27/02/2012

Les amis de la Syrie et la Nouvelle Constitution syrienne

La première chose qui frappe lorsque l'on regarde d'un peu plus près la liste des quelque soixante pays réunis à Tunis il y a de cela quelques jours, c'est qu'elle ne contenait que des...ennemis de la Syrie. Drôle de manière de déclarer son amitié. Je sais, on nous dira que les participants sont là par amour du « peuple » syrien.

Amour du peuple tunisien, égyptien, yéménite...libyen. Nous débordons d'amour pour ces peuples.

Petite question : les Saoudiens (on se le rappelle, de très grands démocrates où le rêve ultime des femmes est de conduire une voiture), Somaliens, Ethiopiens, Tibétains, Bahreinis, Irakiens...la liste est longue, ne méritent-ils pas un peu de notre amour aussi ?

Pour revenir à des considérations un peu plus terre à terre, on nous apprend que les Saoudiens ont claqué la porte déclarant que les conclusions/décisions finales de la réunion sont en dessous de tout. Ils ont dès lors décidé de faire cavalier seul disant que le départ du régime syrien est désormais leur objectif unique et qu'ils feront tout pour le réaliser, de gré ou de force.

On sait à peu près ce que signifie l'expression de gré. Là où les choses se corsent est lorsque les Bédouins nous disent vouloir faire partir Assad par la force.

Cela vous rappelle-il quelque chose ? Moi, oui.

L'histoire étant maintenant plus que connue, je me contenterai de l'évoquer : les Talibans en Afghanistan. Là aussi, les gardiens du temple (de la liberté et de la démocratie dans le monde) étaient derrière. Ainsi, c'est presque tout aussi hystériquement que son ambassadrice auprès de l'ONU que Madame Clinton a déclaré, la conférence à peine terminée, que le CNS « est » le représentant légitime de la Syrie, que les USA feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire partir le président syrien y compris en armant et en équipant les insurgés, lesquels sont déjà largement infestés de jihadistes irakiens, jordaniens, libyens, qataris, saoudiens, égyptiens...(pour la petite histoire, les Américains se sont empressés de corriger quelques heures après disant qu'ils voulaient parlé de la représentation de l'opposition syrienne, non pas de la Syrie).

L'histoire se répète. Il se trouve juste que, comme pour tout le reste, la Syrie n'est pas l'Afghanistan, 2012 n'est pas 1979 et...la Russie de 2012 n'est pas lURSS de 1979.

Enfin, même l'ONU a dû reconnaître que des exactions pouvant être qualifiées de crimes contre l'humanité ont été commises par les groupes armés semant la terreur en Syrie. Les USA et leurs amis se trouvent dès lors de facto responsables, voire même coupables, de ces mêmes crimes. Je sais, pour des gens qui ont massacré plus de 500'000 irakiens, soutenir des gangs armés...

Pour ce qui est de la nouvelle Constitution Syrienne, dont les points les plus importants sont l'abrogation de l'article faisant du Baath le parti unique et leader du pays, de limiter l'exercice de la fonction présidentielle à deux septennats consécutifs et l'instauratLogo constitution française.PNGion du multipartisme, les réactions n'ont pas manqué. Les plus drôles étant bien évidemment celles de nos amis Français. La stupidité n'ayant pas de limites, les plus hauts responsables de ce pays ont qualifié cette constitution de mascarade. Savez-vous pourquoi ? Parce que le Président syrien garderait l'essentiel de ses prérogatives, savoir être le chef des forces armées et de nommer le premier ministre et les ministres. Il y a en arabe un proverbe dont la traduction donnerait à peu près ceci : si tu ne peux ressentir la honte, alors fais ce que tu veux.

Je vous invite juste à lire la Constitution de la République Français, notamment les articles 5 à 19, consacrés au Président de la République.

Je me suis permis de surligner, en jaune, les passages les plus savoureux de cette constitution, sublime.

 

Commentaires

Bof.

