnu : « la Russie a bien réussi à déplacer le centre du jeu dans une région où son influence était déclinante bien avant la disparition de l'URSS ».

Les USA, la France, la GB et, dans une moindre mesure, les bédouins et les agences internationales nuisibles, du genre Navy Pillay, n'y pourront plus grand-chose : le jeu se passe ailleurs. Le combat d'arrière garde assigné à cette dernière, Navy Pillay, par ses patrons et le ton extrêmement dur qu'elle vient d'utiliser pour qualifier le Président Syrien ne feront qu'affaiblir encore plus la position des Occidentaux. Kofi Annan, de même que les Russes et les Chinois, savent parfaitement que ces déclarations, au moment même où Annan conduit sa mission, n'ont pour but que de saper celle-ci. Cela les renforcerait dans leur détermination à s'opposer aux Occidentaux. Pour ceux qui comprennent « un peu » le langage diplomatique, voire le langage tout court, les Russes viennent de demander à l'opposition syrienne de « suivre l'exemple du gouvernement ». Les joueurs de foot seront certainement plus à même de comprendre la signification de cette demande que Madame Pillay.

Comme si elle n'en avait pas assez, la France, plus précisément le Quai d'Orsay, vient de recevoir une énième gifle de la part des...Russes. Lavrov étant "fatigué" de répondre aux idioties à répétition de Juppé, a chargé son porte-parole, Alexandre Loukachevitch, de le faire. Ce dernier vient de déclarer :

"Le droit d'estimer les progrès de la mise en œuvre du plan de Kofi Annan appartient avant tout à l'émissaire spécial pour la Syrie, ainsi qu'au Conseil de sécurité de l'ONU dont le rôle ne peut pas être joué par un groupe autoproclamé d'amis de la Syrie. L'intention de faire autrement annoncée par un pays membre permanent du Conseil de sécurité, est pour le moins inquiétante", a indiqué M.Loukachevitch.

"Nous voudrions rappeler que le plan en six points, baptisé "le plan de Kofi Annan", a été approuvé unanimement par le Conseil de sécurité de l'Onu, selon la déclaration de son président, publié le 21 mars. Le Conseil a clairement indiqué que l'envoyé spécial (Annan) était chargé de l'informer des progrès de sa mission", a-t-il ajouté.

"Amis de la Syrie" : Mouscou préoccupé par les déclarations de Paris

Pour finir, en beauté, au sommet des BRICS, à New Delhi, la Chine et la Russie ont publié, d'une manière très officielle donc, un communiqué commun dans lequel on pouvait lire : "Nous rejetons toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie. Nous appuyons aussi la mission de Kofi Annan pour régler la crise". Le même communiqué ajoute : " il faut mettre un terme au terrorisme des groupes armés en Syrie". Pour "pimenter" le tout, Medvedev, le Président Russe déclarait : " le départ de Bachar, réclamé par les opposants radicaux et leurs parrains internationaux, était "une idée à courte vue".

On espère juste que le chapeau de Madame Pillay, personne très influente dans le monde, aura meilleur goût que ceux d'Erdogan, Sarkozy, Juppé et Obama. Je ne cite pas Cameron parce que, lui, il ne dit plus rien, ni les bédouins parce que, ehhh, parce que rien du tout.

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gowrié, syrie, rumsfeld, france, usa, pillay, opposition, terrorisme

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