01/02/2012

Exploits médiatiques

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1. Bavure. Dans le dictionnaire, on trouve : erreur fâcheuse et généralement grave. Curieusement, l'exemple le plus souvent cité est celui de la bavure policière. Lorsque des policiers tirent et tuent, par erreur, des malfrats, on parle de bavure. Lorsque des malfrats tirent sur des policiers, on parle de meurtre, d'assassinat. Lorsque l'armée américaine tire des missiles sur des personnes célébrant un mariage dans un village en Afghanistan et en tue quelques dizaines, on parle de bavure. Si ce sont des Talibans que tuent des « soldats » Américains, on parle d'insurgés et de terroristes.

Un seul cas échappe à cette règle, la « bavure » de ce que nos médias ont convenu d'appeler les « opposants syriens » à Homs. Je ne serais pas étonné de voir même la définition du dictionnaire s'inverser après cette « bavure ». Ainsi, nos valeureux guerriers de l'information ont-ils commencé par imputer le meurtre/assassinat (ce n'était pas « encore » une bavure) au pouvoir syrien le qualifiant de crime d'état. A la découverte de la vérité, la version a complètement changé et la quasi-totalité de nos médias qualifièrent l'accident de bavure. Quasi-totalité ? A l'exception des premiers diffuseurs : La Liberté, Le Courrier et l'Hebdo. Au fait, où en est-on du professionnalisme journalistique, de la recherche de la vérité, de la commission d'enquête international, etc. ? Vous ne pleurez plus de chaudes larmes sur votre pauvre confrère ?

2. Manifestations pacifiques. Dans le dictionnaire, cela donne : rassemblement, défilé populaire destinés à manifester une intention politique, à exprimer une protestation. L'exploit de nos médias est ici phénoménal : on montre ouvertement des insurgés et des groupes armés, d'une soi-disant armée syrienne libre, on parle de « combats » avec l'armée régulière, on parle (voire on jubile) de ces mêmes terroristes contrôlant des secteurs et des quartiers mais on continue, comme si de rien n'était, de parler d'un pouvoir syrien réprimant l'opposition.

Rassurez vous, si vous êtes encore vivants, ce n'est QUE parce que le ridicule ne tue pas.

3. Obus. Dans le dictionnaire, on trouve : projectile explosif lancé par une pièce d'artillerie. Les effets sont généralement assez importants, voire parfois dévastateurs. Des trous béants. Il paraît, nos médias le confirment, que l'armée syrienne, on ne sait plus laquelle, tire avec ses chars et, précisément, ses pièces d'artillerie, sur les « manifestants pacifiques ». Pour preuve, on nous montre des images postées sur le net. J'ai beau chercher, pas une seule ne montre un char tirer, pas un seul trou...à moins que ce ne soit dans certains cerveaux.

4. Jubilation. Dans le dictionnaire, on trouve : grande joie, liesse. Nos valeureux guerriers de l'information on rapporté, mot pour mot (jubilation à peine dissimulée) que les membres de l'ASL seraient aux portes de Damas et qu'ils contrôleraient une grande partie du pourtour de la Capitale (ils deviennent même des spécialistes de la région et nous parlent de Harasta, Douma, Zabadani, etc.).  Quelques heures après, alors que la vraie armée, n'utilisant pour l'instant que des petits joujoux, pourchasse, tue ou fait prisonniers la plupart de ces terroristes, les mêmes professionnels (il paraît qu'ils suivent une formation spéciale), ont rapporté la nouvelle en ces termes : le régime syrien continue sa « répression » sanglante.

Franchement, j'essayerais de mon mieux de dissimuler ma condescendance : que pouvons-nous attendre en réponse à des gens qui combattent et font la guerre ? Quoique, il paraît maintenant qu'en France, certains veuillent actionner la justice pour obtenir réparation après la mort des leurs faisant...la guerre. Vous savez quoi ? Je crois que le grand fautif dans toute cette histoire est...Nintendo.

Pour le reste, il paraît que les bédouins ont obtenu ce qu'ils voulaient, transférer le dossier syrien au Conseil de Sécurité. Je n'ai à vrai dire jamais compris le but de cette manœuvre, mais bon, si cela les amuse. Plus sérieusement, la Russie, mais aussi la Chine qui semble re-durcir sa position, ont signifié une fin de non recevoir définitive à l'empire et ses vassaux mourants : aucun moyen de soutenir une résolution condamnant la Syrie de « quelque » manière que ce soit, qui lui impose des sanctions, qui demande un changement de pouvoir, rien. Pour peu, Lavrov allait qualifier Juppé d'imbécile. Il a dû remarquer que ce n'était pas nécessaire.

Pourquoi la Russie peut se permettre d'agir de la sorte ? La raison en est très simple : parce qu'elle ne risque rien. Mieux, elle ne peut plus se permettre des revirements de dernière minute qui lui ferait perdre toute crédibilité dans la région et partout ailleurs dans le monde. On ne peut plus l'étrangler économiquement et c'est même plutôt le contraire qui est vrai.

C'est tant mieux.

P. S. Ce billet a été écrit avant la réunion du Conseil de Sécurité au sujet de la Syrie. Les USA et leurs vassaux mourants ont envoyé l'artillerie lourde : tous leur ministres des affaires étrangères, alors que la Russie se contenta de son ambassadeur. Voilà, même un âne aurait dû comprendre : toute proposition, présente ou future, est par avance refusée.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hamouche, sieber, le courrier, hebdo, la liberté

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