29/03/2012

Les bédouins se réunissent à Bagdad, les ennemis de la Syrie à Istanbul

1.  Sommet de la Ligue Arabe à Bagdad. Signe des temps : alors que les récentes rencontres des bédouins, auxquelles les Syriens n'étaient, Dieu merci, même pas conviés, réunissaient les plus hauts responsables des pays en question, sous la houlette, très bruyante, du Qatar et de l'Arabie Saoudite, ces derniers ne savent plus comment inventer des prétextes pour ne pas assister à celle qui se tient ces jours-ci à Bagdad. A ma connaissance, seuls le Soudan et l'autorité palestinienne seront représentés par leurs plus hauts responsables alors que les autres pays, pour autant qu'ils y assistent, y envoient des sous-fifres et on n'en entend plus, ce depuis quelque temps déjà, les déclarations tonitruantes et très volontaristes de Hamad. Hamad est le premier ministre et le ministre des affaires étrangères du Qatar, vous savez, le pays le plus puissant du monde, propriétaire du PSG et premier sponsor du Barça.

Ainsi, les bédouins semblent avoir revu leurs ambitions largement à la baisse. Comme tous les autres par ailleurs. Sarkozy et Juppé ne déclarent plus rien du tout et Obama lui-même « salue la décision de la Syrie de répondre favorablement aux propositions d'Annan ». En fait la Syrie semble avoir pris tout le monde de court. Que vont maintenant faire tous ceux qui ont demandé, que dis-je, exigé, ordonné le départ du Président Syrien et même sa traduction devant la justice internationale (vous savez, celle qui se donne pour mission de «juger» les criminels de guerre et ceux qui ont commis des atrocités contre l'humanité, mais uniquement certains d'entre eux, ceux qu'on peut attraper facilement et qui serviront comme poudre aux yeux). Comment vont-ils faire pour expliquer qu'ils discuteront désormais avec M. Assad ? Car il n'aura échappé à personne qu'ils vont devoir le faire. Le simple fait de «saluer» la décision des autorités syriennes, cependant illégitimes selon ceux-là même qui l'ont saluée, signifie qu'ils se sont rendus à l'évidence. Nous en reparlerons ultérieurement.

2.  Congrès des amis ennemis de la Syrie. Comme si le premier, celui de Tunis, n'avait pas suffi, ils insistent. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité où l'on assiste à autant d'acharnement à « fabriquer » une révolution. A l'instar du sommet de la Ligue Arabe et pour autant que mes informations soient correctes, le niveau de représentation à Istanbul semble lui aussi avoir bien baissé. Par ailleurs, à peine commencé, les fissures à l'intérieur de cette mascarade qu'est le Conseil National Syrien, déjà divisé par trois fois, sont apparues, déjà, à la fin du discours inaugural mardi passé. Les représentants Kurdes ayant quitté la réunion. Mais la Turquie n'en a cure qui, paraît-il, poussera les «amis» à reconnaître ce CNS comme seul représentant légitime du  «peuple» syrien. C'est, sincèrement, tout le mal que je leur souhaite. La réunion de Tunis enfonça le premier clou, celle d'Istanbul  scellera le cercueil.

Comme tout au long de ces dernières années, les Syriens viennent, encore une fois, de jouer un coup de maître : après avoir laminé le «jouet militaire» des Turcs, des Français et des bédouins, l'ASL, composée pour l'essentiel de terroristes et de simples bandits (sauf aux yeux de certains journalistes clandestins), les Syriens finissent par accepter le plan d'Annan (en concertation totale, je le crois, avec les Russes) prenant tout le monde de court et tirant le tapis sous les pieds de tous les «amis» de la Syrie. C'est exactement au même moment où cela se passait que le Président Syrien Assad a décidé d'aller personnellement «inspecter» Baba Amr. Vous rappelez-vous de Baba Amr ? C'est ce quartier de Homs passé, selon les journalistes militants clandestins qui s'y trouvaient, sous le contrôle des «héros» pro-démocratie. La symbolique du geste n'aura échappé à personne.

Dans leur coin, les «héros» n'ont plus qu'une seule issue : refuser le plan Annan. Ils l'ont par ailleurs déjà fait.

Annan, ayant refusé de fixer des délais aux autorités syriennes et devant rendre un rapport dans lequel il déterminera les responsabilités de chacun, entendez la partie qui entrave les efforts pour un règlement pacifique de la crise, je me demande comment les laquais et le «maîtres/amis» vont s'en sortir.

 

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, gowrié, france, turquie, bagdad, bédouins, ligue arabe

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