Vous dites vouloir faire éclater la vérité mais il n'y a pas de grands éclats.
Parlez donc des villes bombardées pendant ce référendum. Parlez des syriens à qui on a pris la pièce d'identité en leur demandant d'aller la chercher après avoir voté. Parlez également des doutes qu'on peut avoir sur ces processus dans une dictature où les moukhabarat savent absolument tout sur tout le monde. Ne me dites pas que vous y croyez! Ne me dites pas que vous donner crédit aux 97% de voix pour lors des élections présidentielles! Si?

si tu ne peux ressentir la honte, alors fais ce que tu veux!

Un syrien, de Homs, qui connaît la réalité de ce régime pourri, et dont les ennemis ne le rendent pas moins criminel.

Écrit par : syrieux | 27/02/2012

@syrieux
Merci de votre commentaire, que je publie en entier ici. Oui, la vérité et la justice et rien d'autre. Oui, j'ai mes doutes aussi et, rassurez-vous, ne crois pas aux 97%. Je vais même totalement dans votre sens. Si, selon vous, les ennemis du régime ne le rendent pas moins criminel, on peut discuter du qualificatif, dénoncer systématiquement et violemment les Américains, Français et quelques princes ne fait pas de moi "un" soutien du régime.
Si tu ne peux ressentir la honte, alors fais ce que tu veux. Oui, vous l'auriez remarquerez, la phrase a été introduite pour dénoncer l'opportunisme hypocrite des Français. C'est un aveugle qui vous regarde droit dans les yeux et se moque de votre cécité. C'est aussi pour cela que j'ai publié l'exemplaire de la constitution française qui donne les mêmes prérogatives, à la virgule près, que celles dénoncées par...ces mêmes Français. Vos paroles ne transpirent pas la haine mais le dégoût, j'espère que j'ai raison et que vous êtes honnête.
Et rappelez-vous juste une chose : rien, absolument rien, au monde n'est pire que la trahison. Celui qui appelle un étranger, lisez bien : un étranger, à bombarder son propre pays, ce quelle qu'en soit la raison, ne mérite même pas le mépris. Il ne mérite même pas sa propre existence.

Écrit par : Jean.- S. Gowriéj | 27/02/2012

Merci d'avoir publié mon commentaire, il n'y avait rien d'insultant, mais, comme vous l'avez très deviné, un dégoût profond et un mal être : ma famille et mon pays se font bombardé. J'ai déjà perdu des êtres chers. Et pourtant je ne cesse de voir des hommes, ici et là, prendre, d'une façon ou d'une autre, la défense de ce régime.

Je n'ai pas insinué, ni même pensé que vous êtes un soutien du régime. Je vais même vous dire : il se peut que j'ai eu une réaction centré sur ce que je vis; ce qui m'intéresse est plus la situation actuelle en Syrie et les tournures que cela peut prendre. De fait, me concernant, il ne faut pas parler des biais ou mensonges des médias, des mauvaises intentions et de l'hypocrisie de l'Occident. Tout cela est non seulement connu, mais quelque peu hors de propos. Pourquoi? parce que c'est très précisément la rhétorique d'un régime malade qui ne conçoit jamais son auto-critique, mais se situe systématiquement sur le terrain de la critique de ses ennemis pour redorer un blason franchement pitoyable. L'hypocrisie occidentale est un fait, surtout celles des Etats Unis. Excusez cette phrase : ce n'est pas à un syrien que l'on apprend cela, on a ça dans le sang. La Russie n'est pas mieux par ailleurs, ni même la Chine. Je ne parle même pas de l'Iran. Tout n'est qu'intérêts géo-politique et personne ne se soucie du sang syrien, j'en suis conscient. Ma fierté m'interdira toujours de me plaindre, mais ce que je dénonce précisément, c'est de faire le jeu du pouvoir des Assad : celui qui consiste à rendre le peuple prisonnier de la situation géopolitique.

