22/02/2012

Homs ne craint pas l’assaut final, elle l’espère

Une grande majorité d'entre ses habitants en tout cas, comme par ailleurs la très grande majorité des Syriens. Fatigués par onze mois d'une gigantesque prise d'otages, par quelques gangs armés, à l'échelle d'un pays, que la propagande « hystérique » de nos médias présente, aujourd'hui encore, comme des manifestants pacifiques, ce alors même que plus personne, ou presque, ne manifeste en Syrie. Il semblerait que leur vœu sera très bientôt exaucé, à moins qu'Angelina Joli n'ait dégainé la première (il ne faut tout de même pas oublier qu'il s'agit de Lara Croft ; brrrrrrrrr)

A part cela, le terrible Juppé et la non moins terrible Clinton, ordonnant le départ du Président syrien dès les premiers jours des "manifestations pacifiques" insistent maintenant pour aboutir à une solution politique. Mais alors, moi qui croyais qu'Assad a perdu toute légitimité et "qu'il n'y a pas moyen" qu'il reste au pouvoir, ni qu'on négocie avec lui ! pour ne pas perdre la face, il leur en reste, les Américains précisent que cependant" toutes les autres options restent sur la table (j'adore cette expression) si Assad refuse de négocier. Bon.

On aura tout vu dans la crise syrienne, y compris ce que l'on peut ranger dans la case du jamais vu, ce sur tous les plans : diplomatique, pour autant que ce mot ait encore un sens, politique et, surtout, médiatique. Je ne crois pas me tromper en affirmant qu'aucun autre événement dans l'histoire ne fut traité avec une telle intensité, un tel acharnement et avec autant d'application. C'est du quotidien, voire du multi quotidien.

Que peut-on invoquer pour expliquer une telle hystérie ? Nous évacuons immédiatement les préoccupations démocratiques car cela ne fait plus rire personne. Serait-ce la compassion ? Que nenni, aux dernières nouvelles des milliers de personnes meurent chaque jour, et pas uniquement de faim, en Somalie et au Darfour (où plus de 300'000 personnes auraient péri). La misère et le désarroi des gens ? Hmmm. Lors de l'invasion « amicale » de l'Irak par les « libérateurs » Américains, plus de 4 millions des habitants de ce pays l'ont fui. Dans le cas syrien, malgré les essais désespérés des Occidentaux et aux dires même des « organisations humanitaires », le mouvement n'arrive pas à « décoller ». On a complètement oublié le grand camp de réfugiés sur la frontière turc et celui de Jordanie n'arrive pas à « attirer » plus de trois mille personnes. A propos du camp turc, où, tiens, Angelina Joli s'était rendue en son temps, savez-vous pourquoi plus personne n'en parle ? Serait-ce parce qu'il s'agissait, dès le départ, d'un camp destiné à accueillir les...gangs armés (ils s'appellent l'ASL) ?

A propos d'ASL, où en est-on exactement ? On nous dit que les désertions se comptent par milliers ! Quel est le plus haut gradé ayant déserté ? En dehors, bien évidemment d'un colonel...à la retraite !

Il y a, notamment dans le cas de Homs, quelque chose d'incompréhensible. Logique mais incompréhensible. C'est au moment même où les gangs armés et leurs couvertures médiatiques d'ici se targuent de contrôler la majorité de la ville, ils lancent, tous les deux, des appels désespérés à l'aide « parce que, je vous le donne en mille, le régime « réprime » les manifestants « pacifiques ». La même chose s'était déroulée dans les « banlieues » de Damas. Les médias d'ici ne tenaient plus sur place : l'ASL est à quelques mètres du Palais présidentiel. Ce sont les mêmes, exactement les mêmes, qui ont recommencé les larmoiements lorsqu'ils furent littéralement laminés par l'armée, la vraie.

Ne l'auriez-vous pas encore compris ? Cela ne prend plus...depuis un moment déjà.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syrie, homs, gowrié, asl, turquie, jordanie, médias

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