20/01/2012

Les demandes d’asile en Suisse explosent

Contrairement à ce que le titre pourrait le laisser penser, l'asile n'est pas vraiment le sujet central de ce billet. Voici ce dont il s'agit.

Lieu : Télévision Suisse Romande

Programme : Le Journal

Heure : 19H30

Introduction : les demandes d'asile ont augmenté de plus de 45% en 2011.

On parie que tous les journaux en parleront demain (ce billet est écrit le 19 janvier 2012)

Voici ce dont j'aimerais parler. A un moment de la présentation, le journaliste détailla les chiffres en parlant surtout de la deuxième position occupée par les Tunisiens, avec plus de 2'500 demandes, ce « malgré » la chute du régime Ben Ali.

Malgré, qui peut aussi, selon les circonstances, s'écrire mal gré, signifie : en dépit de, alors que, contrairement à ce que l'on aurait pensé, etc.

En l'occurrence et alors que (on ne dit pas malgré que) l'on « fête » le premier anniversaire de la révolution qui a chassé le dictateur, on semble surpris, encore et toujours. Comment est-ce possible ? On n'arrive pas à comprendre que, dans un monde merveilleux, démocratique et libre, débarrassé de son dictateur, certains puissent songer à le quitter.

Ça n'a pas marché en Tunisie, en Libye non plus, encore moins en Egypte. Allez, si on essayait la Syrie ? Là-bas, c'est sûr, ça marchera. Tous nos médias nous en assurent.

On ne sait en revanche pas ce qu'en pensent les habitants de Chiasso. On nous dit que l'office fédéral des migrations est accusé de fermer les yeux.

On se rappelle aussi d'une certaine Ada Marra qui nous disait, il y a de cela quelques mois, que non seulement tout le monde se trompait sur le risque de voir un afflux de réfugiés arriver, mais qu'au contraire, ces mouvements sont la « garantie » de l'exact contraire.

On ajoutera Madame Marra à la liste des brillants prévisionnistes.

J'écris ce billet en même temps que je regarde le reportage de France 2 consacré à Gilles Jacquier. J'en parlerai demain.

 

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tunisie, syrie, suisse, asile, ada marra

Commentaires

Merci de cette relation de constats très édifiants.

Les faits nous interrogent et chacun en tire "sa vérité" donc son interprétation selon ses critères politiques de jugement.

Cette citation de Jean Rostand me semble appropriée à vos messages :

"Face aux industriels du mensonge, nous ne sommes que de petits artisans de la vérité".

Écrit par : Le Plébéien | 20/01/2012

Cher Monsieur,

Je ne partage pas votre surprise. En réalité – il suffit d'observer ce qui c'est produit en Europe de l'Est après la chute des régimes communistes – toute grande transition politique, même si elle va dans la direction d'une démocratisation, s'accompagne d'une augmentation de l'émigration. La chose est d'ailleurs logique: il s'agit d'une période de grande incertitude politique, économique, etc., et si ça se trouve, il y'a moins d'obstacles internes au départ (contrôles de police, intimidations en tout genre, répression vis-à-vis de la famille restée sur place...). Si un jour le régime nord-Coréen devait s'effondrer, je peux déjà vous annoncer un grand mouvement de population vers la Corée du Sud et ailleurs. Ce qui ne permettra pas de conclure que le nouveau système politique n'est pas perçu comme plus souhaitable que l'actuel régime par ceux qui fuiront.

Bien à vous

Écrit par : paratactique | 20/01/2012

Il semble bien qu'il n'y ait dans le phénomène rien que de très normal: parmi ceux qui auraient depuis longtemps voulu quitter le pays, un certain nombre saisissent l'occasion qui leur est offerte de pouvoir enfin le faire. Une plus grande liberté ne signifie d'ailleurs pas nécessairement de bonnes conditions de vie. Cela explique en tout cas ce qui s'est passé pour les pays de l'Est.

Écrit par : Mère-Grand | 21/01/2012

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