05/09/2011

La démocratie et le syndrome du Serengeti

Deuxième parc animalier d'Afrique, le Serengeti abrite des espèces magnifiques et totalement protégées. Cela n'empêche pourtant pas, là comme ailleurs sur ce continent, des trafics de tout genre : défenses d'éléphants, peaux de grands félins, etc. Parfois avec une sauvagerie qui nous horrifie, nous, ici. On ne comprend en effet pas comment certains, là-bas, peuvent agir de la sorte. On s'indigne, ici, de l'inculture, de là-bas : ces espèces n'appartiennent-elles pas à l'humanité entière, donc à nous aussi ?

Drôle de façon de parler de la démocratie ? Pas vraiment.

Je vous la fais court : on s'indigne facilement de ce qui se passe ailleurs, mais on est très vite capable de faire cent fois pire si cela devait nous toucher.

A peine une demie douzaine de brebis tuées et voici que des voix véhéments s'élevant de toutes parts appelant à exterminer le loup, le lynx et autre plantigrade de nos contrées : ils n'ont rien à faire chez nous. Il est en effet très, très facile de donner des leçons, de démocratie et de tout le reste, lorsque cela ne nous concerne pas. Certains éditent même des rapports annuels sur l'état des droits de l'homme dans le monde. Mais, comme pour l'histoire des brebis, lorsque les avions tombent sur leurs gratte-ciels, il n'y a plus de droits de l'homme qui tiennent :

1.       Irak, sans la moindre justification, un million de morts, pays détruit et, comme l'a dit Bush père, revenu à l'âge de pierre (l'analphabétisme a doublé)

2.       Irak toujours, tortures dans le pire sens du terme, encore et toujours justifiées, de nos jours, « pour protéger la sécurité des Etats-Unis ». Les autres, effectivement, torturent pour le plaisir.

3.       Guantanamo, délégation de l'emprisonnement et de la torture, etc. La liste est encore une fois très longue.

Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Après l'Irak, c'est la France, disaient-ils. Les choses, à propos de cette dernière, ont changé depuis.

Un peu plus près de nous, les récentes manifestations quelque peu violentes en Angleterre. Il aura suffit de cela pour que le premier ministre, un démocrate très calme, déclare qu'il y a une profonde crise culturelle dans le pays et que...les manifestations sont désormais purement et simplement interdites. Encore une fois, très facile de donner des leçons lorsque les choses se passent là-bas.

Petite questions, Messieurs les libres penseurs s'insurgeant avec véhémence contre tout se qui se passe là-bas : que ferait le premier ministre britannique si les manifestants, violents, devaient tout de même sortir ? Que feraient au surplus ses forces de l'ordre, certains utilisent le terme de puissance publique, si quelques balles sortaient du milieu des ces manifestants ?

Le jours où vous vous insurgerez d'une seule voix, avec la même véhémence, la même détermination, la même manière aussi méthodique, tous les jours ou presque, pendant 6, 7, 8 mois ou plus, ce jour là, je vous en donne ma parole, je descendrai tout seul dans la rue, avec une pancarte sur laquelle est écrit : à bas le dictateur. Relevez le défi, si vous le pouvez.

Je ferais la même chose le jour où l'un d'entre vous, ou cette magnifique institution qu'est Amnesty International, demandera ouvertement la traduction des Bush, Cheney, Rumsfeld et tous les autres devant le TPI. Ô, tiens, les USA n'en ont pas signé le protocole.  Syndrome du Serengeti, encore une fois.

Mais vous verrez très certainement vos arrière petits enfants avant que cela n'arrive.

Indignez-vous, si vous le pouvez encore. Il en va de votre respectabilité et de votre condition d'hommes libres.

 

11:13 Écrit par Jean-Souhel Gowrié | Lien permanent | Commentaires (0)

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