09/01/2012

PIP, Médiator, BNS, injections anti-rides, Novartis : où est le problème ?

Photo PIP.jpgA première vue, on peut se demander ce qu’il y a de commun entre tout cela. Pourtant, à y regarder de plus près…

Quelle est la préoccupation première des protagonistes ? Qu’est-ce qui les poussent avant et après tout à agir de la sorte ? Le profit, à «  tout prix ». Le profit maximum et rapide, par tous les moyens.

Paroles de gaucho ? Non, que Dieu m’en préserve, c’est tout le contraire.

Attablés autour d’un verre de blanc dans le café du coin, deux convives diraient : tout fout le camp. Ivrognerie joyeuse ou paroles habituelles du café du commerce ? Pas vraiment. Paroles au contraire sages et très vraies.

Perte totale de valeurs, voici la vraie raison.

Durant l’invasion américaine de l’Irak, la doctrine des stratèges Yankees était la suivante : la violence ne marche pas ? Il faut alors encore plus de violence. Vous ne voyez pas le rapport avec mon sujet du jour ? Pourtant, il y en a, beaucoup.Hildebrand.jpg

En me rasant ce matin, j’entends, coup sur coup deux informations qui résument à elles seules l’état du monde :

1. 1. Jean-Claude Mas, fondateur de la société qui fabriquait les implants PIP, aurait déclaré qu’il savait depuis le début. Qu’il n’a fait cela que pour augmenter ses profits et qu’il a demandé à ses collaborateurs de cacher les faits. A la question de savoir si cela l’affectait, il répond tranquillement : je dors très bien depuis 30 ans.

2. 2. A la rubrique des informations financières, j’apprends que les actionnaires des entreprises françaises ont vu leurs dividendes augmenter de presque 40% et que les plus grandes d’entre elles augmentèrent la rémunération de leurs dirigeants de 34%. Sans doute pour les remercier d’avoir fabriqué la plus belle crise économique de tous les temps.

Voilà. Voyez-vous maintenant le rapport ? Devant le mécontentement de la « populace », pardon, mécontentement populaire, il n’y a qu’à remettre une autre couche, histoire de les assommer complètement. Bush fils et ses généraux dorment aussi très bien, des millions de morts innocents sur la…j’hésite ! En ont-ils ?

Médiator.jpgAmende d'ordre.jpg

Vous et moi, en revanche, essayons, juste pour voir, de ne pas payer nos amendes de 40 francs pour dépassement de la durée autorisée de stationnement, on nous pourrira l’existence.

Il n’y a plus de valeurs, plus de morale, nos 720 ans d’histoire, c’est rien, pas de religion, pas de valeurs communes, valeurs universelles, ouvrez les frontières, volez, cassez, détruisez, ne stigmatisez pas (surtout pas), des terroristes il y en a partout, des fondamentalistes il y en a partout, et j’en passe. La nouveauté : faites cela au vu et au su de tout le monde, ouvertement (histoire, encore une fois, de les assommer). Plus c’est gros mieux ça passe.

On n’a jamais été aussi libres de notre histoire. Peut-être. La seule question que personne ne se pose est : libre, de faire quoi ?

Vers 140 A.D, déjà, Marcus Cornelius FRONTO, maître de l’empereur Marc-Aurèle, écrivait : la société romaine est préoccupée principalement par deux choses, ses ressources alimentaires et ses spectacles.

Un peu avant lui, Juvénal disait : Panem et Circenses (du pain et des jeux).

Toujours lui, mais dans un registre totalement différent : la censure épargne les corbeaux et tourmente les colombes.

Dormez en paix, on s’occupera de vous.

P. S. Ce billet fut écrit le vendredi 6 janvier 2012.

08:30 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je partage totalement votre lassitude... ;) Bien à vous !

William Rappard

Écrit par : William Rappard | 09/01/2012

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