08/11/2011

Syrie : et maintenant

Les Etats-Unis viennent, par la voix de la porte parole du ministère des affaires étrangères, de demander, pardon conseiller, aux insurgés syriens de « ne pas » livrer leurs armes aux autorités. Lesquelles autorités avaient promis l'amnistie à tous ceux qui le feraient.

La Croix : les Etats-Unis conseillent les insurgés de pas livrer leurs armes

Le Point : les Etats-Unis conseillent les insurgés de pas livrer leurs armes.

On peut bien évidemment émettre des doutes quant à la sincérité des autorités, mais la question n'est pas là. Il se trouve que le mensonge n'a que trop duré et que même ceux qui  l'ont fabriqué ne croient plus à leur propre mensonge. Il reste Al Jazeera et ses succursales ici pour nous montrer des images en boucle sur des manifestations par ci par là demandant la chute du régime. C'est proprement pathétique, oui : pathétique.

Ainsi, les Etats-Unis reconnaissent ouvertement que les manifestants, certains d'entre eux en tout cas, ne sont pas pacifiques. C'est ce que nous avions annoncé depuis le début et c'est ce que les médias ont essayé de nous cacher aussi depuis le début. Ils reconnaissent également, ouvertement, qu'ils sont derrière ce mouvement et que les ficelles de celui-ci se trouve entre leurs mains.

Alors, révolte pacifique ? Non, simple lutte pour le pouvoir, à l'image de ce qui s'est passé en Tunisie, Egypte et Libye et avec les mêmes espoirs. Il se trouve seulement que la Syrie n'est ni la Tunisie, ni l'Egypte et encore moins la Libye. Mieux : elle ne doit rien à personne.

De quoi s'agit-il exactement ? Dans la suite de ce que certains commencent à appeler maintenant l'hiver islamiste, des bandes organisées et financées principalement par les Etats-Unis et les monarchies du Golfe, commencent à semer le chao dans différentes villes du pays. Tout le monde croyait que l'affaire serait pliée en quelques semaines. C'est précisément là où tout le monde s'est trompé. La raison essentielle étant une méconnaissance totale des spécificités syriennes :

1.       Quoi qu'on  en dise, le mouvement n'est pas du tout populaire. Il a dès le début été voué à être violente.

2.       Le mouvement, vieux de plus de sept mois maintenant, n'a jamais pu prendre dans les plus grandes villes du pays, ce malgré les tentatives de l'ambassadeur américain à Damas.

3.       L'armée, élément que tout le monde semble avoir oublié. Après l'échec de toutes les autres tentatives, j'insiste : pilotées par l'extérieur, on a essayé de nous vendre la thèse des défections, que certains ont même qualifiées de « massives » dans l'armée. Il n'en est en fait rien. Selon les estimations les plus pessimistes, ou optimistes (cela dépend de notre positionnement) il s'agirait tout au plus de quelques dizaines d'éléments totalement insignifiants. Comme il est est drôle par ailleurs de constater que personne ne parle plus de ces soi-disant défections depuis quelques semaines. C'est la même chose pour tout le reste ; une petite invention, cela ne prend pas, alors on passe à autre chose.

4.       Dans le même registre, cela semble aussi avoir été oublié par tout le monde, pas une seule défection dans les rangs des fonctionnaires internationaux. Ceci est valable même s'agissant des fonctionnaires de rangs subalternes.

5.       La mosaïque ethnico-religieuse de la Syrie ne ressemble en rien à « l'homogénéité » islamisante des autres exemples. Ceci se traduit pas une véritable aversion et une résistance authentique quant à l'éventualité d'une telle emprise.

Que reste-il dès lors aux Américains et leurs laquais pour sauver la face ? Une intervention militaire ouverte et franche, sans mensonges et justifications stupides en invoquant des droits de l'homme dont tout le monde se fiche éperdument,  peut-être par le truchement de quelques alliés «  locaux », Turquie en tête. Cette éventualité n'est pas à écarter. Nous pouvons seulement garantir le désastre qui suivra, y compris et surtout pour ceux qui tenteront le coup. La Syrie a d'innombrables cartes à jouer. Car, disons-le ouvertement, ses autorités n'ont pas passé les 40 dernières années à jouer...aux cartes.

 

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