Une question monsieur : croyez vous à la thèse de Damas? A ce complot que nous ressort systématiquement le régime? Parce que c'est tout de même l'impression que j'ai au survol de vos billets. Je ne peut qu'être en profond désaccord avec celui titré "Homs ne craint pas l'assaut final, elle l'espère" où vous faites dire ce que bon vous semble à une majorité de homsiotes, puis, tant qu'à faire, à une majorité de syriens... Revoyez vos sources, ou allez expliquez ça à ma famille en Syrie.

Ce que je veux dire, c'est qu'évidemment que ce référendum est une mascarade, et qu'évidemment la position des Occidentaux est hypocrite, mais ce n'est pas le sujet, à moins de faire, volontairement ou non, le jeu du régime. Comme si une mployé vient demander à son patron une augmentation, et que ce dernier l'embrouille avec les problèmes (réels) de subprime, de crise mondiale, etc... Tout cela est vrai, mais est bien éloigné des soucis de l'employé.

Voilà pour mon dégoût. Mais je vous rassure, j'ai aussi une haine. Je ne la transpire pas, mais la logique des choses font qu'on déteste le contraire de ce qu'on aime. Et je déteste ce régime, pour des raisons diverses, pour ses crimes, pour toujours crier au complot et nous accuser de traîtres et de terroristes. Pourtant on a appris à vivre avec, il faut bien. Et quand Bachar est venu, j'ai été de ceux qui ont voulu y croire, à défaut d'y croire réellement. MAis je voulais lui donner sa chance, ne pas condamner tout de suite... le manque d'options alternative et notre impuissance m'y a grandement aidé.

Dites moi, savez vous ce que les syriens ont appelé le "dilemne des démocrates" surtout après l'invasion de l'Irak par les américains?
Nous sommes extrêmement conscient de ce que signifie une intervention extérieure. Mais il faut se poser les questions suivantes :
- pourquoi les manifestants, en dépis d'une répression terrible, de mensonges grossiers, pourquoi étaient ils tous opposés à TOUTE forme d'intervention extérieure? Et pourquoi leur position a-t-elle changé par la suite?
Vous l'aurez deviné, je pense qu'on ne peut pas sortir une règle telle que vous la donner, et s'y arrêter. C'est trop facile et c'est loin de la réalité du terrain.
Monsieur, contrairement à ce que vous semblez écrire, le pays est actuellement bombardé par le régime. Il ne se bat pas contre des gangs armés, c'est un mensonge. Et s'il est vrai qu'il veut en finir avec l'ASL, il veut tout autant punir la population qui a osé manifester et appelé à renverser le régime, car, et c'est évident, ce n'est pas avec des chars et en bombardant des quartiers qu'on combat des "gangs armés infiltrés".
Il faut, pour que votre règle soit entendue, expliquer comment on peut se sortir de cette situation, où un régime vicieux profite de ceux qui pensent comme vous pour réprimer comme ils l'entendent.
Donc merci pour votre conseil, mais je pense avoir réfléchi bien plus en profondeur à la question, et j'avoue que je n'ai pas de réponse. A défaut, j'ai toujours dit que, bien que je sois contre une intervention extérieure, et ce, malgré ce qui se passe, je pense que la menace doit planer. Merci au président tunisien qui a donné un nouveau feu vert au assadiens.

Voilà pour ce que je peux vous dire. J'ai clairement pris parti pour faire chuter ce pouvoir, mais je suis on ne peut plus honnête. A ce propos, et permettez moi, à mon tour, de vous donner un conseil :
Revoyez vos sources sur ce qui passe réellement sur le terrain syrien. Toute analyse est vaine si on part d'éléments factuellement faux. Un indice : prendre le contre pied des médias n'est pas, épistémologiquement, valable.

Cordialement

Écrit par : syrieux | 28/02/2012

Oulaaaa
syrieux, on vous croit sur parole... Lol

Écrit par : Sérieux?? | 01/03/2012

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